‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 41 sur 106 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

iJO raEMlÈRB PARTIE.

a* On commence par remplir d'eau un flacon à l'émeri, en le plongeant dans la partie inférieure d'une cuve pneuxoato-chimîqne. Lorsqu'il est plein, on le renverse, et ou le porte à la surface du liquide , jusqu'à ce que les cinq idziràEies environ se trouvent dans l'atmosphère ; on y introduit assez de gaz oxygène pour que le tiers de l'eau éoBt il est rempli soit expulsé; on y fait entrer un vobwM double de gaz hydrogène , qtii chasse l'eau qui y rertait encore j on le bouche en le tenant toujours plongé dans le liquide , puis on le retire , on enveloppe d'un linge toute sa surface , excepté l'extrémité do goulot ; on le débouche et on approche aussitôt son ouvertiu-e d'une bougie enflammée : à peine le mélange des deux gaz est-il en cont^:t avec le calorique, que l'on entend une vive détonation , et que L'on aperçoft une lumière plus ou moina intense. ( ^piéori^. Voy. Expérience 4'. )

3° Si le mél^ge de deux parties de gaz hydrogène et d'une de gaz oxygène se trouve dans une vesôe munie d'un robinet auquel on a adapté un bouchon percé pour recevoir un tube de verre effilé à la lampe, etquel'on comprime la vessie , afin de faire passer le gaz à travers une dissolution de savon cpaisscj préalablement disposée dans

DU GAZ HYDHOCÈIVE. l3l

îoneaat et 0apérieurementpar une virole Rattachée avec èi mastic et se vissant au robinet R. La partie Inférieure est formée d'un pied de verre ou de cuivre jaune P, qui est cottstamcnent creux, d'une virole f" , et d^un robinet It , dont la tige creuse se visse à la virole F^. La partie supéricorc offre la même dii^sition que Tinfërieure, excepté que le bassin B est moins large que le pied P. Versrextréndté sopérieure du tube TT^ se trouve une petite t%e de ccmeborizontale Cff. attachée à la virole dontnous avons parié, et se terminant intérieiurement très près de la sur- Ace interne de la virole. Cette tige est en partie contenue dans un petit tube de verre tt , dont la surface externe e^ eodoite de résine : elle est par conséquent isolée de manière à pouvoir transmettre une certaine quantité de fluide âectrique dans Fintérieur du tube TT. L'intérieur de l'instnunient présente des ouvertures tellement disposées, que lorsque tes robinets sont ouverts, l'eau que l'on ferait entrer par le bassin B sortirait parle pied P.

Si, après avoir rempli d^eau cet instrument plongé perpendicolairement dans la cuve pneumato-chimique , on ferme le robinet supérieur , on pourra , en ouvrant le robfflet inférieur^ introduire dans le tube TT deux parties d'hydrogène et une partie d'oxygène en volume. Si l'on fnt passer alors l'étincelle électrique à travers lemélange, en aj^rochant de la tige de cuivre C If , préalablement essayée , une bouteille de Leyde chargée, ou le plateau de rélectrophore éieclrisé par le frottement^ on remarquera une lumière et une détonation plus ou moins vives; h colonne d'eau contenue dans le tube TT sera, refoulée ca bas et remontera subitement , en sorte que le tube se trouvera rempli de liquide ; enfin , les deux gaz auront disparu. Si^ au lieu de laisser le robinet inférieur ^ ou- Tcrt, on le ferme avant de faire passer Tétincelle électrique, il se formera un vide qui sera immédiatement rempli par l'eau si on rouvre le robinet. Théorie. IL se prodml de Veau par la combinaison de Thy drogène avec l'oxygène :

l3a PREUIÈAE PARTIE.

cette eau est transfonnée en vapeur par la grande quantité de calorique dégagé dans rexpérience : or , la vapeur résultante occupe un espace plus grand que celui qu'occupaient les deux gaz; elle doit donc refouler en bas le liquide contenu dans le tube TT; mais comme la vapeur se trouve alors en contact avec un corps froid, elle passe à l'étal liquide ; presque tout l'espace qu'elle occupait se trouve vide, et l'eau doit remonter pour remplir ce vide . Ces deux effets étant presque instantanés , on conçoit qu'il résulte un double choc capable de rendre raison de la détonation qui les accompagne. La même théorie peut être appliquée aux expériences a* , 3* , avec cette différence , que c'est l'air atmosphérique qui est refoulé, d'abord en avant, puis en arrière.

