DE LA. CRISTALLISATION
Tapeur^ se yolatilise et ne cristallise qu'à mesure que cette yapenr se condense et passe à Tétat solide ; ou bien y après avoir été fondue ^ elle se refroidit lentement et donne deê cristaux réguliers : dans ce cas^ le refiroidissement commence par la siuface du liquide^ qui forme une espèce de croûte : on doll percer celle-ci aussitôt qu'elle se produit^ et décanter les parties internes encore liquides^ pour obtenir^ sous la forme de cristaux régulieiB^ celles qui restent dans le vase où la fusion a été opérée.
4* La cristallisation par les liquides peut également se fidre par deux procédés distincts : ou bien le solide est dissous dans le liquide bouillant^ et alors il peut cristaU User par refroidissement ; ou bien la dissolution est abandonnée à elle-même ou soiunise à une douce chaleur) par ce moyen y le liquide s'évapore ^ les molécules solidei se rapprochent et donnent des cristaux réguliers. En gé-^ nêr al y les solides qui cristallisent dans Teau en retiennent unepordon.
Le même corps peut^ en cristallisant^ donner âes soIidéA dont la forme varie ; ces formes diverses dérivent tantôt rune de l'autre y tantôt le contraire à lieu . Ainsi pour lè premier cas un corps A B peut cristalliser en rhombes^ CD prismes hexaèdres, en dodécaèdres, etc. : on désigiib ces formés sous le nom àt formes secondaires. Chacutt As ces cristaux peut être transformé, par là division mé^ (âniqiie , en une forme qid sera la même pour tous , et que Ton connaît sous le nom de fotme primitive ; ainsi y on retire, dans quelques circonstances, rtn rhomboïde du prisme hexaèdre, du dodécaèdre, et du rhomboïde dont nous venons de parler. Le cristal qui constitue la formé primitive peut encore être subdivisé , et fournil" de plitè petits cristaux, que Ton appelle molécules intégrantes i la forme de ces molécules peut être différente de celle de la forme primitive.
Le second cas y celui dans lequel les formes diverses sous lesquelles un corps peut cristalliser , ne dérivent pas l'une
B PKEHUfnE PARTIE.
de l'autre a été dédgné sous le nom de àimorphie ; on ne l'a encore reconnu que dans un petit nombre de corps , tels que le soufre, peut-être le diamant et le graphite, les addee titanique et arsénieux, le persulfure de fer, les stilfatès de magnésie, de zinc et de nickel, le melUtate d'ammoniaque , le carbonate de chaux dans l'arragonite, et 1« spath calr^aire , etc. Dans tous les cas où l'on peut produbre artlBcieUement cette transformation d'une fonne dans ime autre, MfAénomène se manifeste par la perte de transparence det cristaux , parce qu'alors le cristal d'une forme se trouve changé en un aggrégat de beaucoup d'individus de l'autre forme.
C'est dans l'ouvragé de Hauy, l'illustre auteuiv-de la .CnstaUoff-aphie , et daas les mémoùres de M. Mitscher- Ëch , que l'on trouvera des détails sur cette belle partie de ïhisioire natureUe.
. Isomorphisme. 11 est 4e»)OCirp8 très différeqts par leur nature^ qui peuvent seresq>laoer mutuellement dans une série de conqkQsés, sans altérer le système de la ferme cristalline primitive de ces composés, quoique la valeur des angles ne soit pas rigoureusement la même : ces corps sont appelés isomorphes de ( ijoç semblable et de ^lapt^ forme. )
ISOMOKPHISME. 9
aatcs de protoxydes de plomb , de baryum, etc., dont les cristinix. affecteront la même forme rhomboédriqiie , si ce u'est que les angles vaiîeront : on dira que les protoxydes de fer^ de plomb, de baryum, de strontium, de caldam ^ de magnésium et de manganèse , sont isomor^ plies '^ y que Ton ait de l'alun octaédrique composé d'acide sulfurique, d'alumine, de potasse et d'eau; qu'on substitue à l'alumine du sesquioxyde de fer, il se formera des cristaux octaédriques composés des mêmes proporlions diacide sulfurique, de potasse et d'eau que les premiers^ et dans lesquels le sesquioxyde de fer aura remplacé raliuuine ; on dira que l'alumine et le sesquioxyde de fer sont isomorphes.
