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DU PLOMB

fondant ensemble 10 parties de niiniuni et 1 partie de sel ammoniac, tantôt en fondant 1 partie de chlorure de plomb avec 6 ou 8 parties de lilharge ou de massicot, etc.

Vazote n’agit point sur le plomb. Il en est de même de Veau privée d’air; mais si ce liquide a le contact de l’atmosphère, le métal passe à l’état de protoxyde, qui ne tarde pas à absorber l’acide carbonique , en sorte qu’au bout d’un certain temps , il renferme du carbonate de plomb dissous à la faveur d’un excès d’acide carbonique.

Les acides borique, carbonique, phosphorique et sulfureux, sont sans action sur le plomb. L’acide sulfurique concentré, qui ne l’attaque pas à froid, lui cède une portion de sou oxygène à l’aide de la chaleur : il se dégage du gaz acide sulfureux, et le protoxyde formé se combine avec l’acide non décomposé. L’acide azotique très-concentré n’agit pas sur le plomb, même lorsqu’il est bouillant; étendu d’un peu d’eau, il l’attaque avec énergie, le transforme en protoxyde et le dissout ; la portion d’acide décomposée pour oxyder le métal passe à l’état de gaz bioxyde d’azote. L’acide chlorhydrique liquide agita peine sur le plomb. L’acide sulfhydrique est décomposé par ce métal , qui le transforme en sulfure noir, tandis que l’hydrogène se dégage. L’acide fluorhydrique est sans action sur lui. Il décompose l’acide arsénique à l’aide de la chaleur. On n’a pas déterminé comment les acides molybdique, tungstique et chromique, se comportent avec le plomb.

Plusieurs des métaux précédemment étudiés peuvent s’allier avec lui ; je vais examiner les principaux de ces alliages : 1® Alliages de parties égales de plomb et d’étain. Lorsqu’on fait fondre ces deux métaux , on obtient un alliage solide, grisâtre, qui fond plus facilement que l’étain, et qui est connu sous le nom de soudure desplombiers, parce qu’il sert à souder les tuyaux de plomb ; à une température élevée, il absorbe l’oxygène, décompose l’air, et donne lieu à un grand dégagement de calorique et de lumière ; avec 92 parties d’étain et 8 de plomb , on fabrique les fontaines, les plats, la vaisselle ; avec 80 d’étain et 20 de plomb, on fait i les cuillers, les flambeaux, les écritoires. 2° Alliage de 20 parties d’anti- ■ moine et de 80 parties de plomb. 11 est solide, malléable, plus dur que le I plomb, et fusible au-dessous du rouge-cerise; on s’en sert pour faire lies caractères d’imprimerie. 3® L’alliage fusible de d’Arcet est formé de 12 parties de bismuth, de 1 partie de plomb et de 1 partie d’étain; il est 1 remarquable en ce qu’il fond à 93®, 75 ; uni à une petite quantité de Muercure, il devient encore plus fusible, et peut servir à faire des inj'jections anatoniiques. L’alliage composé de 5 parties de bismuth, de 2 U d’étain et de 3 de plomb, fond à 91® 6 c.

Caractères distinctifs. 1" Ses propriétés physiques; 2“ sa dissolution dans l’acide azotique, qui produit un azotate facilement reconnaissable (voy. Sels de plomb).

Usages. Le plomb est très-malléable ; on peut le réduire en feuilles Irès-minces dont tout le monde connaît les nombreux emplois; quoique peu ductile, on est parvenu à le tirer en fils qui parleur souplesse peuvent remplacer la paille et l’osier pour attacher les plantes, etc.

Il est employé pour préparer des balles, de la grenaille, la soudure des plombiers, les caractères d’imprimerie, le blanc de plomb, la litharge, le massicot, le minium; il sert à la construction des bassins, des conduits, des réservoirs, des chaudières , des chambres où l’on prépare l’acide sulfurique, etc. ; il entre dans la composition des émaux.

Desbassyns de Richemont a soudé le plomb avec lui-même, sans employer aucun autre métal; pour cela il fait fondre sur la partie de plomb à souder, préalablement bien décapée, une petite lame de plomb, à l’aide de la chaleur produite par la combustion du gaz hydrogène avec l’air; le plomb ainsi fondu n’étant mélangé d’aucune partie d’oxyde , parce que l’hydrogène le réduit aussitôt qu’il se forme, il y a une parfaite homogénéité dans tous les points de contact : on désigne cette opération sous le nom de soudure autogène ; elle est très-utile dans la construction des chambres de plomb.

Émaux. — On donne le nom (ï émail à des produits vitrifiés, transparents ou opaques , incolores ou colorés , formés principalement par le protoxyde de plomb ; ceux qui sont opaques contiennent de l’oxyde d’étain, ceux qui sont colorés renferment un oxyde métallique coloré. — Émail blanc. On fait chauffer, avec le contact de l’air, 100 parties de plomb et 15 à 40 parties d’étain : lorsque ces métaux sont transformés en oxydes, on fait fondre dans un four à faïence 100 parties du produit avec 25 ou 30 parties de sel commun , 75 parties de sable, et 25 parties de talc (Glouet). On s’en sert pour vernir la faïence, etc.

Extraction. — Exploitation du sulfure. On triture et on lave ce minerai pour en séparer la gangue, puis on le grille; cette opération peut déjà fournir un peu de plomb, si la température est très-élevée; mais le produit du grillage consiste principalement en oxyde, en sulfate, et en une petite proportion de sulfure de plomb. On le traite dans le fourneau à manche, par de la grenaille de fer, et par du charbon de terre ou de bois; le charbon décompose l’oxyde et le sulfate de plomb, tandis que le fer s’empare du soufre du sulfure; le plomb mis à nu ne tarde pas à couler dans des bassins : on l’appelle plomb d’œuvre; il contient le plus souvent du zinc, de l’antimoine, du cuivre et de l’argent; on le fait

DES OXYDES DE PLOMB, chauffer avec le contact de l’air; le zinc et l’antimoine s’oxydent facilement, et font partie des premières portions de massicot obtenues ; si l’on continue à chauffer, le cuivre s’oxyde également , s’unit au massicot déjà formé, et il reste une portion de plomb métallique. Le massicot obtenu dans cette opération peut servir dans les fabriques de poterie.