5° On sait également que deux parties de gaz hydrogène et une de gaz oxygène mêlées et comprimées fortement dans une seringue métallique très épaisse , garnie d'un verre au fond , se Aombinent , forment de l'eau , et qu'il y a détonation et dégagement d'une lumière très vive : dans celte expérience, qui n'est pas sans danger, le verre est projeté au loin.

Si , au lieu de faire agir le gaz hydrogène sur le gaz

DU GAZ HYDROGÈNE. l33

mélange dans chacune des fioles, en les séparant et en les approchant d'une bongie allumée. M. Dalton, à qui nous devons un travail sur cet objet , a conclu , après avoir fcit un très grand nombre d'expériences, qu'un fluide élastique ne peut rester sur un autre plus pesant sans s'y mêler.

Nous devons à M. Doebereiner une expérience remarquable qui se rattache au sujet dont nous parlons. Lorsqu'on fait arriver , à l'aide d'un tube étroit , du gaz hydrogène à la température ordinaire y sur du platine ou du palladium en masse spongieuse, l'hydrogène s'unit à l'oxygène de l'air qui entoure le platine ; il se forme de l'eau , et il se développe assez de chaleur pour rendre le métalincandescent au bout de quelques instants. MM. Du* long et Thénardont vu depuis, i* que le rhodium etl'îridfami se comportent de la même manière que le platine ; ^ que le nickel en éponge agit aussi, mais très lentement^ ce que M. Doebereiner avait déjà vu ; 3* que les autres métaux ne donnent lieu aux mêmes phénomènes qu'autant qu'on élève leur température : qu'il en est de même du charbon, de la pierre ponce, delà porcelaine, du cristal déroche : 4** q^i^? dans aucun cas, la température n'a besoin d'être supérieure ni même égale à celle de l'ébullition du mercure ( 36o** ) j 5" que la configuration d'un même corps modifie son action : ainsi, Teffet est le double lorsque le gaz hydrogène est mis en contact avec des fragments de verre anguleux que lorsque ceux-ci sont arrondis j 6* que la propriété dont il s'agit n'est pas inhérente aux métaux qui agissent à la température ordinaire, puisqu'on peut la faire disparaître ou reparadtre à volonté aur tant de fois qu^on le désire; 7" qu'un morceau de platine spongieux placé dans un mélange de deux parties d'hydrogène et d'une partie d'oxygène à froid, détermine une détonation : 8* que Fhydrogène aidé de l'action du platine peut décomposer à froid les gaz protoxyde et bioxyde d'azote , et fonder de l'eau avec l'oxygène de ces çaz , e\.

l34 PKEMIÈ&E PAJITIE.

d4 raoïipwoiaqae avec leur azote ; 9° que l'on ne saurait espU<]uer la plupart des effets qui ont été observés, en leur «Opposant tuie origine purement électrique. {Ann. de Pf^s. et de Ckim., décembre i8a3. {ployez aussi U note de MM. Delarive et Marcet, dans le cahier de novembre 1828 , des u^nn. de Chim. et de Phys. )