De V Affinité.
1** li' affinité, ou la force qui réunit les atomes constituants des corps ^ ne s'exerce qu'entre deux , trois ou quatre ^6spèces d'atomes différents : en effet , on ne con- Daitgaère de compose plus compliqué que le quaternaire'^ mais elle peut s'exercer entre des corps qui sont tous solides^liquidiesonaériformes, ou bien entre des corps solides et des corps liquides, entre des corps solides et des corps aérlformetf , ou enfin entre ceux-ci et des corps liquides. Exemples : deux corps solides^ \iode et \t phosphore ; deux corps lE^bldes , l'acide sulfurique et Teau de bar}' te; deux corps aériformes, le gaz acide chlorhydrique et le gaz ammoniac; un corps solide et un corps liquide, l'or et le mercure , la chaux vii^e et Veau ; un corps solide et un corps aériforme, la potasse caustique et le gaz acide carbonique ; un corps liquide et un corps aériforme, Veau et le gaz acide chlorhydrique. On ne peut pas dire qu'un corps A ait de l'affinité pour tous les corps connus ; mais on peut affirmer qu'il en a pour un certain nombre.
2** Lorsque les corps se combinent, il se produit presque toujours de la chaleur ou du froid , et souvent il se
lO PR>MIEB£ PARTIE.
dégage de la lumière. Exemple de d^agement de chaleur : l'acide sulfurique et Veau ; de chaleur lumineuse , la combinaison de Viode avec le phosphore. Exemple de production defroid: la combinaison du j'e/ de cuisine avec la glace. Il sulïït , pour expliquer le dégagement de lumière, de savoir que tous les corps sont limiineux lorsqu'ils sont exposés à une chaleur cinq fois aussi forte que celle de l'eau bouillante.
3' Lorsque deux corps sont susceptibles de s'unir, la combinaison s'opérera en général beaucoup plus facilement s'ils sont libres , que si l'un deux est déjà engagé dans une autre combinaison ; ainsi , l'or et le mercure se combinent aussitôt qu'ils sont en contact; aii contraire, l'or ne se combine plus avec le mercure , d celui-ci est déjà uni au chlore.
4° Souvent im composé A B jouit de propriétés différentes de celles dç ^ et de 5 j souvent ces propriétés sont simplement modifiées. Ainsi, il peut arriver a quelecom.posé A B soit solide, tandis que ses éléments jittB sont aériformes ou liquides ; exemples : sel anmioniac solide, composé d'acide chlorhydrique et d'ammoniaque > tous deux fiazeux : sulfate de baryte solide , composé d'acide
DE l'affinité. XI
eiemple^ qui n'ont point d'odeur, combinés dans une cerlaine proportion , fournissent l'acide suKureux qui a une odeur des plus piquantes. Quelquefois cependant les propriétés des composés difTèrent très peu de celles des composants : c'est ce qui arrive lorsque ceux-ci ont peu d'afiGuiité.
5* Un corps A peut se combiner en diverses proportions avec un autre corps B^ et donner des composés différents : ainsi, le produit formé de A et d'une partie de -B jouira d'antres propriétés qu'un composé d'une partie de A et dé deux ou trois parties de B, Exemple : Le plomb formç avec trois quantités différentes d'oxygènes trois oxydes ou trois composés qui ne se ressemblent pas; ainsi, l'un est jaune, l'autre rouge, et l'autre couleur de puce.
