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DES METAUX DE LA SEPTIÈME CLASSE

Ces métaux , au nombre de trois , savoir : l’or, le platine et le palladium , ne peuvent opérer la décomposition de l’eau, ni absorber l’oxygène de l’air à aucune température. Leurs oxydes sont facilement réductibles par le feu. Les acides sulfurique et azotique n’ont pas d’action sur l’or et le platine; l’eau régale peut, au contraire, les dissoudre.

DE L’OR. Au. Équlralcnt = 1227,8 (1).

On ne trouve l’or qu’à l’état natif, ou combiné avec un peu d’argent, de cuivre, de fer, de tellure, etc., mais surtout avec l’argent; il existe en Transylvanie, en Sibérie, à Kordovan en Afrique, près du Sénégal, vis-à-vis Madagascar, mais principalement au Pérou, au Mexique, au Brésil, en Californie, en Espagne près Grenade, etc. M. Kokcharoff a trouvé dans la partie méridionale de l’Oural une pépite d’or du poids de 36 kil. 017 {Ann. de chim., février 1843). Il est sous forme de grains, de filaments ou de cristaux, et ne se trouve guère que dans les terrains primitifs, intermédiaires et d’alluvion. Les différents échantillons d’or de la Californie sont d’une dimension très-inégale; ils sont sous forme d’une poudre fine ou de morceaux de la grosseur d’une noix, dont quelques-uns pèsent de 60 à 100 grammes ; cependant la plus grande partie des échantillons que M. Hofmann a eu occasion d’examiner étaient en paillettes irrégulières, de la grosseur d’une tète d’épingle, et toujours mélangées d’une quantité plus ou moins grande de poussière de fer, que l’on peut enlever à l’aide d’un aimant. Elles étaient composées d’or, 89,61; d’argent, 10,06; de fer et de cuivre, 0,34. L’or de la Californie est donc un alliage presque pur, de environ d’or, et de Vjo d’argent. (Journal de pharmacie /]mw\QV 1850.)

L’or est presque aussi mou que le plomb, d’une couleur jaune trèsbrillante, un peu rougeâtre; en feuilles minces, il est transparent et laisse passer une lumière d’un très-beau vert; en poudre très-fine, il est d’un jaune violacé. Il est insipide, inodore, extrêmement ductile et malléable; on le réduit en feuilles si minces, que 30 grammes d’or suffisent pour couvrir un fil d’argent de plus de 200 myriamètres; sa ténacité est

(1) D’autres chimistes le portent à 2450, c’est-à-dire à 96 fois celui de l’hydro gène.

DE l’or. 635

très-grande; son poids spécifique est de 19,258, et devient 19,367 par l’écrouissage.

Soumis à l’action du calorique, l’or entre en fusion à une chaleur blanche (1200° environ du thermomètre à air); si on le laisse refroidir lentement, on peut l’obtenir cristallisé en prismes quadrangulaires ou en cubes; il est peu volatil; cependant il se volatilise lorsqu’on le fait fondre au foyer d’un grand miroir ardent, à la flamme du chalumeau de Brook , ou quand on l’expose en feuilles très-minces à l’action d’une forte batterie électrique ou d’une pile très-énergique. Le gaz oxygène, Voir, Vhijdrogène, le bore, le carbone et Vazote, sont sans action sur lui. Il en est de même du soufre, avec lequel on peut cependant le combiner en deux proportions : en décomposant le sesquichlorure d’or à froid par l’acide sulfhydrique, on obtient un sulfure jaune brun, Au^S^; si le sesquichlorure est bouillant, il se forme un sulfure brun foncé, Au2 S. Le phosphore s’unit à l’or à l’aide de la chaleur, et donne un phosphure brillant, jaune, fragile. Viode n’agit point sensiblement slir lui ; toutefois il existe deux iodures d’or. Le protiodure, Au2I, est jaune-citron, incrislallisable, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; décomposable. à 120° c. : on l’obtient en décomposant un excès de chlorure d’or par de l’iodure de potassium (Fordos).Le sesquiiodure d’or, Au2J3, n’a pas encore été isolé.

