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DES MÉTAUX DE LA DEUXIÈME CLASSE

Ces métaux sont au nombre de quinze, savoir : le magnésium, l’aluminium, l’yttrium, le glucynium, le cérium, le lanthane, le didyme, le manganèse, le zinc, le titane, le thorinium, le zirconium, Turanium, rerbium et le terbium. Ils décomposent Veau à la température de 100° à 200° ; ils absorbent V oxygène à la température la plus élevée, et donnent des oxydes qui sont irréductibles la chaleur de nos fourneaux (1).

DE afAdHiÉSIEIlf. Mg. Équivalent 151,3.

Le magnésium est blanc d’argent, très-brillant, très-malléable, s’aplatissant en paillettes sous le marteau, d’un poids spécifique de 1,87, fusible à la température rouge, inaltérable à l’air sec, perdant son éclat métallique à l’air humide, et se recouvrant d’une couche blanche

(1) On n’a pas encore déterminé, par des expériences directes, que le thorinium et le zirconium décomposent l’eau à 100° ou à 200° ; mais tout porte à Croire qu’il en est ainsi. M. Thénard donne le fait comme probable , et iVL Reguault dit : » Ces corps , par leur action sur Teau et la nature de leurs oxydes , doivent être placés parmi les métaux de la 2® classe. * Quant à l’uranium , au pélopium , au niobium, à Terbium et au terbium, on ne peut pas affirmer, fauie de travaux suffisants, s’ils décomposent Teau entre 100° et 2CG°, ou seulement au rouge sombre.

l’oxyde de magnésium. 435

d’oxyde; toutefois cet effet est très-limité et se borne à la surface du métal. Lorsqu’on chauffe à l’air de très-petits fragments de magnésium, ils brûlent en scintillant et donnent de la magnésie. L’eau pure , privée d’air, n’a pas d’action sur le magnésium à froid ; portée à l’ébullition , elle laisse dégager de l’hydrogène. Le soufre forme avec lui un sulfure MgS, que l’on peut aussi obtenir en décomposant le sulfate de magnésie par le charbon.

Le chlorure de magnésium, MgCl,6 HO, existe , mêlé à d’autres sels , dans certaines eaux salées, dans les eaux mères des marais salants, dans les matériaux salpêtrés, etc. Il est solide , blanc , très-amer, très-déliquescent , soluble dans la moitié de son poids d’eau et dans deux fois son poids d’alcool; il cristallise en aiguilles, .mais difficilement. Chauffé à l’état d’hydrate, il fournit de l’acide chlorhydrique et de la magnésie ; l’eau a donc été décomposée. On l’obtient hydraté en traitant le carbonate de magnésie par l’acide chlorhydrique. Il sert à la préparation du magnésium.

L’iode et le brome se combinent également avec le magnésium et fournissent un iodure et un bromure que l’on trouve dans lès eaux de la mer et de certains marais salants. Le magnésium est sans usages.

Caractères distinctifs. 1" Ses propriétés physiques ; 2° 'son action sur l’air, à chaud , qui le fait passer à l’état d’oxyde (magnésie).

Préparation. On décompose par le potassium , à une température élevée, le chlorure de magnésium anhydre, obtenu en faisant passer un courant de chlore sec sur de l’oxyde de magnésium (magnésie) chauffé jusqu’au rouge dans un tube de porcelaine.

Le magnésium a été découvert par H. Davy ; mais M. Bussy, en 1830, l’a isolé en grande quantité par le procédé qui vient d’être décrit.

DE E’ONLTDE DE HACUVÉjSIVU. MgO.

On le trouve cristallisé en Europe et en Amérique; d’où il faut conclure qu’il n’attire pas l’acide carbonique de l’air, tandis que l’hydrate artificiel, qui est pulvérulent, attire, lentement il est vrai, ce gaz; presque toujours cependant, l’oxyde de magnésium existe dans la nature combiné avec un acide à l’état de sel ou avec d’autres oxydes. Il est blanc, doux au toucher, insipide, et verdit le sirop de violettes; son poids spécifique est de 2,3. Soumis à l’action d’une température élevée, à l’aide du chalumeau de Brook, cet oxyde fond avec flamme, et donne un verre poreux si léger, qu’il est emporté par le gaz. Les autres fluides impondérés, ainsi que l’oxygène , l’hydrogène) le bore, le carbone, le phos-

