‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 42 sur 106 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

i4<> PHEMlfiHE PARTIK.

chanx renée dans cette éprouvette se trouble et dépose dea flocons Uancs, composes d'acide carbonique et de chaux. Ce q^fl y a de remarquable dans cette expérience, c'est que l'adde carbonique obtenu occupe précisément un volume égal à celui de l'oxygène qui entre dans sa cCHDposition. M. Gay-Lussâc a tiré parti de ce fait pour coBoaitre la deudtë de la Tapeur du carbone, qu'il est impossible de déKrmintT directement; 11 a suppose qiic legaz acide carbonique résultait d'un volmue de gaz oxygène, et d'un volume de vapeur de carbone * condensés en im seul: dès lois la denrité de la Tapéiii* du carbone dràt être égale à celle dti gaz acide carbonique, moins celle du gaz oxygène, otl à 1,5245^1,1026, c'est-à-dire o>43i9- Mi BerzéHufi pense qu'elle est de o,8438, c'est-àdke le double de la pré<cédeAte } il se fonde sur ce gué lu gai Oxyde de carbdse est formé d'un demi tolnme de vapev de carbone et d'tin debii volume de gaz oxygèife : or la densité du gaz oxyde de câiiwne étant 0,3732, et celle l'oxygène i,toi6, U faut admettre que la denMté du ^mi vobtme Ae varpear de carbôOe est 0,4219, c'cst-à'-dire , Ojg73amolas o,55i3 (moitié db la dénoté del'oxygètieO Wous adopterons l'opinion de M. (iay-Lussac etnous ferons

nu r.HARBO>'. 147

primerons par des alomes la composition d'un corps contenant du carbone ^ le nombre des atomes de ce carbone fiera double de celui que Ton admet d'après les idées de M. Ber^élius : ainsi , par exemple ^ nouë formulons Vhydrogène deutOH^arboné H* C* et M. Berzélius H' C.

Si on ïnettait en contact arec le gaz oxygène im excès de charbon^ et qae la température f ttt très éleVéq^ oiï ob^ tiendrait un mélange de gàî acide earbeidque ^ et tfte gfiz oxyde de carbone ^ produits d(mt notas ferotid ll»^ toire en parlant des corps oxydés.

D existe au moins ao composés û'hjdrogènê et de ûarbone que nous décrirons plus loin.^

Le giKR hydrogène est absoibé par le cbaibon. fjné mesure de charbon de buis peut^ d'aptes M. Saussure^ absorber 1,75 mesure de ce gaz, qui, du reste, n'éptouve d'autre altération qu'une condensatioÀi plus ou moins marquée. tiOrsqu'on fait passer du gaz hydrogènb :\ trâ;vers du charbon rouge contenu dans un tube de porc^ hàne^ une portioh de charbon est dissoute par le "gais, et il en résulte du gaz hydrogèhe plus ou moins carbohé. L^action du bore sur le charbon n'est point cbnnu^. Le charbon a été particulièrement l'objet des rèthtrches de Lavoisier.

UMges. Il fait partie de la pttûdre à c^anott , de Vehà!^ d^imprimérie , de l'acier ; on s'en sert beaucoup dan^ lels mines, pour enlever l'oxygène aux tixydes métalH^ites j cm pofit avec lui plusieurs métaux ; les peintres se servent de cehii de fusain pour esquisser leurs dessins. Le charbon est employé avec succès pour détruire l'amertûine de 'plusieurs substances , pour priver les matières végétales et animales, qui comnlencent à se putréfier, de letfr odeur et de leur saveur désagréables; on peut rendre potable l'eau de mare chargée de débris d'animaux , au moyen des fontaines épiu-aloires de MM. Smith et Ducommun , qui ne sont autre chose que des filtres de charbon ; les tonneaux charbonnés a rintérieur conservent l'eau pour les marins ; la viande faisandée perd î^o^A tcvtvwxwvs

l^S PKEMiÈHE PARTIE.

goût lorsqu'on la fait bouillir dans de l'eau avec une certaine quantité de charbon. Il suffit de nettoyer avec du charbon pulvérisé les vases imi^égnés des odeurs de l'adde succioique, de l'acide benzoïque^ de l'acide sulfureux, des huiles empyremuatiques, despunaises, etc., pour les en débarrasser entièrement. Un très grand nombre de liquides peuvent être décolorés par cette substance, phénomène dont on doit la découverte à M. Lowitz , et que M. Busey a parfaitement étudie depuis. ( y. Joumai de Pharmacie, tome viu. )