On peut se procurer du plomb parfaitement pur, en décomposant le carbonate de plomb de Clichy par du charbon , ou en calcinant dans un creuset brasqué de l’oxyde de plomb obtenu par la calcination de l’azotate de plomb cristallisé.

DE» 0:iLlDE» DE PLOMB.

Sous-oxyde, 2PbO. — Cet oxyde, découvert par Dulong et étudié depuis par M. Pelouze, est un produit de l’art. Il est d’un noir foncé tantôt terne, tantôt légèrement velouté. Chauffé vers le rouge sombre, il fournit du plomb et du protoxyde. Mêlé avec une petite quantité d’eau, au contact de l’air, il s’échauffe fortement et se convertit en protoxyde hydraté blanc. Les acides et les alcalis solubles le changent en métal et en protoxyde. Le mercure ne lui enlève pas la moindre quantité de métal ; une dissolution bouillante de sucre de canne n’en sépare point de protoxyde, ce qui prouve qu’il n’est pas un mélange de métal et de protoxyde, mais bien un oxyde à part. On l’obtient en décomposant l’oxalate neutre de plomb par la chaleur vers 300° (Pelouze, Journ. depharm., année 1842).

Protoxyde (massicot, litharge), PbO. — Cet oxyde ne se trouve dans la nature qu’en combinaison avec des acides. Il est solide, jaune, facilement fusible, fixe et indécomposable par la chaleur; si on le laisse refroidir lentement lorsqu’il a été fondu, il cristallise en lames brillantes, jaunes ou d’un jaune rougeâtre, que l’on désigne sous le nom de litharge. A environ 300°, il absorbe le gaz oxygène de l’air et passe à l’état de minium (plombate de protoxyde de plomb) ; à froid , il s’unit avec l’acide carbonique qui se trouve dans l’atmosphère; c’est ainsi que par la formation de cette couche de carbonate de plomb insoluble à la surface des lames qui servent de toitures , le plomb se trouve préservé d’une oxydation plus considérable. Le carbone, l’hydrogène, et tous les corps susceptibles d’absorber l’oxygène, le décomposent et le transforment en plomb métallique. Délayé dans l’eau et mis en contact avec du chlore gazeux, il est en partie décomposé; le chlore forme, avec le plomb, du chlorure blanc, et l’oxygène se porte sur une portion de protoxyde qu’il transforme en bioxyde. Il se dissout en petite quantité dans

l’eau dislillée i)ure (1 partie sur 7,000 parties d’eau); à l’état d'hydrate, 3 PbO, IIO, il est très-soluble dans la potasse, la soude, la baryte, la slronliaue et la chaux, avec lesquelles il forme des dissolutions (plombites) que l’on peut obtenir cristallisés en écailles blanches, ainsi que l’a fait voir Berthollet; toutefois, semblable au protoxyde d’étain, il se déshydrate sous l’influence même des alcalis qui le tiennent en dissolution, et il se précipite à l’état cristallin et anhydre (Frémy). Le protoxyde de idomb dissout l’acide silicique et l’alumine à une température élevée, en sorte qu’il est impossible de le fondre dans les creusets de terre, sans que ceux-ci soient attaqués; il est le seul oxyde de plomb susceptible de se combiner avec les acides sans se décomposer. Chauffé jusqu’au rouge avec du chlorate de potasse , il passe à l’état de bioxyde. Lorsqu’on sature la soude bouillante marquant 45 à 50 degrés par de l’hydrate de protoyde de plomb, et qu’on laisse refroidir la liqueur, il se dépose un oxyde rose de plomb cristallisé en cubes assez réguliers, composé de Q2,83 de plomb et de 7,17 d’oxygène (Calverl, Ann. de chim.,]u\n 1843). La litharge exerce une action vive sur tous les sulfures, même à une température peu élevée; le sulfure peut être décomposé en totalité par l’oxygène de la litharge, qui transforme le soufre en acide sulfureux, (voy. le mémoire de M. Beiihier, Annales de chimie, novembre 1828).

Le protoxyde de plomb est formé de 92,83 de plomb et de 7,17 d’oxygène.

Le massicot est employé pour faire du blanc de plomb , il entre dans la composition du jaune de Naples, etc. La litharge sert à préparer le sel et l’extrait de Saturne, l’emplâtre diapalme, l’onguent de la mère, etc.

On obtient le protoxyde de plomb anhydre en faisant fondre du plomb dans un four à réverbère sous l’influence d’un courant d’air ; il faut agiter le plomb fondu , et ramener sans cesse sur les bords toute la couche d’oxyde formé, afin de renouveler les surfaces. Les lilharges du commerce ne sont pas pures; la litharge anglaise contient du fer et de l’argent , celle d’Allemagne renferme du fer et du cuivre en proportions variables , celle de France contient aussi du fer et un peu moins de cuivre que la précédente. On prépare l’oxyde de plomb hydraté en décomposant un sel de protoxyde de plomb par l’ammoniaque.

Bioxyde {oxyde puce, acide plombique), PbO^. — Cet oxyde, d’une couleur puce, est le produit de l’art; il est décomposé par la chaleur en gaz oxygène et en protoxyde de plomb. Mis en contact avec l’eau et avec un excès de chlore gazeux , il n’é])rouve aucune altération , d’après Vaiiquelin ; trituré avec du soufre, il lui cède une portion de son oxygène, forme du gaz acide sulfureux , et il y a dégagement de calorique et de

lumière si le mélange est bien sec. Le gaz acide sulfureux s’empare d’une grande partie de son oxygène, le ramène à l’état de protoxyde, et se transforme en acide sulfurique, qui s’unit au protoxyde et forme ainsi un sulfate. Il ne se combine pas avec les acides, et ne forme par conséquent jamais de sels. L’acide azotique ne lui fait éprouver aucun changement. Chauffé dans un creuset d’argent avec un excès de potasse ou de soude, il donne des plombâtes que l’on peut faire cristalliser dans une eau alcaline. On peut obtenir tous les plombâtes en calcinant à l’air un mélange d’un oxyde métallique et de protoxyde de plomb, car celui-ci se transformera en acide plombique (Frémy). Il est formé de 86,67 de plomb et de 13,33 d’oxygène. Il est employé dans les laboratoires comme corps oxygénant. On l’obtient en chauffant le minium avec 5 à 6 parties d’acide azotique étendu de son poids d’eau; il se forme de l’azotate de protoxyde de plomb soluble et du hioxijde qui reste au fond du matras , et qui doit être lavé avec de l’eau chaude (voy. Minium).

