DU BICHLORUDE DE MERCURE
Cent p. d’eau à 0° dissolvent 5,73 p. de ce sel , et à 100", 53,96 p. ; les cristaux qu’on peut obtenir de celte dissolution sont anhydres. Deux parities V3 d’alcool absolu froid, et 1 d’alcool bouillant, en dissolvent une partie. H est encore plus soluble dans l’éther.
Le soîutum aqueux de sublimé corrosif est liquide, transparent, inccolore, doué d’une saveur styptique, métallique, désagréable. Le cyanure jaune de potassium et de fer, les sulfures et les alcalis, se com- > ! portent avec lui comme avec les dissolutions de bioxyde (voy. p. 617).
^ L’eau de chaux le décompose eu se décomposant ; son oxygène se porte ^ >ur le mercure, tandis que le calcium s’unit au chlore; le mélange aie chlorure de calcium et de bioxyde de mercure qui en résulte porte le nom d’eau phagédénique (1).
Si l’on verse un excès d’ammoniaque dans du bichlorure de mercure, on obtient le précipité blanc (chloramide de mercure) = Hg^Cl, HgH^Az ; l’où il suit qu’un équivalent d’hydrogène de l’ammoniaque a pris au jichlorure de mercure un équivalent de chlore pour former de l’acide :hlorhydrique.
2HgCl 2H3Az __ H3Az, HCl Hg2Çl H^Az
Bichlor. de merc. ’ Ammoniaque. Ghiorhyd. d’ammoniaque. ’ Protochlor. de merc. Amidogène,
■i , au contraire , le bichlorure de mercure est maintenu en grand exès, le précipité blanc a pour formule 3HgCl,HgH2Az; d’où il suit que e précipité blanc n’a pas toujours la même composition.
Veau distillée ne trouble point la dissolution aqueuse du bichlorure de lercure. L’azotate d’argent agit sur lui comme sur tous les chlorures, le écompose, et en précipite du chlorure d’argent blanc, caillebotté, insojble dans l’eau et dans l’acide azotique; il reste alors dans la dissoluon de l’azotate de bioxyde de mercure (voy. p. 290). Le protochlorure 'étain, dissous dans l’eau, en précipite sur-le-champ du protochlorure e mercure (calomélas), et bientôt après du mercure métallique noir; i dissolution se trouve contenir alors du bichlorure d’étain : d’où il iiitque le bichlorure de mercure a cédé son chlore au protochlorure 'étain.
(1) Quand l’eau phagédénique a été préparée, comme cela parait convenable, 'ec un excès d’eau de chaux , elle est jaune et contient en dissolution, outre le dorure de calcium et l’excès de chaux, un peu de bioxyde de mercure ; la maure partie de cet oxyde, au contraire, n’est que suspendue.
Le mercure métallique, mis en contact avec la dissolution de bichlorure de mercure , se ternit, et le liquide se trouble ; le sel est entièrement décomposé, et l’on n’obtient que du protochlorure de mercure : il est évident que la moitié du chlore du bichlorure s’est portée sur le mercure métallique.
Une lame de cuivre, plongée dans la dissolution de bichlorure, la décompose, et l’on obtient du bichlorure de cuivre soluble, et un précipité grisâtre formé, 1" par du protochlorure de mercure (calomélas), 2“ par un amalgame de cuivre et de mercure, 3° par un peu de mercure (voy. ma Toxicologie, t. P*”, 4® édition). Il suffit , pour expliquer la formation de ces divers produits , d’admettre , ce qui est réel , que le cuivre a plus d’affinité pour le chlore que le mercure ; une partie de ce métal doit donc être mise à nu dès que l’action commence; ce mélange se trouve à peu près dans les mêmes conditions que celui dont j’ai parlé dans l’alinéa précédent; il doit donc se précipiter du protochlorure de mercure. Mais la lame de cuivre se trouve quelquefois noircie par de l’oxyde de cuivre, qu’il faut faire disparaître en la traitant soit par l’acide chlorhydrique, soit par un chlorure alcalin ; alors elle offre une tache blanche métallique dont l’intensité augmente par le frottement. Si on substitue à la lame de cuivre une lame de zinc, on transforme le bichlorure de mercure en chlorure de zinc, et il se forme un précipité, composé : 1“ de mercure métallique, 2® de protochlorure de mercure , 3° d’un amalgame de zinc et de mercure-, 4° de fer et de charbon , substances qui se trouvent dans le zinc du commerce.
Lorsqu’on plonge dans une dissolution, même très-étendue, de sublimé corrosif, une lame ou un anneau d’or, que l’on a préalablement recouvert en spirale d’une petite feuille d’étain roulée, si l’on ajoute une ou deux gouttes d’acide chlorhydrique , on voit, au bout de quelques minutes, le mercure du sublimé se porter sur l’or et le blanchir : la lame ainsi blanchie n’est pas attaquée et reste blanche, lorsqu’on la traite par l’acide chlorhydrique concentré et pur ; il suffit de la chauffer pour volatiliser le mercure et faire reprendre la couleur jaune à la portion blanche. Il est évident que , dans cette expérience, l’élain s’empare du chlore du bichlorure de mercure, tandis que ce métal est attiré par l’or. Ce caractère n’offre de valeur en médecine légale qu’au tant qu’il a été constaté tel que je viens de l’exposer: en effet, la lame d’or peut être blanchie dans un liquide non mercuriel qui contient de l’acide chlorhydrique ou du chlorure de sodium ; la couche blanche est alors formée par de l’élain qui s’est appliqué sur l’or; mais celle couche disparait assez promptement par l’action de l’acide clilorhydrique pur, et la lame