DES CHLORURES MÉTALLIQUES
coin])osition des bromures ne diffère pas de celle des iodures. (/^. p.407. )
Des Chlorures métalliques.
Ces chlorures sont solides ^ blancs ou colorés ^ pour la plupart sapides ; plusieiurs sont volatils.
L'action des corps simples sur les chlorures est trop variée pour pouvoir être exposée d'une manière générale. Excepté les proto-chlorures de cuivre et de mercure et le chlorure d^argent^ ils sont tous solubles dans Feau. Les chlorures de bismuth , d'antimoine^ de tellure, etc., sont décomposés par Teau distillée. Les acides privés d'eau n'agissent sur aucun chlorure.
Propriétés essentielles, i** Plusieurs acides liquides les altèrent ; l'eau de ces acides se décompose ; son oxygène forme avec le métal du chlorure im oxyde , tandis que le chlore s'unit à l'hydrogène de l'eau et donne naissance à du gaz acide chlorhydrique , qui se dégage sous la forme de vapeurs blanches assez épaisses, d'une odeur piquante : tel est l'acide sulfurique, par exemple : a** Tous les chlorures liquides sont décomposés à froid par la dissolution d'azotate d'argent , sel formé , comme son nom l'indique, d'oxyde d'argent et d'acide azotique; il en résulte un azotate soluble , et du chlorure d'argent blanc , caillebotté j lourd ^ noircissant à la lumière j insoluble dans Veau j dans V acide azotique j et soluble dans V ammoniaque. Nous allons exposer la théorie de ce phénomène, l'un des plus importants de l'histoire de ce genre de sels. On peut représenter le chlorure par
Chlore + MétaJ.
Et TAzotate
d'Argent par Argent -f- Oxygène + Acide aiotique.
Chlorure d'argent. Atotat^ *
4lO PREHIËRE PARTIE.
Les denx sels solubles mêlés peuvent donner à un sel soluble et à un sel insoluble, la décomposition est donc forcée ( voj. p. 2a3 ) ; l'argent s'unit avec le chlore et forme un chlorure insoluble ; tandis que l'oxygène de l'osçyde d'arçeni se combine avec le métal dn chlorure , et l'oxyde produit se combine avec l'acide azotique; c'est en vertu de ces af&nités et de la cohésion du cblorure d'ai^ent que la décomposition a lien.
Composition. Lorsqu'on fait agir de l'acide chlorhydrique sur un oxyde métallique , on obtient de l'ean et un chlorure : or^ l'eau est formée de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène ; tandis que , dm l'acide chlorhydrique, il y a un volume d'hydrogène « un volume de chlore : donc la quantité de chlore d'un chlonure métallique doit être à la quantité d'oxygène de l'oxyde du métal, comme 2 à i , c'est-à-dire comme le poids de deux volumes de chlore est au poids d'un volume d'bxygène ; d'où il résulte que la composition des chlorures est soumise à la même loi que celle des sulfures, des iodiures et des bromures. (F'. lodures, p. 4o7-)
Préparation, i" On peut combiner directement le chlore gazeux avec presque tous les métaux , tantôt à
DES PHTORURES. 4ll
Des Phtorures (Jluates ou hydrxh'phtorates. )
Les phtorures ( fluates anhydres ou secs ) sont indécomposables par le feu ; quelques-uns d'entre eux^peuvent être décomposés s'ils sont humides , phénomène qui dépend de ce que l'eau est également décomposée : en effet, l'hydrogène se combine avec le phtore pour fonher de l'acide phtorhydrique , tandis que Toxygène se porte sur le métal de l'oxyde. L'acide borique vitrifié est le seul, panni ceux qui ne contiennent pas d'eau, susceptible de décomposer les phtorures à une température élevée ; mais U se décompose lui-même ; le bore et le phtore s'unissent pour former de l'acide phtoro-borique (fluoborique, v. p. 323), tandis que l'oxygène de l'acide borique se combine avec le métal qui entre dans la composition du phtorure.
Propriété essentielle. A froid, les SLCides suJfurique j phosphorique et arsénique contenant de l'eau , décomposent les phtorures, sur-tout ceux qui sont solubles; il se dégage de l'acide phtorhydrique sous la forme de vapeurs blanches , piquantes , ajant de V action sur le uerre ; on voit que , dans ce cas , l'eau de Tacide employé est décomposée , son hydrogène transforme le phtore en acide phtorhydrique ; l'oxygène oxyde le métal , et l'oxyde formé se combine avec l'acide sulfurique , phosphorique ou arsénique.
On ne connaît que trois phtorures neutres solubles dans l'eau, ceux de potassium, de sodium et d'argent ; les autres se dissolvent dans un excès d'acide.
Propriété essentielle, i** les phtorures solubles décomposent tous les sels calcaires et les précipitent en blanc ; le précipité , regardé pendant long-temps comme du fluate de chaux , est du phtorure de calcium. On r * concevoir sa formation en représentant le phtorur nous supposons être celui de potassium par :
PREMIÈRE rARTim.