ü/imwm. —Ce corps, regardé pendant longtemps comme du bioxyde de plomb , est formé de bioxyde et de protoxyde (plombate de protoxyde de plomb) en proportions différentes, suivant que le grillage a été plus ou moins prolongé : ainsi on pourra avoir 2Pb0,Pb02 (Dumas), ou bien PbO, PbQ2 (Berzelius), ou bien 5PbO,PbQ2 (Longchamp). Il existe en masses informes d’un rouge peu éclatant, à Langenberg au pays de Hesse-Cassel. Il est d’une belle couleur rouge, susceptible d’être décomposé par la chaleur en oxygène et en protoxyde; il est fusible, et n’a aucune action sur l’air ni sur le gaz oxygène. Il n’est que très-peu soluble dans l’eau, d’après Yauquelin. L’acide azotique dissout le protoxyde, et laisse le bioxyde brun insoluble. Traité par l’acide chlorhydrique, il est décomposé, et l’on obtient du chlorure de plomb d’un blanc jaunâtre, du chlore et de l’eau ; ce qui prouve que l’oxygène du minium se combine avec l’hydrogène de l’acide, tandis que le métal s’empare d’une portion de chlore mis à nu. Il se combine avec la potasse, la soude, la chaux, etc., mais moins facilement que le i)rotoxyde. Le minium du commerce contient pi^esque toujours du protoxyde de plomb et quelquefois du bioxyde de cuivre. Il est employé à faire le cristal , les vernis sur les poteries, et en peinture.

On prépare le minium en chauffant le massicot ou protoxyde de plomb avec le contact de l’air. Pour cela on place le massicot dans des cuvettes en tôle peu profondes , et on les introduit dans le four qui a servi à la préparation du massicot, afin de profiter de la chaleur perdue dont le degré est très-convenable à l’opération; on abandonne le tout ainsi pendant vingt-quatre heures , alors le massicot absorbe de l’oxygène et pro-

diiit du minium; mais comme dans cet état il contiendrait encore beaucoup de protoxyde, on le chauffe de nouveau, et même jusqu’à huit fois, mais le plus ordinairement trois; chaque opération portant le nom de feu, on désigne, dans le commerce, la qualité du minium par le nombre de feux qu’il a subis.

Le minium obtenu par la calcination à l’air du carbonate de plomb, étant le plus divisé, est aussi le plus beau; il porte le nom de mine orange.

On peut avoir du minium hydraté en versant du plombate de potasse dissous dans une dissolution de plombite de la même base; il se précipite du minium hydraté jaune (plombate de protoxyde), qui devient d’un très-beau rouge par une légère dessiccation.

DES SELS DE PliOMB.

Parmi les oxydes de plomb , il n’y a que le protoxyde qui puisse se combiner avec les acides et former des sels, qui sont pour la plupart insolubles. Ceux qui se dissolvent fournissent des liquides incolores, doués d’une saveur styptique plus ou moins douceâtre; ils donnent, par l’acide sulfhydrique et par les sulfures solubles , un précipité noir de sulfure de plomb , un précipité jaune-serin de chromate de plomb par l’acide cliromique et par les chromâtes solubles , jaune orangé par l’acide iodhydrique ou par les iodures (le précipité est de l’iodure de plomb), un précipité blanc de protoxyde par la potasse, la soude ou l’ammoniaque ; ce précipité jaunit lorsqu’on le fait sécher, et se redissout à merveille dans un excès de potasse ou de soude ; si , avant de décomposer la dissolution de plomb par les alcalis , on l’étend d’une suffisante quantité de chlore liquide, le précipité, jaune d’abord, devient rouge, et finit par passer à l’état de bioxyde brun, phénomène qui dépend de ce que l’eau a été décomposée ; son oxygène s’est porté sur le protoxyde de plomb, tandis que le chlore s’est uni à l’hydrogène. Les carbonates de potasse, de soude et d’ammoniaque, transforment les dissolutions de plomb en carbonate de plomb blanc insoluble ou peu soluble dans l’eau. Elles sont précipitées en blanc par l’acide sulfurique et par les sulfates solubles : dans ce cas, le précipité est du sulfate de plomb. Enfin le zinc, le fer et l’étain , ayant plus d’affinité pour l’oxygène et pour l’acide que le plomb, précipitent celui-ci à l’état métallique.

Tous les sels de plomb solubles sont vénéneux; il en est de même de ceux qui sont insolubles et qui se transforment dans l’estomac en sels

solubles : aussi faut-il proscrire l’usage du plomb pour tout ce qui peut servir à la préparation des aliments.