Le charbon provenant du sang desséché , des poils , de la corne, ou âes sabots que l'on a fait brûler avec le carbonate de potasse, et que l'on a laissé ensuite dans l'eau , est celui qui jouit au plus haut degré des propriétés dont nous parlons. Le noif d'ivoire (charbon d'os), beaucoup moins énergique que le précédent , est siq>érieur de phisietvs degrés au me^ur charbon de bois, dans lequel cependant cette propriété est dqjà très prononcée. Comment le charbon agit-il dans ces diOerents cas? Pendant la décoloration, le carbone du diarbon se com- Mne avec les matières colorantes, sans les décomposer et à la manière de l'alumine en 'gelée; son degré d'activité

1)1 cn.vwio.^. i.jy

charbon la propriété décolorante à un haut degré ^ eu atténuant leur molécules; c^est ce qui a lieu sur-tout lorsque le charbon contient de Tazote qull peut perdre par sa calcination avec ces alcalis. — Quant à. la désinfection des liquides par le charbon ^ il est impossible de rexpUquer^ en supposant que celui-ci s'empare des gaz fétides qui se sont développés pendant la putréfaction , car les charbons animaux qui jouissent au plus haut degré de cette propriété^ sont précisément ceux qui n'absorbent pas les gaz.

Plusieurs médecins emploient le charbon comme antiputride. M. Récamier^ qui Ta quelquefois administré avec succès dans les fièvres dites bilieuses rémittentes , a observé qu'il avait la propriété de détruire la mauvaise odeur des matières excrémentielles. Réduit en poudre et mêlé avec du sucre ^ il est très bon dentifrice ; uni à un mucilage, à un aromate , il est propre à former des pastilles qui corrigent la mauvaise haleine ; on le conseillb pour absorber la matière des flatuosités et de la tympa<nite : on peut remployer poiu: mondifier les ulcères de mauvais caractère y quoique le quinquina jouisse de cette propriété à un degré supérieur. Il parait avoir été utile dans la teigne ; on l'applique sur la tête du malade préalablement débarrassée des croûtes, et nettoyée au moyen de l'eau de savon. En général, le charbon doit être lavé et tamisé avant son administration : la dose est de 20, 3o, 4o grains, un gros, etc. ; on le fait prendre aux malades sous le nom de magnésie noi^e. •

Extraction. Il est extrêmement difficile d'obtenir le carbone pur : les diverses variétés de charbon du commerce contiennent du gaz hydrogène , des sels , etc. On pourrait , à la vérité , priver ces charbons de leur hydrogène , en les soumettant à l'action du chlore gazeux sec , dans un tube de porcelaine rouge. Il par£utrait aussi, diaprés M. Thénard, que Ton parviendrait à séparer^ par Taction de la chaleur , tout l'hydrogène qui se trouve dans le noirdQ fumée ^ corps composé de ce çtmcVç^ eX.

130 PRËUlkRiL, rAHTIE.

de carbone : s'il en est ainsi, le noir de fumée ciUdpéj serait du carbone pur. Nous indiquerons , eu parlant dee végétaux , les moyens de se procurer les différentes variéT tés de charbon.

Du Phosphore. *

Le phosphore n'a jaouds été trouvé pur dans la natureî il entre dans la compoailion de plusieurs produits minéraux et animaux ; combiné aveo l'oxygène , le carbone , l'azote et l'hydrogène , il constitue la laitance de carpe et une partiedelamatlère cérébrale et dçsnerfsj uni àToxygènQ et à la chaux, il fait la base de la portion dure du squ?letMâ£f4Uiia4UX^ et de toutes les parties osàfiées. Le phosphate^ chaux , que l'on rencontre A abondammçnt en Ëstramadure^ province méridionale de l^Esp^oe^ et plusieurs autres phosphates métalliques que l'on trouve dans 1^ aature, cpstienneat également du phosphore.

Propriétiés- L9 phosphore pur est un c orpa solidej tran»* ptfsot ou demi-transpareat , incolore , légèrement brilr- Iwt , flexible et assez mou peiu: céder au couteau 5 on le ra^e faralçment avee l'ongle ; il a une odeur d'ail très senôble ; il pariut insipide ; son poids spédfiqae est de a densité d

DV PHOSPHORE. j5i

face du phosphore au moment où il va se figer^ c(c|Uo Von fes^e écouler les parties encore liquides^ le§ autres cristal*» lisent en dodécaèdres réguliers. Si, lorsqu'il e^t fondu dai^ l'eau chaude, on agile pendant quelque temps la ^ole qui le contient , il se convertit en une poudre que Ton ^ employée en médecine j cette poudre est biea autrement ténue , ^ , au lieu d'eau ^ on a employé de Talcool à 3^ degrés. Soumis à une température d'environ aco"* , le phosphore se volatilise et peut être distillé. Cette expérience se fait dans ime cornue privée d'air à laquelle on dd^pf^eun récipient contenant de Feau presque bouillant^; on dispose la cornue de mapière que squ hec plonge d^xui le Uquidp du récipient : par çi^ moyen le phosphore vol^tdlisé peut se cçpdenser sans ay oir le contact de Tair ^ qui l'enfUmmerait.

