‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 95 sur 149 · DU ZINC · texte numérisé non relu

DU ZINC

peu à peu du phosphore et une petite quantité de résine sur le zine fondu ; celle-ci s’oppose à l’oxydation du métal : le phosphure qui en résulte est brillant, d’un blanc de plomb, légèrement malléable, presque aussi fusible que le zinc , et répand une odeur alliacée lorsqu’on l’aplatit sous le marteau. Le soufre en vapeur peut se combiner avec ce métal incandescent, et donner naissance à un sulfure solide, ZnS, terne, jaune, sans saveur, moins fusible que le métal, décomposable par la chaleur, et qui s’empare de l’oxygène de l’air à une température élevée. On l’obtient en calcinant pendant une heure, à une chaleur blanche , du sulfate de zinc anhydre dans un creuset brasqué , ou bien un mélange de protoxyde de zinc et de soufre sublimé. On prépare le sulfure hydraté de protoxyde en versant du sulfure de potassium dans un sel de zinc. Le sulfure naturel , que l’on trouve principalement en France, dans les départements de l’Isère, du Pas-de-Calais, des Côtes-du-Nord et des Hautes-Pyrénées, et qui porte le nom de blende, est jaune, roussâtre, brun ou noir, suivant la quantité d’oxyde de fer qu’il renferme; il perd le soufre lorsqu’on le soumet à l’action du chalumeau de Brook (Clarke), tandis que le métal s’oxyde et est entraîné dans l’air ; il est formé de sulfure de zinc et de protosulfure de fer eh proportions variables suivant les espèces; en général, on peut dire que la proportion de sulfure de zinc est de 82 à 95 pour 100 de blende ; celle de protosulfure de fer, de 18 à 6 ; on s’en sert pour préparer en grand le sulfate de zinc.

Oxysulfure de zinc, ZnO, ZnS. ^ On peut obtenir ce produit en décomposant le sulfate de zinc par l’hydrogène au rouge naissant ( Arfwedson). Il existe dans les environs de Freyberg et à Rosiers, près de Pontgibaud, un oxysulfure, ZnO, 4 ZnS.

L’iode se combine facilement avec ce métal réduit en poudre, même à une température peu élevée.

Le zinc dont la température a été élevée absorbe rapidement le chlore, le solidifie et le transforme en chlorure, ZnCl; il y a dans cette expérience dégagement de calorique et de lumière ; le chlorure obtenu (beurre de zinc) est blanc, d’une saveur styptique, très-fusible, volatil à une chaleur rouge , et cristallisant alors en aiguilles ; il est très-déliquescent , très-soluble dans l’eau ; l’alcool anhydre le dissout également. On l’obtient cristallisé et hydraté lorsqu’on évapore le solutum aqueux et qu’on le laisse refroidir; quand on concentre, par l’ébullition, cette dissolution, la température s’élève jusqu’à 250“; alors le chlorure est anhydre, quoique liquide; on peut ensuite le chauffer jusqu’à 400° sans qu’il donne des vapeurs très-abondantes : on a tiré parti de cette pro-

priélé po®!: former des bains dans lesquels ou peut chauffer des coi’ps à une température donnée et assez élevée ; on prépare le chlorure hydraté en traitant le zinc paç l’acide chlorhydrique liquide. Il est considéré par les médecins allemands comme antispasmodique; on l’a aussi employé dans la blennorrhagie, et à l’extérieur comme caustique dans le traitement de certaines affections cancéreuses. Il sert à détruire les punaises ; pour cela on met une dissolution concentrée dans les jointures et les fentes des lits. M. le D'‘ Sucquet a démontré qu’il était préférable à tout autre corps pour conserver les pièces anatomiques. Si l’on iiqecte dans l’aorte ou dans toute autre artère d’un cadavre six à neuf litres de ce sel dissous dans l’eau, marquant 38 degrés à l’aréomètre, le corps est parfaitement embaumé, tandis que par le procédé Gannal (sels d’alumine) la putréfaction marche avec une rapidité effrayante. (Voyez, dans le rapport fait à l’Académie de médecine, les expériences tentées par les deux procédés.)

