‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 49 sur 106 · NON METALLIQUES ENTRE EUX · texte numérisé non relu

NON METALLIQUES ENTRE EUX

Voa^gène peut s^unir avec chacun de ces corps simples y et former des oxydes ou des acides. Les premiers sont au nombre de neuf : le protoxyde d'hydrogène (eau)^ le deuunyde d^hydrogène ( eau oxygénée) y le gaz oxyde de carbone^ V oxyde rouge de phosphore, l'oxyde de sélénium^ Voxyde d'iode y le gaz oxyde de chlore y et les gaz protoxyde et deutoxyde d^azote. Les autres, au nombre de 2!à,sont, les acides borique , croconique , oxalique , carbonique, hypo-phosphoreux , phosphoreux, phosphôrique, hypo-sulfureux , sulfureux , hypo-sulfurique , suliuriqqe , sélénieux , sélénique , iodeux, iodique , bromique'^ chloreux, chlorique, hypoazoteux, azoteux (nitreux), azotique (nitrique) et siUcique.

Le phtore , placé dans des circonstances particulières , est susceptible de s'unir au bore , à l'hydrogène et au silicium y et de donner naissance aux acides phtoro-borique^ phtorhydrique et phtoro-silicique.

Vhjdrogène peut se combiner avec quelques-uns de ces éléments , et former des composés binaires ; tels sont les acides phtorhydrique (fluorique) , chlorhydrique ^ bromhydrique , iodhydrique , sulfhydriqué , sélénhydrique , et les oxydes d'hydrogène , les gaz hydrogène carboné , les carbures d'hydrogène , et les gaz hydrogène phosphore et azoté : ce dernier est l'ammoniaque.

En examinant l'action de ces éléments non métalliques les uns sur les autres , nous nous sommes borné à indiquer l'existence des composés dont nous venons de parler en nous réservant de consacrer à leur histoire , qui est de

aOS PHEHIÈIU: PARTIE.

la plan haute importance , deux sections particuticres. U n^ri est pas de même dea autres composés binaires dans lissiiuels l'oiiygcne , l'hydrogène on le phtore n'entrent pas : la plupart d'entre eux offrent peu d'înlétêt , et nous avons cru devoir les décrire en parlant de chaque corps simple. ffoUB allons cependant en faire l'éntmiénitioil.

Le ôons peut se combiner avec ie soufre et avec le chlore, ( ray. pag.i6i et iSo.)

Le chtffbon s'miit avec le eoufre et avefc l'azote. (rb)'. p. i6ieti90.)

Le pho^hoTB se coitiUiie avec le soufre , le sâénhmi , llode, Icbrôme, le chlore et l'azote. {V&yvz-p. i^^, 168, 171, 176, i8aet igo.)

Le aoitfre s'unit au sélénitiin , au chlore , à llo^ et au brome. {Voyez-p. 168, 184, 17» et 176.)

Viûde peut se combiner avei; le séléniimi, lé chlore, le brome et l'azote, et former avec l'hydrogène et lé carbone lin cnmptJsë triple. {F'oy. p. 184, i85 et ig3.)

Knfln , le chlore peut s'iinir au carbone, au bore, â l'azOtc, etiiiibrAme. C/^oj-. p. 181, 180 et igî.)

Nous devrions maintenant décrire les composée fondés

DE L*AIR ATMOSPHERIQUE. ào3

pins sévère n'a démontré jusqu'à présent dans Tair pur ^è 79 pardés de gaz azote^ 2 1 parties environ de gaz oxygène^ un i/a millième de partie environ de gàz acide carbdiii^e^ deVeau^ dufluide électrique"^ et le calorique et la liniiiëte Nécessaires pour tenir ces substancèà à Tétat gaieibt. (V: Analyse de Vaîr^ à la fln de l'ouvragé.) tlejpendaiit il est facile de prévoir que rôh doit trouver souvent dails Tatmosphère des matières étrangèreé à celles dont nous venons de parler; par exemple^ toutes celles qdi lie volatilisent journellement à la surface dé la terre.