Le chlore dissous dans l’eau dissout ce métal et forme un chlorure, pourvu que l’or soit assez divisé. Il existe deux chlorures d’or : le protochlorure, Au2Cl, obtenu en chauffant le sesquichlorure à 200° environ, est jaune pâle, insoluble dans l’eau, décomposable par la chaleur et la lumière, en or et en chlore, et par l’eau chaude en or et en sesquichlorure; le sesquichlorure , Au^Cl^, d’un rouge brun foncé, fusible, décomposable à environ 200° en protochlorure et en or, est déliquescent, très-soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther (sa di.ssolution éthérée était anciennement employée sous le nom d'or potable ; à la longue, elle laisse déposer de l’or métallique) ; il est d’une saveur acerbe, amère, soluble dans l’acide chlorhydrique, avec lequel il forme un chlorhydrate de chlorure d’or, cristallisable par une évaporation lente dans un air sec; il joue vis-à-vis les chlorures électro-positifs le même rôle que le sublimé corrosif (voy. p. 607). On l’obtient en traitant l’or par l’eau régale et en chauffant jusqu’à siccité.

Aucun des acides formés par l’oxygène n’attaque l’or ; on a mis à profit le défaut d’action de l’acide sulfurique concentré bouillant sur l’or, pour séparer en grand ce métal de l’argent, qui.au contraire se dissout dans l’acide sulfurique bouillant. L’or n’est pas attaqué non plus par les

acides fluorhjdrique , suîfhydrique chlorhydrique , ni par les sulfures dissous. Veau régale, préparée avec 8 parties d’acide chlorhydrique à 22 degrés et 2 parties d’acide azotique à 40 degrés , peut dissoudre une partie et neuf dixièmes d’or à l’aide d’une légère chaleur; il se dégage de l’acide hypoazotique , et l’on obtient du sesquichlorure d’or ; dans celle expérience, l’or est dissous par le chlore {\oy. Action de l’eau régale sur les métaux en général, p. 275). Les alcalis n’attaquent pas l’or; toutefois, si on le fait chauffer au contact de l’air avec un de ces corps , il absorbe l’oxygène et donne un aurate alcalin. Les monosulfures n’agissent point sur lui; les polysulfures le transforment en sulfures par la voie sèche et humide.

L’or peut s’allier avec un très-grand nombre de métaux.

1“ Alliage de 9 parties d’or et de 1 partie de cuivre. Il est employé à faire la monnaie d’or, composée de 900 d’or et de 100 de cuivre; la loi accorde une tolérance de 2 millièmes soit au-dessus, soit au-dessous de ce litre moyen. Les bijoux d’or ont trois titres, savoir : 750, 840 et 920 millièmes d’or; le reste est du cuivre; la tolérance est de 3 millièmes au-dessous pour le litre de 750; les alliages des deux autres titres sont peu employés. Les instruments et ustensiles d’or sont aussi formés par ces deux métaux, mais dans d’autres proportions. Ces divers alliages contiennent en outre un peu d’argent qui se trouve naturellement combiné avec l’or ; il suit de là que, pour en faire V essai, il faut déterminer la quantité de cuivre qui entre dans leur composition au moyen du plomb, et celle d’argent et d’or par la coupellation (voy. article Argent, p. 624), puis traiter le bouton de retour par l’acide azotique, qui dissout l’argent sans attaquer l’or ; la différence de poids avant et après l'opération en indique la quantité; seulement il pourrait arriver que la (juantité d’argent fût insuffisante pour pouvoir être séparée convenablement, il faudrait alors en ajouter une proportion déterminée à l’avance par la balance; ce métal, en s’unissant à l’argent contenu dans l’alliage, empêcherait la perte, laquelle, sans cela, serait inévitable. Une monnaie dont le titre moyen est de exige , pour être passée à la coupelle, 10 parties de plomb. En opérant sur 0 gr. 500, comme on le fait habituellement, il faudra coupeller l'alliage avec 1 gr. 350 d’argent et 5 gr. de plomb.

2” Alliage de 11 parties d’or et de 1 partie de plomb. Il est d’un jaune pâle, aussi fragile que le verre, plus dur et plus fusible que l’or. Il paraît qu’il suffit d’allier avec l’or i/gjo de son poids de plomb pour le rendre cassant; il en est de même de Vantimoine.