Ç(WW;<è/i&ï«si««i*e^--^- Lorsqu'on approche une bou- ^ allumée du gaz hydrogène contenu dans une éproayeue dont l'ouverture est en bas, le gaz se combine avec l'oxygène de l'air , et il se produit une flamme blanche d'autant plus bleue que le gaz hydrogène est moins pur ; ily a aussi une légère détonation , etil ne se forme que de reawj.car, après l'expérience, l'eau de chaux n'est pcâiA trooUée par son ^tation avec l'air de la cloche , ce qui arrireraits^il s'était formé du gaz adde carbonique, iï. Si^ 91U lieu de laUeer la bougie à la siu^ce de la clocàe , on If plonge dans l'intérieur j elle s'éteint après av<^ nùs le {ça aux premières couches de gaz. C Ce gaz est trèp Ié<ger. Expériences. 1' Que l'on prenne deux cloches àpen {krè» égales , l'une remplie d'air atmosphérique , et dont l'ourerture sera en haut, l'autre pleine de gazhydrt^èue

DU GAZ HYDROGÈNE. l3S

an contraire y beaucoup plus pesant , se précipite d<tfis la doche y en sorte que les gaz sont parfaitement méléSk

Usages. On se sert du gaz hydrogène pour faire ranalyéé derair etpour remplir les ballons aérostatiques. M. Clarke^ professeur de minéralogie à Cambridge ^ a co^lrmé , par une nombreuse série d'expériences ^ ce qui avait été avancé en i8oa par Rol)ert Uare ^ physicien d'Amérique^ et eii 18 1 3 par M. Silliman ^ savoir , que lorsqu'on met le feu i un mélange de deux parties en volume de gAz hydrogène, et d'une de gaz oxygène piu* y préalablement condenséi^ (bns un réservoir, U se produit ime chaleur capable At ton^ dre en quelques instants les substances regardées comme les plus infiisibles. M. Clarke s'est servi dans ses èstpé^ xieoces^ du chalumeau de Brook, dont l'emploi peut être râivi d'acddents fâcheux et auquel nous préférerons cdtd de MM. Berzéliiuï et Barruel : (pi. 7, flg. 5o) JE'est une ves-* fiîe à fortes parois , munie d'un robinet sur lequel se vissé un cylindre creux de cuivre Z>, dans lequel sont contéhus iSo âisques de toile métallique à mailles très fines, com«prÎHiées les unes contre les autres , et qui ont pour otjet de s'opposer à la transmisrion de la flamme; Fautre extrémité de ce cylindre reçoit le tube du chalumeau X. Pouf faire usage de cet instrument , on visse la vessie vide d^air sur une cloche à robinet contenant un mélange de deul Vûhunes de gaz hydrogène et d'nâ volume de gaz oxygènét on ouvre les deux robinets de la cloche et de la veske, on enfonce la doche dans l'eau , afin que le gaz qu'elle contient enire dans la vessie ; alors, on ferme le robinet de odlfiHCi, on la dévisse et on lui adapte les autres parties de l'appareil. Dans cet état , on introduit la vessie dans une bmte de sapin à parois nonces, et Ton fait sortir le roUiiet et Tajoutage par une ouverture pratiquée à l'une de ces parois : on place sur la vessie une planche faite de manière à entrer aisément dans la boîte de sapin, et sur cette planche nK>bile on met un poids de 5o Uvres : par ce moyen la vcfiâe se trouve dans tous les instants comprimée de lûtût

lit PAEMIËRË PARTIE.

en bas ; et la compression étant toujours égale , que la vessie soit pleine ou non, il en résulte que le jet de gaz est constamment le même : on enflamme ce mélange gazeux àl'jide d'un corps en ignition.

Voici maintenant les motifs qui doivent faire préférer cet appareil au chalumeau de Brook. i" L'emploi de ce (dernier, consistant à comprimer plus ou moins fortement dans un récipient métallique d'une forme arbitraire, le mélange gazeiix d'oxygène et d'hydrogène, et à faire sortir- par un tube d'un petit diamètre , ce mélange qui ne s'échappe du récipient qu'en vertu de l'élasticité qu'il a acquise par la compres^on, il en résulte que, dans les {HTAmiers instants de l'usage que l'on en fait , il n'y a réellement aucun danger à courir par l'effet de la rétroce»tàaa de là flanmie , cette rétrocession ne pouvant avoir lieu,à raison delà vitesse avec laquelle le gaz sort du ré- ' dpîent. Mais cette vitesse diminue promptement et progresâvement par l'effet de la diminution de la pression qui s'opère dans, l'intérieur du récipient par suite de l'échappement du gaz : d'où il résulte qu'il arrive nécessair rement un moment pendant lequel cette pression-est tellement faible , que la vitesse avec laquelle le gaz sort par

DU GAZ HYDROGÈNE. l'i'J

Poids d'un atome d'hydrogène. Il est de ô^aSgS.