Flitore -)- Potassium.
El le (el calcaire, par Calcium -|- Oxygène -(- Acide.
Phtorure Proloiyde +AcidcouseI de calcium de poiaas. dépotasse.
Le phtore s'imit au calcium , tandis que l'oxygène de l'oxyde de calcium se combine avec le potassium et l'acide pour former un sel de potasse.
Préparation. Les pklorures solubhs s'obtiennent par le premier procédé , en combinant l'acide phtorhydriqae avec les bases; l'hydrogène de l'acide s'unit à l'oxygène de L'oxyde pour former de l'eau ; le phtore et le métal se combinent.
Les phtorures insolubles se préparent par la voie des doubles décompositions , en versant un phtorure soluble dans une dissolution saline contenant le métal que l'on cherche à transformer en phtorure.
JDesPhtoro-borures(phtoW'borales,Jluo-l>orates).
sieurs bases saiifiables ; celles-ci étaient de trois ordres savoir : les oxydes métalliques , Fammoniaque^ et des substances végétales alcalines^ telles que la morphine^ la i)rucine^ la quinine^ etc. Suivant M. Berzélius^ le sel doit être défini^ tout composé dont les éléments , quel que soit leur nombre, anéantissent t*éciproquement, d'une manière complète j leurs propriétés électro-chimiques : ainsi^ le chlore, Tiode, le phtore, etc. ^ en se combinant avec les métaux électro-vitrés^ donnent des sels^ tout comme les acides en s'unissant avec les bases, parce que, dans Tim et dans Tautre cas , il y a anéantissement des propriétés électro-chimiques des composanl;s; tandis que Toxygène, en se combinant avec les mêmes métaux électro^ vitrés ^ fovLTmt des oxydes qui ne sont pas des sels, parce que^ dans ces composés, les réactions électriques ne sont pas anéanties. Les sels, diaprés cette manière de voir, doivent être divisés en deux classes : i** Sels haloïdes {d'halogène y qui veut dire générateur de sels); ce sont ceux qui résultent de la combinaison du soufre, du sélénium, du chlore, de l'iode, du brome, duphtoreetdu cyanogène , avec un métal électro-vitré ; on les désigne sous les noms de sulfures^ de séléniures, de chlorures, A'iodureSy de bromures^ de phtorures et de cjraimreSy et on dit chlorure cuivreux, chlorure cuivrique; 2** Sels amphides*. Pour bien concevoir ce que c^est qu'un sel amphidCy il faut savoir que, loin d'admettre, comme on l'a fait jusqu'à ce jour, que les bases métalliques sont constamment formées d'un métal et d'oxygène, M. Berzélius pense qu'elles sont composées d'un métal et d'o^* gène y ou d'un métal et de soufre y on d-'un métal et de sélénium, ou d'un métal et de tellure : aussi déslgne-t-il l'oxygène, le soufre, le sélénium et le tellure par la dénomination de basigènes. Les seU amphides sont subdivisés
♦ Amphide mot dérivé d'ot/»fi«, des deux c&tés*
4l4 PHEHIËRB PABTIE.
en qaatre sections : a. Oa^-sels , ceux dont le bacigèiie est Xocpygène : tels sont le sulfate de fer, l'azotate de potasse, etc. ; b. Suffo-sels, ceux dont le basigène est le sotifre , comme le suîfo-hjdrate potassique , le su^ocarbonate sodique , le sulfo-arséniate caicîtfue : le premier de ces sels est formé de suljure de potassium (base ), et d'acide stilfhydiique; le second se compose de su^iae de- sodium (base), et desulâde de carbone j enfin, le troisième résulte de la combinaison du saljhre de calcium ( base ) avec le sulfure d'arsenic , ou sulfède arsênirque; c. Sélénisels , ceux dont le basigène est lé sélénium. d. TéBuri-sels, ceux dont le basigène est le tellure. ( F., pour plus de détails , le Mémoire de M. Berzélius, inséfé dans les Arm. de Chimie et de Phjs. , t. xxxi et xxxu, i8a6.)
