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DES NOTATIONS CHIMIQUES

nus eussent été différents, comme on pourra s’en convaincre par les exemples suivants :

Équivalent de l’hydrogène

Équivalent de l’iode

id. de l’oxygène

id.

du fluor

id. de l’azote

id.

du phosphore

id. du soufre

id.

de l’arsenic

id. du sélénium

id.

du bore

id. du tellure

du silicium

id. du chlore

id. du brome

id.

du carbone

On voit que pour six de ces quinze corps simples, savoir : V oxygène, Y azote , le soufre, phosphore, V arsenic et le carbone, les équivalents sont représentés par des nombres entiers, qui sont des multiples exacts de celui de l’hydrogène, le plus léger d’entre eux. Il n’en est pas de même pour les huit autres ; cette exception tient-elle à ce que les équivalents de ces huit corps ne nous sont pas parfaitement connus .î* Il se pourrait qu’il en fût ainsi, et que les progrès ultérieurs de la science nous conduisissent à inscrire celle loi importante formulée par Prout’, en 1824, savoir : que /es équivalents des corps simples non métalliques sont des multiples exacts de V équivalent de V hydrogène. Déjà l’on sait que les équivalents de plusieurs corps simples métalliques viennent se ranger dans cette loi.

»ES !«0TA.T10]«S CHinilf^VES.

Bien souvent il deviendrait sinon impossible, du moins'fort embarrassant, d’exprimer la composition d’un corps à l’aide des nombres qui en représentent les équivalents. On a obvié à cet inconvénient en désignant l’équivalent de chaque corps par la lettre initiale, à laquelle on ajoute un exposant pour exprimer seulement le nombre de fois que cet équivalent est répété, et l’on est convenu de placer toujours le premier le signe de l’élément électro-positif: ainsi, pour désigner l’eau, on ne dit pas OH, mais bien HO, parce que l’hydrogène est l’élément électro-posilif de l’eau. Mn O signifie le protoxyde de manganèse, et Mn 02 le bioxyde, b O représente l’acide hypo-sulfureux, SQ2 l’acide sulfureux, et S 03 l’acide sul urique, c’est-à-dire qu’un équivalent de cet acide est composé d’un qmvalent de soufre et de trois d’oxygène. Lorsqu’on veut en outre dénombre d’équivalents d’un corps composé, on place 6 c 11 le qui leprésenle ce nombre en coefficient devant la formule du

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corps composé : par exemple l’équivalent du sulfate de potasse neutre s’écrit ainsi K 0, S 0^, et celui du sulfate acide de la même base, dans lequel | il entre deux équivalents d’acide, est formulé par K 0 , 2 S 0^ , H 0 ; on i ajoute HO, parce que ce sel contient un équivalent d’eau. Le sesquicarbonate de soude est représenté par 2 Na 0, 3 C 0^, 4 H 0 : en effet, ce sel j contient deux équivalents de protoxyde de sodium, trois d’acide carbonique, et quatre d’eau. Plusieurs chimistes renferment entre deux paren- ! thèses d’abord l’oxyde, puis l’acide, et pour représenter le nombre d’équivalents, soitde l’oxyde, soitderacide,ilsont recours à l’exposant algébrique i)lutôt qu’au coefficient : ainsi ils écrivent le sesquicarbonate de soude (Na 0)2, (C 02)3+4 HO. Je préfère la notation 2 Na 0, 3 C 02, 4 HO, parce qu’elle prête moins à la confusion et qu’elle est beaucoup plus claire. J’éviterai aussi de me servir du signe + , auquel Je substituerai une virgule. Cette manière de représenter la composition des corps est souvent d’un grand secours pour l’intelligence de certaines réactions fort ! compliquées, et il ne faut pas la confondre avec ce que l’on appelle la | théorie atomique, qui n’est qu’une hypothèse dont Je ne m’occuperai ! même pas.

DE JLJk KOAlEIVCliATlJRE CHIMIQUE.

Les noms de la plupart des corps simples sont insignificatifs ^ et l’on est tellement habitué à les employer, qu’il serait inconvenant de leur en substituer d’autres qui exprimassent quelques-unes de leurs propriétés;

Je dirai même qu’il est de la plus haute importance, si l’on veut avoir une bonne nomenclature , de faire disparaître un certain nombre de noms significatifs généralement adoptés, qui , comme Je le ferai voir, sont plus propres à induire en erreur qu’à donner au langage chimique toute la précision qu’il devrait avoir. 11 n’en est pas de même des com- ; posés auxquels ils donnent naissance; ces composés sont trop nombreux ; pour que la mémoire la plus heureuse puisse se rappeler les dénomina- : lions arbitraires, insignifiantes et absurdes, par lesquelles les anciens ; chimistes les désignaient. On sentira dès lors la nécessité de leur donner des noms qui expriment, autant que possible, la nature des éléments ‘ qui entrent dans leur composition, ainsi que les proportions dans les- | quelles ces éléments sont combinés. [

Dénominations des composés inorganiques.

