‹ Éléments de chimie (volume 3)Chapitre 53 sur 106 · TOME I. i · texte numérisé non relu

TOME I. i

Ï36 PREMIÈKB PARTIE.

hfi , flg. 3, tuyau flexible de cuir verni que l'on adapte an tuyau d' d' par son extrémité h ^ et à la platine de la ntacÛne pneumatique , par son extrémité de yerre h .

CAC, t%. I , gazomètre destiné à mesurer ia quantité de gaz ox^ène que l'on introduit dans te ballon^ et composé des pièces suivantes.

L, grande cloche graduée de verre mobile et soutenue par le contre-poids K, au moyen d'une corde passant sur les poulies ii.

E , cyUndre intérieur de fer verni , arrondi supérieurement et fermé de tous cotés.

CG) cylindre exlérienr séparé du cylindre E par un intervalle gg d'environ la centimètreB, que l'on remplît d'eau pour faire l'expérience.

^ g, fond de la cavité circulaire gg.

aa, rebord du cylindre extérieur srarant à recevdr l'eau, dont le niveau s'élève à mesure que la clocbe L desc^d entre les deux cylindres.

y, robinet placé immédiatement au-dessus du fond g g, et servant à vider l'eau contenue dans la cavité circulaire gg.

DE l'eau. <)'><^

rf fip ; le lube TT avec les tubes a:', d d, fig. i ; et le tube hh' avec le tube d!' d"^ fig. a.

C A' O y fig. I, gazomètre semblable en tout au gazomètre C A Cy destiné à conduire le gaz hydrogène^ et communiquant avec le ballon B par le conduit jf' TT".

D'après cette disposition , on concevra facilement la manière de faire Texpérience. On remplit la choche L de gaz oxygène ^ ce qui se fait très jEacilement en adaptant au tuyau ^' le tube d'une cornue d'où Ton fait dégager ce gaz ^ et tenant le robinet y^ fermé. On a soin de mettre des poids dans le bassin K, pour élever la cloche L à mesure qu'elle se remplit de gaz , et maintenir l'équilibre entre la pression intérieure et celle de l'atmosphère. Après avoir rempli de la même manière la cloche L de gaz hydrogène^ on fait le vide dans le ballon B en adaptant l'extrémité h' du tuyau flexible hK au tuyau d' d'y et l'extrémité h du même tuyau à la platine de la machine pneumatique. Le vide étant fait^ et les robinets é' é' cXy"

étant fermés, on ouvre peuàpeulesrcAinetseec.;^': à Tinstant même le gaz de la cloche L passe daas le ballon et le remplit. A mesiu'e que cet e£fet a lieu^ on abaisse la cloche; puis après on la remplit de nouveau gaz oxygène^ comme nous venons de le dire. Cela étant fait, et les robinets y et e étant ouverts , on fait passer continuellement des étincelles électriques de m* eafy en mettant la partie supérieure de la tige m m' en coDaimunication avee la machine : ensuite y après avoir fermé le robinet afy on ouvre les rqbinets a:" et e' que Ton presse assez ficHrtement avec les mains siu* la cloche L' : de cette manière y le ga£ hydrogène qu'elle contient se rend dans le baUon pat l'exuéndté / du tuyau dd , et s'enflamme par Teifet de rétincelle électrique. Alors on cesse d'exciter des étincdles, et on diminue la pression jusqu'à ce qu'elle ne soit plus égale qu'à trois ou quatie centimètres d'eau : ou en exerce luie eu même temps sur le gaz oxygène de la

aa8 PREMIÈRE PARTIE.

cloche L; mais celle-ci ne doit être que de sejU à hiiit millimètres. Ces pressons constantes s'obtiennent en retirant de temps en temps des poids des bassins K et K', et se mesurent par Vascenàon de l'eau dans les branches v, v'j des tubes w', w' . En satisfaisant à toutes ces conditions l'expérience se fait très bienj la combinaison du gaz hydrc^ne ayec l'oxygène est continue ; elle n'est nj trop rapide ni trop lenie, et l'eau qui en est le produit se condense tout entière dans le ballon. Lorsque la cloche L ou L' est presque pleine d'eau, on arrête l'opératiou en fenoant le robinet e ; on rempUt cette cloche du gaz qu'elle est destinée à contenir, et on allume de nouveau l'hydrc^ène par étincelles, etc. , en se confonnant à tout ce qui a été ^t précédemment.