6* Il y a plus, un corps A peut se combiner dans là même proportion avec un corps -B, ou avec deux autres fcorps B C, et donner naissance à des composés qui poS" sèderU des propriétés différentes^ quoique leur poids atomique Sôh le même. On désigne cette classe de corps^ sur lesquels l'attention est fixée seulemeut depuis quelques aimées, sous le nom de corps isomères y du grec rffojxspyjç , qui signifie composé de parties égales. Nous citerons parmi les corps isomériques , le peroxyde d'étain qui jouît de propriétés différentes, quand il a été préparé avec l'acide azotique , ou lorsqu'il a été séparé du chlomre'par la potasse ; 2** les acides fulminique et cyanique , dont les propriétés diffèrent , quoiqu'ils aient la même composition ; 3* l'acide phosphorique et l'acide pyrophosphorique ; 4° les acides racémique et tartrique , etc. Il est difficile de concevoir Tisomérie autrement qu'en admettant que les molécules des mêmes corps , dans des proportions qui sont aussi les mêmes, offrent une aggrégation inégale * .
* Quelques chimistes sont assez disposés à croire que
Il l'RKMJÈni-: PARTII^.
7'*L'ai&iiitcii'ui) corps./ pour une séiied'auUesctKpE li'est pas la nirriio j ainsi, ît pourra en avoir beaacoi^ pour un corps B, moins pour 6', D, etc. L'oxygène, pai '■' exemple, a beaucoup d'affinité pour le hore, le carb<Hic, " le potassium, etc., tandis qu'il en a fort peu pour k chlore, l'azotCj l'or, etc.
8° Deux corps solides doués d'un certain degré d'affinité 's l'im pour l'autre se combineront, eu général, avec d'ui- % tant plits de facilité , qu'ils auront moins de cohésuMj 'i. comme nous l'avons déjà dit à la page 5. Il en est de ': même, en général, de la combinaison d'un corps solide ■'. avec un corps liquide ou aériforme.
9° La chaleur qui diminue la cohésion des corps, doit donc favoriser l'affinité, et par conséquent les combinatsons,- cependant on serait induit eu erreur, si l'on admettait ce principe sans restriclion : en effet, il peut anÎTer qu'im corps -4, qui se combine 1res bien à firoid avec on corps B , non-seulement n'agisse point sur lui â (m le chauffe, mais encore que le composé ^ B, soiKuis à l'aclion de la chaleur, se décompose en ^ et en £ j ainâ Tadde carbonique liqiûde se combine rapidement à froid avec la chaux dissoute ; et loin que cette combinaison puisse : forte chaleur, le composé d'acide carbo-
DE L*AFF1NITÉ. l3
doivent , comme la chaleur, favoriser Tidlfinîté et les comlinaisons : deux corps solides A tlB qui n'exercent aucune action Tun sur raiitrc , peuvent se combiner aisément lorsqu'on les dissout dans Teau.
II* L'état à! électricité vitrée ou résineuse dans lequel se trouvent les molécules constituantes des corps ^ influe puissamment sur l'action qu'elles exercent les unes sur les autres , et par conséquent sur les combinaisons , comme nous rétablirons en parlant du fluide électrique.
12" Une différence notable entre les poids spécifiques des corps est un obstacle à leur combinaison j nous citerons pour exemple , l'eau et l'huile qui ne se combinent pas : à la vérité , nous ne prétendons pas que la différence de poids spécifique , soit la seule cause qui empêche ces deux corps de se combiner. Un autre exemple peut être choisi parmi les alliages de deux métaux , dont l'un est beaucoup plus pesant que l'autre ; lorsqu'on fond ces deux métaux , on voit que la partie d'alliage qui occupe Je fond du vase où se fait l'opération , contient une plus forte proportion du métal plus pesant, que la portion qui occupe la partie supérieure du vase.