Quelle que soit la nature des éléments qui constituent un composé inorganique, on verra plus loin que si on le soumet à l’action de l’élec-

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tricité, d’une pile par exemple, il sera décomposé; chaque pôle s’emparera de celui des corps simples qui possédera l’électricilé qui lui sera opposée. Dès lors on est convenu de nommer toujours le premier celui des corps qui se portera au pôle posilif, c’est-à-dire le corps te plus électro-négatif. 11 est à remarquer que dans la notation chimique, on suit un ordre inverse, on place d’abord l’initiale du corps le plus électropositif: ainsi on écrit Cu 0, SO^, H Cl pour désigner le bioxyde de cuivre, l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique, c’est-à-dire qu’on note les premiers le cuivre, le soufre et l’hydrogène, qui sont électro-positifs par rapport à l’oxygène , au soufre et au chlore.

Voxijgène, étant de tous les corps simples le plus répandu et celui dont les combinaisons existent en plus grand nombre, constitue dans la nomenclature deux classes de corps binaires, les acides et les oxydes.

Acides. — On a donné le nom d’acide à un corps qui a en généralune saveur aigre quand il est étendu, âcre et caustique s’il est concentré, qui rougit presque dans tous les cas la teinture végétal&i bleue du tournesol, et qui possède toujours la propriété de se combiner avec une autre classe de corps composés appelés hases. On désigne d’une manière générale, sous le nom d'oxacides, les acides composés d’oxygène et d’uii corps simple ou composé.

Si les acides ne contiennent point d’eau, on les dit anhydres; s’ils sont combinés et non pas simplement mélangés avec de l’eau, on les appelle acides hydratés, tandis qu’on les désigne sous le nom d'acides étendus d’eau, quand ils sont simplement mélangés avec ce liquide.

Si \’ oxygène, en se combinant avec une substance simple, forme un seul acide , on désigne celui-ci par le nom de cette substance, auquel on ajoute la terminaison ique: on dit, par exemple, acide siljcique, acide borique. S’il peut, au contraire, donner naissance à deux acides en se combinant en diverses proportions avec la môme substance, le moins oxygéné est terminé en eux, et celui qui contient plus d’oxygène en ique : ainsi lorsqu’on dit acide arsénieux , acide arsénique, on indique que les deux acides sont formés par l’arsenic et par l’oxygène, mais que le dernier est plus oxygéné que l’autre. Si l’oxygène peut se combiner avec une môme substance pour former trois acides , et que l’un d’eux soit moins oxygéné que celui qui se termine en ique, et plus que celui qui se termine en eux, on fait précéder le nom du premier de la préposition hypo, au-dessous; tout comme on place celte préposition devant le nom de l’acide terminé en eux , s’il existe un acide moins oxygéné que celui qui se termine en eux : ainsi on dit acide phosphorique, hypophosphorique , phosphoreux et hypophosphoreux.

Oxydes.'^Oïi donne le nom d’oxydes à une autre classe de corps formés par l’oxygène et un corps simple qui sont insipides ou sapides, qui rougissent rarement la teinture bleue de tournesol , et qui en général ont une grande tendance à s’unir avec les acides pour former des sels.

Si \' oxygène ne peut fournir avec un corps simple qu’un de ces composés, on désigne celui-ci sous le nom oxyde ; s’il peut, au contraire, s’unir avec un même corps, en plusieurs proportions, on appelle le premier composé protoxyde, le second sesquioxyde s’il contient une fois et demie autant d’oxygène que le premier, bioxyde s’il en renferme deux fois autant, trioxyde si la quantité d’oxygène est triple, etc.: ainsi on dM protoxyde, bioxyde de mercure; protoxyde, sesquioxyde de fer. On désigne aussi sous le nom de peroxyde celui qui est le plus oxydé, tandis qu’on appelle sous-oxyde celui qui est moins oxydé que \eprotoxyde : ainsi on dit sous-oxyde de plomb 2 Pb 0 , protoxyde de plomb Pb O, bioxyde ou peroxyde de plomb Pb O^. Quand deux de ces oxydes sont combinés entre eux, et (ju’ils produisent un composé analogue aux sels, on leur applique la nomenclature des sels (v. p. 23): ainsi le minium, formé de protoxyde et de bioxyde de plomb, est désigné sous le nom deplombate de protoxyde de plomb, parce qu’on suppose que le bioxyde de plomb joue le rôle d’un acide. Lorsque l’oxyde est combiné avec l’eau, on donne au composé le nom d’hydrate : ainsi on dit hydrate d’oxyde de fer, de protoxyde de potassium, et comme le même oxyde peut former plusieurs hydrates avec des proportions différentes d’eau, on dit monohydrate, bihydrate, etc.