L'expérience étant entièrement terminée, on ferme le robina e", et on mesure ce qui reste de gaz oxj^ène et d'hydrogène dans les cloches LL, en notant arec soin la température et la-pre^on. On détermine également ce que le ballon peat renfermer de gaz oxygène; et retranchant les quantités d'hydrogène et d'oxygène restant, des quantités d'hydrogène et d'oxygène sur lesquelles on a péralure et à une pression données.

DE l'eau. aag

pres(pie entièrement^ et le conserver long-temps dans cet ëtat y sans que Tévaporation soit considérable ; mais si on enlève le creuset du feu ^ et qu'on le laisse refroidir^ dès qu'il parviendra au-dessous du rouge-brun y Feau entrera tout-à-coup dans une violente ébuUidon et se transformera rapidement en vapeurs. Ces résultats conformes à ceux qu'avaient fournis les expériences de Leidenfrost et de Klaproth "^j ainsi que plusieurs autres expériences très concluantes de M. Le Chevallier^ ont porté celui-ci à conclure que le principe de Téquilibre de température dans un espace fermée qui jusqu'à présent a été considéré conune fondamental dans la théorie de la chaleur^ ne saurait plus être admis y et que ce principe éprouve des exceptions dans certaines circonstances y résultat qui paraît inexplicable^ soit dans le système de l'émission^ soit dans le système des vibrations^ tel qu'on le considère actuellement.

Lorsqu'au lieu de soumettre de l'eau à lo^ à l'action du calorique y on la place dans un lieu froid ^ on remarque qu'elle se refroidit et se contracté jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à environ 4** + o therm. centig. ; alors elle reste stationnaire pendant quelques instants ^ et si on coBr tinue à la refroidir y elle se dilate et se congèle après avoir perdu l'air qu'elle contient, en sorte qu'eau moment de la congélation, elle se trouve au-dessus de son premier niveau: elle porte alors le nom de glace y qui, suivant Mairan occupe un quatorzième de plus en volume que l'eau liquide à zéro : d^où il résulte que la glace doit être plus légère que l'eau liquide.

La lumière est en partie réfléchie par l'eau sur laquelle

* Les expériences de Leidenfrost et de Klaproth y établi^, sent qu'entre le point de l'cbullition et celui où le fer est cdiaufféau blanc, Teau s'évapore d'autant moins facilement, ({ue la chaleur est plus intense.

a3o PREMIÈEE PARTIE.

elle tombe; aussi ce liquide peut-il servir jusqu'à un certain point de miroir ; la quantité de rayons réfléclûs varie suivant te degré d'obliquité sous lequel ils tombent ; ceux qui ne sont pas réflécliis, et qui tombent obliquement siir l'eau, la traversent, et sont réfractés en ae rapprochant de la perpendiculaire. L'eau pure n'est point conducteur du fluide électritfue ; il n'en est pas de même lorsqu'elle contient un peu d'adde ou de sel : dans ce cas, elle le conduit très bien , et peut même être décomposée en oxygène et hydrogène. MM. Dieman et Van Troostwick ont opéré celte décompoàtion au moyen de déchaînes électriques multipliées ; mais elle réussit beaucoup plus facilement à l'aide de la pUe voltaïque. Expérience. On prend on entonnoir de verre S (pi. 9, fig. 54), dont on ferme le sommet du pavillon et du bec avec im bouchon qui offre deux trous, à travers lesquels passent deuxûls d'or FO convenablement recourbés pour commtmiquer, Tim avec le pôle vitré de la pile, l'autre avec le pôle résineux ; ces deux piles pénètrent dans l'entonnoir et dépassent le bouchon de trois ou quatre lignes. On recouvre de cire à cacheter la partie interne et la parde externe du met de l'eau dans l'entonnnî