La lumière sol^irç change en çpuge la couleur blanche du phosphore pur, renfermé dans de Teau privée d'air ^ dans de Thuile d'olive , de re§prit-de-vin , ou de Tiéther^ etc. , «ans que le phosphor^ pa^ à Tétat d'acide* Le même phénomène a lieu lof^que le phosphore est place sons upe cloche vide , ou dans le vide d*un baromètre : dans ce dernier cas , U se dépose ep paillettes brillantes contre le^ parois de Finstrument. Parnu les divers rayons qui composent le spectre prisuiatique de la lumière solaire, le violet est celui qui produit le plus promptement ce phénomène : aussi le phosphore rougit-il plus vite dans des verres violets que dans des verres rouges. M. Yogel u prouvé que, dans ces différentes circonstances , le phos^^ phore passe à l'état d'oxyde rouge. Mais conunent pon-* cevoir l'oxydatipn du phosphore dans le vide , si ce n'es( en admettant que le phosphore retient un peu d'humidité qui se décompose , et dont l'oxygène forme avec le phosphore un oxyde rouge ? La flamme bleue du soufre brûlant et la ^amme blanche du feu blanc des Indiens ne produisent rien de semblable sur lui. ^^e fluide éleclviqve agit siur le phosphore , qui a le contact de l'air comme le

i5a rnEuiÈHE partie.

calorique ; du reste , ce corps ample est élecu-o-vitré pairapport à l'axote, et électro-réâneux par rapport au bore et an carbone. ( Voy^. p. i ■4- )

Le gaz oxygène n'exerce aucune action sur lui à une température qui ne dépasse pas 37° et bous la presàoo ordîiiaïre de l'atiiaosplière : mais si on dimiuue la pression lorsmême que le thermomètre marque ao", i5°, io"ou6% le phosphore se combine avec le gaz , brûle et devient lumineux dans robscurité. Ce phénomène est d'autant plus aendble , que la diminution de la pression est plus considérable : aussi réussit-il ù mô^eille lorsqu'on introduit dans le vide barométrique du phosphore avec quelques bulles de gaz oxygène ; cependant il cesse de se prodmre A la température est à S'H-o" ou au-dessous. Si, au lieu de diminuerlapressionjonl'augmente, l'oxygène ne se combine avec le phosphore qu'à une température au-dessus de 37*. Enfin la combustion du phosphore dans ce gaz peut encore avoir lieu au-dessous de 27° lorsqu'on mêle ce gaz avec une plusou moins grande quantité d'azote, d'hydrogène , ou d'acide carbonique , qui agissent de la même manière que la diminution de pression. Nous devons la plupart de ces détails à M. Bellani de Monza.

DU PHOSPHORE. l53

Le phosphore , mis en contact avec le gaz hydrogène , passe rapidement au rouge^ et les parois des flacons qoi le contiennent se tapissent de cristaux rouges étoiles ; une portion de phoisphore est dissoute par le gaz^ qui se transforme en gaz hydrogène phosphore ; les cristaux rouges sont de l'oxyde de phosphore formé aux dépens deToxygène de l'eau contenu dans le gaz. (Yogel).

Le àore ne se combine pas avec le phosphore.

On ne connaît pas Faction àxxcarbonepur sur ce corps ; cependant plusieurs chimistes ont admis ^ avec Proust^ un phosphore de carbone d'une couleur rouge. Suivant Berzélius^ il en existe deux : Tun y d'une couleur orange foncé^ ne luisant pas dans l'obscurité^ n'éprouvant aucune altération à l'air y à moins qu'on n'élève la température ^ car alors il brûle en laissant un charbon entouré d'acide phosphorique ^ se décomposant à une chaleur rouge dans des vases clos y en phosphore qui distille et en charbon qui reste dans la cornue : on obtient ce phosphure en décomposant l'acide phosphorique par un excès de charbon; le phosphore distille y et il reste dans la cornue le phosphure dont nous parlons. L'autre phosphure passe à la distillation avec le phosphore ; on le sépare de ce dernier en exprimant^ à travers une peau de chamois dans l'eau bouillante , le mélange de phosphore et de phosphure^ de carbone , recueilli dans le récipient ; le phosphore passe , et le phosphure de carbone reste dans la peau.

