DU BIOXYDE D^HYDROGÈNE
la liqueur laisse dégager un peu de gaz ; ce que Ton re^connaît à l'ascension du merciurc dans Véprouvette. Ce dégagement est dû ^ sans doute ^ à des traces de matière étrangère qui reste dans la liqueur : on Farréte par Taddition de deux à trois gouttes d'acide sulfurique extrême* ment faible.
Quelquefois aussi la liqueur laisse déposer quelques flocons blanchâtres d'acide silicique . Il est bon de les séparer. La décantation ^ au moyen d'une pipette très pointue^ réussit bien : on perd à peine de la liqueur.
Tant que la liqueur n'est pas très concentrée, l'évaporation a Ufeu tranquillement ; mais lorsque l'eau oxygénée ne contient presque plus d'eau , il se produit souvent des bulles qui ne crèvent que difficilement. Au premier coup d'oeil , on croirait qu'il se dégage beaucoup de gaz oxygène : en examinant Téprouvette , on verra qu'il n'en est rien; à peine montera-t-elle sensiblement dans l'espace de vingt-quatre heures ; encore cette ascension proviendra d'une petite quantité de gaz dégagé de l'acide sulfurique, et appartenant à ime portion d'eau oxygénée vaporisée.
On reconn^dt que la liqueur est concentrée le plus possible , lorsqu'elle donne quatre cent sdxante-quinze fois son volume de gaz , sous la pression de o", 76 et à la température de i4*- Cette épreuve se fait promptement en prenant une petite pipette, marquant sur la tige un trait, la remplissant de liqueur jusqu'à ce trait, étendant de douze volumes d'eau cette liqueur, qui , dans toutes les expériences , était de cinq centièmes de centilitre , et décomposant , par l'oxyde de manganèse , une quantité déterminée de cette même liqueur ainsi étendue. Cette dernière expérience , qui a déjà été décrite , consiste à prendre un tube de verre fermé à la lampe par un bout y long de 1 5 à 16 pouces , large de 7 à 8 lignes, à le remplir de mercure à un pouce près , à le renverser , à y introduire la portion de liqueur étendue sur laquelle l'analyse doit être faite , en se servant , pour cela , d'une
2^6 PREHIÊRË PARTIE.
pipette dont la capacité est connue, à remplir ensuite exactement le tube avec de l'eau, qui servira à laver la pipette, ou bien en partie avec du mercure, à boucher le tube avec un obturateur enduit de suif, à le retourner , et à y laire passer un peu d'oxyde de manganèse délayé dans l'eau. L'oxygène se dégagera à l'instant : Une s'agira plus ensuite que de fermer le tube avec la main, de l'agiter en divers sens pour middplier les points de contact entre la liqueur et l'oxyde , et de mesurer le gaz. {Aitn. de Chim. et de Phjs. , juin 1819. Sur la préparation de l'eau oxygénée, par M. Thénard. )
2° Du Gaz oxyde de carbone.
L'oiqrde de carbone cstim produit de l'art; jusqu'à présent il n'a été obtenu qu'à l'état gazeux : ïl est incolore, transparent, élastique, insipide^ sans action sur Yinfiisum de tournesol, et plus léger que l'air : son poids spécifique est de 0,96^83. 11 n'est déconq>osé ni par le calorique, ni par la lumière; sa puissance réfi'active est ^e 1,157. (Dulong.)
DU GAZ OXYDE DE CARBONE. fà^J
le gaz oxyde de carbone ( F. gaz adde chloro-carbonique
âlapage!i49)* 1! assoie n'agit point sur le gaz oxyde de carbone.
Propriétés essentielles, i^ Lorsqu'on approche une boctgîe allumée de Fouverture d'une cloche remplie de ce gaz et exposée à l'air atmosphérique, il absorbe Toxygène de celui-ci y brûle avec une flamme bleue , et se change en gaz acide carbonique : aussi Teau de chaux versée dans la cloche après la combustion est-^Ue troublée, o!" Il n'est pas sensiblement soluble dans Teau. Il a été découvert par Cruicskanck en Angleterre y et par MM. Clément et Désormes en France. Il est sans usages. Injecté dans les veines y il brunit beaucoup plus le sang que le gaz adde carbonique ; il asphyxie les animaux qui le respirent.