DE l'eau. 33x'

et Toxygène y onopère la combinaison de ces deux corps d'après le procédé découvert par M, Thénard^ on verra que l'eau peut s^unir à une quantité d'oxygène égale a celle qui entre dans sa composition. ( Voy . Bioxjrde éPffjr-' drogènBy page 289. )

Le gaz hjrdrogène peut également se dissoudre dans ce Kqnide; 100 mesures d'eau absorbent ^ à la même température , 4^6 mesures de ce gaz. Le bore se dissout dans l'eau d'après Berzélius ^ à moins qu'il n'ait été préalablement chauffe dans le vide ou dans des gaz qui ne contiennent pas d'oxygène; le^o/z^/iiiTiest jaimeverdâtre^ tt laisse précipiter du bore quand on y verse du chlorhy*drate d'ammoniaque. Chauffé jusqu'au rouge le bore dans un tuyau de porcelaine^ il décompose l'eaU; luienlève l'oxygène ^ se transforme en adde borique ^ et il se dégage du gaz hydrogène. L'action du carborwpur sur ce liquide est inconnue. Le charbon ordinaire est insoluble dans l'eau^ mais il peut en absorber^ et les gaz contenus dans le cbaiÈon se dégagent : ce dégagement est d'autant plus marqué que les gaz sont moins solubles dans l'eau. Si l'on &it passer de Teau en vapeur à travers du charbon rouge^ l'eau est décomposée ^ et il en résulte du gaz hydrog^e (70 pajrties)^ du gaz oxyde de carbone ( i5 pardes)etda gaz hydrogène carboné ( S parties). (Henry). Cette ex<périence peut aussi être faite en plongeant des charbons rouges dans des cloches pleines d'eau et renversées sur la cave.

Le phosphore ^ mis en contact avec de l'eau distillée parfaitement privée d'air , et exposé au soleil pendant une heure, devient rouge et s'oxyde, conmie nous l'avons dqâ dit : suivant M. Vogel^ l'eau est décomposée, et l'on obtient , outre l'oxyde rouge de phosphore , du gaz hydrogène phosphore, qui reste en dissolution : Une se forme pas un atome d^'acide phosphoreux. Si l'eau dans laquelle on met le phosphore contient de Taîr, il se produit, outre ces corps, im acide composé de phosphore et d'oxygène.

a3-2 PREHIÈRC PARTIE.

& aa lieu de faire cette expéiieDce ii la lumière soltùœ , on couvre avec un papier noir le flacon contenant le phosphore et l'eau distillée qui a bouiUi, ce liquide se décompose lentement ^ et il ae forme du gaz hydrogène phosphore^ qui reste en dissolution , et un acide composé de phosphore et d'oxygène : le phosphore conserve sa couleur et sa transparence. Lorsqu'on expose à la lumière ài/fuse , à l'abri du contact de l'air , un flacon contenant du phosphore, elTcm.'ç^ d'eau ordinaire aérée , et même A'eau qui a bouilli , on voit que le phosphore devient opaque^ d'un blanc terreux, et se transforme en kj^drate de phosphore; en même temps l'eau s'acidifie , et il parait se former un peu d'hydrogène phosphore; phénomènes faciles à expliquer par la décomposition de l'air contenu dans l'eau et d'une partie de ce liquide.

Hyàrate de phosphore. Il a été considéré pendant longtemps par quelques chimistes comme un oxyde blanc. M. Pelouze le regarde aujourd'hui comme un hydrate. Propriétés. 11 répand à l'air la même odeur que le phosphore; il est lumineux dans l'obscurité; l'acide sulfnrique concentré s'empare de son eau à froid , et met le phosphore à nu. U est formé, d'après ce chimiste, de loo p. de

DE l'eau 233

Teau, et que l'on chauffe jusqu'à 4o" ou 5o", celle-ci se décompose; Toxygène se porte sur le phosphore pour former de Tacide phosphoreux ou phosphorique qui restent dans la liqueur , et l'hydrogène s'unit au soufre , avec lequel il forme du gaz acide sulfhydrique.

là' iode est à peine soluble dans l'eau^ à laquelle il communique une légère teinte jaune d'ambre ; il la décompose à froid^ suivant M. Gay-Lussac, et il seforme^ d'une part de Tacide iodeux y et de l'autre de l'acide iod/ty" drique ; lorsqu'on chauffe le mélange d'eau et d^iode ^ celui-ci se volatilise au-dessous de loo"" ^ par conséquent avant de fondre.

