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DU BICHLORÜRE DE MERCURE

ainsi blanchie, chauffée dans des vaisseaux clos, ne fournit point de mercure, quoiqu’elle perde sa couleur blanche (voyez mon mémoire dans le Journal de chimie médicale, juin 1829).

h' éther sulfurique, mêlé avec la dissolution aqueuse de bichlorure de mercure , s’empare d’une grande quantité de ce sel , de sorte que la couche éthérée qui est à la surface du liquide s’en trouve fortement chargée , tandis que l’eau qui forme la couche inférieure en est presque entièrement privée (Wenzel et Henry).

La dissolution aqueuse du sublimé corrosif Joue le rôle d’acide vis-àvis des chlorures électro-positifs, tels que ceux de potassium, de lithium, de baryum, de strontium, de calcium, de magnésium, etc. ;

■ elle les dissout, se combine avec eux, et forme des composés cristallins

■ que l’on peut considérer comme des sels. Ainsi le chlorure de potassium donne trois composés qui ont pour formule :

KCl, HsCI,HO

KCl,2HgCl,2HO

KCl,4HgCl,4HO

Préparation. On introduit dans des matras de verre vert, à fond plat, d’environ trois litres de capacité, un mélange pulvérulent de 4 parties 'ide sel commun fondu,. et de tout le sulfate de bioxyde de mercure obtenu , em faisant bouillir 5 parties d’acide sulfurique concentré avec 4 parties 11e mercure (1). On met ces matras dans un bain de sable, de manière :| lu’ils soient entourés jusqu’à la naissance de leur col ; on place sur leurs .'•xtrémités ouvertes un petit pot renversé, et on les chauffe graduellement; quinze ou dix-huit heures après, l’opération est terminée. Le i: ublimé corrosif se trouve attaché aux parois des matras , et il reste au (ond du sulfate de soude; on fait rougir légèrement le fond du bain de irable pour donner au sublimé plus de densité , et pour lui faire éprou-

Ier un commencement de fusion ; on casse les matras et on retire les proluits. Comme le sulfate de bioxyde contient souvent un peu de sulfate le protoxyde, qui donnerait du protochlorure par son action sur le chlo- •ure de sodium, on ajoute ordinairement au mélange un peu de bioxyde ne manganèse.

Il se passe dans cette opération quelque chose d’analogue à ce qui a lieu dans la préparation du prolochlorure; seulement, comme on em-

(1) Ordinairement on cesse l’ébullition lorsque les 9 parties d’acide et de métal M>nt réduites à 5.

ploie ici le sulfate de bioxyde de mercure, et que ce bioxyde renferme moitié moins de mercure que le protoxyde, il en résulte que l’équivalent de chlore contenu dans le chlorure de sodium doit transformer le mercure en biclîlorure, puisqu’il se produit toujours une quantité équivalente de sulfate de soude. On obtient aussi presque toujours une petite quantité de protochlorure de mercure (calomélas); mais il est moins volatil que le bichlorure, au-dessous Jduquel il se trouve formant une zone distincte et facile à séparer.

M. A.-T. Thomson a annoncé qu’en chauffant du mercure à-|-204“c. dans le renflement d’un tube de verre, et en faisant passer sur lui un courant de chlore sec, le métal brhlait avec une flamme d’un bleu pâle, et produisait des aiguilles blanches de bichlorure en avant de la boule de verre chauffée par une lampe; suivant lui , ce composé peut être livré au commerce à un prix inférieur à celui qui est sublimé en pains {Journ. de chim. méd., mars 1843).

