‹ Éléments de chimieChapitre 134 sur 378 · DES SEES FORMÉS PAR EE PROTOXYDE D’ÉTAIIV · texte numérisé non relu

DES SEES FORMÉS PAR EE PROTOXYDE D’ÉTAIIV

Les dissolutions salines d’étain peu oxydé ont une saveur astringente, métallique, désagréable; elles rougissent le tournesol; exposées àTair, elles se troublent, absorbent de l’oxygène, eldonnenl un précipité qui contient du bioxyde. Suivant M. Bouquet, qui a étudié le sulfate, le tarlrateel l’oxalate de protoxyde d’étain, ces sels ne se peroxyderaientpas d’une manière sensible au contact de l’air ; le chlore les transforme en

DES SELS DE BIOXYDE d’ÉTAIN.

sels de bioxyde (voy. Action du chlore sur les sels de protoxyde de fer). L’acide sulfureux est décomposé par elles, leur cède de l’oxygène, et il y a du soufre précipité. Les monosulfures de potassium et de sodium y font naître un précipité couleur de chocolat, et non pas blanc sale, comme on le dit; l’acide sulfhydrique les décompose, et en précipite un sulfure couleur de chocolat. La potasse, la soude et V ammoniaque, donnent un précipité blanc de protoxyde, soluble dans un excès de potasse et de soude; par l’ébullition, ces dissolutions se décomposent en étain métallique et en stannates de potasse ou de soude. Le chlorure d’or les précipite en pourpre; le bichlorure de mercure y fait naître un précipité blanc de protochlorure de mercure, qui devient gris aussitôt, parce qu’il est réduit à l’état métallique. Le cyanure de potassium et de fer les précipite en blanc. Le zinc et le plomb en séparent l’étain. L’eau, en grande quantité, les décompose et en précipite un sous-sel blanc; la dissolution renferme un sel acide.

DES SELS DE BIOXYDE D’ÉXAllW.

Le bichlorure (1) ne se trouble pas par son exposition à l’air, ni par son mélange avec le chlore, l’acide sulfureux, les acides azotique, azoteux, etc. ; il a une saveur métallique très-désagréable. Les sulfures solubles et l’acide sulfhydrique concentré en précipitent du bisulfure d’étain hydraté jaune^ soluble dans l’ammoniaque, mais beaucoup moins que le sulfure d’arsenic ; la dissolution ammoniacale perd sa couleur jaune et peut rester d’un blanc très-légèrement laiteux, ce qui tient à la présence d’un peu de bioxyde d’étain que l’acide sulfliydrique n’a point décomposé, et que l’ammoniaque ne dissout point, La potasse, la soude et l’ammoniaque, en séparent le bioxyde, qui se dissout très-facilement dans un excès de potasse ou de soude. Le cyanure jaune de potassium et de fer le précipite en blanc. Le zinc en sépare l’élain.

Ün vend dans le commerce un sel d’étain que l’on emploie beaucoiq) dans les manufactures, et qui est composé de prolochlorure d’étain et d’un sel ferrugineux; il diffère du protochlorure par les propriétés suivantes: l’eau distillée ne le dissout jamais entièrement, ce qui dépend de l’insolubilité du sous-bichlorure qu’il contient; les sulfures de potassium, de sodium et d’ammoniaque, en précipitent une poudre noirâtre,

(I; f.cs cüraclcres dont je vais parler se rapportent tous au bichlorure d’clain, le seul sel au maximum que l’on connaisse.

rillîMlÈRE PARTIE.

tandis que le précipité qu’ils forment dans le protochlorure a la couleur du chocolat, etc. On se sert de ce sel d’étain dans les manufactures de porcelaine pour faire le pourpre de Cassius (voy. art. Or), et dans les fabriques de toiles peintes, comme je le dirai par la suite.

DV MOLVBDÈIVB. Mo. liiqalTBlent 698,5.

On n’a jamais trouvé ce métal à l’état dé pureté : il existe dans la nature, à l’état de sulfure et de môlybdate; mais ces produits sont excessivement rares.

Le molybdène fondu est blanc, semblable à de l’argent mat, et susceptible d’être poli ; son poids spécifique est de 8,615 à 8,636; il est cassant, quoiqu’il s’aplatisse un peu sous le marteau avant de se fondre.

Il a été regardé pendant longtemps comme infusible ; mais on est parvenu à le séparer du sulfure, et â le fondre soit à une température excessivement élevée dans nos fourneaux, soit à l’aide du chalumeau à gaz (Clarke). Chauffé jusqu’au rouge naissant avec le contact de l’air, il se transforme d’abord en oxyde brun, qui finit par devenir bleu. Si on élève davantage la température , il se change en acide molybdiqiie , qui se vaporise et cristallise en refroidissant. Il n’est pas altéré par l’air froid.

La pluj)art des corps simples non métalliques s’unissent avec le molybdène.

Le molybdène peut s’allier avec un très-grand nombre de métaux , mais aucun des alliages qu’il forme n’est employé.

Extraction. On décompose l’acide molybdique dans un creuset brasqué, comme je l’ai dit en parlant du manganèse (voy. p. 463 ).

DEIS OXYDES DE IHOLYBDÊŸE.

Protoxyde, MoO. — Il est le produit de l’art; il est d’un brun cuivreux, difficile à fondre, et susceptible d’absorber le gaz oxygène à une température élevée, et de se transformer en partie en bioxyde et en partie en acide molybdique: il se dissout dans les acides lorsqu’il est hydraté. On l’obtient sous ce dernier état en dissolvant un môlybdate alcalin dans de l’acide chlorhydrique, l’acide molybdique précipité ne tarde pas à être redissous ; on plonge alors dans la liqueur une lame de zinc, qui la transforme en chlorure de zinc et en protochlorure de molybdène; il suffit de traiter cette liqueur avec précaution par l’amnio-

DU TUNGSTÈNE. 535

niaqiie , jiisqii’,-\ ce qu’elle soit décolorée, pour obtenir un précipité de protomjde.

Dioxyde, Mo 02. — Anhydre, il est crislallin, d’un brun rougeâtre, et devient vert à l’air en passant à l’état de inolybdate de protoxyde de molybdène. 11 est un peu soluble dans l’eau et il rougit faiblement le tournesol. On l’obtient en décomposant parla chaleur, en vases clos, le inolybdate d’ammoniaque.

Acide molybdigue, Mo 03. -11 est en aiguilles soyeuses, blanches, brillantes, fusibles, jaunissant par la calcination, se volatilisant lorsqu’on les chauffe à l’air, peu solubles dans l’eau froide. Sa dissolution rougit le tournesol et est ramenée à l’état d’oxyde bleu intermédiaire par les métaux, Jes acides elles sels avides d’oxygène. 11 forme avec les bases deux sériés de sels , R0,Mo03 et RO, 2 Mo 03. 11 se combine aussi avec le bioxyde de molybdène, et donne des oxydes intermédiaires qui présentent de belles teintes bleues ou vertes; l’acide connu autrefois sous le nom d’acide mohjbdeux n’est qu’un de ces oxydes. On obtient l’acide moybdique eu traitant à chaud le sulfure de molybdène par l’eau régale.

DES SELS DE PBOTOXYDE DE 910LYBDÈIVE.

^ ^ S'>veur

asiungente, sans amère-goûl mélallique ; leurs dissolulions précinilent

nàle et par le sesquicarbo-

nate d ammoniaque (ce dernier redissoul le précipité), eu brun par le

yanuie de potassium et de fer, et en noir par l’acide sulfliydrique.

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