Le bmme se dissout dans l'eau \ la solution s'acidifie sensiblement lorsqu'elle est exposée à la lumière.

L'eau dissout deux fois son volume de chlore gazeux à la température de 20"* c. ^ et à la pression de vingt - huit pouces de mercure : elle porte alors le nom de chlore liquide ( acide muriatique oxygène liquide ). Le chlore liquide a l'odeur ^ la couleur et la saveur du chlore gazeux ; comme lui ^ il détruit les cou- ' leurs végétales et animales ; exposé à l'action du calorique dans un tuyau de porcelaine ^ il se décompose ; l'hydrogène de l'eau se combine avec le chlore , et forme du gaz acide chlorhydrique , tandis que l'autre principe de Teau , l'oxygène y se dégage. Cette expérience réussit très bien en faisant passer à travers un tuyau de porcelaine de l'eau en vapeur et du chlore ^azeux^ pourvu que le tuyau soit bien rouge ^ que la vapeur d'^eau soit assez abondante ^ et que le courant de chlore ne soit pas très rapide. Si , au lieu d^accumuler du calorique siu: la dissolution de chlore , on en soustrait , elle fournit des cristaux lamelleux ^ d'un jaune foncé y même lorsque la température est à 4'*+o'* = ces cristaux sont formés d'eau et de chlore ( /^. p. 178). La lumière décolore le chlore liquide , et agit sur lui comme sur le chlore gazeux humide : il faut donc le conserver à l'abri de cet agent. Si

334 PREAUÈRE PAETIE.

on fait chauffer l'iode avec une dissolation de chlore , l'eau est décomposée ; son oxygène forme avec l'iode de l'acide iodeux , tandis que l'hydrogène transforme le chlore en acide clilorhydrique.

Le gaz azote est presque insoluble dans l'eau.

L'eau à la température de io" , agitée pendant quelques minutes avec le cyanogène, en dissout quatre fois et demie son volume. Cette dissolution est incolore ; abandonnée à elle-même pendant quelques jours, elle jaunit d'abord , devient brune et finit par être entièrement décomposée : les réfiidtats de cette décomposition sont de l'urée j deux subst^ces incolores et cristallisables , dont l'une au moins est un sel d'ammoniaque , et une matière brune, comme charbonneuse ; il ne se produit point d'adde cyanurique ; 11 est probable que pour constituer l'urée, il se forme d'abord de l'adde cyanique et de l'ammoniaque qui se combinent (Wohler). Ptopriétés essentielles. Saturée par im atome de potasse, puis traitée par un mélange de proto et de sesqoî-nilfate de fer, la dissolution aqueuse de cyanogène fournit un précipité de bleu de Prusse.

L'eau exerce sur l'air une action remarquable ; cent

D£ l'eau. 335

son volnme. ( Voy, Anafyse. )I1 est évident que l'air obtenu par ce moyen, était tenu en dissolution dans Feau ^ puisque la fiole et le tube étaient entièrement remplis par ce liquide : les premières portions dégagées sont moins oxygénées que les dernières ; phénomène qui dépend de la plus grande solubilité de l'oxygène que de Tazote. On peut encore démontrer Inexistence de Tair dans Feau^ en plaçant sur la machine pneumatique un vase qui contient nne certaine quantité de ce liquide : à mesure qu'on fera le vide / l'air se trouvera moins comprimé ^ et se dégagera de Feau sous la forme de bulles.

n résulte des recherches faites par M. Boussingault sur de Feau prise à différentes hauteurs ^ que la quantité d'air contenu dans ce liquide^ est loin d'être toujours la même; ainsl^ examiné au niveau delà mer^ un litre de ce liquide a fourni 35 parties d'air ^ tandis qu'au torrent de San Francisco^ près Santa Fe de Bogota, à une élévation de a64o mètres au dessus du niveau de la mer^ la proportion d'air que renfermait un litre d'eau ^ n'était plus

que de 12.