Le sublimé corrosif est employé pour empêcher les bois d’être attaqués par les insectes, pour conserver les matières animales, pour détruire les punaises (voy. t. II , article Putréfaction). Il est souvent administré comme antivénérien ; on le donne dissous dans l’eau distillée, dans l’alcool, ou dans quelque sirop sudorifique combiné avec du lait, des tisanes ou des extraits ; en général , la dose pour les adultes est de 2 à 3 centigrammes par Jour en deux prises, matin et soir; on peut augmenter graduellement la quantité jusqu’à ce que le malade en prenne 5 centigrammes, si toutefois l’on n’observe aucun symptôme fâcheux qui en commande la suspension; ces doses doivent être étendues dans un verre de véhicule ; le plus ordinairement, 80 centigrammes ou 1 gramme suffisent pour faire dissiper tous les accidents et compléter le traitement : il est cependant des cas où, pour obtenir du succès, il faut en administrer beaucoup plus. Cirillo a proposé d’incorporer le sublimé corrosif dans de l’axonge pour en faire une espèce d’onguent que l’on applique à la plante des pieds; ce moyen a été quelquefois employé avec avantage. On se sert aussi du sublimé sous forme de bain à la dose de 1 à 30 grammes pour 100 kilogrammes d’eau , lorsqu’on redoute l’action du sublimé sur l’estomac. On fait usage de Veau phagédénique pour toucher les chancres et les ulcères vénériens. Quelques médecins ont employé le sublimé corrosif dans les maladies scrofuleuses, cutanées, etc.; mais on s’en sert rarement dans ces sortes d’affections.

Cyanure de mercure , HgCy. — Lorsqu’il est neutre, il cristallise en longs prismes quadrangulaires, coupés obliquement. Si on le fait bouillir avec du bioxyde de mercure, il devient très-basique et cristallise en très-

rȟ CYANURE DE MERCURE.

petites liouppes (Proust) ; il a alors une saveur styplîque très-désagréable ; il excite fortement la salivation ; il est inodore et beaucoup plus pesant que l’eau. Gay-Lussac le regarde dans cet état comme un composé de cyanuie et d oxyde de mercure. Le cyanure de mercure neutre et parfaitement sec, soumis à l’action d’une chaleur modérée, noircit, fond comme une matière animale, et se décompose en grande partie (voyez 1 • JI). Si, au heu d’agir sur le cyanure neutre , on distille le cyanure oasique et humide , on obtient les mêmes produits, et en outre de l’azote •et un liquide brun , regardé par Proust (qui fit le premier cette expérience) comme une huile particulière, mais qui paraît être du Jacyanogène (voy. p. 91). ^

Le soufre décompose le cyanure de mercure à une température trèsinterieure a celle où ce cyanure est décomposé quand il est seul Vaiiquelin pensait qu’il est possible, en dosant convenablement le soufre obtenu le cyanogène pur, sans qu’aucune partie de ce corps soit décomposée : il y a formation de sulfure de mercure.

"ans une fiole, dont le col est un peu aige , deux parues de cyanure de mercure et une partie û'iode mêlés et perfa emeut dessécl.és, il se produit une grande quantité de va ur anches q„. , étant condensées sous une cloche de verre , forment dés

léémhé '=y^’’'’‘5êne, mêlé d’une certaine

ans „ U, h 7' bain-marie ,

se et I lodute de mercure reste au fond (Sérullas, Annale, de chimie t de physique, l. XXVI 1).

d’acide chlorhydrique en contact avec du cyaure de mercure , on n’ohlicnf que très-peu d’acide cyanhydrique e( il

; 7q7 ‘si 7;"" V»'"^'«.<‘’‘™™o.>iaque et de mercuré, et ée l7lde ra que. S I on emploie moins d’acide chlorhydrique, il se dépape de

Hélltué é'''"'’ Oe l'hydrogène de l’a’cide

uit éilpm ! 1 cyanogène du cyanure ; mais il se pre-

nne est décomposér(vlTq^^^^^^^^^ ""

■:ei-rure ot’enre^ T sulfurique faibles n’agissent sur le cyanure de ‘gène’ etrnnn T""

i sulfite de m T pi'oduits, du gaz acide sulfureux et

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ndis miP i liansforme le cyanogène en acide cyanhydrique,

uchs que le soufre s’unit au mercure. j j i .