Berzelius désigne sous le nom de sous-oxyde celui qui n’est pas assez oxydé pour s’unir aux acides, de sur-oxyde celui qui l’est trop, et d’oxyde celui qui l’est à un degré convenable. Lorsqu’un métal peut fournir plusieurs oxydes susceptibles de se combiner avec les acides, il termine le moins oxydé en eux, et celui qui est plus oxydé en ique; le plus oxydé de tous est nommé sur-oxyde : ainsi on dira oxyde manganeux, oxyde manganique, el oxyde sur-manganique. Ces dénominations, adoptées par beaucoup de chimistes, ne valent pas, à beaucoup près, celles de protoxyde, de sesquioxyde et de bioxyde, parce qu’ici au moins on a l’avantage d’indiquer les proportions relatives d’oxygène qui entrent dans la composition des oxydes; ainsi on n’apprend rien sur la composition des oxydes de fer quand on a dit oxyde ferreux et oxyde ferrique , tandis qu’avec l’autre nomenclature on apprend qu’il y a une fois et demie autant d’oxygène dans le sesquioxyde que dans le protoxyde de fer.

L’Aÿrfrogfène jouit, comme l’oxygène, de la propriété de se combiner avec un certain nombre de substances simples, et de donner naissance

DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE

à des produits qui tantôt sont acides, tantôt ne le sont pas. On donne le nom dlnjdracides à ceux qui sont acides et dans lesquels l’hydrogène est uni à un corps simple ou composé. Pour désigner chacun de ces acides en particulier, on fait suivre le nom du corps électro-négatif de la terminaison hydrique; c’est ainsi que l’on appelle l’acide formé de chlore et d’iiydrogène acide chlorhydrique, celui qui est composé de soufre et d’hydrogène acide sulfhydrique.

Jusqu’à présent on a nommé les produits non acides formés par Vhijdrogène hydrures, quand ils sont solides, et hydrogène carboné, phosphoré, etc., quand ils sont gazeux. Berzelius, appliquant le principe général de nomenclature qui veut que l’on termine en ure les composés non acides de deux corps simples, et que cette terminaison soit donnée à l’élément le plus électro-négatif, c’est-à-dire à celui qui se porte au pôle positif, a proposé avec raison de dire carbure et phos~ phure d’hydrogène.

Lorsque deux corps simples non métalliques, autres que l’oxygène et l’hydrogène, se combinent ensemble, ou que l’un d’eux s’unit avec un métal, le nom du corps qui se porte au pôle positif est terminé en ure et suivi du nom de l’autre corps : c’est ainsi que l’on dit sulfure de carbone, chlorure d’argent, etc.

Si les mêmes éléments peuvent donner lieu à plusieurs degrés de combinaison, on se sert des mots proto, sesqui, bi, etc., dont on fait précéder le nom en ure du composé; on dit, par exemple, ^rotocA^orwc^ bichlorure de mercure ; protosulfure, sesquisulfure de fer.

Il est des corps simples non métalliques, autres que {'oxygène et l'hydrogène, qui, en se combinant avec d’autres corps de la même catégorie, donnent naissance à des acides dont les noms sont formés par èelui du corps simple électro-négatif suivi de celui du corps électro-positif que l’on termine en tf/we / ainsi on dit acides fluo borique, fluo silicique , sulfo carbonique, chloro phosphorique, etc., pour exprimer des acides composés de fluor et de bore , de fluor et de silicium , de soufre et de carbone, de chlore et de phosphore. On dit d’une manière générale, en parlant de ces acides^ que ce sont des fluoacides, des sulfacides, des chloracides, etc.

Lorsque deux métaux se combinent, le produit porte le nom d'alliage;on dit alliage de cuivre et de zinc. Si le mercure s’unit à un autre métal , 1 alliage est désigné sous le nom d'amalgame (amalgame de potassium, amalgame d’étain).