Suivant Chaussier ^ le gaz hydrogène communique ime teinte bleuâtre au sang et aux autres parties ; on peut le respirer pendant quelques instants sans danger^ mais il finit par déterminer l'asphyxie. On ne Ta jamais employé en médecine.

Extraction, i" On peut obtenir du gaz hydrogène très par eh décomposant Veau par la pile électrique. 2"" Le procédé suivant est beaucoup plus employé : on introduit dans une petite fiole F de la tournure de zinc ou de fer, et de l'acide sulfurique ou chlorhydrique , étendus de quatre ou cinq fois leur poids d'eau : on y adapte un Imuchon percé pour donner passage à un tiibe de verre recourbé (^"vojr. pi. 9, fig. 56), qui se rend sous l'eau; dans le même instant, on remarque une vive effervescence due au dégagement du gaz hydrogène ; on ne recaeSUe pas les premières portions, qui sont mêlées d'air. A la fin de l'expérience, on trouve du proto-sulfate de fer ou AvL sulfate de zinc dans la fiole.

Théorie. Le fer est un corpa simple.

L*acide sulfurique est composé d'oxygène et de soufre.

L'eau est formée d'oxygène et d'hydrogène.

nsnit de là que l'hydrogène obtenu provient de l'eau^ puisque ni le fer ni l'acide sulfurique n'en contiennent. Voici ce qui se passe : l'eau est décomposée; son oxygène se combine avec le fer ou avec le zinc, pour former un oxyde qui s'unit avec l'acide sulfurique , et donne naissance à du proto-sulfate de fer ou à du sulfate de zinc ;

d'oxygène, était préférable à l'hydrogène pour opérer avec le chalumeau deBrook, parce qu'il produit une température plus élevée, qu^il est moins facile à enflammer et que par conséquent on peut se servir d'un tuyau de dégagement plus large, sans courir le danger d'une explosion.

l38 PBJESUÊSK PARTIE.

son hydrogène se dégage et passe à l'état de gaz, en se combinaDt avec uae certaÏDe quantité de calorique dégî^é pendant l'opération. D'où proTJent ce calorique? De l'acide sulfurique et de l'oxygène de l'eau, dont les" molécules se rapprochent fortement, en se comJbioaot avec celles du métal. Le gaz hydrogène obtenu avec le zinc du conunerce contient de l'arsénide d'hydrogène et de l'acide sullhydrique ; on le purifie en le faisant passer d'abord dans un tube dans lequel se trouve un Unge intimé de sublimé corrosif dissoufi, puis dans un autre qui contient de la potasse; l'arsénide d'hydrogène est absorbé par le sublimé, et l'acide sullhydrique par la potasse. Le gaz hydrogène que fournit le fer renferme dn carbonide d'hydrogène ; on le purifie en le faisant passer à travers des fragments de potasse caustique légèrement mouillée ; on le dessèche ensuite à l'aide du chlmnre de caldnm (muriate de chaux); alors le gaz est inodore.

Proportions des maUèrts em- Pnporiionj produites, ployées.