L’eau dissout facilement ce cyanure, surtout lorsqu’il renferme de l’oxyde. Celle dissolution n’est troublée ni par la potasse, ni par l’ammoniaque, ni par le sulfate de sesquioxyde de fer (l). L’acide sulfliydrique en précipite du sulfure noir. La plupart des sels sont sans action sur lui. MM. Caillot etPodevin ont obtenu, en 1825, un composé cristallin de cyanure de mercure et de cliromate de potasse en concentrant convenablement par l’évaporation une dissolution faite avec parties égales en poids de ces deux corps {Journ. depharm., l. XI). Si l’on mêle une dissolution de cyanure de mercure avec de la limaille de fer décapée et de l’acide sulfurique faible, on remarque des phénomènes curieux : le fer s’oxyde, aux dépens de l’oxygène de l’eau, et se dissout dans l’acide sulfurique; l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau s’unit au cyanogène du cyanure pour former de l’acide cyanhydrique, et le mercure se précipite ; en sorte que la liqueur renferme de l’acide cyanhydrique et du sulfate de protoxyde de fer en dissolution. C’est en distillant cette liqueur que Scheele obtint pour la première fois l’acide cyanhydrique liquide peu concentré.

Lorsqu’on verse de l’iodure de potassium dans une dissolution de cyanure de mercure, on obtient des lames minces et brillantes formées d’iodure de potassium et de cyanure de mercure (Caillot).

Le cyanure de mercure est employé à la préparation du cyanogène et de l’acide cyanhydrique; on s’en sert aussi dans les maladies syphilitiques, mais il est très-vénéneux. Scheele, Proust, Porrett, Gay- Lussac, Vauquelin et Sérullas, ont fait connaître tout ce que l’on sait sur lui.

Préparation. On le prépare en faisant bouillir dans une fiole 8 parties d’eau , une partie de bioxyde de mercure, et 2 parties de bleu de Prusse, réduits en poudre fine (composé de protocyanure et de sesquicyanure de fer); l’oxyde de mercure et le bleu de Prusse sont décomposés; ce dernier cède le cyanogène au mercure, tandis que le fer du bleu de Prusse s’unit à l’oxygène du bioxyde de mercure; le mélange ne tarde |)as à perdre sa couleur bleue, et la liqueur devient jaune : alors on la filtre et on obtient le cyanure cristallisé; on pourrait, par des évaporations et des cristallisations successives, le débarrasser de l’oxyde de fer qu’il contient; mais il est préférable de le faire bouillir avec du bioxyde de

(1) Le sulfate de sesquioxyde de fer ne bleuit la dissolution du cyanure de mercure qu’autant qu’elle contient du cyanure jaune de potassium et de fer, sel qui existait dans le bleu de Prusse avec lequel le cyanure a été préparé.

DU CYANURE DE MERCURE. Gil

nieicuie, qui précipite cet oxyde; on filtre, et on traite de nouveau la liqueur par le bioxyde de mercure , jusqu’à ce qu’il ne se dépose plus d oxyde de fu (Piousl), alors on sature l’excès d’oxyde mercuriel par de l’acide cyanhydrique ou par de l’acide chlorhydrique, et l’on obtient le cjanure pur. MM. Chevallier et Deleschamps ont proposé un autre procédé plus économique et préférable sous tous les rapports au précédent ; Il consiste à décomposer le cyanure jaune de potassium et de fer par l’acide sulfurique, à l’aide de la chaleur, et à faire arriver l’acide cyanhydrique qui se dégage sur du bioxyde rouge de mercure pulvérisé et délayé dans l’eau (voy. le Journ. de chim. médic., janvier 1830). M. Desfosses conseille de décomposer le cyanure jaune de potassium et de fer par le sulfate de mercure (ibid , avril 1830).

L azote est sans action directe sur le mercure ; on peut cependant obtenir un azoture de mercure puce foncé, Hg3 Az, susceptible de détoner par la chaleur, en faisant agir l’oxyde de mercure sec sur le gaz ammoniac.

