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DES CYANURES DE FER

d’ammoniaque, un peu de cyanogène, de l’oxyde de carbone, du carbure d’hydrogène gazeux, et une très-grande quantité d’un résidu composé de carbure et de paracyanure de fer. Chauffé dans le vide à une température modérée, il donne du cyanogène et du protocyanure de fer. Il verdit lentement lorsqu’il est exposé à l’air pendant longtemps ; cette altération est due à l’oxygène de l’air : on ignore quelle est la nature du corps qui se forme. La lumière solaire le blanchit, et il se dégage du cyanogène; mais il reprend sa couleur dans l’obscurité en absorbant de l’oxygène, qui transforme le bleu de Prusse primitif en un composé basique; c’est à cette réaction que serait dû le changement de couleur tju’éprouveut les étoffes teintes en bleu de Prusse. Il est insoluble dans l’eau et dans l’alcool.

Le bleu de Prusse est décomposé par les dissolutions de potasse , de soude, de baryte, de strontiane, de chaux , et par la magnésie; les métaux de ces oxydes s’emparent du cyanogène pour passer à l’état de cyanures ferriirés, et leur oxygène forme du sesquioxyde avec le fer.

3FeCy,2Fe2Çy3 6 MO 2Fe^03 3M2FeCy3

Bleu de Pruïse. ’ Oxyde alcalin. Sesquioxyde. ^ Cyanure ferrnré.

L’ammoniaque donne avec le bleu de Prusse un composé bleu trèsstable, insoluble dans le tartrate d’ammoniaque = 3FeCy, 2Fe2Cy3, 3H3AZ, 9H0.

L’acide sulfurique concentré décolore le bleu de Prusse pur à froid , sans qu’il se dégage de l’acide cyanhydrique , et le transforme en une matière blanche gélatineuse qui ressemble à de l’empois; si l’on ajoute de l’eau, la couleur bleue reparaît : cette décoloration est indépendante du contact de l’air, puisqu’elle a lieu dans le vide; elle semblerait tenir à ce que l’acide sulfurique s’empare de l’eau du bleu de Prusse. L’acide chlorhydrique ordinaire n’agit point sur le bleu de Prusse pur à froid ; s’il est très-concentré et en grand excès, il lui enlève l’oxyde de fer: si, dans cet état, on ajoute de l’eau et qu’on abandonne le mélange au repos, on obtient de l’acide cyanhydrique ferruré et du sesquichlorure de fer, lesquels, en réagissant l’un sur l’autre, rétablissent la couleur bleue. L’acide azotique fumant le décompose de suite, tandis que l’acide oxalique le dissout sans altération : on s’est même servi de cette propriété pour en faire une sorte d’encre connue sous le nom de fluide bleu.

On emploie le bleu de Prusse neutre pour préparer l’acide cyanhydrique, les cyanures, etc. , pour peindre les papiers et les bâtiments, dans la peinture à l’huile , pour teindre la soie en bleu , etc.

604 Ï>REMIÈRE PARTIE.

Préparation. On obtient le bleu de Prusse pur en précipitant du perdilorure de fer par l’acide cyanhydrique ferruré.

2 Fe^Cia ^ SH^FeCy^ 6 HCl 3 FeCy, 2 Fe2 Cy3

Perchlorure. Acide ferrure. Acide chlorhydrique. ' Bleu de Prusse.

