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E.^ OX¥DEN DE MERCURE

On ne connaît que deux oxydes de mercure.

Protoxyde, Hg2Q. — Il est le produit de l’art, et il n’existe que dans les sels de mercure m minimum; on ne peut pas l’isoler, car lorsqu’on cherche à le séparer de l’azotate de protoxyde par la potasse, on obtient un précipité noirâtre que l’on a décrit jusqu’à présent sous le nom de. protoxyde, et qui est formé, d’après M. Guibourt, de bioxyde

et de mercure métallique très-divisé : eu effet, ce précipité noirâtre, comprimé entre deux corps durs, présente de petits globules mercuriels visibles à l’œil; il se transforme en mercure et en bioxyde par l’action de la lumière ou lorsqu’on le chauffe û 100° c.

Préparation. Il ne peut pas être obtenu pur ; la poudre noire que l’on sépare en décomposant un sel de protoxyde de mercure par la potasse est un mélange de bioxyde et de mercure très-divisé.

Bioxijde (précipité rouge, précipité fer se), Hg 0. — On ne le trouve pas dans la nature; il jaune-serin lorsqu’il a été préparé par la voie humide , jaune orangé quand il provient de la calcination de l’azotate de mercure bien broyé, orangé foncé si l’azotate qui l’a fourni était en cristaux volumineux, rouge orangé s’il était en petits grains cristallins (Gay-Lussac), et rouge foncé s’il a été obtenu en chauffant le mercure au contact de l’air. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il se transforme, au-dessus du rouge brun , en gaz oxygène et en mercure ; il est également décomposé par la lumière ; trituré avec du mercure , il fournit une poudre brune que l’on a cru être du protoxyde , et qui n’est autre chose qu’un mélange de bioxyde et de mercure très-divisé : il se dissout dans l’eau et lui communique une forte saveur métallique, la propriété de verdir le sirop de violettes et de brunir par l’addition de l’acide suifhydrique. Il est décomposé, à l’aide d’une douce chaleur, par la plupart des corps avides d’oxygène. Le chlore le décompose aussi, surtout s’il est jaune et non calciné; il en dégage une partie de l’oxygène, donne une certaine quantité de bichlorure, qui s’unit avec la portion de bioxyde non décomposé et forme une poudre noire. L’oxyde jaune se combine à froid avec l’acide oxalique, tandis que l’oxyde rouge n’est pas attaqué; le premier est transformé en oxychlorure noir par une dissolution alcoolique de bichlorure de mercure, tandis que cela n’a pas lieu avec l’oxyde rouge (Millon). Si l’on traite le bioxyde de mercure par un grand excès d’ammoniaque liquide caustique, on obtient une poudre jaune 4Hg0,H3Az,2H0 , oxijde ammonio - mercurique qui, à l’état anhydre, forme avec les acides des sels parfaitement définis. Le bioxyde de mercure est employé en médecine comme escharolique, surtout dans les maladies vénériennes , pour détruire les chairs fongueuses et exciter certaines ulcérations vénériennes; à l’état pulvérulent, il sert à tuer les poux et les morpions; mêlé avec de la graisse, il constitue un onguent donton fait quelquefois usage dans les maladies syphilitiques et dans les ophthalmies chroniques entretenues par l’ulcération du bord libre des paupières. En général, l’application extérieure de cet oxyde peut être suivie de symptômes funestes, et on ne doit le prescrire qu’â

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