Les combinaisons qui résultent de l’action d’un oxacide sur un oxyde constituent des sels; elles sont désignées par des noms formés de telle

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manière, que l’acide délermine le genre, el l’oxyde l’espèce du sel. Ici l’acide doit êire toujours nommé le premier, |)uisqu’uii de ces sels décomposé par la pile fournil un acide qui se rend au pôle positif, landisque l’oxyde se porte au pôle négatif. Toutes les fois que l’acide se termine en ique , cette terminaison se change en ate, et lorsqu’il est terminé en eux, elle se change en ite ; puis l’on fait suivre le nom de l'acide ainsi transformé du nom de l’oxyde du métal qui a fourni l’oxyde. L’acide sulfurique donne des sulfates, l’acide sulfureux des sulfites, qui, unis au protoxyde de plomb, par exemple, formeront du sulfate de protoxyde de plomb, du sulfite de protoxyde de plomb. Il en est de môme des acides hyposulfurique, hyposulfureux el hypochloreux, qui donnent avec les oxydes des hyposulfates , des hyposulfites et des hypochloriles. Il est bien entendu que l’on conservera à l’oxyde métallique combiné à l’acide le nom que lui donne sa composition : ainsi on dira de l’azolale de protoxyde de plomb, du sulfate de protoxyde de fer, du carbonate de protoxyde de zinc, du sulfate de sesquioxyde de fer, de l’azotate de bioxyde de cuivre. Toutefois pour abréger on dit souvent, à tort, azotate de plomb , sulfate de fer, carbonate de zinc , azotate de cuivre, etc. Ce langage doit être proscrit, parce qu’il n’indique pas au juste la nature du sel : ainsi celui qui se borne à dire sulfate de fer n’exprime pas s’il entend parler du sulfate de protoxyde ou de sesquioxyde.

Si deux ou un plus grand nombre d’équivalents d’oxyde s’unissent avec un équivalent d’acide, on dit alors que le sel est hihasique, tri~ basique, etc. De même, lorsque deux ou un plus grand nombre d’équivalents d’acide sont unis à un équivalent de base, on dit que le sel est acide, tandis qu’il est en général neutre lorsque les deux corps sont unis à équivalents égaux. Exemples : phosphate sesquicalcique , azotate quadriplombique , pour indiquer que l’acide phosphorique est combiné avec un équivalent et demi de protoxyde de calcium , et que l’acide azotique est uni à quatre équivalents de protoxyde de plomb ; et pour les sels acides, bisulfate sodique , bioxalate , quadroxalate potassique , pour montrer que deux équivalents d’acide sulfurique sont combinés avec un équivalent de protoxyde de sodium , et que deux ou quatre équivalents d’acide oxalique sont unis avec un équivalent de protoxyde de potassium.

Lorsque deux ou trois sels se combinent entre eux, on donne aux composés les noms de sels doubles ou triples : l’alun, formé de sulfate d’alumine el de sulfate de potasse, constitue un sel double^ celui qui contient du sulfate d’alumine, du sulfate de potasse et du sulfate d’ammoniaque, constitue un sel triple.

DE LA NOMENCLATÜRE CHIMIQUE

Quant aux liydracides, je dirai plus loin que par leur réaction sur les oxydes métalliques, ils donnent naissance â de l’eau et A un composé binaire dont on termine le nom en ure, et qui rentre alors dans la catégorie des chlorures, des iodures, etc.

Les sulfacides et les chloracides fournissent également des sels en se combinant, les premiers avec des sulfures ^sulfo bases'', qui jouent en effet le rôle deôase, et les aulres avec des chlorures ; on désigne ces sels sous les noms de sulfosels et de. chlorosels : ainsi on dit sulfocarbonate de monosulfure de potassium , pour nommer un sel composé de sulfure de carbone (acide sulfocarboni(}ue) et de monosulfure de potassium (sulfobase).

Guyton de Morveau eut la gloire de créer cette belle nomenclature, dont l’objet principal est de donner aux composés des noms qui indiquent les éléments qui entrent dans leur composition. Lavoisier, Fourcroy et Berthollet, y firent quelques changements, de concert avec l’auteur.

Dénominations des composés organiques.

Les principes immédiats des végétaux et des animaux étant presque tous formés d’oxygène, d’hydrogène, de carbone, et quelquefois d’azote, il était difficile, pour ne pas dire impossible, de donner à ces principes des noms tirés de leur composition : aussi les désigne-t-on par des mots insignificatifs ou par d’autres qui expriment quelques-unes de leurs qualités, ou bien les substances qui les fournissent: ainsi on dit acides citrique, tarlrique, acétique, etc.; sucre, arabine, stéarine, oléine, quinine, fibrine, urée, etc. *

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