Carbonate f Pb0,C02. — On trouve ce sel en France, en Bretagne, au Hartz, en Bohême, en Écosse et en Daourie. Il est tantôt cristallisé en prismes rhomboïdaux, ou en octaèdres réguliers, ou en petites paillettes brillantes, transparentes, d’une couleur blanche ou jaune brunâtre; tantôt en petites masses. Celui que l’on prépare dans les laboratoires est pulvérulent, blanc et insipide; chauffé doucement, il se décompose en acide carbonique et en oxyde de plomb ; si la température est insuffisante pour fondre le protoxyde, et qu’il ait le contact de l’air, il donne la mine orange (voy. Minium). Soumis à l’action du chalumeau , il laisse du plomb métallique. Il est insoluble dans l’eau, à moins que celle-ci ne contienne du gaz acide carbonique. Barruel et Mérat ont retiré 64 grammes de carbonate de plomb très-bien cristallisé, en faisant évaporer six voies d’eau laissées pendant deux mois dans une cuve doublée en plomb, qui avait été exposée à l’air, et par conséquent en contact avec le gaz acide carbonique (thèse de Mérat sur la colique de plomb). La céruse, préparée , comme il sera dit bientôt, par le proeédé hollandais , est un composé de carbonate de plomb et de protoxyde de plomb hydraté, 2Pb0,C02, PbO, HO ; elle est employée pour étendre les couleurs ; on s’en sert aussi pour dessécher les huiles et pour peindre les boiseries des appariements ; mais j’ai déjà dit qu’on devait lui préférer l’oxyde de zinc pour cet usage (voy. p. 475); elle est toujours mélangée d’un peu de charbon ou d’indigo pour lui donner un reflet bleu ; celle de Hollande est colorée par du sulfure de plomb. Les céruses du commerce, telles que le blanc de Venise, le blanc de Hambourg et le blanc de Hollande, contiennent parties égales au moins de sulfate de baryte, qui est nécessaire pour leur donner de l’opacité; ce dernier contient 3 parties de ce sulfate sur 4.

Préparation. On fait arriver un courant de gaz acide carbonique dans une dissolution d'acétate de plomb tribasique soluble; il se précipite du carbonate de plomb, et le sel se trouve ramené à l’état d’acétate monobasique.

3 PbO H3C<Q3 2CQ2 ^2PbO,CQ2 PbO H3C4Q3

Protox. de plomb. A. acétique. A. carboniq. Carb. de plomb. ^ Protox. de plomb. ’ A. acétique.

A l’aide de la litharge, on la transforme de nouveau en acétate de plomb tribasique soluble , que l’on décompose encore par l’acide carbonique; on lave bien le carbonate précipité, et on le livre au commerce aprfs

l’avoir fait sécher^: tel est le jirocédé suivi dans l’usine de CUchy. En Hollande, on prépare le blanc de plomb en soumettant les lames de ce métal A l’action de la vapeur du vinaigre, de l’air et de l’acide carbonique; ce dernier est obtenu par la décomposition du fumier; le plomb s’oxyde, passe à l’état d’acétate basique, qui est ensuite décomposé par l’acide carbonique, et donne :

2PbO,CQ2 PbO HO

Carbonate de plomb. ^ Protoxyde. ^ Eau.

Ce procédé est moins économique que le premier, mais il donne une céruse de meilleure qualité.

La céruse introduite dans l’estomac se dissout dans les liquides acides et salins contenus dans ce viscère, et est vénéneuse.

Oxalate. — Il est insoluble dans l’eau et décomposable à 300° en sousoxyde de plomb et en acide carbonique.

Azotate, PbO, AzO®. — Il n’existe pas dans la nature; on peut l’obtenir cristallisé en octaèdres dont les sommets sont tronqués, d’une couleur blanche , opaques ou transparents, inaltérables à l’air, et solubles dans 7 ou 8 parties d’eau à 15°. Si, après avoir desséché ce sel, on le chauffe dans des vaisseaux fermés , il se décompose et se transforme en acide bypoazolique liquide (voy. p. 195), en gaz oxygène et en protoxyde de plomb. Si on fait bouillir la dissolution d’azotate de plomb avec du protoxyde , on obtient un azotate de plomb blanc , basique=2 PbO, AzO^, HO, moins soluble dans l’eau que le précédent. Si , au lieu de la faire bouillir avec du protoxyde , on se sert de lames de plomb très-minces , l’acide azotique est décomposé, cède une partie de son oxygène au plomb, et il se forme, suivaiH la proportion de plomb , la durée de l’ébullition, etc., un hypoazotate de plomb jaune = 2PbO, AzO^, HO, un hypoazotate plus basique orange = 7 PbO, AzO'^, 3 HO, ou un azotite quadribasique rose = 4Pb0,Az03,H0.

On obtient l’azotate de plomb avec de la litharge, et l’acide azotique étendu de trois ou quatre fois son poids d’eau. Il sert à la fabrication des verres pesants destinés aux opticiens, et à analyser les minéraux qui renferment une base alcaline à l’état de silicate.

Sulfate, Pb0,S03. —On le trouve dans la nature, cristallisé en octaèdres. Préparé dans les laboratoires , en versant un sulfate soluble dans une dissolution d’un sel de plomb, il est blanc, pulvérulent, anhydre, insoluble dans l’eau , inaltérable à l’air et indécomposable par le feu. On pourrait l’employer à la fabrication du cristal. J’ai prouvé en 1843, bien avant M. Melsens, qu’il agit à la longue comme un poison, parce qu’il

se dissout lentement dans les acides et dans le clilorure de sodium con- (('luis dans l’estomac.

Chromate (plomb rouge), PbO, CrO^. — On n’a trouvé ce sel que dans la Sibérie. Celui que l’on prépare dans les laboratoires est d’une belle couleur jaune-serin lorsqu’il est neutre, insoluble dans l’eau et peu soluble dans les acides. L’acide chlorhydrique bouillant le transforme en chlorure de chrome vert soluble, et en protochlorure de plomb blanc insoluble. Chauffé, il donne de l’oxyde de plomb, de l’oxyde de chrome, et du gaz oxygène : ce qui l’a fait employer dans l’analyse. des substances organiques. On l’obtient en décomposant l’acétate de plomb par le chromate de potasse. On l’emploie pour peindre sur la toile et sur la porcelaine; il fait la base des couleurs jaunes que l’on applique sur les caisses des voitures {jaune de chrome). On a coloré quelquefois avec lui les bonbons en jaune, ce qui est fâcheux, car il est vénéneux.

Chromate hibasique, 2PbO,CrO^. — Il est d’un très-beau rouge de cinabre, si on l’a obtenu en faisant fondre du chromate neutre jaune avec de l’azotate de potasse.