Ajoutons à ces faits que Inen long^-temps avant Berzélius, M. Ampère avait établi que les chlorures et les solfiires , jouaient dans les sels exactement le même rôle que les oxydes métalliques j et nous voyons en i833, M. Péligot décrire des chromâtes ayant pour base le chlorure de sodium , le chlorure de calcium , le chlorure de magnéaum, le chlorure de potassium, ouïe chlorhydrate
DES SELS. /^iS
reçu la dénomination de sur-sels. Jusque dans ces derniers temps on a considéré comme neutres seulement les sels qui ne rougissent pas le tournesol et qui ne verdissent pas le sirop de violettes ^ et on a regardé comme sels acides^ tous ceux qui rougissent le tournesol et comme sels avec excès de base^ ceux qui verdissent le sirop de violettes : la neutralité , Tacidité ou l'alcalinité des sels , était jugée , comme on voit d'après certaines propriétés et sur-tout d'après l'action qu'ils exercent sur le tournesol et la violette. M. Berzélius a pensé avec raison qu'il fallait établir autrement la neutralité et d'après la composition des sels : suivant ce célèbre chimiste , on désigne sous le nom de sel neutre tout sel dans lequel l'oxygène de l'acide est à celui de la base dans la même proportion que celle qui existe dans les combinaisons les plus neutres qu'un acide pevit former avec les alcalis ou les terres alcalines. Exemple. L'acide sulfurique donne avec la potasse et avec la soude un sel parfaitement neutre , sans action sur les couleurs; or^ l'acide sulfurique contient trois fois autant d'oxygène qu'il y en a dans la potasse ou dans la soude qu'il sature ; donc tout autre sulfate qui sera ainsi çomppsé sera neutre , qu'il rougisse ou non le tournesol ; ainsi , Talun sel composé d'acide sulfurique , de potasse et d'alumine sera un sel neutre^ quoiqu'il rougisse le tournesol , parce qu'il contient une quantité d'acide dans laquelle il y a juste trois fois autant d'oxygène qu'il y en a dans la potasse et Talumine qui sont combinées avec l'acide. Dans les sels acides ou sur-sels ^ les bases y sont ordinairement combinées avec une fois et demie ^ deux, trois ou quatre fois autant d'acide qu'il y en a dans le sel iieutre ; il ne paraît pas qu'il y ait de degrés intermédiaires çntre ces nombres ; on désigne les premiers sojas les noms de sesqui sels ^ bisels^ tri sels ^ quadrisels' les seconds sont appelés sels sesqui basiques^ bi basiques tri basiques , quadri basiques ^ etc.
4l6 PREMIÈRE PARTIE.
Propriétés générales des sels métalliques.
Propriétés physitfues des sels. On ne connïdt aucun sel gazeux; i\ y en a un petit nombre de liquides; mais la plupart sont solides, d'une couleur et d'une cohéfnon variables .-tristallisés ou piUvénilents , inodores ou odorants , sa^ides ou insipides, et plus pesants que l'eau.
Propriétés chimiques. Action de l'eau sur les seh. Les sels sont solubles ou insolubles dans l'eau : en général ceux-ci sont insipides ; les autres ont de la saveur. La solubilité d'un sel dans l'eau dépend de son affinité pour ce liquide et de sa cohésion ; il sera d'autant plus aoluble que cette affinité sera plus grande et la cohésion moins forte j et vice versa. De deux sels ayant la même afGuité pour l'eau, le plus soUible sera celui qui a moins de cohésion. Il arrive quelquefois qu'un sel qui a moins d'affinité pour l'eau qu'un autre, se dissout plus facilement, parce que sa force de cohésion est beaucoup moindre. Lorsqu'un sel a éié dissous dans l'eau , celle-ci perd , en général, la propriété d'entrer en ébullition à 1 00° (la pression de l'air étant à "56 centimètres), et en exige 102°, io4",
DKS SKLS. '
Teaii bouillante tout le sel dont elle pouvait se charger^ une partie cristallise-t-elle par le refroidissement, si ce sel est cristallisable; mais il est presque impossible d'obtenir païf ce moyen des cristaux réguliers. Voici comment on doit procéder pour avoir de beaux cristaux : i** on fera dissoudre 7 à 8 livres de sel dans une assez grande quantité d^eau bouillante pour qu'il ne s'en dépose pas beaucoup par le refroidissement ; 2** après avoir décanté la dissolution y on la déposera dans des vases à fond plat , sui lesquels elle ne puisse exercer aucune action chimicine , et qui soient dans un lieu tranquille; 3* lorsque, parTévaporation spontanée de l'eau, il se sera formé des cristaux au bout de quelques jours, on choisira les plus gros et les plus réguliers, et on les placera dans un autre vase pareil^ dans lequel on mettra une nouvelle dissolution de sel préparée de la même manière; on les retournera chaque jour, et on les verra grossir par toutes leurs faces et d'une manière régulière. Il faudra recommencer la même opération jusqu'à ce que les cristaux aient acquis un volume assex considérable; alors on n'en mettra qu'un dans chaque vase contenant la dissolution : quelques semaines suGQi ont pour obtenir des cristaux très volumineux. Ce piocédé
d'autres corps plus solubles à froid qu'à chaud : tels sont Id carbonate de magnésie, la magnésie calcinée, la chaux vive, etc. Voici comment s'exprime le rédacteur des Annales de Chimie et de Physique, en traitant ce sujet: a Le phénomène d'une moindre solubilité à chaud qu'à froid , qui eit sans doute plus commun qu'on ne pense, cesse, de paraître extraordinaire lorsqu'on se rappelle que la chaleur, d'abord nécessaire pour produire une combinaison , détruit souvent celte même combinaison lorsque son intensité est devenue plus grande: c'est que la chaleur, après avoir exalté les forces attractives des molécules des corps, peut souvent les affaiblir et les changer même en forces répulsives ( tom . XVI ). »