On le prépare en grand en précipitant un sel de sesquioxyde de fer par le cyanure double de potassium et de fer, ou , plus avantageusement, en faisant dissoudre séparément 6 parties de sulfate de fer et 6 parties de cyanure de potassium dans 15 parties d’eau, en mélangeant ces deux sels, en ajoutant 1 partie d’acide sulfurique concentré et 24 d’acide chlorhydrique fumant, et en agitant continuellement. Après quelques heures de contact, on y verse peu à peu une dissolution filtrée de

I partie de chlorure de chaux dans 80 parties d’eau , en ayant soin de s’arrêter dès qu’il se produit une effervescence due au dégagement de chlore. Après avoir laissé le précipité qui s’est déposé pendant quelques heures, on le lave convenablement et on le dessèche.

iM. Jacquemyns, partant de ce point que, pendant la préparation du cyanure de potassium , il se forme du cyanogène par l’action de l’ammoniaque sur le carbone, et que l’ammoniaque échappe en grande partie à l’action de la potasse et de la chaleur, a proposé , pour préparer le bleu de Prusse, de faire arriver dans un tube de fer chauffé au rouge, et contenant un mélange de charbon et de limaille de fer imprégné d’une forte dissolution de potasse, les produits volatils fournis par les os chauffés dans des cornues de fonte {Ann. de chim.., mars 1843).

Le bleu de Prusse du commerce n’est presque jamais pur; il est mêlé à de l’alumine ou à des sous-sels alumineux, à de l’oxyde de fer ou à de l’amidon. On dissout ces différents corps dans un acide faible; le bleu de Prusse reste , n’ayant pas été dissous.

Bleu de Prusse basique, 3FeCy,2Fe*Cy3, Fe^O^. — On l’obtient en faisant agir l’air sur le précipité blanc qui se produit lorsqu’on décompose un sel de protoxyde de fer par du cyanure de potassium et de fer.

Bleu de Prusse soluble, 3FeGy, 2Fe2Gy^, K^FeGy^. — Il est soluble dans l’eau pure, et résulte de l’action d’un sel de sesquioxyde de fer sur un grand excès de cyanure de potassium et de fer.

De l’acide cyanhydrique ferruré , FeH^C^Az^. — L’acide cyanhydrique ferruré, découvert par Porret, a été parfaitement décrit par Robiquet.

II est le produit de l’art. On peut le considérer comme formé d’acide cyanhydrique, de cyanogène et de fer.

Il est sons forme de petits cristaux blancs, grenus, inodores, d’une

DU CYANURE JAUNE DE POTASSIUM ET DE FER. 505 saveur acide différente de celle de l’acide cyanhydrique ; exposé à l’air, il bleuit légèrement; si on le projette sur un morceau de papier en combustion, l’on aperçoit au milieu de la flamme des aigrettes lumineuses très -brillantes , produites par le fer qui brûle avec éclat. L’eau et l’alcool le dissolvent sans se colorer. Il forme, avec la potasse, la soude, la baryte, la chaux, etc., des cyanures doubles stables; celui de potassium est connu depuis longtemps sous le nom de prussiate de potasse. La dissolution aqueuse d’acide cyanhydrique ferruré, versée dans une dissolution de sulfate de sesquioxyde de fer, ou mêlée avec du sesquioxyde de fer, donne naissance à du bleu de Prusse (proto et sesquicyanure de fer) ; d’où il suit que l’oxygène de l’oxyde de fer s’est uni à l’hydrogène de l’acide pour former de l’eau.

On obtient l’acide cyanhydrique ferruré, en versant sur du bleu de Prusse pulvérisé, et très-pur, un excès d’acide chlorhydrique liquide et concentré; on laisse reposer la liqueur pendant quelque temps, on décante le chlorure de fer qui s’est formé, et qui est en dissolution, et on traite de nouveau le dépôt par de l’acide chlorhydrique; on décante encore, et on ne cesse l’emploi de l’acide chlorhydrique que lorsqu’il ne se forme plus de chlorure de fer. Le dépôt est abandonné à lui-même pendant plusieurs jours, pour le laisser tasser; on en sépare le liquide avec lequel il est môlé^ à l’aide d’une pipette , puis on le met avec des fragments de chaux sous une cloche dans laquelle on fait le vide ; après avoir été desséché par ce moyen , on le traite par l’alcool concentré, qui ne dissout que l’acide cyanhydrique ferruré; on abandonne la dissolution é une évajioration spontanée, et l’on obtient l’acide cristcillisé (Robiquet). Théorie. Le bleu de Prusse est composé de protocyanure et de sesquicyanure de fer, et l’acide chlorhydrique, de chlore et d’hydrogène; l’acide chlorhydrique se décompose en décomposant le bleu de Prusse; le chlore s’unit au fer, tandis que son hydrogène se combine avec une portion de cyanogène pour former de l’acide cyanhydrique, lequel s’empare du cyanure de fer non décomposé, et donne l’acide cyanhydrique ferruré.