Le chlorure et l’oxyde de zinc peuvent s’unir et donner plusieurs composés hydratés d’une composition définie.

Lorsqu’on fait arriver du brome en vapeur sur du zinc chauffé jusqu’au rouge, on obtient un bromure incolore, très-déliquescent, soluble dans l’alcool et l’éther, BrZn. L’azote n’exerce aucune action sur ce métal. Si l’on fait passer de Veaum vapeur dans un tube de porcelaine rouge contenant du zinc ^ celui-ci en absorbe l’oxygène, et l’hydrogène est mis à nu ; la décomposition de l’eau commence à être sensible à lOO», lorsque le métal est très-divisé. Le gaz oxyde de carbone ést sans action sur le zinc. On ignore comment l’oajj/de de phosphore agit sur lui. Il décompose le protoxyde d’azote à une température élevée, et il est probable qu’il opère aussi la décomposition du bioxyde d’azote.

Il est sans action sur l’acide borique. II décompose l’acide carbonique à chaud et le ramène à l’état de gaz oxyde de carbone ; lorsqu’on le met en contact avec l’acide carbonique dissous dans l’eau , celle-ci est rapidement décomposée; il se dégage du gaz hydrogène, et lé métal oxydé se combine avec l’acide. A une température très-élevée , il enlève l’oxygène à l’acide phosphorique. L’acide sulfurique concentré cède une portion de son oxygène au zinc lorsqu’on chauffe le mélange, et se transforme èn gaz acide sulfureux, tandis que le métal oxydé passe à l’état de sulfate en se combinant avec l’acide non décomposé: à froid, l’action est à. peine sensible: il se dégage lentement quelques bulles de gaz hydrogène, par suite de la décomposition de l’eau , et il se produit un peu de sulfate. Si l’acide sulfurique est très-affaibli par l’eau, celle-ci est rapidement décomposée à froid; il y a dégagement de gaz hydrogène et formation de sulfate de zinc: M. de La Rive s’est assuré que le zinc , dans cette circon-

Dü ZES'C.

stance, ne doit son énergie qu’à la présence de certains métaux étrangers : c’est ainsi que le zinc pur agit à peine sur l’eau ; Un alliage de 9 parties de zinc et d’une de fer possède, au contraire, au plus haut degré la propriété de décomposer ce Bquîde. On ignore comment le gaz acide sulfureux agit sur ce métal. L’acide azotique est en partie décomposé par le zinc, qui lui enlève une certaine quantité d’oxygène, et met de l’azote , du bioxyde ou du protoxyde d’azote à nu ; l’oxyde de zinc formé se combine avec l’acide azotique non décomposée! se transforme en azotate. L’acide kypoazotique est également décomposé en partie , et il se forme, à la température ordinaii-e, deVazotite et de l’azotate de zinc. Le :^z acide chlorhydrique sec, chauffé avec ce métal , le fait passer à l’état de chlorure, et l’hydrogène est mis à nu ; si l’acide chlorhydrique contient de l’eau, il pst rapidement décomposé à froid, et il se forme du chlorure de zinc hydraté. Le zinc décompose le gaz acide sulfhydrique , s’empare du soufre , et l’hydrogène est mis à nu.

V ammoniaque liquide et concentrée exerce sur ce métal une action remarquable, dont on doit les détails à Delassone. A l’aide d’une légère chaleur, et même à froid, l’eau de l’ammoniaque est décomposée, son oxygène se porte sur le métal, l’hydrogène Se dégage, et l’oxyde formé se dissout dans l’ammoniaque; cette dissolution évaporée fournit des cristaux d’où l’on peut dégager l’ammoniaque par la chaleur.