I d'eau "2,47 ' d'hydrogène . . . ia,47

1 de zinc 4**3,23 ,j- , l i d'ojc, 5o3,a3

BU BOEE. l39

jusqu'au rouge blanc, il se raccornit, devient plus fouoé et plus dense. La lumière ne lui fait éprouver ancun changement. Il n'est point conducteur de Vélectricite ; il est électro-^itré y par rapport à l'oxygène , et électrorésineux par rapport au carbone. {Voy. page ii4*)

Propriété essentielle. Lorsqu'on le met en contact avec le gaz oxjrgène , et qu'on le chaufCè jusqu'un peu audessous de la chaleur rouge , il se combine avec ce gaz^, et forme de Tacide borique qui entre en fusion ; il se dégage dans cette opération une partie du calorique et de la lumière qui tenaient l'oxygène à Tétat de gaz : cependant tout le bore ne se transforme pas en acide borique , parce qu'à mesure que celui-ci est produit , il recouvre les couches intérieures de bore qui ne se trouvent plus en contact avec le gaz. Si on dissout dans Teau l'acide borique formée il reste une poudre d'une couleur plus foncée que celle du bore^ que H. Davy regarde conune de Toxyde de bore y contre l'opinion de Berzélius, et qui serait formée d'un atome de bore et d'un atome d'oxygène.

A la température ordinaire, le bore n'éprouve aucune altération de la part du gaz oxjgène m du gaz hydro^ gène; toutefois les expériences de Davy et de Léopold Gmelin établissent que lorsque Teau est décomposée par un composé de bore et de potassium , ou par du borure de fer que l'on dissout dans l'acide chlorhydrique , le gaz hydrogène qui se dégage , contient un peu de bore. Il est sans usages. H. Davy observa en 1807 ^^ l'acide borique pouvait être décomposé, au moyen de la pile, en oxygène et en une matière brune. MM. Gay-Lussac et Thénard, en 1809, décomposèrent le même acide au moyen dU potassium, décrivirent les propriétés du bore, et prouvèrent qii'on pouvait le transformer en acide borique au moyen du gaz oxygène.

Poids d'un atonie de bore. Il est de 67,99.

Extraction. On introduit dans un tube dç cuivre par-

i4o PREMIÈRE PARTIE.

ties égales de potas^um coupé en fragments , et d'acide borique TÎtrifié et pulvérisé { composé d'oxygène et de 3)ore)j on dispose le mélange de manière qu'il y ait successivement une couche de métal et une autre d'acide ; on ferme le tube avec un bouchon de liège auquel on a pratiqué ime légère fissure pour donner issue à l'air, et on le fait rougir j le potasàum décompose une partie de l'acide, s'empare de son oxygène, et met le bore à nuj la portion d'acide non décomposé forme avec la potasse produite , du borate de potasse. Lorsque le tube est refroidi, on fait bouiUir le mélange à pluâeurs reprises âvec de l'eau, afin de dissoudre tout le borate de potasse ; alors , on fait sécher le bore , et on le conserve à l'abri du contact de l'air.

Si on substitue à l'acide borique du phtoro-borate de potasse bien sec, on obtient la même quantité debore, en employant moins de potassium (Berzélius).

M. Doebereiner partut avoir obtenu du bore , à la vérité mêlé d'tm peu de charbon, en chauffant pendant deux heures jusqu'au rouge-blanc, im canoD de fusil contenant du borate de soude fondu et pulvérisé (borax).

DU CARBONE. l4l

guefois formée de carbone presque pur ; enfin il existe constamment dans Tàtmosphère^ combiné avec Toxygène à Tétat de gaz acide carbonique, et quelquefois à l'état de gaz hydrogène carboné.

Le diamant ou le carbone pur se trouve dans les Indes Orientales , principalement dans le royaume de Golconde et de Visapour ; on en a aussi découvert dans la Serra do Frio y district du Brésil. Il se présente ordinairement sous la forme de cristaux très brillants , limpides , transparents, incolores, qui sont des octaèdres ou des dodécaèdres^ ou des sphéroïdes à 48 faces triangulaires, curvilignes : quelquefois ces cristaux sont roses , orangés , jaunes, verts, bleus ou noirs; leur poids spécifique varie depuis 3,5 jusqu'à 3,55 ; leur dureté est telle qu'ils ne sont rayés que par leur propre poudre.