Composition. Nous avons dit, à la page a46, qu'un volume d'oxyde de carbone , combiné avec 17a volume d'oxygène, produit un volume de gaz carbonique : or^ dans xm volume de gaz acide carbonique on trouve un volume de Valeur de carbone et un volume de gaz oxygène | donc y dans un volume de gaz acide de carbone^ Il doit y avoir un volume de vapeur de carbone (0,4^19)^ et 11% volume de gaz oocy^gène (o,55ï3); ce qui éqtdbfaEat en poids à 100 parties d'oxygène et à 76,5a de iSarboné. En le supposant formé d'un atome de carbone et d'dn demi-^atome d^oxygène, on trouverait 76,44 de darbone et 100 d'oxygène. Le poids atomique de ce gaz est donfc 82,22^ et sa formule C*0. Nous dirons toutefois que si l'on calcule la composition du gaz oxyde de carbone , en ayant égard aux densités reconnues de ce gaz et du gaz oxygène ( V. page 29 D), on le trouvera formé de 100 d'oxygène et de 78,56 de carbone.
Préparation, i** On remplit presque une cornue degpèis d'un mélange de parties égales de carbonate de p#ôtoxyde de baryum et de limaille de fer parfaitement desséchés ; on adapte au col de la cornue un tube recourbé propre à recueillir le gaz 5 on lute et orx chauffe graduel-
a48 PREMIÈRE PÀBTIË.
lement la comne jusqu'au rouge cerise : à cette températare, le gaz oxyde de carbone ne tardepas à se dégager. Ou néglige de recueillir les premières portions qui sont mêlées d'àir. A la fin de l'opération, on trouve dans la cornue un composé de fer oxydé et de protoxyde de baryum' : l' acide carbonique a donc été décomposé par la limaille de fer rot^e , et transformé en oxygène qui s'est uni au fer, et en gaz oxyde de carbone très pur ; a" en déc-omposant à une température rouge le carbonate de chaux par le chariwn de bois bien brûlé , on obtient facilement une grande quantité de ce gaz ; ce procédé paraît être plus économique ; 3° on chauffe ensemble , dans un appareil analogue au précédent , parties égales d'oxyde de zinc et de charbon parfaitement calciné , et l'on obtient du gaz oxyde de carbone , du zinc métaUique qui se Bublime et se condense dans le col de la comae, et un peu d'acide carbonique: ce dernier gaz est absorbé par l'eau, et l'oxyde de carbone passe sous les cloches : mais il contient un peu de gaz hydrogène carboné provenant de l'hydrogène que renferme le charbon ordinaire; du reste, la théorie de l'opération est fort simple : l'oxyde de zinc peut être décomposé par le charbon qu'à une chaleur
DU GAZ ACIDE CHLORO-CARBONIQUE. li/^g
y On fait bouillir dans une fiole une partie d'oxalate adde de potasse ( sel d^oseille ) avec six parties d'acide salforlque concentré^ et Ton obtient un gaz compose de parties égales d'acide carbonique^ et de gaz oxyde de carbone ; on absorbe le premier de ces gaz par la potasse^ et le second reste pur. ( Dumas ^ année 1826. )
Du Gaz acide chlora-carbonique ou Chlorure de car--
bone.
Si Ton prend un ballon d'une capacité déterminée^ et qa'on y fasse le vide; si l'on introduit successivement des volumes égaux de gaz oxyde de carbone et de chlore secs^ et qu'on expose le ballon au soleil^ et mieux encore^ suivant M. Dumas^ à la lumière di£Euse; au bout d'un certain temps ( 1 5 ou 20 minutes si l'appareil est exposé au fioleâl), l'expérience étant terminée ^ si on débouche le ballon dans une cuve à mercure y l'on remarquera qijie le métal pénètre dans l'intérieur et remplit la moitié de la capacité du ballon ; donc ^ par Taction que les gaz ont exercée Fun sur l'autre, leur volume a été diminué de moitié , et le poids spécifique du produit doit être très considérable. Ce gaz, découvert par le docteur John Davy, qui l'a appelé phosgene (engendré par la lumière), çst nommé par quelques chimistes français gaz acide chJQroxx^carbonique y et par d'autres chlorure d'oxyde de carbone. Il est incolore et doué d'une odem* suffocante 3 il irrite la conjonctive et augmente la sécrétion des larmes j il éteint les corps enflammés; son poids spécifique est de 3,438 ; il rougit fortement la teinture de tournesol. Il n'est point décomposé par les corps simples étudiés précédenunent. L^étain, le zinc, etc., lui enlèvent le chlore à une température élevée, forment des chlorures (muriates secs), et le gaz oxyde de carbone est mis à nu ; il ne répand point de vapeurs à l'air ; mis en contact avec l'eau , il est décomposé , même a la tempe-
a5o PREMIÈRE PARTIE.