phore et l’azote, ne lui font réprouver aucune altération. Le soufre peut se combiner avec lui et donner naissance à du sulfure de magnésium , mais seulement par la voie humide ; le meilleur moyen d’obtenir ce sulfure consiste à faire passer du gaz acide sulfhydrique à travers de l’hydrate' de magnésie délayé dans l’eau. Mis en contact avec Viode et de l’eau , il se foi’me de l’iodate de magnésie peu soluble, qui se précipite, et de l’iodure de magnésium soluble. Si l’on fait passer du chlore gazeux à travers de la magnésie chauffée jusqu’au rouge, il se produit du chlorure de magnésium anhydre , et il se dégage du gaz oxygène. Exposé à l’air, il en attire l’humidité, et si l’air est humide, il peut prendre jusqu’à 20 pour lOO d’eau ; quoi qu’on en ait dit , il n’absorbe que trèsdifficilement l’acide carbonique (Mialhe). Il peut se combiner avec l’eau et donner naissance à un hydrate blanc, MgO, HO, nacré, pulvérulent, soluble, d’après M. Fife,dans 5,760 parties d’eau à 15°,5 centigrades, tandis qu’il exige 36,000 parties d’eau à 100“ pour être dissous; si on calcine cet hydrate jusqu’au blanc, il perd toute son eau. Ce n’est qu’avec la plus grande difficulté qu’on parvient à fondre dans nos fourneaux un mélange de magnésie et d’acide silicique.

Caractères distinctifs. t° Elle est blanche et insoluble dans l’eau; 2“ elle verdit le sirop de violettes ; 3“ elle se combine très-bien avec les acides et forme des sels doués de propriétés qui servent à la faire connaître; 4“ en mêlant de la magnésie avec de Tazolate de cobalt, en desséchant le mélange et en le faisant rougir fortement au feu, par exemple au chalumeau, elle devient rosée après le refroidissement.

La magnésie n’est employée qu’en médecine. On s’en sert : 1° comme contre-poison des acides : un assez grand nombre d’observations et plusieurs expériences faites sur les animaux prouvent que la magnésie est le meilleur antidote des acides ; en effet , elle se combine avec eux , les neutralise, et parconséquent les empêche d’agir comme caustiques; on peut, dans ces sortes de cas , la donner à la dose de plusieurs grammes , délayée dans de l’eau. 2“ Pour combattre les calculs vésicaux d’acide urique, et même pour en prévenir la formation ; les succès obtenus par MM. Home et Brande ne laissent aucun doute sur l’avantage que l’on peut retirer de ce médicament dans ces sortes d’affections ; la dose est d’un gramme deux fois par jour. 3" Pour neutraliser les acides qui se développent souvent dans les premières voies , surtout chez les femmes enceintes et les jeunes enfants : la dose, dans ce cas , est depuis 30 centigi'ammes jusqu’à 2 grammes. 4° Comme purgatif chez les individus qïii sont à l’usage du lait, ou qui ont éprouvé de violents accès de goutte ou de rhumatisme : on l’administre, dans ce cas, jusqu’à la dose

de 16 grammes; eu général, les médecil^^^Bivent prescrire que la magnésie calcinée, parfaitement débarrass^B^ide carbonique. 5" Bussy a proposé d’employer la magnésie comme contre-poison de l’acide arsénieux ; elle absorbe en effet l’acide arsénieux et forme avec lui un sel insoluble dans l’eau ; mais comme cet effet est lent et que d’ailleurs l’arsénite de magnésie finit par être vénéneux à mesure qu’il se dissout dans les acides de l’estomac , il est préférable de favoriser par le vomissement l’expulsion du toxique ; cela étant, on pourrait tirer parti de la magnésie comme contre-poison, pourvu qu’elle fût administrée dans une grande quantité d’eou tiède.