Le carbonate de soude bouillant dissout lentement le zinc, avec dégagement de gaz hydrogène, et il se forme, au bout de quelques jours de repos, des cristaux octaédriques ou tétraédriques de carbonate double de soude et d’oxyde de zinc insolubles dans l’eau ; d’où il suit que l’eau a été décomposée (Wôhler).

Caractères distinctifs du zinc. 1° Ses propriétés physiques; 2° la manière dont il brûle à l’air ; 3" son action sur l’acide sulfurique étendu d’eau qui le transforme en sulfate de protoxyde (voy. Sels de protoxyde).

Le zinc est employé à la construction de conduits, de gouttières, de baignoires, de coüvei’tures de toits; on s’en sert aussi pour faire des cassei’oles et plusieurs autres ustensiles; mais il est imprudent d’en faire usage dans les cuisines, car il est parfaitement prouvé que les dissolutions de sel commun, d’acide acétique, d’acides oxalique et citrique, qui entrent dans la composition -de plusieurs aliments , facilitent son oxydation et sa dissolution : or l’ingestion d’une prépai’ation de zinc peut, dans quelques circonstances, être suivie d’accidents fâcheux. Le beurre, fondu dans des vases de zinc, les attaqpie également, favorise l’oxydation du métal et dissout l’oxyde. On emploie encore le zinc pour la construction de la pile de Voila, pour préparer l’oxyde blanc (fleurs de zinc), le gaz

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hydrogène, le laiton, et un alliage d’étain dont on £ait usage pour frotter les coussins des machines électriques.

Le procédé de galvanisation du fer consiste dans l’application d’une petite couche de zinc à la surface du fer ; pour cela on frotte le fer bien décapé avec du zinc en fusion, sur lequel on a projeté préalablement un peu de chlorhydrate d’ammoniaque. Le fer préparé de cette manière peut être impunément soumis, du moins pendant un laps de temps assez long, à l’action simultanée de l’air et de l’humidité; car l’action galvanique exercée par la réunion des deux métaux tend constamment à détmire l’oxyde qui pourrait se former. Les fers galv^isés sont principalement employés dans la fabrication des objets exposés aux injures du temps , tels que gouttières , tuyaux de cheminées, etc.

Extraction. On introduit dans des tuyaux de terre „ fermés par une de leurs extrémités, un mélange de charbon et de calamine qui a été préalablement exposée pendant plusieurs mois à l’influence des agents atmosphériques , pour la débarrasser des pyrites et de l’argile avec lesquelles elle se trouve mélangée (1). Ges tuyaux traversent un fourneau , et sont légèrement inclinés, de manière que leur extrémité ouverte est plus élevée que l’autre, et communique avec d’autres tuyaux inclinés dans un sens opposé : c’est en quelque sorte un appareil dislillatoire dans lequel la cornue serait représentée par les premiers tuyaux, et le récipient par les autres ; on chauffe fortement ; la calamine se décompose ; le zinc provenant de la décomposition de l’oxyde et du carbonate de zinc par le charbon se sublime , se condense dans les tuyaux extérieurs , d’où on le fait tomber dans un bassin de réception : on le fait fondre, et on le verse dans le commerce ; on fait cette exploitation dans la Belgique (ancien département de l’Ourthe). En le sublimant de nouveau, on le purifie ; mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, de le priver entièrement , par ce moyen , de charbon et des autres métaux que contenait la calamine.

M. Jacquelain est parvenu à l’avoir très-pur en faisant passer à travers du zinc en fusion un courant de gaz hydrogène bien sec qui se sature

(1) La composition des calamines n’est pas toujonrs la même : celle de la Vieille- Montagne, dite ordinaire, contient 5,4 d’oxyde de zinc, 2 d’acide silicique, 0,6 d’eau , 89 de carbonate de zinc , 3 d’oxyde de fer ; on trouve aussi dans quelques calamines des oxydes de manganèse et de fer, de l’argile, et quelquefois de l’arsenic et de l’étain. Le silicaie anhydre de la Vieiile-.Monîagne est formé de 63,2 d’oxyde de zinc , de 25,6 d’acide silicique, de 1 d’eau , de 4,8 d’oxyde de fer, etde 3,4 d’argile.