ratore ordinake : ea effet, le chlore s'unit à l'hydrogène de Veaa, et donne naissance à de l'acide chloihydrique ; tandis qoe Toxyde de carbone, saturé par l'oxygène de Teau , passe à l'état d'acide carbonique. Composition. Il estfcHméde 71,63 dedilore (i at.) et de 38,^7 d'onde de carbone ( i at. ) Le poids atomique sera donc 3og,S4S.
3° De fOx^de rouge de Phosphore.
L'oxyde de phosphore est constamment un produit de Tart. Il est rouge, înodore^ insipide, phis denae que l'eau, ins(ritible dans ce liquide, dans l'alcool^ l'éther et les huilea fixes ou essentielles. U n'est pas lumineux dans l'obscurité, même lorsqu'on le firotte. n ne s'enflamme au contact de l'air qu'à une température Toiaine du rouge obscur; il se transforme alors en acide phospholique. Les acides azotique et azoteux l'enflamment an contraire suintement et Je convertissent en adde pbosphorlque , ce qui tient sans doute à sa grande division. Il s'enflamme tont-à-coup dans le chlore gazeux, et.il se produit de l'acide phosphorique et du perchlorure de pbogphore- Le soufre ne le décompose que vers la tem-
DE l'oxyde de sélénium. aSi
Quand la combustioii MPterndnée y on décante le liquide^ on lave Foxyde et on le distille , pour volatiliser Feau et le phosphore qoi était resté adhérent à Foxyde : alors il suffit de le laver et de le dessécher , pour Favoir pur et privé deFacide phosphorique qui a pu se former pendant la distillation.
4* De FOa^de de Sélénium.
Cet oxyde est le produit de Fart. Il est gazeux^ incolore^ doué d'une odeur forte de chou pourri, très peu soluble dans Feau, sans action sur Vinfusum de tournesol, et ne possédant point la propriété de se combiner avec les acides pour former des sels. On Fobtient en traitant le sélénhim par le gaz oxygène, ou par Fair atmosphérique; mais il retient toujours un peu d'oxygène ou d'azote. {V(yf. pag. 1 68.) On le débarrasse de Facide sélénieux qu'il pourrait contenir, au moyen de Feau distillée qui dissont cet acide. Il n'a point d'usages.
^"^ De V Oxyde df Iode.
D'après M. Sementinî, cet oxyde offre une consistance huileuse et une couleur ambrée; il est soluble dans Feau et dans Falcool ; il colore en émeraude le papier bleu de tournesol ; à toutes les températures les corps simples précédemment étudiés, s'emparent de son oxygène et mettent Fiode à nu : dans son état de concentration , il suffit d'une feuille de papier pour produire cet effet ; il s'opère un dégagement d'oxygène , tandis que le piapier se trouve comme vernissé d'iode. On Fobtient en faisant arriver du gaz oxygène sur de Fiode dont la température a été élevée , ou mieux encore , en triturant ensemble du deuloxyde de baryum avec un excès d'iode , et en chauffant à la lampe à esprit-de-vin , dans une cornue à long col , le mélange de couleur noirâtre. L'existence de cet
aSa PBEHIÈRE PÂKTIE.
oxyde est révoquée en donte -par plusieurs chimistes.
6* De rOjeyde de Chhre, ( Acide cMoreux de quelques chimistes ) *.
Le gaz oxyde de clilore a été découvert en 1 8 1 5 , et à peu près à la même époque , par H. Davy et par M. le comte Stadion . Il ne se trouve point dans lanature ; il a une coideur verte, jaunâtre, brillante; son odeur est aromatique, et nullement semblable à celle du chlore; sa saveur est astringente et corroàve ; son poids spécifique est de a,3i55. 11 détruit les couleurs bleues végétales humides , sans les rougir préalablement.
