TOME I. -aS
4oa PREMIÈRE PARTIE.
Composition. L'expérience prouve que presque tous les oxydes métalliques donnent, lorsqu'on les traite par l'acide sulfliydriciue libre ou à l'état de sulfhydrate , un sulfure et de l'eau, c'est-à-dire qu'un atome d'oxygène se combine avec deux atomes d'hydrogène del'acide, pour former de l'eau j il résulte de ce fait que la quanUtéde sou&e des sulfures métalliques dont nous parlons, est proportionnelle à la quantité d'oxygène que contiennent les oxydes, puisque l'acide sulfhydrique contient tm atome de soufre, comme l'eau renferme un atome d'oxygène. Suivant M. Berzélius , on ne peut former avec les métaiu tout au plus qu'autant de sulfures qu'ils peuvent donner d'oxydes ; en outre , le proto-sulfure d'un métal quelconque renferme deux fois autant de soufie en poids qu'il y a d'oxygène dans le proloxyde du même métal ; le deuto-sulfure en contient deux fois autant qu'il y a d'oxygène dans le deutoxyde : on sait que le poids de l'atome d'oxygène étant loo, celui du sou&e est de 201,16 j or, nous avons dit en parlant de la composition des oxydes d'im même métal , qite la quantité d'oxygène contenue dans ceux qui sont très oxydés, était i , i i , 2 ou 4 fois aussi considérable que celle du protoxyde : donc
tES POLYSULFURES. 4^$
Préparation, i** On prépare un assez grand nombre de sulfures métalliques ^ en décomposant leurs dissolutions par les sulfures solubles de potassium et de sodium , et quelquefois même par Tacide sulfhydrique. M. Becquerej a obtenu cristallisés, plusieurs sulfures métalliqiies ^ en faisant usage d'un appareil électro-chimique. (V. Ami. de Chim.y novembre 1829. ); a** Quelques autres sulfures peuvent être obtenus en traitant à une température élevée les sulfates du protoxyde métallique par le charbon. Ou connmt encore d'autres procédés. ( V. les métaux en particulier. )
Des Potysulfures ou Persulfures.^Hjdro^sitlfates suU
JUrés.)
Le soufre peut se combiner avec les sulfures en proportions très nombreuses et très variées , et donner naissance à des polysulfures. Ils sont solides , d'une couleur jaune ou rouge, solubles ou insolubles dansTeau, sapides quand ils peuvent être dissous^ décomposables par les acides avec effervescence , avec dégagement de gaz acîde sulfhjdrique et avec précipitation de soi{fi'e ou de polysulfide d'hydrogène ( hydrure de soufre ) ; ce qui les distingue des sulfures simples, voy. p. 4oi. Us sont également décomposables par l'acide sulfhjdrique , qui en précipite l'excès de soufre, et il reste dans la liqueur un sulfhydrale de suKure. L'air et le chlore agissent sur les polysiilfures , comme sur les sulfures. Préparation. Les polysulfures insolubles se préparent en versant un polysulfure soluble dans une dissolution d'un sel métallique. On peut obtenir un assez grand nombre de polysulfures en fondant un excès de soufre avec un oxyde ou un carbonate métallique ; Toxygène de l'oxyde se porte sur une partie du soufre , pour former de l'acide sulfureux qui se dégage, et le métal se combine avec l'autre portion de soufre.
4o4 PREMIÈRE PARTIE.
Des Suljhydrates de sulfures ou des bisulfhydrates.
On désigne ainsi' certains composes salins , formés d'adde sulfhydriqiie et d'un sulfure métallique. Pwp/iétés. 1° Lorsqu'on traite ces sels par un acide , celui-ci î^tsur le sidfure comme nous l'avons dit à lapage4oieii parlant des sulfures simples : il se dégage de l'acide siilfhydrique, et il ne se précipite point de soufre; 2° ils se comportent avec les sels métalliques comme les sulfures simples , si ce n'est qu'il y a de l'acide sulfhydrique misa nuj 3° lorsqu'ils sont dissous, l'air ou l'oxygène les transforme d'abord en polysulfures , puis en hyposulâtes^ en sulfites et eu sulfates (-î^qj'. sulfures); il est évident que l'oxygène commence par s'emparer de l'hydrogène de l'acide sulfhydrique. Composition. Le soufre contenu dans la base , c'est-à-dire dans le sulfure métallique, est égal à celui de l'acide sulfhydrique; par conséquent, la formule sera M S + H' S. ( M représente le métal. ) Ces produits avaient été considérés jusque dans ces derniers temps , comme des sulfures simples. Prépa-
DES SlLFtlltS. 4o5
les flacons contenant la sonde et les autres bases. Il est évident que Ton doit ajouter une nouvelle quantité d'acide sulfurique et de sulfure , à mesure que le dégagement du gaz se ralentit. Pendant la saturation de ces alcalis , l'hydrogène de l'acide sulfhydrique se combine avec l'oxygène du métal , pour former de l'eau , tandis que le soufre et le métal s'unissent ; le sulfure métallique produit , se combine avec une certaine quantité d'acide sulfhydrique et forme un sulfhydrate de sulfure. Il se précipite ^ sur-tout lorsqu'on agit avec de la potasse ou de la soude ^ une matière gélatineuse^ mêlée d'une poudre noire , qui donne à la liqueur un aspect brunâtre trouble, et qui, à la fin de l'opération, se rassemble au fond du vase et peut être séparée par le filtre : cette matière est composée d'acide silicique , d'oxyde de fer et d'oxyde de manganèse , substances qui se trouvent ordinairement dans les alcalis employés , et qui se déposent à mesure que l'acide sulfhydrique sature ces alcalis. Quelquefois aussi on découvre , dans ce précipité de l'oxyde d'argent , qui provient de la potasse et de la soude que l'on a fait fondre dans des chaudières d'argent. Lorsque l'opération est terminée , ce qui n'a lieu qu'au bout de plusieurs jours , on filtre les sulfhydrates, et on les agite avec du mercure : ce métal s'empare de leur excès de soufre, et leur fait perdre la couleur jaune qu'ils avaient. Le mercure, dans cette expérience , noircit d'abord , puis se transforme en sulfure rouge (cinabre).