Soumis à l'action du calorique dans des vaisseaux fermés , le diamant n'éprouve aucune altération : on parvient cependant à le fondre, d'après M. Silliman , à l'aide du chalumeau à gaz. Il réfracte fortement la lumière : la puissance réfractive de l'air étant j,oooo, celle du diamant est 3,1961. Il s'efec^me vitreusement lorsqu'on le frotte ; il n'est poinl conducteur du fluide électrique. Il est électro-vitre par rapport au bore, et électro-résineux par rapport à l'hydrogène. ( Fojr. page 1 14. )

Propriété essentielle. Le gaz oxygène n'exerce aucune action sur le diamant à froid ; mais si on élève la température, il se combine avec lui, et forme de l'acide carbonique. En 1797, Guyton de Morveau exposa au foyer

France, en Espagne, en Bavière, en Angleterre, et en Norwége, a été long^temps considérée comme formée de 8 à icpartîes de fer et de 90 à gi de charbon ; mais il est prouvé aujourd'hui que le fer que l'on obtient assez généralement de ses cendres, n'y est qu'accidentel , et qu'elle n'est composée que de charbon dans un état particulier. (Karsten.) Mêlée avec l'argile, 00 l'emploie pour fairç des crayons^ des creusets^ etc.

i4a phehièhe PAntiE.

d'une trèe forte leotille un ffiamant placé sous une cloche ronplie de gaz oxygène pur^ il fit tomber les rayons solaires, et il remarqua qae la surface dn diamant ne tarda pas à noircir : on voyait çà et là des points brîUants en état d'ébullition. Il intercepta la lumière au moyen d'un corps opaque ; illors le diamant parut rouge et transparent ; son poids était évidemment diminué ; deux jours après , l'expérience fut continuée , et le diamant dispamt en entier en moins de 30 minutes. Le gaz contenu dans la cloche ftit analysé , et l'on vit qu'il était composé de gaz acide carbonique, dont les éléments sont l'oxygène et le carbone; en outre son volume était le même que celui du gaz oxygène employé. On peut encore varier celte expérience en faisant passer, à plusieurs reprises, du gaz oxygène pur à travers le diamant placé dans un tube de porcelaine que l'on tait rougir dans un fourneau à réverbère j il suffit pour cela d'adapter à l'une des extrémités du tube une vessie pleine de gaz oxygène, et à Tautre extrémité une vessie vide.

Le carbone et Voxjgène peuvent s'itnir par des moyens^ tantôt directs, tantôt indirects, en quatre propoitions, et former, d'après BerzéliuSj 1° l'acide croconique composé de lO Tokunes de vapeur de carbone et de 4 d'oxygène;

" l'"oxyde de c^irbono composé de 10 volumes de vapeur

DU CHARBON. l^H

pour rayer les autres corps , et sur-tout poiu: couper le verre , et pour faire des microscopes ; il grossit les objets par rapport au verre, dans la proportion de 8 : 3.

Du Charbon.

On désigne sons. le nom de charbon le produit solide^ itoir et fixe que Ton obtient en décomposant les matières véi^étales et animales par le feu , dans des vaisseaux clos. Oft tro%we dans la plupart des charbons deux sortes de matière, l'une sàUrte, qui constitue les centres^ et Fautre qoe Ton pe^t appeler charbonneuse. Cette dernière varie par sa composition , suivant que la matière organique qui a fourni le charbon contient ou ne contient pas d^azote. La portion charbonneuse des substances non azotées est formée, d'après M. Doebereiner, de carbone et d'hydrogène : cent parties de charbon de sapin calciné ont fourni à ce clnmiste 98,56 de carbone et i,44 d'hydrogène; taodiis que la même quantité de charbon de bois ordinaire^ privé de son eau hygrométrique, a donné 97,85 de carbone , et 2,1 5 d'hydrogène : c'est donc à tort que les chimistes avaient admis de l'oxygène dans le charbon càkiné*^. La portion charbonneuse des matières azotées est formée de carbone et d'azote : suivant M. Doebenâner, le charbon obtenu en décomposant la gélatine par te feu, renferme 71,7 de carbone et 28,3 d'azote. Nous ne nous occupons ici que du charbon non azoté , et particulièrement de celui qui provient du bois; l'autre variété sera décrite en parlant de la chimie animale.