Le phosphore a été découvert par Brandt^ en 1669.

Poids d'un atome de phosphore. Il est de 196,15.

Usages. Le phosphore est employé pour faire l'analyse de Tair y et pour la construction des briquets phosphori- (jues. Parmi les moyens proposés pour faire ces briquets, le plus simple consiste à remplir d'eau à 70** ou à 80** un petit flacon de cristal, et à y introduire de petits fragments de phosphore ; ceux-ci fondent, occupent la partie inférieure du flacon, et chassent Veau. Lorsque la majeure

l54 PnEMlHUË PARTIE.

partie de celle-ci est expulsée , le petit appareil se trouTC prestpie rempli de phosphore fondu : alors on je laissç refroidir en^tenant le Qacon dans l'eau , et oq le bofiche lorsqu'il est froid. Chaque fois que l'on veut se servir de cet instrument, on introduit dans le flacon rextrémité d'une allumette soufrée , afin de détacher quelquesmplécules de phospliore j on frotte cette extrémité sur un bouchon de liège : par ce moyen la température se trouve élevée et le phosphore a'enflamme.

action du phosphore sw l'économie animale. Le phosphore , à petite dose , doit être regardé comme un çxcUant volatil puissant, dont l'action est très prompt« , très intense, mais peu durable ; il augmente l'activité de ^us }^. systèmes de l'économie animale, et]principalement du s^fr tème nerveux. Les expériences d'Alphonse Leroy, 4ç Pelletier et de gouttatz prouvent qu'il irrite les orgasM de la génération > et qu'il éveille singulièrement l'appétif vénélieii. Il a été administré dans les maladies asthénî^cE aiguës ou cbroni(pies , où il ne faut exciter que moi^entftr ncment , niais d'une manière très intense : ainsi soq Qp^plpi a été, dit-on, suivi de succès dans les fièvres dites ataxir ques etadynamiques, avec prostration extrême deç forcer

DU PHOSPHORE. l55

uiipeu d^liuile essentielle aromatique. On doit suspendre 9on nsage s'il fait éprouver une ardeur à Testomac^ ou s'il occasioiie des vomissements. Il est très vénéneux. ( Fcyyez notre traité de médecine légale . )

Extraction, On prend du phosphate acide de chaux eu consistance sirupeuse; ce phosphate est composé de chaux et d'adde phosphorique : cdutrci est formé d'oxygène et de phosphore ; on le mêle intimement avec le quart de son poids de charbon pulvérisé ; on chauffe le mélange dans une bassine de fonte jusqu'à ce qu'il soit sec^ alors on l'introduit dans une cornue de grès lutée y placée sur un fourneau à réverbère , et dont le col se rend dans une alonge en cuiyre qui plonge par l'une de ses extrémités au fond d'un grand bocal muni d'un bouchon percé de deux trous^ et contenant une assez grande quan-t tité d^eau; ces deux trous donnent passage^ le premier a l'àlonge 9 et l'autre à un tube recourbe ^ long de deux ou trois pieds^ qui va se rendre dans un autre bocal muni d'un bouchon percé de deux trous et contenant aussi de Feau ; l'un de ces trous donne passage a im tube droit, par lequel se dégagent les gaz, et qui, par conséquent^ ne doit pas plonger dans le liquide ; on lutc toutes les jointures; et on tasse parfaitcmeui ce lut; lorsqu'il est sec, ou chauffe graduellement la cornue de manière qu'elle soit rouge 3U bout de deux heures : à cette époque , il com*^ mence à se dégager du gaz oxyde de carbone et du gaz hydrogène carboné * ; alors on remplit le fourneau de charbons incandescents pour uq pas s^exposer à fêler la cornue ; environ deux heures après , on commence à obtenir du phosphore , qui vient se condenser dans l'eau des deux flacons et dans le tube qui les fait communiquer

* Ces gaz proviennent d'une partie de l'eau contenue dans le phosphate acide de chaux, qui est décomposée par le charbon ; il se forme aussi du {];az hydrogène carbone, aux dépens dcrhydrogènc qui entre dans la compobitiou du charbon.

l56 rAEMlÉUE PAHTIL.