Empoisonnement par les sels de plomb. Les sels de plomb introduits dans l’estomac donnent lieu à un empoisonnement aigu caractérisé par des vomissements, des douleurs vives, de la fièvre, etc., ou bien à un empoisonnement d’une autre forme, semblable à celui que déterminent les émanations saturnines, c’est-à-dire aux maladies connues sous les noms de colique des peintres, dé anesthésie, de paralysie ou dé encéphalopathie saturnines. Dans l’un comme dans l’autre cas, il y a absorption d’un composé plombique, et les accidents provoqués sont le résultat de l’action de la partie de ce composé qui a été absorbée. Lorsqu’on recherchera le plomb dans le foie, dans les tissus du canal digestif, etc., il ne faudra pas oublier qu’il existe naturellement du plomb dans nos organes; ceux-là seuls qui ont été assez inhabiles pour ne pas le déceler en ont nié l’existence. Il importe donc d’opérer de manière que l’on ne puisse pas confondre le plomb que j’appellerai d'empoisonnement, de celui qui est naturellement contenu dans le corps de l’homme. Pour cela on fera bouillir pendant 20 ou 25 minutes, dans de l’eau acidulée par l’acide acétique, l’organe que l’on supposera contenir du plomb d’empoisonnement; une partie de ce plomb sera dissoute, tandis que l’acide faible dont je parle n’altaquera aucunement le plomb qui est naturellement contenu dans le môme organe : pour extraire celui-ci, il faudrait réduire cet organe en cendres. La dissolution acétique, évaporée àsiccitéet carbonisée à l’aide de l’acide azotique, laissera un charbon , lequel, si on le fait bouillir dans l’acide azotique, donnera de l’azotate de plomb so-

576 PREMTÈftE PARTIE.

lubie, facilement reconnaissable (voy. p. 572el ma Médecine légale, t. III, 4^ édition).

Les sulfates de potasse, de soude, de magnésie ou de chaux, peuvent êtreavantageusemenlemployés comme contre-poisons des sels de plomb, parce qu’ils décomposent ces sels et les transforment en sulfate de plomb insoluble, qui n’agirait comme un léger toxique qu’à la longue, et qui sera sans action nuisible, parce qu’il aura été promptement expulsé par les vomissements ou par les selles. M. Melsens a été conduit à admettre que Viodure de potassium pouvait être employé avec succès dans les empoisonnements saturnins , parce qu’il transforme les composés de plomb insolubles en un composé soluble que la nature expulse avec l’urine. Sans me prononcer sur la valeur de cette médication , je dirai que , plusieurs années avant ce chimiste, J’avais formulé d’une manière générale qu’il fallait recourir à des diurétiques pour expulser du corps les poisons qui étaient retenus dans nos organes , après avoir été absorbés. M. Melsens n’aurait donc fait qu’appliquer le principe que j’avais posé.

L’iodure de potassium qu’il a proposé est-il préférable à un médicament diurétique composé d’eau de Seltz, d’azotate de potasse, et d’une petite quantité de vin blanc? Je ne le pense pas, quand je songe aux accidents que détermine l’iodure de potassium donné à forte dose, c’est-àdire A la dose à laquelle il doit être administré pour avoir l’efficacité que lui suppose M. Melsens.

DU CVITRE. Gu. Équivalent = 395,6.

Le cuivre existe, 1° à l’état natif en France, mais principalement en Sibérie, en Suède, en Angleterre, en Saxe, en Hongrie; 2® combiné avec l’oxygène; 3® avec certains corps simples, et notamment avec le soufre; 4° enfin à l’état de sel. On a trouvé de très-petites quantités de cuivre dans certains végétaux, comme le quinquina gris, la garance, le café, le froment, etc.; le sang et tous nos tissus en contiennent (voy. Empoisonnement, p. 590).

Le cuivre est un métal solide , d’une belle couleur rouge , d’une odeur et d’une saveur sensibles et désagréables; quoique brillant, malléable et ductile, il ne possède ces propriétés qu’à un degré inférieur à celui des métaux les plus précieux; il occupe le troisième rang pour la malléabilité, et le cinquième pour la ductilité; il est doué d’une grande force de ténacité, moindre cependant que celle du fer; un fil de cuivre de 2 millimètres de diamètre exige un poids de 140 kilogrammes pour se rompre ; il est plus sonore que le fer et que tous les. autres métaux ; le

t)Ü CUIVRÉ. Ô7Î

|K)ids spécifique du cuivre fondu est de 8,780, et celui du cuivre étiré en fils , de 8,96.

Soumis à l’action du calorique, il fond à 788° c. environ, et se volatilise, A la chaleur blanche, en vapeurs qui donnent à la flamme une couleur verte; il n’est cependant pas très-volatil, puisque, d’après Berthier, en le chauffant pendant longtemps à la température d’un four à porcelaine, il ne perd qu’un Va pour 100 de son poids; on peut l’obtenir cristallisé en octaèdres si on le refroidit lentement. Quand on le chauffe avec le contact de Vair ou du gaz oxygène, il passe à l’état de protoxyde rougeâtre, puis de bioxyde brun, sans qu’il se dégage de la lumière; des phénomènes analogues ont lieu à la température ordinaire , pourvu que les gaz soient humides : ainsi le gaz oxygène ternit sa surface et l’oxyde au bout d’un certain temps; l’air atmosphérique non-seulement le change en oxyde, mais le fait encore passer à l’état de carbonate verdâtre hydraté mêlé d’hydrate.

Vhydrogène peut se combiner par des moy'ens indirects avec le cuivre, et former une poudre d’un brun foncé, Gu2H. Get hydrure est hydraté et se décompose subitement, vers 60° c., en cuivre et en gaz hydrogène; il s’enflamme dans le chlore et dans le brome. On l’obtient en décomposant à une douce chaleur une dissolution concentrée de sulfate’ de cuivre par de l’acide hypophosphoreux (Wurtz, Ann. de chim. et de phys.,imn 1844),

On ne connaît pas de composé de bore et de cuivre. On forme un carbure de cuivre en faisant passer du gaz défiant sur du cuivre à une chaleur blanche (Marchand, voy. Gaz oléfîant, p. 249).