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de vapeurs métalliques et les dépose plus loin dans un tube en porcelaine {Ann. de chim., février 1843).

On peut aussi extraire le zinc du sulfure (blende) parfaitement grillé ; le produit est alors principalement composé d’oxyde et de sulfate de zinc. On réduit ces deux corps par le charbon, dans des vases distillatoires.

I»IJ PROTOXYDE DE ZEVC. ZnO. (FtECRS DE ZECC , POHPHOLIX, IflHlL AlBCrS, XMfA PHUDSOPHICA.)

On trouve cet oxyde dans la nature ; il entre pour beaucoup dans la composition de la calamine et du zinc gahnite. L’oxyde de zinc est blanc , doux au toucher, fixe lorsqu’on le chauffe dans des vaisseaux fermés, décomposable par la pile ; il absorbe , à la température ordinaire , l’acide carbonique de l’air ; fortement chauffé avec du charbon , il perd son oxygène, et il se forme du gaz oxyde de carbone. Il se combine parfaitement avec les acides , et se dissout à merveille dans la potasse, la soude et l’ammoniaque, quand il est hydraté. M. Fremy a obtenu du bizincate de potasse cristallisé en longues aiguilles. Il est formé de 80,26 de zinc et de 19,74 d’oxygène. Il doit être regardé comme un excellent antispasmodique; il a été quelquefois utile dans l’épilepsie, où il a été employé seul par quelques praticiens : on peut l’administrer depuis 30 centigrammes par jour, jusqu’à 2 grammes, mêlé avec du sucre, de la gomme ou toute autre poudre, et divisé en plusieurs prises. On le donne quelquefois, associé à la jusquiame noire et à la valériane, pour combattre certaines névralgies faciales rebelles : on fait prendre ordinairement deux pilules par jour, composées de 5 centigrammes d’oxyde de zinc et d’une égale quantité d’extrait de jusquiame et de valériane, et on augmente progressivement la dose. La tuthie ou cadmie n’est autrè chose que le sublimé blanc qui se condense dans les foui’neaux où l’on exploite les minerais de zinc ; elle est composée de 90 à 94 pour 100 de protoxyde de zinc et de 10 ou 6 parties de protoxyde de fer et de plomb, de laitier et de charbon; elle fait partie de certains collyres fortifiants , du baume vert , de l’opodeldoch , etc. ; on compose avec elle et du sucre candi une poudre que l’on souffle dans les yeux pour dissiper les taies : il serait préférable d’employer de l’oxyde de zinc pur.

Mêlé à des huiles siccatives, le protoxyde de zinc remplace la céruse sous le nom de blanc de zinc, ainsi que l’a prouvé M. Leciaire ; entre autres avantages il présente sur la cénise (carbonate de plomb) ceux de ne pas noircir par les émanations sulfureuses, et de ne pas exposer les

ouvrière à des maladies graves, telles que la colique des peinti-es, l’aues- Ihésie, l’encéphalopathie saturnines, etc.

Préparation. On précipite, au sein de V eau chaude, le sulfate deziuc ^1ur par du carbonate de potasse ou de soude; le carbonate de zinc dél>osé, lavé, desséché et calciné , donne de l’oxyde de zinc pur. Si on le })réparait en faisant brûler le zinc au contact de l’air, l’oxyde serait mêlé de zinc (Lefort). : •

• DU PEROXYDE DE ZIYC. ZnO^.

M. Thénard est parvenu à suroxyder l’oxyde dè zinc au moyeu de l’eau oxygénée mêlée d’acide chlorhydriquer(voy; p. 130). -

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