Poids d'un atome d'eau. Ce poids est de 56^^g^ puisqu'un atome ou un volume d^eau est formé d'un atome d'hydrogène( 6^239 ) ^^ ^'^^ demi-atome d'oxygène (5o). La formule atomique sera donc H*0.

Préparation de l'eau distillée. Nous avons déjà indiqué (p. 225 ) comment on doit s'y prendre pour obtenir de Feau dans les laboratoires; il s'agit maintenant de faire connaître les moyens de préparer l'eau distillée parfaitement pure. On place Feau dans la eucurbite d^un alambic , et on la chauffe ; elle ne tarde pas à se réduire en vapeiurs ; on rejette environ les ,-- qui distillent d'abord, et qui renferment le plus souvent du sesqui-carbonate d'anunoniaqae volatil, provenant de la décomposition des substances animales qui étaient contenues dans l'eau ; on recueille celle qui se vaporise après ; mais on suspend Fopératiou lorsqu'il ne reste plus dans la eucurbite qu'en-

iAriMHIM

a36 PREMIÈRE PAETIE.

viron les ,1^ du liquide employé : en effet; ce Uipiide f coiicentréparl'cvaporatioii,reâferme.de88ela qui peuvent réagir les uns sur les autres , et donner quelquefois naissance à des produits volatils; il peut d'ailleurs contenir des matières animales , qui se décomposeraient à Von ''continuait à chauffer, et donneraient des matières volatiles qui altéreraient la pureté de l'eau. M. Guéranger , partant de ce fait, qu'une eau entretenue bouillante pendant près d'une heure, dégage encore à cette époque une quantité notable d'acide carbonique, qui rend'impure l'eau qui distille , propose de fixer cet acide dans la cucurbite par im lait de chaux; à l'aide de cette précaution et de celles que nous avons déjà indiquées , on est sûr d'obtenir de l'eau distillée parfaitement pure.

L'eau est potable lorsqu'elle offre les caractères suivants: elle doit être fraîche, vive, limpide, inodore et aérée, elle doit^ dissoudre le savon sans former de grumeaux et bien cuire les légumes * ; elle ne doit se troubler que très légèrement par l'azotate d'argent et par le chlorure de baryum **. Les eaux potables qui se rendent à Paris, contiennent en général de l'air, du gaz adde carbonique, du sulfate et du carbonate de chaux, des

DE LA GLACE. :l3^

de pureté. M< Ghaptal a observé que celle qui accompagne les orages est plus mélangée que celle d'iwe pluie douce ^ et que cette dernière devient plus pure pendant la durée de la pluie. L'eau de rivière tient en dissolution pluâeurs matières salines ^ et en particulier des sels calrcaires ; celle qui coule dans le sein de la terre forme des inomstations de ces mêmes sels ^ tantôt à Tintérieur des canaux qui la reçoivent , tantôt autour des corps organisés qui y sont plongés.

De VEau a Véial solide.

En parlant de Taction du calorique sur Teau liquide , nous avons exposé les phénomènes qui précèdent la formation de la glace obtenue par le simple refroidissement de reau(p .229); il importe maintenant de faire connaâtreles causes qui empêchent Teau liquide^ à zéro^ de se solidifier : pour les apprécier il faut avoir égard au degré de pureté du liquide ^ et à Fétat d'agitation ou de repos danslequelil se trouve. i^'Le degré de pweté. M. Blagden a remarqué que Teau distillée que Ton avait fait bouillir^ peut descendre, sans se congeler , jusqu'à 6*, 16 — o j et si on couvre sa surface d'une couche d'huile, on peut, d'après M. Gay-Lussac, abaisser sa température jusqu'à 12** — o* ; tandis que l'eau distillée qii^on n'a pas fait bouillir ne se oconserve liquide que jusqu'à 3 1 — ^o**. L'eau non distillée, mais limpide , se solidifie tantôt à 2*3 — o, tantôt à 2**— o, tantôt à I* — o; enfin celle qui est chargée de particules limoneuses^ se congèle toujours à zéro. Ce savant a conclu de ces faits que ^ plus l'eau est pure , plus elle peut ffabaisser au-dessous de zéro sans se congeler. On pourra -cependant objecter que l'eau ordinaire qui a bouilli, se solidifie plus facilement que celle qui n'a point été exposée au feu. M, Blagden répond à cela que, si l'eau contient du carbonate de chaux en dissolution , comme cela a souvent Ueii^ ce carbonate se précipite par Teffet de rébiil-