*H paraîtrait toutefois^ d'après M.Thénard, qu'en chauffant très fortement, dans un creuset couvert^ les charbons de résine (noir de fumée) , de bois et de houille^ on les priverait de tout leur hydrogène : oeia étant , le noir de fumée qui ne contient point de cendres serait du carbone pur, lorsqu'il aurait été bien calciné.

l44 PREMIÈRE PARTIE.

Le charbon non azoté est toujours solide, noir, inodore, insipide, fragile, et plus ou moins poreux; les moléailes dont il est formé sont.assez dures pour servir à polir les métaux ; son poids spécifique est un peu plus considérable que celui de l'eau; cependant il nage assez ordinairement sur ce liquide , à raison de l'air contenu dans ses 'pores ; mais si on le laisse pendant quelque temps en contact avec l'eau, la majeure partie de l'air se dégage, et alors il se précipite : cette expérience se fait très bien avec une cloche remplie d'eau et renversée sur la cuve pneumalo-chimique. Il est plus ou moins conducteur du calorique et du fluide électrique , suivant qu'il a été plus ou moins calciné. ( Foj. la note de la pagei45.)

Lorsqu'on le chauffe fortement dans des vaisseaux fermés, il donne une certaine quantité d'un gaz qui parait être composé d'hydrogène, d'oxygène et de carbone *; du reste, il n'est ni fondu ni volatilisé. Il agit sur la lumière comme tous les corps opaques noirs. Exposé pendant long-temps, soit à l'action de la pile voltaïque, soit ù celle du chalumeau à gaz, il ne fond pas davantage; et M le contraire a été avancé par SilUman, c'est que ce

DU CHARBOX. 145

posée sur la cuve hydrargyro-pneuniatiquc ( cuve à mercure ) , on remarque qu'il y a absorption cVoxygène et dégagement de calorique. Une mesiu'e de charbon de buis absorbe 9^25 mesures de gaz oxygène : cette absorption continue d'avoir lieu pendant plusieiu^ années^ d'après M. Th. de Saussure; mais alors il se fonnede l'acide carbonique qui est absorbé en plus grande ipiwi titc que le gaz oxygène. On observe les mêmes phéao» mènes si^ au lieu de faire rougir le charbon^ on le privé de tout Tair qu^il renferme, par la machine pneumatique *. Plusieurs des gaz dont nous parlerons par la suhe sont également susceptibles d'être absorbés par le charbon végétal ; en général , l'absorption est d'autant plus grande que la températwe est plus basse y la pression iflus forte y le charbon moins pulvérisé , plus sec et plus dense j à moins cependant que la densité ne soit telle j que les gaz ne puissent plus pénétrer dans leurs pores ; d'où il suit que ce phénomène est toutWi-fGdt mécanique. Propriété essentielle. Lorsqu'on introduit du charixm qui présente un ou deux points en iguition^ dans une éprouvette remplie de gaz oay^gene , ces deux corps se combinent ; il y a dégagement de calorique et de beau^ coup de lumière ^ et il se forme du gaz acide carbonique et une petite quantité d'eau qui provient de l'union de Voxygène avec l'hydrogène du charbon**. De l'eau de

"^ Les corps poreux jouissent en géuéral de la même pro« prièté que le charbon do bois; mais les autres espèces de cbar* bon ne la possèdent pas.

** Le charbon provenant d'un même bois^ peut se présenter sous deux e'tats bien différent8| suivant le degré de carbonisation du bois : ainsi celui que Ton obtient en chauHîiDt la bois jusqu'à ce qu'il ne sorte plus de vapeurs ^ et que Ton peut désigner sous le nom de charbon au premier étai^ difi%re (le celui qui ayant été préparé de la raôoie maDière, a de plus été chauiTc jusqu'au rouge : ce dernier constUuje le charbon au deuxième état. Voici maintenant les résultats curieux

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