1 3* La pression à laquelle sont soiunis les corps que l'on veut combiner, influe souvent sur la manière dont s'exerce l'affinité d'un de ces corps pour l'autre ; c'est ce qui a sur-tout lieu pour les corps aérifoimes. Ainsi, vous ne dissoudrez qu'un litre de gaz acide carbonique dans un Blre d'eau à la pression ordinaire de l'atmosphère ; vous pourrez au contraire dissoudre 5 ou 6 litres du même gaz dans un litre d'eau si vous augmentez la pression : et si l'on diminue tout-à-coup la pression de ce liquide chargé d'acide carbonique, il se dégagera à Tinstant même assez de gaz pour que le litre d'eau n'en retienne plus qu'un litre : nous pourrions citer beaucoup d'autres exemples* Toutefois, il est des cas exceptionnels oiV le défaut de pression, loin de s'opposer à la combinaison, favorise l'affinité ; ainsi Toxygène ne se combine à froid avec le phos-
l4 PREMIÈRE PARTIE.
phore, que lorsque la pression du gaz a été diminuée.
14" Si l'on suppose qu'un corps A puisse se combiner avec trois proportioos At B , de manière à former trois composés A B , A B B , A SB S , dans le premier conH posé , B sera en général beaucoup plus fortement attiré par ^ que dans le second^ etàplusforteraison que dans le troifflème: l'^/Hïe qui s'exerce entre ces deux corps variera donc suivant qu'il y aiura une, deux ou trois quantités de B . Nous disons que les choses se passeront ainsi, en général : il y a en effet un certain nombre d'exceptions dont voici un exemple : l'oxyde rouge de mercure composé de mercure et d'oxygène, n'abandonne ce dernier corps qu'à la cbaleiur rouge, tandis que, l'oxyde noir cède son oxygène par l'action de la lumière du soleil , ou par le frottement de la main ; or, cet oxyde ne renferme quelamoitu de l'oxygène qui entre dans la composition de l'oxyde rouge. Suivant M. BerzéliuSjpoiu- les ojTjf de* 'ne'ioïïi'^Uftf, f^ serait à peu près dans le milieu que l'afOnité déploierait plus d'énergie. (Tome a, p. a46)-
Il résulte de ce qui vient d'être établi , que lorsque les corps réagissent les uns sur les autres pour se combiner , on doit, pour concevoir les phénomènes qu'ils présentent.
DE l'affinité, i5
flpus occuper. La chimie a pour objet de déterminer V ac^ tion que les corps simples ou composés exercent les uns sur les autres j ^i i^ertu d'un certain nombre de forces y et de faire cotmaître leur nature et les moyens de les obtenir.
On a donné le nom de synthèse à T opération qui conf^ à combiner les corps pour en faire d'autres plus composés; tandis qu'on a appelé analyse l'opération inverse^ dans laquelle on oblient les éléments d'un composé en le décomposant.
i" Si l'on met un corps composé A B en contact avec un autre corps Cy on observera l'un des trois phénomènes suivaiiits : C pourra se combiner avec ^ jB^ et donner naissance à un composé plus complexe A B Cy ou bien il tf exercera aucune action sur A B yO\x enfin il le décomposera. Supposons ce dernier cas, C pourra s'empaier de ^ y former im composé A Cet mettre 5 à nu ; i^icc v^ersây il pourra s'emparer de B , donner naissance à un produit Jff Cy et séparer ^. Si le corps séparé a beaucoup de cohésion, et ne peut rester uni avec le nouveau composé formé, a se précipitera ; tandis qu'il se volatilisera si ses molécules jouissent d'une grande force expansive ; il pourra même rester en dissolution si on opère sur un liquide , et qu'il vsoit soluble.
2* Supposons maintenant un composé A B sur lequel les corps C elDy pris isolément , n'aient aucune espèce d'action ; réunissons C à Z), de manière A avoir le com- |K)sé C />. Ce composé peut encore être sans action sur A B ; mais il peut souvent en exercer une très remarquable , Il peut , en se décomposant , décomposer A B.