Le cobalt produit un acide analogue.

Br CVAMIJRi: JAVME DE POTASSllIJII ET DE FER. FeCy, 2KCy, 3HO

(PRUSSIATE DE POTASSE FERRUCIWEUX JAUNE, CYANOFERRURE DE POTASSIUSI).

Ce sel est un produit de l’art: il est sous forme de cristaux prismatiques quadrangulaires, d’un jaune citrin; il est inodore, d’une saveur

(l’abord sucrée , puis amère et salée , et plus pesant que l’eau. A 200“ il perd son eau (12,82 pour cent ou 3 équivaUmts) ; il est décomposé par une chaleur rouge, et fournit de l’azote, du cyanure de potassium, et du carbure de fer noir, FeC^.

Fondu avec la moitié de son poids de soufre sublimé, il donne une masse composée de sulfocyanure de potassium, KCyS^, et d’oxyde de fer; si l’on met ce produit dans l’eau bouillante, et qu’on en sépare l’oxyde de fer au moyen d’un peu de carbonate de potasse, on obtiendra une liqueur que l’on évaporera avec précaution jusqu’à siccité ; on reprendra le résidu par de l’alcool bouillant pour dissoudre le sulfocyanure de potassium ainsi produit, qui cristallisera par le refroidissement. Ces cristaux sont des prismes incolores et anhydres , d’une saveur fraîche et piquante, analogue à celle de l’azotate de potasse. Chauffé, le sulfocyanure de potassium fond et peut être porté jusqu’au rouge sans éprouver d’altération, s’il est en vases clos, tandis qu’il est décomposé s’il a le contact de l’air. Il est déliquescent et par conséquent très-soluble dans l’eau. L’air humide le décompose promptement en carbonate d’ammoniaque et en sulfure de potassium, qui, à son tour, est facilement transformé en sulfate. Il est également très-soluble dans l’alcool bouillant. Sa dissolution aqueuse précipite les sels de fer en rouge de sang. Le chlore le change en chlorure de potassium et en sulfocyanogène (voy. Cyanogène, p. 89).

Le cyanure jaune de potassium et de fer est inaltérable à l’air et insoluble dans l’alcool ; l’eau le dissout à toutes les températures , mais beaucoup mieux à chaud qu’à froid ; 100 p. de ce liquide à 12" en dissolvent 25 p. , et s’il est bouillant, 50 p. ; le solutum n’est décomposé ni par les alcalis, ni par l’acide suif hydrique , ni par les sulfures solubles, ni par Vinfusion de noix de galle ; il ne décompose point l’alun lorsqu’il est neutre, mais s’il est avec excès d’alcali , il le trouble légèrement, et en sépare de l’alumine; il n’est point décomposé par son ébullition avec le cyanure d’argent; il décompose la plupart des dissolutions métalliques des six dernières classes, dans lesquelles il fait naître des précipités d’une couleur variable; ces précipités sont formés de cyanure de fer et de cyanure du métal de la dissolution métallique précitée : celui de cuime est FeCy,2GuCy; celui de zinc, FeCy, 2ZnGy; celui de plomb, FeGy, 2PbGy.

Les acides sulfurique, chlorhydrique, acétique, etc. , étendus d’eau, n’exercent aucune action, à la température ordinaire, sur le cyanure jaune pulvérulent ; mais si on fait bouillir un mélange de ce cyanure

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