Des Sulfosels.
M. Berzélius a désigné ainsi, tantôt les sulfhydrates de sulfures , tantôt des sels composés de deux sulfures métalliques ; ces doubles sulfures sont en général solubles dans Teau qui en décompose même quelques-uns. Les acides les décomposent avec ou sans dégagement d'acide salfhy d tique , et précipitent un des sulfures métalliques
4o6 PREUIÈRE PABTIE.
s'il est insoluble , ce qui arrive le pius souvent. Préparation. Elle est très variée.suivantlescas. (^. BerzéUuB, tom. 3, pag. 334> )
Des Se'léniures.
Les séléniures ressemblent beaucoup aux sulfures pour lenrs propriétés physiques et chimiques. On en trouve un certain nombre dans la nature. Les séléniures alcahas seuls sont solubles dans l'eau j le chlore en sépare le sélénium. Leur composition est soumise aux lois des proportions multiples dont nous avons parlé à la page i^o'i ; le séléniure corre^ondant à un protoxyde formé d'une proportion d'oxygène et de métal, est lui-même composé d'une proportion de sélénium et de métal. Préparation. On obtient la plupart des séléniures ^ en versant dans une dissolution saline de l'acide sélénhydtique.
Des lodures métalliques.
Ils sont presque tous le produit de l'art ; ils sont tons solides , inodores , fragiles ; la plupart sont incolores ,
DES lODURES lODURÉS* 4^7
gent, de mercure ou de plomb , se porte sur le métal qui fait partie de l'iodure dissous , tandis que ces trois métaux mis à nu s'unissent à l'iode. Le chlorure de platine produit un iodure soluble, d'un rouge garance très foncé. Les iodures solubles dissolvent de l'iode , se colorent en rouge-brun^ et deviennent des iodures iodures.
Préparation, i** On peut combiner directement l'iode , à Taide de la chaleur , avec un certain nombre de métaux , tels que le potassium , le sodium , le mercure , le fer, le zinc, l'étain, etc.; 2** les dissolutions métalliques dont les métaux ne décomposent pas l'eau , comme sont celles de cuivre , de plomb , d'argent y de bismuth , etc. , donnent par les iodures solubles un précipité à'iodure ; en effets l'oxygène des oxydes de plomb, d'argent, de bismuth, etc., se combine avec le métal de l'iodure soluble, et l'iode se précipite uni au plomb, à Targent, etc. j 3* plusieurs iodures se préparent par des procédés particuliers. Composition. L'acide iodhydrique donne avec la plupart des oxydes métalliques , de l'eau et un iodure t or, cet acide est formé de volumes égaux d'hydrogène et d'iode ; donc un iodure correspondant à un protoxyde qui renfermait im atomej d'oxygène doit contenir dctix atomes d'iode, puisqu'il aura fallu 2 atomes d'hydrogène ^pour former de l'eau avec l'atome d'oxygène du protoxyde. La quantité d'iode dans les bi-îodures , etc. , sera proportionnelle à la quantité d'oxygène des oxydes.
Des Iodures iodures.
Ces corps d'un rouge - brun ne retiennent l'iode qu'avec peu de force ; ils l'abandonnent par leur ébullition et par leur exposition à l'air quand ils sont desséchés; l'iode n'altère point leur neutralité. Le chlore, l'azotate d'argent , les sels de mercure et de plomb , agissent sur eux comme sur les iodures. Préparation. 11 suffit de
4o8 FAEMIÈRE PARTIE.
mettre l'iode en contact avec un iodure dissous j pour ie traDgformer en iodure ioduré *.
Des Bromuivs métalUtjues.
Ils sont tous solides, colorés ou incolores , sapides ou inâpides; la plupart de ceux qui ont été étudiés se dissolvent dans l'eau. Le chlore les décompose et en dégage le brome. Il en est de même des acides chloreux et azotique. Ils précipitent les sels de plomb en blanc , et le nitrate d'argent en jaime-serin : ce dernier prédpité noircit à la lumière.
Préparation. Les bromures de cuivre , de chrome , d'urane, de cadmium, de zinc, de nickel, de cobalt, de fer et de manganèse, proviennent de l'action directe 4dn brome sur les métaux , par la voie sèche ou par l'inlermède de l'eau ; ou bien de l'action de l'adde bromhydrique sur les carbonates ou sur les oxydes métalliques : ils sont loussolubles dans l'eau, excepté le proto-bromure de cuivre^ Les bromures de cérium , de zirconium, de glucynium, d'aluminium et de strontium, s'obtiennent