Le phosphore en vapeur peut se combiner directement avec lui et donner un phosphure d’un blanc grisâtre, brillant, fragile, très-dur, contenant 20 pour 100 de phosphore.; si l’on fait passer de l’hydrogène â travers du phosphate neutre de cuivre à une température peu élevée, on obtient un phosphure, Gu2 Ph; enfin, en faisant arriver du phosphure d’hydrogène gazeux dans une dissolution de sulfate de cuivre, il se forme un phosphure noir, qui prend la couleur rouge du cuivre quand on le chauffe.

Lorsqu’on fond ensemble 3 parties de soufre et 8 de cuivre, il y a dégagement de calorique et de lumière, et formation d’une masse qui, étant chauffée une seconde fois avec un excès de soufre, constitue un protosulfure, Gu2S, solide, d’un gris de plomb, ou jaunâtre, plus fusible que le cuivre. On obtient encore un bisulfure noir de cuivre, Gu S, en décomposant un sel de bioxyde de cuivre par l’acide sulfhydrique. Il s’altère facilement et très-promptement à l’air, qui le transforme en sul- !■ S7

fale de cuivre, en cédant de son oxygène au soufre et au métal ; l’acide azotique moyennement concentré le change promptement en sulfate de cuivre bleu à l’aide d’une légère chaleur. Il existe en France, en Cornouailles, en Suède, en Saxe, en Sibérie, en Bohème, au Harz, en Hongrie, des sulfures que l’on désigne sous le nom de pyrites de cuivre; celles-ci contiennent toujours une plus ou moins grande quantité de sulfure de fer; on peut considérer h pyrite ordinaire comme composée d’un équivalent de sesquisulfure de fer et d’un de proiosulfure de cuivre, Fe2S^, Cii2 S, avec une très-petite quantité d’acide silicique et de sesquioxyde de fer interposé ; on l’emploie à l’extraction du cuivre du commerce et à la préparation du sulfate de cuivre (couperose bleue). On peut encore obtenir des sulfures de cuivre plus sulfurés en versant dans les sels de bioxyde de cuivre des polysulfures alcalins.

LHode et le cuivre donnent un composé d’un blanc grisâtre insoluble dans l’eau , qui pourrait bien n’être qu’un mélange de protiodure et d’iode.

Chauffé avec du chlore gazeux , il l’absorbe, rougit et passe à l’état de chlorure ; ce phénomène a même lieu à froid, et la combustion est des plus intenses si le cuivre est en feuilles minces. On connaît deux composés de ce genre. 1" Le bichlorure, CuCl, que l’on prépare en dissolvant le cuivre dans l’eau régale bouillante, et en évaporant la dissolution jusqu’à siccité, est solide, couleur d’écorce de cannelle, déliquescent, cristallisable en prismes verts allongés, CuCl,2H0, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool, d’une saveur fortement styptique; le solutum aqueux est bleu s’il contient beaucoup d’eau, et vert s’il est concentré. Chauffé à 200° c. , il perd de l’eau et du chlore, et se trouve transformé en protochlorure.

On obtient le protoc/i/o)'wre^ Cu2Cl, en traitant par l’acide chlorhydrique un équivalent de cuivre en limaille, et un équivalent de bioxyde de cuivre pulvérisé ; le solutum est liquide , brun et opaque ; mais au bout d’un jour ou deux, il devient incolore et transparent; cette coloration et cette opacité dépendent de la présence d’une certaine quantité de bioxyde de cuivre qui ne tarde pas à se déposer. Le solutum ainsi décoloré constitue le protochlorure dissous dans l’acide chlorhydrique ; si on l’évapore à l’abri du contact de l’air, et qu’on le chauffe jusqu’à fusion, il est solide, fauve clair, tandis qu’il est blanc lorsqu’il est anhydre et très-divisé; quand U se produit lentement, on peut l’obtenir en petits tétraèdres incolores, parfaitement transparents; il est fusible à 400° c., volatil à la chaleur rouge, insoluble dans l’eau, altérable à l’air, qui le verdit et le change en bichlorure et en oxychlorure, CuO,CuCl; il se

dissout dans l’acide chlorhydrique, et le solutum est incolore et décomposable par l’eau, qui le sépare sous forme d’une poudre blanche; l’ammoniaque le dissout sans se colorer, à moins qu’il n’ait le contact de l’air, car alors la liqueur bleuit ; on se sert même avec avantage de ce changement de couleur pour constater la présence d’une très-petite quantité d’oxygène, dont il est très-avide ; lavé à plusieurs reprises avec de l’eau, il est décomposé et changé en protoxyde de cuivre orangé eten acide chlorhydrique (Chenevix) ; il est décomposé par une dissolution de potasse, qui cède son oxygène au cuivre pour le transformer en protoxyde orangé, tandis que le chlore s’unit au potassium; il absorbe une grande quantité de gaz oxyde de carbone (voy. Sels de protoxyde de cuivre, p. 585).

Oxychlorure de cuivre {sable vert fZii Pe'row), Cu Cl, 3Cu0,4H0. — Il existe aussi au Chili. Il est cristallisé en prismes droits rhomboédriques, ou pulvérulent, vert, insoluble dans l’eau, insipide. On l’obtient en versant dans un solutum de bichlorure de cuivre une quantité d’alcali insuffisante pour le décomposer complètement. On l’emploie en peinture sous le nom ùq vert de Brunswick. Il existe encore deux autres oxychlorures == Cu Cl, 2Cii 0 et Cu Cl, 4Cu 0.

Le cuivre présente, avec le brome, les mêmes phénomènes qu’avec le chlore, et donne deux bromures inusités.

V azote se combine directement avec le cuivre à une température I rouge (Desprelz). En décomposant à 265", de l’oxyde de cuivre, Cu 0, par du gaz ammoniac sec, on obtient un azotnre, Cu® Az.

L’eau à froid est sans action sur le cuivre; à une forte chaleur blanche, la vapeur d’eau est décomposée, et il se dégage du gaz hydrogène.