Lorsqu’on agite pendant longtemps ce métal avec de Veau distillée privée d’air, ses molécules s’atténuent prodigieusement et finissent par devenir noires ; l’eau n’est pas décomposée et le mercure ne se trouve pas oxydé; ce liquide n’exerce non plus aucune action sur le mercure à la température de 100°, il n’acquiert point de saveur, et les réactifs capables de découvrir des atomes de mercure n’en décèlent aucune . trace; aussi est-ce à tort que l’on a considéré celte eau comme vermifuge (Giiardin). Cependant, si l’eau n’était pas pure et qu’elle contînt des chlorures, il se produirait du sublimé corrosif, d’après M. Mialhe surtout avec le contact de l’air. ’

Les acides borique, carbonique et phosphorique , n’agissent pas sur le mercure. L’acide sulfurique concentré, qui n’exerce aucune action sur ui à froid, l’attaque à l’aide de la chaleur, lui cède une portion de son ■oxygène, passe à l’état de gaz acide sulfureux , et, s’il est employé en assez grande quantité, le transforme en bioxyde qui se combine avec I acide non décomposé, en sorte que la masse blanche que l’on obtient '•est composée d’une plus ou moins grande quantité d’acide sulfurique et •de bioxyde de mercure. Si l’acide sulfurique est étendu de son poids eau, Il se dégagé peu d’acide sulfureux, et il se forme du sulfate de arotoxyde; shl était très-étendu, il serait sans action. L’acide azotique ■ oncentré agit rapidement à froid sur ce métal, se décompose en partie,

•31 le tran.sformeen bioxyde qui se dissout dans l’acide non décomposé;

gaz bioxyde d azote piovenant de la portion d’acide décomposé reste ^^ndanl quelque temps en dissolution dans la liqueur et la colore en cil; mais bienlôtaprès, la température .s’élève, le gaz se dégage, répand

des vapeurs orangées , et la dissolution se décolore. Si l’acide azotique est étendu de 4 ou 5 parties d’eau , et que le mercure soit en excès, celui-ci ne passe qu’à l’état de protoxyde, et il ne se forme que de l’azotate de protoxyde, si l’on fait bouillir la liqueur pendant une demi-heure. L’acide hypoazoiique attaque aussi ce métal, l’oxyde, et le transforme en azotate et en azotite. Les acides chlorhydrique et fluorhydrique n’ont point d’action sur le mercure; toutefois, avec le gaz acide chlorhydrique, si l’air intervient, il se forme de l’eau et du chlorure de mercure (Régnault).

Plusieurs des métaux précédemment étudiés, ceux surtout qui ne sont pas difficiles à fondre, peuvent se combiner avec lui et donner des alliages que l’on connaît sous le nom d'amalgames.

Amalgames de potassium et de sodium. Le sodium s’unit au mercure avec chaleur et lumière, et le potassium avec chaleur seulement (Sérullas); du reste les amalgames qui en résultent sont solides ou liquides, suivant la quantité de mercure qui entre dans leur composition. J’ai déjà examiné l’action curieuse qu’exerce ce composé sur l’ammoniaque et la théorie à laquelle elle a conduit (voy. art. Ammoniaque).

Amalgame de "d parties de mercure et de \ partie d’étain. Il est mou et cristallisé; il est liquide s’il est formé par 10 parties de mercure. On l’emploie pour étamer les glaces : celle opération consiste à verser du mercure sur une lame d’étain étendue horizontalement, à appliquer la glace dessus, et à la charger de poids afin de la faire adhérer à l’amalgame, qui se forme aussitôt que le contact des deux métaux a lieu.

Amalgame de 4 parties de mercure et de 1 partie de bismuth. On s’en sert pour étamer la surface interne des globes de verre ; après avoir chauffé ces globes pour les sécher, on y verse l’amalgame fondu, et on l’agite pour le disséminer sur toute la surface, à laquelle il ne larde pas à adhérer fortement.

Amalgame de 100 parties de mercure, de 497 de bismuth, de 310 de plomb, et de 177 d’étain. Il est solide et d’un blanc d’argent; il fond à 77°,5 c. Il est très-propre à l’injection des pièces anatomiques.

Caractères distinctifs du mercure. Il est liquide à la température ordinaire.

On emploie le mercure pour construire des thermomètres, des baromètres , des cuves hydrargyro-pneumatiques, à l’aide desquelles on recueille les gaz solubles dans l’eau , pour faire les diverses préparations mercurielles, les amalgames, etc., et pour exploiter les mines d’or et d’argent. On s’est quelquefois servi avec succès du mercure, dans la constipation rebelle et le volvulus qui n’est pas accompagné d'inflamma-

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