3“ Amalgame d’or fait avec {partie d’or et S parties de mercure. Il est

DE l’or.

mou, soluble dans le mercure. On emploie un amalgame composé de 33 parlies de mercure et de 67 d’or pour dorer l’argent , le cuivre, etc, (voy. Dorure, p. 661).

4® Alliage d’or et d’argent. On le trouve dans la nature; il est solide, blanc ou vert, suivant les proportions d’argent ou d’or ; il est plus fusible que ce métal. L’or vert est formé de 70 parties d’or et de 30 parties d’argent.

Dans le commerce, pour savoir si un alliage contient de l’or, on se contente de frotter la pièce sur un morceau de cornéenne lydienne, appelée pierre de touclie, jusqu’à ce que l’on ait produit une trace suffisamment prononcée; alors on passe sur cette couche un liquide composé de 25 parties d’eau et de 38 d’acide azotique à 1,34 de densité, et de 2 d’acide chlorhydrique à 1,17 : si la trace persiste sans altération , on en conclut que le métal est de l’or, puisqu’il n’est pas attaqué par ces acides; si , au contraire, elle diminue d’intensité ou qu’elle disparaisse tout à fait, il est évident que l’or était allié ou que le métal est tout autre que de l’or.

Caractères distinctifs. 1° Ses propriétés physiques ; 2° son action sur l’eau régale, qui le dissout et donne un chlorhydrate de chlorure facilement reconnaissable (voy. p. 640;.

On emploie l’or pour dorer le verre ou la porcelaine , pour colorer lc5 verres en rose, pour faire le pourpre de Cassius. Lorsqu’il est Irèsdivisé et préparé au moyen du sulfate de protoxyde de fer, il est administré à l’intérieur, comme le chlorhydrate de chlorure d’or (voy. p. 640), quoiqu’il soit beaucoup moins actif. On s’en sert à l’extérieur pour exciter les ulcérations vénériennes du voile du palais.

Extraction. — Exploitation de l’or mêlé avec du sable ou avec une gangue. Lorsque la mine est réduite en poudre, on la lave sur des planches inclinées ; l’or, beaucoup plus pesant, reste, tandis que les parlies terreuses sont entraînées; on l’amalgame avec du mercure pour le séparer d’un peu de sable, et on distille l’amalgame pour en volatiliser le mercure.

Exploitation des sulfures aurifères. 1° On les grille suffisamment pour en séparer le soufre, et on les fait fondre avec du plomb d’œuvre, puis on soumet l’alliage à la coupellation; cependant l’or que l’on obtient peut contenir du fer, de l’étain et de l’argent; on en sépare le fer et l’étain en le faisant fondre avec du nitre, qui oxyde ces deux métaux sans altérer l’or ni l’argent; Je dirai tout à l’heure comment on le prive de ce dernier métal.

2® Procédé d’amalgamation. Si le sulfure est riche en or, on le traite

directement par le mercure, et on distille l’amalgame; s’il n’en renferme

que très-peu, on est obligé de le griller avant de l’amalgamer avec le

mercure.

Si l’or obtenu par l’un ou par l’autre de ces procédés contient de l’argent, on doit l’en priver ; supposons qu’il en renferme 3 parties sur 4 ; on le fait bouillir pendant demi-heure avec un poids égal au sien d’acide azotique à 25 degrés ; on décante et on traite le résidu par une égale quantité du même acide; il se forme de l’azotate d’argent soluble, tandis que l’or n’est pas attaqué; mais, comme tout l’argent peut ne pas avoir été dissous, on fait encore bouillir l’or avec le double de son poids d’acide sulfurique concentré, qui enlève les dernières portions d’argent; ensuite on précipite l’argent de l’azotate et du sulfate, en chauffant ces sels avec des lames de cuivre, et en ayant la précaution de décomposer le sulfate acide dans des vases de plomb; Tazotate peut être chauffé dans des vases de bois. Si l’or ne contient pas les V4 de son poids d’argent, on est obligé, avant de le traiter par l’acide azotique, de le fondre avec une assez grande quantité d’argent pour que les proportions du mélange soient dans ce rapport : sans cela, l’argent ne serait pas entièrement dissous.

Pour obtenir l’or pur, on réduit le chlorure d’or par le protochlorure d’antimoine à l’aide de la chaleur (Levol, Journ. depharm., janv. 1844).

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