* Dans uii beau ttavail 8ur les càuéesde l'ëleetricité répandue dMik Tatmosphére^ M.^.Pouiilet établit; i** qu^il y a production d'électricitë pendant la vaporisation des dissolvants pAr la chaleur \ ainsi l'eau tenant en dissolution de la potasse où de la sonde, fournit une vapeur ëlectrisée résineusement, tandis que le résidu alcalin offre Télectricité vitrée; la dissolution de sel marin donne , lorsqu'on la fait évaporer , une vapeur ëlectrisée vitreusement, tandis que le résidu est ëlec» tro-irësîneux : l'évapûration de l'eau de la mer est donc une des principales sources du fluide électrique; toutes les solutions répandues à la surface du globe, concourent aussi, en sMvaporanty h la production de l'électricité; 2<* qtie les gaz dégagent de l'électricité lorsqu'ils se combinent , soit entre eux, soit avec les corps solides ou liquides ; 3^ que dans ces comJbinaisons y l'oxygène dégage toujours l'électricité vitrée et l'autre corps, quel qu'il soit , l'électricité résineuse; 4*^ qne l'action des végétaux sur l'oxygène de l'air est une des causes les plus puissantes de l'électricité atmosphérique ; et si on considère d'une pan qu'un gramme de charbon pur en passant à Tétat d'acide carbonique dégage assez d'électricité poiit charger une bonteille de Leyde ; et d'une autre part que lé diarbon qui fait partie des végétaux ne donne pas moins d'électricité que le charbon qui brûle librement, on peut conclure, comme des expériences directes tendent d'ailleurs à l'établir , que sur une surface de végétation de 100 mètres carrés, il se produit en un jour plus d'électricité vitrée qu'il n'en faudrait pour charger la plus forte batterie électrique. {Ann, de Phys. et de Chim., t. xxxv.)

3o4 PEEHIKIIË PARTIE.

Propriétés physic/ues. Ii'air atmosphénque est fluide, inviâble loi^i'il est en petites masses , insipide , inodore , pesant, compresàble et parfaitement élastique. Fluidité de Pair. Cette propriété , qui n'a pas besoin d'être prou- Tée, est le résultat de la dissolution des principes constituants de l'air dans le calorique. Invisibilité de l'air. Les molécules de ce fluide sont tellemeot ténues , qu'elles ne peuvent pas réfléchir une assez grande quantité de rayons lumineux poiu: devenir sensibles à côté d'objets qui , au contraire , en réflécUssent beaucoup ; lorsque pluMeurs couches d'air sont accumulées , cette réflexion est plus marquée et ce fluide devient visible, comme, par exemple , dans la portion bleue que l'on appelle ciel. — Défaut de saveur et d'odeur. Noiis ne pouvons pas affirmer que l'air pur soit insipide et inodore; peut-être art-il delà saveur et de l'odeur dont les impresâons sur nos organes deviennent nulles par l'efl'et de l'habitude. Pesanteur de l'air. Âristote observa un des premiers , qu'une vessie pleine d'air pèse davantage que lorsqu'elle est vide. Galilée fit voir long-temps après, en injectant de l'air dans un vase, que le poids de celui-ci était plus con^dérable lorsqu'on avait injecté beaucoup d'air, que dans le cas

DE L*AIR ATMOSPHÉRIQUE. ao5

aériforme de rintérieur établissant alors par son ressort l'équilibre ayec la colonne extérieure. C. Si Ton prend un tube de ven^e scellé hermétiquement à Tune de ses extrémités^ long d'environ trente pouces/ et de six à huit lignes de largeur^ et qu'on le remplisse de mercure par Textrémité ouverte^ on remarquera^ en bouchant celle-ci avec le doigt et renversant Tinstrument dans une cuve pleine du même métal y qu'une portion de mercure s'écoule aussitôt qu^on enlève le doigt ^ quelanugeure partie reste ^ oscille pendant quelque temps , enfin ^ qu'il s'arrête à peu près à la hauteur de a8 pouces : dans cet instrument y le poids de la colonne de mercure fait équilibre au poids de la colonne d'haïr : celui-ci^ par une cause quelconque^ devient-il plus pesant^ le mercure monte dans le tube^ d'une ^ deux^ trois^ quatre lignes; le poids de l'air, au contraire y diminue-t-il y la colonne de mercure descend. Si^ au lieu d'employer ce métal, on se servait d'un liquide environ quatorze fois plus léger, tel que l'eau , celle-ci monterait quatorze fois autant ; ce que l'on concevra facilement en faisant attention que le poids de la colonne d'air qui détermine l'ascension reste le même : c'est d'après ces principes que l'on a construit le baromètre , instrument fort utile , et dont l'objet principal est déterminer les variations qu'éprouve le poids de Tair . D. Nous potuvons encore fournir comme preuve de la pesanteur de l'air, le fait suivant : le mercure que contient le tube barométrique dont nous parlons, s'élève moins sur la cime qu'au pied des montages, parce que, dans ce dernier cas , la couche d'air qui comprime le métal est beaucoup plus considérable. Perrier fit le premier cette expérience sur le Puy-de-Dôme , d'après Tinvitation de son ami le célèbre Pascal. On a trouvé, par des expériences exactes, qu'un litre d'air à ia températuice de zéro et à la pression correspondante à une colonne de vingthuit pouces de meycure environ, pesait 1,2991 grammes. Yoici maintenant une expérience qui établit la pression

3o6 PREMIÈRE PARTIE.