a38 PREMIÈRE PARTIE.

lition, irouble la transparence dQ l'eau ^ qui alors se trouve à peu près dans le même cas que l'eau limoneuse, et a une plus grande tendance à se congeler, a" Le repos. L'influence du repos et de l'agitation sur l'eau prête à se solidifier^ est connue depuis long-temps. M. Blagden a remarqué qu'en frappant légèrement snr une table avec le fond du vase qui contient l'eau ^ on en frottant les parois intérieures de ce vase avec un tube on avec une plume , l'eau liquide au-dessons de zéro se solidifie surle-champ ; mais, de tous les excitateurs de la congéladon , celui qui manque le plus rarement son effet, est un petit morceau de cire avec lequel on frotte les parois du vase dans quelques points iiïïérieurB au niveau -de l'eau , de manière à faire nfâtre des espèces de vibrations sonores; on voit paraître à l'instant une croûte de glace à rendrott du vase situé au-dessoiis de la cire : le mouvement imiprimié par l'un ou par l'autre de ces moyens favoriae le Tap[M:ochemeift -des mcAécuïes par les faces qui se ocfnvîennent le -mieux, et ptff conséquent la cristallisation. Il est encore un autre moyen de hftter la congélation de l'eau, c'est de la mettre en conpetit morceau de slace , que l'^on -p

DU BioxYDE d'hydrogène. aSg

phénomène ne peut être expliqué sans admettre ijiie la disposition des molécules de la glace est telle qu'elles ne peuvent plus être contenues dans l'espace qui les renferme lorsqu'elles sont liquides ; il faut même supposer que ce changement dans la disposition des parties^ commence H avoir lieu à 4*-H)".

L'augnoentation du volume de l'eau qui se solidifie nous permet d'expliquer 4'expérience suivante. On remplit d'eau im canon de fer épais d^un doigt ^ on le ferme exactement et on l'expose à un froid très vif; douze heures après ^ on le trouve cassé en deux endroits; nous pourrions citer un très grand nombre de faits de ce genre. On avait regardé pendant quelque temps Tair atmosphérique retenu par l'eau qui se congèle comme la cause de cette dilatation; mais l'expérience prouve que l'eau qui a bouilli ^ et qui par conséquent est privée d^air ^ occupe un plus grand espace à l'état solide qu'à rétat liquide. Exposée à Tair^ la glace s'évapore.

Les usages de l'eau solide y liquide et ù l'état de vapeur sont tellement nombreux et si généralement connus^ que nous croyons inutile de les énumérer.

Du BioûCTfde df hydrogène *.

Le bîoxy de d'hydrogène ^ découvert en 1 8 1 8 par M. Thenard j est formé d'un volume d^oxygène* et d'un volume d'hydrogène ( un atome d'oxygène et ttn atome d'hydrogène ), c'est-à-dire qu'il contient le double de lu

• On désigne aussi ce bioxyde soiis le nom à^eau oxygénée; cependant ces deux mots ne sont pas synonymes : le bioxyde d'hydrogène est l'eau saturée d'oxygène, celle qui en contient 6i6 fois son volume^ tandis qu'on donne le nom d'eau oxygénée à Tcau qui renferme 6, aO; 3o; aoO; eXc.^ volumes de gaz.

a4o pasHIÈEE PAATIE.

quantité d'oxygène qui entre dans la composition de l'eau; il est toitjourt le produit de l'art.