Préparation. On l’obtient en précipitant une dissolution bouillante de sulfate de magnésie pur, et surtout privé de fer par le sulfhydrate d’ammoniaque, par une dissolution de carbonate de soude également pure et bouillante, formée de 1 partie de carbonate dissous dans 6 parties d’eau ; il y a double décomposition , il se produit du carbonate de magnésie insoluble et du sulfate de soude soluble; on lave le précipité jeté sur un filtre et on le calcine pour décomposer le carbonate; on obtient alors l’oxyde de magnésium, connu sous le nom de magnésie calcinée. En exposant celle-ci à l’air humide pendant deux ou trois jours, elle absorbe de l’eau en proportions variables, et constitue Vhydroxyde de magnésie; la magnésie dite anglaise, si légère et si soluble dans les acides, n’est que de la magnésie calcinée ayant absorbé 20 pour 100 d’eau ; dans cet état, elle doit être préférée, pour les usages médicinaux, à la magnésie calcinée ou vive. Je dois ajouter encore que la magnésie sera d’autant plus légère et se dissoudra d’autant mieux dans les acides faibles de V estomac, qu’elle aura été calcinée sans pression et à une température moins élevée.

DES SEES DE HACiMÉSIE.

Les sels de magnésie sont entièrement décomposés par lapotasse (hydrate de protoxyde de potassium) et par les carbonates de potasse et de soude; la magnésie, ou le carbonate de magnésie précipités, ne se dissolvent pas dans un excès du réactif décomposant. Les dissolutions de magnésie ne sont pas précipitées à froid par le bicarbonate de potasse ni par le carbonate d’ ammoniaque effleuri (1), parce que ces carbonates renferment assez d’acide carbonique pour tenir la magnésie en dissol u-

(t) Le carbonate d’ammoniaque effleuri a perdu une partie de sa base, St se trouve converti presque entièrement en bicarbonate-

AÜ

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lion ; mais si on chauf^^^HInge , l’excès d’acide carbonique se dégage, et le carbonate ^^Bgnésie blanc se précipite; le carbonate d’ammoniaque transparent on non effleuri précipite les sels de magnésie, excepté lorsque les liqûeurs sont très-étendues , et qu’elles contiennent un grand excès de carbonate d’ammoniaque ; le précipité est du carbonate de magnésie ou du carbonate ammoniaco-magnésien, suivant la quantité de carbonate d’ammoniaque employé (Guibourt). V ammoniaque ne décompose jamais complètement ,Sgs dissolutions, elle n’en précipite qu’une portion de magnésie ; l’autre portion reste dans la liqueur, et forme avec l’ammoniaque un sel double soluble ; si le sel magnésien était acide , ou qu’il fût mélangé d’un sel ammoniacal , il ne serait point précipité par l’ammoniaque , parce qu’il se formerait un sel double soluble. Les sulfurés ne précipitent pas les dissolutions salines de magnésie. Il en est de même de Voxalate d’ammoniaque. Les sels de magnésie chauffés au chalumeau, avec un peu d’azotate de cobalt, donnent un résidu d’une couleur rose.

D’après M. Grange, le goitre prend naissance et se développe sur les terrains magnésiens, où par conséquent les populations font usage d’eau contenant un ou plusieurs sels de magnésie; suivant lui, c’est aux sels magnésiens renfermés dans certaines eaux qu’il faut attribuer le développement du goitre, dont on peut par conséquent se préserver en séparant la magnésie des eaux potables (séance de l’Institut du 10 décémbre 1849). Cette assertion a besoin d’être confirmée par des observations ultérieures : déjà M. Dumas , professeur au lycée de Valence (Drôme), l’a vivement combattue en déclarant que le goitre n’avait jamais paru dans des contrées dont les habitants ne boivent que des eaux fortement magnésiennes.

Carbonate neutre = MgO, CO^. Il existe dans la nature à l’état amorphe et quelquefois cristallisé en rhomboèdres ; dans ce cas , il est anhydre. On le trouve aussi dissous dans cerlaines eaux; combiné au carbonate de chaux, il constitue la dolomie: Il offre des propriétés différentes suivant la manière dont il a été préparé.

Si le carbonate neutre de magnésie s’est déposé à la température ordinaire d’une dissolution de magnésie dans l’acide carbonique, les prismes hexaèdres ont alors pour formule MgO, CO*, 3 HO; ils sont inaltérables à l’air et résistent à l’action de l’eau bouillante. Les eaux magnésiennes gazeuses ne sont autre chose qu’une dissolution-’aqueuse de carbonate neutre dans l’acide carbonique. On administre ce carbonate en médecine à la dose de quelques décigrammes dans les mêmes circonstances; que la magnésie. Si l’on abandonne a elle-même, à une température

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