Les acides borique et carbonique sont sans action sur le cuivre. L’acide phosphorique ne l’attaque qu’à la longue. L’acide sulfurique concentré est au contraire rapidement décomposé à la chaleur de l’ébullition ; il y a dégagement de gaz acide sulfureux et formation de bioxyde de cuivre; celui-ci se combine ensuite avec l’acide non décomposé, et forme du sul- 1 fate de bioxyde de cuivre anhydre; il se produit en outre du sulfure de cuivre brun ; suivant quelques chimistes, cette poudre ne serait que du •sulfate de protoxyde de cuivre brun. A la température ordinaire, l’acide sulfurique concentré est également décomposé par le cuivre, mais seulement au bout d’un certain temps; il se forme du sulfate de cuivre anîiydre en cristaux incolores et du sulfure de cuivre brun. M. Maumené, jui a étudié cette réaction quinze ans au moins après M. Barruel fils, : lit qu’en continuant à chauffer l’acide et le cuivre, le produit final est ■composé non-seulement de sulfate de bioxyde de cuivre, mais encore

d’im corps formé d’équivalents égaux de bioxyde eide bisulfure de cuivre {Journ. de pharm., mars 1847).

L’acide azotique, môme étendu d’eau, l’altaque avec énergie à la température ordinaire, le décompose en partie, et le fait passer à l’état de bioxyde, qui se dissout dans la portion d’acide non décomposé; il se dégage du gaz bioxyde d’azote. L’acide hypoazotique agit aussi avec beaucoup de force sur le cuivre. L’acide chlorhydrique liquide n’exerce pas d’action sur lui à froid ; bouillant et concentré, il n’agit guère mieux si le métal est à l’abri du contact de l’air. Les acides fluorhydrique et arsénique peuvent également se combiner avec lui après l’avoir oxydé.

Le cuivre peut s’allier avec plusieurs des métaux précédemment étudiés. — Alliage de zinc et de cuivre, connu sous les noms de laiton , de cuivre jaune , de similor, d’or de Manheim, d'alliage du prince Robert, etc. Il est formé de zinc, de cuivre et de très-petites quantités de plomb et d’étain ; ces deux derniers métaux rendent le laiton plus dur, plus roide et moins ductile; il suffit d’un demi-centième d’étain pour altérer sa ductilité. Le laiton sans plomb convient mieux pour les ouvrages au marteau, tandis que celui qui en renferme est plus propre aux travaux du tourneur. On explique la présence de l’étain parce qu’on fabrique le laiton avec de vieux cuivres qui ont souvent été élamés, et celle du plomb par la môme cause (l’étamage se faisant toujours avec un alliage de plomb et d’étain), et par l’emploi du cuivre rosette, qui contient souvent du plomb.

Composition des laitons.

Cuivre.

Zinc.

Plomb.

Ébin.

Laiton des tourneurs

de Slolberg.

— des doreurs. • ,

— en fil.

— pour le travail

au marteau.

— des garnitures

d’armes. . .

— statuaire. . . .

Chrysoeale. .......

Similor de 80 à 88 de

cuivre, et de

de zinc.

Le cuivre blanc ou chinois est formé de

40,4 de cuivre,

de 25,4 de

zinc, de 2,6 de fer, et de 31,6 de nickel.

Le laiton est plus fusible que le cuivre; il se transforme en oxydes des métaux dont il est composé lorsqu’on le chauffe avec du gaz oxygène ou avec l’air ; il produit môme une belle flamme verte. On ne le trouve pas dans la nature; il est employé dans la préparation des chaudières,

des poêlons, d’un Irès-grand nombre d’instruments de physique , des épingles, des cordes d’instruments, etc.

2° Alliage d/ étain et de cuivre. On le désigne sous le nom de bronze on métal de canons lorsqu’il est formé de 11 parties d’étain et de 100 de cuivre; on l’appelle métal de cloches quand il est composé de 22 parties d’étain et de 78 de cuivre; mais il renferme souvent du plomb ou du zinc, qui sont bien moins coûteux que l’étain ; on y trouve aussi un peu de bismuth et d’antimoine. L’alliage qui constitue les timbres des horloges contient un peu plus d’étain et un peu moins de cuivre : il porte le nom de tam-tam, d’alliage des cymbales, lorsqu’il entre dans sa corn* position environ 80 parties de cuivre et 20 parties d’étain ; mais comme cet alliage est excessivement cassant, il faut le tremper en le chauffant jusqu’au rouge-cerise sombre, et en le plongeant dans l’eau froide ; alors seulemeiît il peut être aplati sous le marteau et ployé sans casser, jusqu’à ce que les deux côtés du morceau forment entre eux un angle de 130 à 140 degrés. Les miroirs des télescopes sont composés d’une partie d’étain et de 2 parties de cuivre. Le bronze monétaire contient, sur 100 parties , 86 environ de cuivre et 14 d’étain, ou même d’étain et de zinc. Les propriétés physiques de ces divers alliages varient un peu, suivant les proportions de leurs éléments ; leurs propriétés chimiques seront facilement déduites de celles des métaux qui entrent dans leur composition. Le bronze est toujours plus dur et plus fusible que le cuivre; sa densité est supérieure à la densité moyenne des métaux dont il est formé; mélangé avec 1 centième de fer ou avec 3 centièmes de zinc, il devient plus dur et plus tenace , et doit être préféré pour la fabrication des objets de petite dimension.