Propriétés. Il est incolore , inodore ou presque inodore; il coule lorsqu'on le verse dans l'eau ordinaire, comme une sorte de sirop, quoiqu'il y soit très soluble. Appliqué sur l'épidermcj il le blanchit, et y détermine des picottements ; la peau elle-même peut être attaquée et détruite. 11 blanchit la langue ; il épaissit la salive, et produit, sur l'organe du goût, une sensation semblable à celle de l'émélique ; il détruit peu à peu la couleur des papiers de ^tournesol et de curciuna, qu'il blanchit : sa densité est de i ,4^^] *^c <^6 l'eau étant représentée par l'unité; nous supposons toutefois que l'oxygénation de l'eau ait été portée à son maximum, c'est-à-dire que l'on ait fait absorber à ce liquide 6i6 fois son volume d'oxygène.

Lorsqu'on chaujfe l'eau oxygénée, elle se réduit en eau et en gaz oxygène : mais à mesure que la proportion d'eau désoxygénée augmente, par rapport à celle de l'eau qui ne l'est pas encore, la décomposition se ralentit ; ce qui prouve que les deux oxydes tendent à rester unis. La température nécessaire poiu- décomposer l'eau oxygénée.

DU BYOXIDE d'hydrogène. ^l^I

Le bore y\t phosphow y le soufre et Y iode n'ont pas d'action ou agissent à peine sur le bioxydc d'iiydrogène. Le charbomAe bois finement pulvérisé ramène subitement ce bioxyde à l'état de protoxyde ou d'eau ; l'oxygène se dégage à l'état de gaz ; il y a élévation de température^ et Faction est très vive.

Lorsqu^on expose au vide séché par l'acide sulfurique on mélange de bioxyde d'hydrogène et d'eau, il s'évapore y dans les premiers temps y une quantité plus considérable d'eau que de bioxyde; ce qui prouve que la tension de celui-ci est beaucoup plus faible que celle de l'eau.

L'eau oxygénée est employée pour préparer certains oxydes métalliques^ que Ton n'obtiendrait pas sans ce liquide. M. Thénard a vu qu'il était possible de restaure^jiL]^ moyen de l'eau faiblement oxygénée^ des dcssbis aobpcjl par le blanc de plomb qui aurait été transformé en sulfure noir : en effet ^ Feau oxygénée change rapidement ce sulfure en sulfate de plomb blanc.

Préparation. On verse dans un verre à pied deux décilitres d'eau distillée ^ à laquelle on ajoute assez d'acide chlorhydrique pur et fumant pour dissoudre environ 1 5 granoimes de baryte ( protoxyde de baryiun ) ; on entoure le verre de glace , que l'on renouvelle à mesure qu'elle f<Mid. On ajoute , par parties^ 1 2 grammes de deutoxyde de baryum à peine humecté, broyé dans un mortier d'agate , et réduit en pâle fine * ; bientôt il s'y dissout

* La préparation de la baryte que l'on emploie dans celte expérience exige des précautions particulières. i<> L*azotate dont on se sert pour cet objet doit être exempt de fer et de manganèse : pour cela on le fait dissoudre dans l'eau , et on le traite par un petit excès d'eau de baryte ; on filtre et ou J© fait cristalliser. a° Oa opère la décomposition de cet azotate dans une cornue de porcelaine bien blanche; caria baryte TOME I. ^^

a43 PREMIÊRB PASTIE.

sans effervescence , sur-tout par l'agitation. Lorsque la dissolution est opérée , l'oii y fEiit tomber de l'acide siilfurique pur et concentré , goutte à goutte, jus^i'à ce qu'il y en ait un léger excès ; ce que l'on reconnaît à la propriété qu'a le sulfate de baryte qui se forme tout-à-coup, de se déposer facilement en Qocons. Alors on- dissout, comme la première fois , une nouvelle quantité de deutozyde de baryiun dans la liqueur, et on en précipite de nouveau la baryte par l'acide sulfuriqiie. Il faut avoir soin de mettre juste la quantité d'acide sulfurique néces- Baire pour précipiter toute la baryte ; sans cela , la liqueur ne filtrerait pas facilement. Le sulfate de baryte qui est sur le filtre , est lavé avec une petite quantité d'eau ordinaire que l'on réunit à la liqueur primitive.

