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DES OXYDES DE CUIVRE

Protoxyde, Cu2 O.-'On le trouve en Angleterre, en Sibérie, dans les environs de Cologne. Il est tantôt cristallisé, tantôt en masses ou en poudre. Anhydre, il est rougeâtre quand il a été fondu ; il peut se combiner avec l’oxygène, à l’aide de la chaleur, et se transformer en bioxyde; il a beaucoup moins de tendance à s’unir avec les acides que ce dernier; il se combine avec l’acide chlorhydrique, dans lequel il se dissout à merveille. L’acide azotique bouillant le change en bioxyde et donne de l’azotate de bioxyde. Il se dissout dans l’ammoniaque et fournit un liquide incolore qui passe au bleu aussitôt qu’il est en contact avec l’air. Hydraté, 4Cu^0,H0, il est jaune orangé.

Préparation. On fait fondre ensemble, à une douce chaleur, 100 parties de sulfate de cuivre et 57 parties de carbonate de soude cristallisé , et on chauffe jusqu’à ce que la masse soit solidifiée ; on la pulvérise et on y mêle exactement 25 parties de limaille de cuivre ; on l’entasse dans des creusets qu’on chauffe jusqu’au rouge blanc , en soutenant cette température pendant vingt minutes ; on pulvérise la matière refroidie et on la lave; le résidu sera le protoxyde de cuivre, les eaux de lavage contiendront du sulfate de soude. Ce procédé fournit un produit très-beau et très-abondant. (Malagutti, Ann. de chim. et dephys., octobre 1833.) Pour l’obtenir hydraté, on décompose par la potasse le protochlorure de cuivre.

Bioxyde, CuO. — Il existe très-souvent dans la nature combiné avec des acides. Il est d’une couleur bleue lorsqu’il est à l’état d’hydrate^ CuO,HO ; mais si l’on sépare l’eau par la dessiccation, il devient anhydre, d’un brun noirâtre (1); il n’agit point sur le gaz oxygène; mais il s’empare de l’acide carbonique de l’air et se transforme en carbonate de bioxyde vert insoluble dans l’eau (vert-de-gris naturel); il se dissout à merveille dans l’ammoniaque, à moins qu’il n’ait été calciné, et donne un liquide d’une couleur bleu de ciel; la potasse et la soude en excès le dissolvent aussi, quand il a été desséché, à la température ordinaire, à l’air sec (Frémy, Journ. depharm., mars 1847, p. 171). 11 est également soluble dans le chlore, avec lequel il forme un chlorure d’oxyde, d’après Grouvelle. Il peut être entièrement décomposé par le charbon , qui

(I) Ce bioxyde, hydraté ou sec , retient toujours une portion de l’alcali à l’aide duquel il a été précipité.

DES SELS FORMÉS PAR LE PROTOXYDE DE CUIVRE, lui enlève son oxygène à une tenipéralure élevée, .et le métal est mis à nu; le gaz hydrogène le réduit bien au-dessous du rouge; il a la plus grande lendance à s’unir avec les acides ; il se transforme, sous l’influence de la potasse chlorée, en une combinaison de potasse et d’un acide métallique nouveau, désigné par M. Frémy sous le nom d’acide cuprique {Journ. de pharm., année 1842). Ses propriétés vénéneuses ont été mises hors de doute; on l’a employé autrefois en médecine, sous le nom d’œs ustum, pour guérir l’épilepsie; il est émétique et purgatif ; mais il est généralement abandonné aujourd’hui. On s’en sert pour colorer le verre en vert et pour analyser les matières organiques. On l’obtient en calcinant jusqu’au rouge, dans une capsule de platine, de l’azotate de bioxyde de cuivre pur, ou en chauffant le cuivre divisé au contact de l’air.

Peroxyde = Cu 02. — M. Thénard l’a obtenu en arrosant d’eau oxygénée l’hydrate de bioxyde. Il est d’un brun jaune, très-peu stable, et sans usages.

Jcide cuprique. — On ne l’a pas encore isolé. Frémy a préparé du cu~ prate de potasse en chauffant au rouge du cuivre, de la potasse et de l’azotate de potasse. Ce sel est peu stable. On ne connaît pas la composition de l’acide cuprique.

Oxyde de cuivre intermédiaire = 2Ç,vfi 0,Cu0. — MM. Favre et Maumené il’ont obtenu en calcinant au rouge le bioxyde de cujvre; celui-ci perd t8 pour 100 de son poids par la calcination.

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Ces sels sont peu stables et peu connus. Ils sont incolores ou légèrerment jaunâtres. Ils se changent en sels de bioxyde au contact de l’oxyfgène ou de l’air, et ils déposent du cuivre. Les alcalis et les carbonates -nlcalins les précipitent en jaune orangé ; le protoxyde précipité se diss>out dans l’ammoniaque et donne un sel double qui bleuit â l’air. L’acide azotique et le chlore les changent en sels de bioxyde. L’acide sulfhydrii. jue les précipite en brun , et le cyanure jaune de potassium et de fer en I blanc, qui passe rapidement au rouge brun par le contact de l’air. Le I ’er et le zinc en précipitent du cuivre. On connaît un sulfite de protoxyde . nsoluble = Cu20,S02, et un acétate de protoxyde blanc, volatil; quel- Hues chimistes admettent aussi un sulfate de protoxyde = Cu^O, SO^. Le arotochlorure de cuivre simple ou dissous dans l’ammoniaque, ainsi iiue les sels de protoxyde de cuivre dissous dans cet alcali, absorbent rapidement une quantité considérable de gaz oxyde de carbone, sans que ■ a température s’élève notablement; celle absorption se fait en propor-

lions définies; rébullition et un vide complet cliassenl le gaz. Ici l’oxyde de carbone semble fonctionner comme un radical composé, comparable, à certains égards , au cyanogène. (Leblanc, séance de l’Institut du 22 avril 1850.)

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