ensemble, dn gaz hydr(^ène phosphore, et dugaz oxyde de carbone qui se dégagent : ces phénomènes dépendent de ce que l'acide phosphorique cède son oxygène au charbon à une température élevée y et de ce que le mélange dont on se sert contient de l'eau qui continue à se décomposer. Le dégagement de gaz alieu pendant toute la durée de l'opération , qui n'est terminée qu'au bout de vingtquatre à trente heures ; il est même le guide le plus certain de la réussite : s'il venait à se ralentir, on élèverait.la température au moyen d'un long tuyau de poêle dont on surmonterait la cheminée du fourneau. Vers la fin de l'expérience , il se dégage un mélange de gaz acide carbonique , et d'un gaz qui paraît formé d'oxyde de carbone , combiné avec une assez grande quantité de phosphore et peut-être avec un peu d'hydrogène ; ce gaz est spontanément inflammable à l'air (Berzéiius). A la fin de l'opération , on trouve le phosphore en partie dans l'eau , en partie dans l'alonge , dans le tube qui établit la communication des deux flacons, et dans le col de la cornue j ce dernier est moins pur, moins fusible, opaque, rougeâtre, et contient duphosphure de carbone. On prend cesdi- Tuanlités de phosphore refroidi ; on les met dans

DU SOUFRE. l37

verses opérations , éviter avec le plus grand soin que le phosphore fondu soit en contact avec Tair ; sans quoi il s^enflamme y et Topérateur court les plus grands dangers. Il arrive souvent que le phosphore obtenu par ce moyen n'est pas pur ; dans ce cas ^ il faut le distiller en le mettant dans une cornue qui contient de Teau et en le condensant dans un récipient presque plein de ce même Uqaide.

Du Soiifre.

Le soufre a été rangé parmi les substances siniples. Les expériences ingénieuses de H. Davy et de Berthollet fils^ tendent]à prouver qu'il renferme de l'hydrogène, de Toxygène et une base particulière qu'il a été impossible de séparer jusqu'à présent ^ cependant , comme ces données ne sont pas encore généralement admises, nous continuerons à regarder ce corps comme élémentaire.

lie soufre est une substance très répandue dans la narture ; on le trouve à l'état natif, principalement aux.environs des volcans ; tantôt il est cristallisé , tantôt il est en masses ou en poussière fine; on le rencontre con[ibiné avec des métaux, comme dans les pyrites de fer, de cuivre , etc. ; il fait partie des sulfates de chaux (plâtre ), de magnéâe (sel d'Epsom) et de tous les autres sulfates, sels excesâvement communs; enfin il entre dans la composition de la matière cérébrale et de quelques eaux minérales.

Le soufre est en masse ou cristallisé en octaèdres alon«gés, à base rhomboïdale, ou en prismes obliques à base rhomboïdale. Il est d'une couleur jaune-citron, inodore, insipide, transparent ou opaque, suivant qu'il est cristallisé ou non^ dur, et tellement fragile , que le plus léger choc suffit pour le briser ; sa cassure est luisante ; son poids spécifique est de i ,99. La densité de sa vapeur calculée d'après la composition de Tacide sulfhydrique et d'après les poids spécifiques de ce gaz et de l'hydrogène est

l59 PRKHlÈtlE PAATIE.

de9,à44S) tandis qaeM. Dumas ne la porte qu'a 1,2178. Lijtsqti'on le soumet à t'actidn d'Une douce cheâeur, ou^'on le presse entre les mains, il craque et souvent se rompt. 11 fond à la tempëraturb de i 08° therm . centigr ., et detleirt rongeAt^é; Il bottt à 44c*''- Si lafoston s'opère dans uA alambic dé Verre placé stir un bain de saltle , le soidst né tarde pas à se sublimer, et vieht se coiideiiSet dans le chapiteau sous la forme de petits cristaux soyeux , d'un beau jaune , qui portent le nom Aejleurs de soitfre non lavées; on doit les agiter avec de l'eau pour séparer racide sulfureux aoluble qu'elles renferment, et qui provient de la combinaison d'une portion de souïre avec l'oxygène de l'air ccmtênu dans^i'alambic. Si le soufte a été fondu dtms un creuset, et qu'on l'ait laissé re&oidir lentement, on observe qu'il se foime une pellicule à la surface; en perçant d'un trou cette croûte soll^ée, on peut vider les portions intérieures qui sont encore Buides; alors toutes les parties adhérentes au creuset se trouvent cristallisées en aigiiffles jaufiâtt-eS. Si, lorsque lé soùflre est fondu dans le creuset. On continue à le chaiiffer sans le contact de l'air jusqu'à igo" environ^ et qu'on le coule dans ime assez grande qiiantité d'eau iroide pour qilé le

Page 1