On recommence cette opération un assez grand nombre de &iB pour Mre dissoudre , dans la quantité d'adde lUorhydiique indiquée plus haut, 90 à loo grammes de deotoiyde de baryum , ce qiû fournit une liqueur contenant à peu près a5 à 3o fois son volume d'oxygène. Si on TOulait l'oxygéner davantage , i! faudrait y ajouter de l'adde chlarhydrique. Comme le deutoxyde de baiyim[i dont ou se sert , contient toujours de l'oxyde de manga-

DU BIOXYDE d'hydrogène. ^43

parties au plus d'acide phosphorique concentré y et on sursaturera avec du peroxyde hydraté et divisé, qui précipitera Tacide silicique et Talumine en nature, et les oxydes de fer et de manganèse à Fétat de phosphates. Ces quatre substances se déposant tout-à*coup sous la forme de flocons, devront être recueillies sur un linge; la liqueur passant facilement à travers, on la filtrera au besoin.

Mais pour que l'opération s'exécute bien , il est nécessaire de ne faire la saturation par Toxyde de baryum y que sur une liqueur sensiblement limpide. La présence de beaucoup de sulfate de baryte , serait un obstacle à la réunion des flocons et à la filtration à travers le linge.

La liqueur ne contenant plus que de l'acide chlorhydrique , de Teau et de l'oxygène , est remise dans le même vase , et maintenue à zéro , conuue à l'ordinaire , par de la glace. Dans cet état, l'on y verse peu à peu, en Vantant , du sulfate d'argent pur , que l'on se procure au moyen de l'oxyde d'argent et de Fadde sulfurique. Il est indispensable que le sulfate ne contienne point d'oxyde libre. Le sulfate est décomposé par l'acide chlorhydrique , et de cette décomposition résulte de l'eau , du chlorure d^argent qui se précipite, et de J'acide sulfiirique qui remplace Tacide chlorhydrique. Quand la quantité de sulfate d'argent est assez grande pour que la décomposition de l'acide chlorhydrique soit complète , la liqueur devient limpide tout-à-coup : jusque-là , elle avait été trouble. S'il faut qu'il n'y reste point diacide chlorhydrique, il est nécessaire d^ailleurs qu'elle ne contienne point un excès de sulfate d^argent ; on l'éprouvera donc successivemeril par l'azotate d'ragent et par l'acide chlorhydrique. Ces épreuves se font sur de très petites quantités de liqueur.

Dès que la liqueur est bien préparée^ on la jette sur un filtre qu'on laisse égoutter, et que l'on comprime dans une toile. Le liquide provenant de la compression est versé sur un nouveau filtre , parce qu'il est im peu trouble.

3^4 )>nEMiËnE pautie.

Lea op^aliôns précédentes ont eu pour objet d'obtenir une liqueur composée d'eau, d'oxygène et d'acide sulfurique. Il faut actuellement en séparer cet acide: à cet effet , où la verse dans un mortier de verre , entouré de glace, et on y ajoute peu à peu de la baryte éteinte, bien délitée et bien broyée : on la broie de nouveau dans le mortier de verre ; et lorsqu'on juge qu'elle est unie à l'acide, on en ajoute une autre partie, etc. Enfin , lorsque la liqueur fait à peine virer au rouge le papier de tournesol, on la filtre : on comprime le filtre dans une toile ; puis après avoir réiuii les deux liqueurs , on les agite , et l'on en achève en même temps la saturation par de l'eau de baryte. ^

n faut même verser un très petit excès d'eau de baryte pour achever de séparer les traces de fer et sur-tout de manganèse, qne la liqueur pourrait encore contenir : bien entendu que la filtration devra être faite aussitôt après ^ en prenait les précautions précédemment indiquées. L'excès de baryte sera ensuite précipité par quelques gouttes d'acide solfurique faible, et l'on s'arrangera de manière que ia liqueur contienne plutôt un peu d'adde qu'un peu de base : celle-ci tend à dégaf!;er l'oxygène ,

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