Cuivre étamé. Il n’est autre chose que du cuivre dont la surface, préalablement décapée ou désoxydée au moyen du chlorhydrate d’ammoniaque (sel ammoniac), de la chaleur et du frottement, est recouverte d’unecouche mince d’étain, ou d’un alliage d’étain et de plomb, ou d’un alliage d’étain et de fer; une partie de cette couche est combinée avec le cuivre, tandis qu’une autre partie est simplement superposée et en quelque sorte en excès. L’étamage fait avec Vétain pur est d’un blanc d’argent, mais devient jaunâtre dès qu’il s’oxyde; il donne du moiré métallique quand on le traite par l’acide acétique, tandis que cela n’a pas lieu si l’étain n’est allié môme qu’avec ‘/jo plomb. La destruction de l’étamage pur est due à l’oxydation , à l’action des acides , au frottement et au récurage; les sels d’étain qui se forment pendant cette destruction ne se produisent pas en assez grande quantité pour offrir un danger réel. L’étamage fait avec un alliage de plomb et d'étain contient

ordinairement un tiers ou un quart de plomb; il est bleuâtre et nullement dangereux, parce que l’action galvanique qui résulte du contact des métaux suffit pour décomposer l’oxyde aussitôt qu’il se forme ; il doit ère préféré au premier quand il s’agit de le faire pénétrer dans les replis des cannelures, au fond de vases étroits et longs, parce qu’il coule mieux. L’étamage fait avec 8 parties d’étain et une de /er est moins fusible, plus durable et plus adhérent que les autres. Dès l’année 1785, Poulain avait fait connaître cet étamage, dont il facilitait la fusion au moyen du borax et du verre; aujourd’hui on substitue avec avantage au fer du fer-blanc, parce qu’il s’allie mieux à l’étain. L’étamage de Poulain, dont celui de Biberel n’est qu’une imitation , et qui porte le nom polychrome, résiste beaucoup plus au récurage que l’étamage ordinaire; quant aux agents chimiques, il en est qui l’attaquent plus facilement, tandis que d’autres agissent beaucoup moins que sur l’étamage ordinaire; en somme, il doit être préféré à ce dernier. Le melchior, maillechort, argentan, est un alliage de 50 parties de cuivre, de 25 de zinc et de 25 de nickel, contenant quelquefois du fer et de l’étain ; il ressemble tellement à l’argent au second titre, c’est-à-dire à que le préposé du bureau de garantie y a été trompé. On l’emploie soit à l’ornement, soit au service de table. 11 est plus attaquable que l’argent au titre de 950 millièmes, par tous les réactifs elles substances culinaires.

Tous ces alliages devraient être rejetés des usages domestiques, car des vases dans lesquels on conserve des aliments pendant un jour ne tardentpas à se couvrir d’une certaine quantité d’un sel de cuivre. 11 n’en est pas de même du cuivre bien étamé.

3" Alliage de 10 parties de cuivre et d’une partie d’arsenic. Cet alliage, loin d’être cassant, est légèrement ductile; il est plus fusible que le cuivre, et paraît être employé à faire des cuillers et des vases.

4° Valliage formé de 25 parties d’antimoine et de 75 de cuivre est fragile, violet, susceptible d’être poli , et sans usages.

L’action de l’ammoniaque sur le cuivre métallique est remarquable. Que l’on place un peu de tournure de cuivre dans un flacon à l’émeri, que l’on remplit ensuite d’ammoniaque liquide et que l’on bouche pour éviter le contact de l’air, le liquide qui surnage le cuivre reste incolore et conserve sa transparence; mais si on débouche le flacon au bout de quelques heures, et qu’on transvase l’ammoniaque, on s’aperçoit qu’elle devient bleue par le contact de l’air : ce qui ne peut avoir lieu sans qu’il y ait du cuivre en dissolution.

Lorsque le cuivre contient un peu de potassium , il acquiert une densité très-considérable.

Cüvactèns distinctifs. 1" Ses propriétés physicpies ; 2® sa dissolution dans l’acide azotique, avec lequel il forme un azotate facile à reconnaître (voy. Sels de cuivre).

Le cuivre est employé pour faii'e un très-grand nombre d’ustensiles , pour doubler les vaisseaux; il entre dans la composition de toutes les monnaies, qu’il rend plus dures; on s’en sert pour faire le laiton, le bronze, la couperose bleue; il n’est point vénéneux lorsqu’il est pur.

Extraction. On grille le sulfure de Cuivre (pyrite) comme je l’ai dit en parlant de la préparation du soufre, et l’on obtient un mélange d’oxydes de cuivre et de fer, et de sulfure non décomposé. On le chauffe fortement avec du charbon , qui s’empare de l’oxygène ; en sorte que le produit, auquel on donne le nom de matte, est formé de cuivre, de fer et de soufre. On le grille jusqu’à douze fois de suite, pour le débarrasser du soufre; les oxydes qui résultent du grillage sont fondus avec du charbon et de l’acide silicique; cette dernière substance facilite la fusion de l’oxyde de fer et empêche sa désoxydation ; en sorte que l’on obtient: 1° du cuivre noir, qui renferme 0,90 de cuivre, un peu de soufre et de fer ; 2" des scories formées d’acide silicique et d’oxyde de fer; 3® une nouvelle matte que l’on grille de nouveau. On affine le cuivre noir en le faisant fondre dans un fourneau dont le sol est recouvert d’une brasque de charbon et d’argile; le soufre et le fer se combinent avec l’oxygène de l’air, que l’on dirige sur la masse au moyen de soufflets, et le cuivre se trouve affiné au bout de deux heures; on le fait couler dans des bassins chauds , on l’arrose avec un peu d’eau , et on le relire sous forme de plaques qui constituent le cuivre rosette, ainsi nommé à cause des espèces de roses qui se forment par ce refroidissement brusque. Ce cuivre contient toujours du protoxyde de cuivre et presque toujours du plomb; un millième de ce dernier métal le rend cassant et impropre à la fabrication du fil.

Si la mine ne renferme pas beaucoup de sulfure, on la traite par l’eau après l’avoir grillée; par ce moyen, on dissout les sulfates de fer et de cuivre formés pendant le grillage; on met cette dissolution sur de la vieille ferraille, qui précipite tout le cuivre du sulfate (voy. p. 586) : on désigne aloi’s ce métal sous le nom de cuivre de cémentation.

On traite les mines d'oxyde et de carbonate de cuivre par le charbon, et l’on obtient du cuivre métallique. Pour avoir ce métal pur, il faut réduire le proto ou le bioxyde par le gaz hydrogène à une température inférieure au rouge.

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