Propriétés essentielles. l'Soumia à l'action d'une température de 100° centigrades, il se décompose, détone avec la plus grande violence , et devient lumineux; les résultats de cette décompodtion sont , d'après MM. Davy et Gay-r LusSàc, 3 volumes d'oxygène et i volume dechlpre. a'Le phosphore brûle avec un grand éclat et avec détonation, lorsqu'on l'introduit dans ce gaz , même à la température ordinaire ; 3° Il n'agit sur aucun autre corps simple à froid j 4° U n'attaque point le mercure; 5" L'eau peut en
ÙUPROTOXYDE d'AXOTE. aSS
absorber plus de sept fois son volume. Il est sans usages.
Composition* Lorsque le gaz oxyde de chlore détone sur le mercure , on obtient un volume de chlore et deux d'oxygène. Il est donc formé d'un atome du premier^ qui pèse 221^325 et de deux atomes d'oxygène (aoo). Son poids atomique est donc 4^19325 , et sa formule ChO*.
Préparation. On prend tout au plus 3 granunes de chlorite de potasse pulvérisé ; on le mêle avec la quantité d'adde suUiirique nécessaire pourformer une pâte sèche^ de couleur orangée : Facide doit être étendu d'une demiparîie d'eau ; on opère ce mélange à l'aide d^une spatule de platine ; on Tintroduit alors dans une petite cornue de verre^ on plonge la panse dans im bain-marie; on la laisse pendant quelque temps ^ et on a soin de ne point porter l'eau à la température de rébuUition : sans cette précaution y on s'exposerait aux plus grands dangers. Le gaz ne tarde pas à se dégager ; on le recueille dans des cloches disposées sur la cuve à mercure : il est mêlé avec ^^ d'oxygène et ^o de chlore.
Théorie. Le chlorite de potasse ^ formé d*acide chloreux et de potasse ^ est décomposé par l'acide sulfuriqne^ qui s'empare de la potasse et met Tadde chloreux à nu : celui-ci se transforme en oxyde de chlore et en oxygène ; une partie de cet oxygène se dégage ; une autre portion s'unit avec de l'acide chloreux non décomposé y et forme de l'acide chlorique qui reste combiné avec la potasse à l'état de chlorate de potasse.
Du Protoxjde d^ Azote (Oâoydule d^ Azote. )
Le protoxyde d'azote est un produit de l'art ; il est oir-r dinairement à l'état de gaz non permanent. Le protoxyde d'azote gazeux est incolore et inodore ; il a une saveur douceâtre; son poids spécifique est de 1^5269; sa puissance réjfractive est de 1,710 (Dulong). 11 est décomposé par le calorique et par le fluide électrique, qui le changent
a54 PREMIÈRE PARTIE.
ep 3 atomes d'azote et I d'acide hypo-azotîque. Lorsqu'il est comprimé par sa propre atmosphère dans un tube de verre hermétiquemeQt fermé, il se liquéfie comme le chlore, (f^.p. 17 8.) Il est sans action sur le gaz oscygène: néanmoins, lorsqu'on fait passer un mélange de ces deux gaz à travers un tuyau de porcelaine rouge , on observe que le protoxyde est décomposé par le calorique comme s'il eût été seul. Si on fait passer ime étincelle électrique à travers un mélange de protoxyde d'azote et de gaz hydrogène contenu dans un eudiomètre à mercure, l'oxygène du protoxyde se combine avec l'hydrogène, forme de l'eau , et l'azote est mis à nu ^ il y a dégagement dé calorique et de lumière. Le bore s'empare de l'oxygène du protoxyde é'azote , pourvu que la température soit élevée, il se forme de l'acide borique, et l'azote est misànu. Ou ne connaît point l'action du carbone pin* sur ce gaz. Le charbo» roQ^e et étdnt dans le mercure l'absorbe et le décompose en partie en lui enlevant son oxygène ; en sorte qu'on peut retirer de ce charbon du gaz acide carbonique , du gaz azote et du protoxyde d'azote non décomposé : la décomposition du gaz est complète, si on le met en contact avec du charbon rouce : il se forme du f