de l'air dans tous les sens : si l'on prend un tube de verre sonblable àcelui dont nous venons de parler, qui présenie en outre une ouverture latérale vers la moitié de sa longueur ; à on bouche parfaitement cette ouverture avec on morceau de vessie mouillée, attacha tout autour du tube, on verra, après avoir rempli celui-ci de mercure et l'avt^ disposé comme dans l'expdrience précédeute , qu'en perçant la vessie avec ime épingle , l'air s'introduira avec force dans le tube , exercera une presdon la^raîe, -partagera la colonne de mercure en deux portions: l'une, pressée de bas en haut, ira frapper la partie supérieure du tube ; et l'autre refoulée de haut en bas , se précipitera dans la cuve. Compressibilité de l'air. L'air peut {être comprimé ; alors il se resserre et diminue d'autant plus de volume, que le poids dont il est chargé est plus grand , en sorte que le volume de l'air est en raison inverse de la pression à laquelle il est soumis. Expérience, Que l'on fprenne un tube de verre -^BC (flg. 52),recouibé en B , ouvert en A , fermé hermétiquement en Cy et fixé sur une planche convenablement graduée de f un et de l'autre côté du tube ; que l'on introduise, par l'ouverture ^ , un peu de mercure qui remplira la cour-

DE l'air ATMOSPHÉaiQUG. %qj

ia branche BCj presse quatre fois autant qu'il Tétait d'abord^ jpuisqu'il faut y ajouter le poids de Tatmosphère^ n'occupera (fae le quart de son volume primitif^ et le piercure sera remonté dans la petite branche jusqu'^ F. Cette belle expérience est due à Boyle et à Mariot|;e. Élas^ ùcUédeVair. Si^ après avoir fait Texpérience précédente^ on fait sortir une portion du mercure contenu dans la branche AB^ on verra que Tair qui avait été comprimé dans la branche BC se dilate : donc il est élastique.

Tubes de sûreté. La théorie des tubes de sûreté à boule ou droits ^ se rattache d'une manière trop évidente à l'histoire des propriétés physiques de l'air, poiu: ne pas être exposée ici.

Tube de sûreté à boule (fig. 55 , pi. 9). Il est formé d-'un tube simple recourbé a Txj auquel on a soudé eu 5 un autre tube recoiurbé SPRj terminé en Jt par un entonnoir, et offrant en P une boide que l'on remplit à moitié d'eau ou de mercure. Nous allons faire senth la nécessité des tubes de sûreté dans les opérations chimjiques. Que l'on fasse du feu (fig. 55, pi. 9) sous la cornue Cj dans laquelle on a mis des substances propres à fournir un produit quelconque, et supposons qu'au lieu du tube à boule on se serve d'un tube simple, on obtiendra des gaz^ des liquides, etc. ; l'air de l'appareil, raréfié par là chaleur, se dégagera en totalité, ou du moins en grande partie. Au moment où l'opération sera terminée, ou dans tout autre moment, si la température de l'appardi diminue sensiblement, une partie de l'eau qui se trouve dans la cloche O rentrera rapidement dans le ballon Jî, et de celui-ci , passera dans la cornue ^ non-seulement les produits de l'opération pourront être altérés ou perdus, mais encore l'appareil pourra êtie brisé par son contact subit avec un liquide froid; ce phénomène dépend du refroidissement de Tappareil , qui peut être I considère comme étant vide 3 alors ^ en vertu de la pression atmosphérique sur le liquide de la cloche , ce liquide

aoS PREMIÈRE PARTIE.

s'introduit dans le ballon, etc. Or le tube à boule empêche cet effet ; voyons comment il a^t : à mesure tpxe le gaz de l'intérieur de l'appareil se condense par le refroidissement, et qae le liquide de la cloche tend à monter dans la branche Tx du tube, à raison de la pression de Tair extérieur, l'air atmosphérique presse avec la même force sur le liquide contenu dans la branche itr du tube, et le fait descendre autant qu'il )e fait monter dans la branche Tx; tm moment arrive où l'eau de la branche Sr est poussée par l'air jusqu'en g ; alors l'air, beaucoup moins pesant que l'eau, traverse le liquide contenu dans la boule du tube de sûreté et se rend dans le ballon : en sorte que le gaz de celui-ci, n'est plus aussi raiéùé qu'il rétait. Cet effet se succède sans cesse, et bientôt l'intérieur de l'appareil se trouve contenir de l'air qui pèse autant ■que celui du dehors.

Tubes de sûreté droits ( pi. 9, fig. S8. ) On peut remplacer les tubes à boule par des tubes droits xx, qui plongent d'une ou deux lignes dans l'eau. A mesure que le refroidissement de l'appareil a lieu, l'air extérieur entre par ces tubes, et s'oppose à l'absorption de l'eau du flacon C qui sans cela arriverait jusqu'au Hacon B.

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