ANALYSE DES PRINCIPES IMMÉDIATS AZOTÉS
De cette manière, on trouve que 100 parties de sucre renferment :
Carbone 42,20
Hydrogène 6,50
Et comme le sucre n’est formé que de carbone , d’oxygène et d’hydrogène, le complément de ces quantités trouvées pour arriver au nombre 100 de sucre employé ou analysé Indique la proportion d’oxygène Oxygène = 61,24
$ II. Analyse des principes Immédiats azotés (1).
Si la substance que l’on soumet à l’analyse contient de Vazote associé au carbone, à l’hydrogène et à l’oxygène, comme cela a lieu dans la plupart des matières d’origine animale , la détermination des éléments exige deux opérations distinctes : la première pour doser tous les éléments, excepté l’azote, et la seconde, pour ce dernier corps, que l’on mesure à l’état de liberté.
Pour cela, on se sert d’un tube analogue à ceux que l’on emploie pour analyser les matières non azotées ; seulement on le ferme à la lampe , au lieu de l’effiler à l’extrémité postérieure (pl. 2 , fig. r®}. Au fond de ce tube, on introduit, en a, quelques grammes de carbonate de plomb bien pur et sec, ou de bicarbonate de soude ; par-dessus, en h, on met 2 ou 3 centimètres de bioxyde de cuivre fin mêlé de tournure grillée ; on mélange alors 4 ou 5 décigrammes de la matière à analyser avec 10 ou 12 grammes environ de bioxyde de cuivre fin ; on place ce mélange dans la partie c; par-dessus on met du bioxyde mêlé de planures grillées jusqu’en d, puis on achève de remplir le tube avec du cuivre métallique réduit du bioxyde par l’hydrogène , afin que si l’azote , pendant la destruction de la matière, venait à se combiner avec un peu d’oxygène, et produisait des composés gazeux et oxygénés, ceux-ci pussent être détruits par le cuivre, qui absorberait tout cet oxygène. On enveloppe de cuivre gratté toute la partie du tube qui doit être fortement chauffée, puis on
fl) M. Lassaigne a fait voir : 1® que le potassium chauffé au rouge obscur, dans un petit tube creux de verre, avec une matière organique azotée ^ se transforme facilement et en partie en cyanure , dont la présence peut alors être constatée par la réaction des sels de fer ; 2® que ce moyen , dans les conditions on il est employé, est assez sensible pour déceler l’azote dans une parcelle de matière organique (Joiirn. de cliipi. méd., avril 1843).
lie l oiifice, au moyen d’un tuyau en caoutchouc, à la petite pompe h
qui porte elle-même un tube propre à recueillir le gaz, d’une lon-
gueui de 80 centimètres au moins , et plongeant dans une cuvette remplie de mercure.
On place alors le tube ainsi disposé sur une grille ou un fourneau, comme il a été indiqué pour les matières organiques non azotées; on interpose des écrans entre la partie chauffée du tube et la ligature en caoutchouc qui y joint la petite pompe.
Cette pompe est destinée à faire le vide dans tout l’appareil ; car, comme 1 azote est mesuré à l’état de gaz, s’il restait quelques traces d’air, l’azote qu’ejles contiendraient pourrait fausser tous les résultats; elle est armée de plusieurs robinets destinés à interrompre ou à établir les communications des diverses parties de l’appareil avec le corps de la pompe; alors on fait le vide dans tout le système : le mercure s’élève dans le tube à recueillir les gaz, et s’arrête à la hauteur du baromètre; un petit curseur en fd sert à marquer son niveau, afin de s’assurer si l’appareil ne perd pas.
Mais, comme par ce moyen l’on ne peut arriver à produire un vide parfait, on chauffe d’abord la partie postérieure du tube qui contient le carbonate, afin d’en dégager un peu d’acide carbonique, qui vient balayer tout l’air qui pourrait rester : on en dégage ordinairement de 2 à 300 centimètres cubes environ.
Après cette opération , l’appareil pouvant être considéré comme parfaitement purgé d’air, on procède à la décomposition de la matière : on commence par placer sur la cuvette, et à l’orifice du tube à gaz, une cloche graduée contenant 30 ou 40 centimètres cubes d’une dissolution de potasse caustique à 45 degrés.
On porte au rouge la p.artie e du tube, puis la portion d, et quand il est bien incandescent, on commence à chauffer le mélange en c; les gaz dégagés arrivent dans la potasse; l’acide carbonique est absorbé, et l’azote se rassemble au sommet. On termine la décomposition en ayant soin que le dégagement de gaz soit lent et régulier; lorsqu’elle est achevée, et que toutes les parties du tube sont incandescentes, on procède à la décomposition d’une nouvelle quantité de carbonate, pour que l’acide carbonique dégagé puisse balayer tout l’appareil, et chasser ainsi dans la cloche tout l’azote qui pourrait rester.
Après cela, et durant l’opération , on agite la cloche, afin de faciliter l’absorption des dernières traces d’acide carbonique, e( quand le volume de gaz paraît constant, on transporte l’éprouvette dans une cuve pleine d’eau, de manière à remplacer le mercure et la potasse qui s’y trou-
ANALYSE DES SELS FORMÉS d’üN PRINCIPE IMMÉDIAT. 25 vent par de l’eau ; on mesure alors le gaz , en tenant compte de la tension de la vapeur aqueuse, de la température et de la pression barométrique, et on en calcule facilement le poids à l’aide de toutes ces données.
C’est ainsi que 0,5000 de taurine ont donné , à une première analyse :
Eau 0,'255 conlenant 5,6 d’hydrogène,
Acide carbonique 0,318 conlenant 19,2 de carbone;
et à une détermination spéciale ayant pour objet de recueillir l’azote, la même quantité de taurine a fourni:
Azote = 30,9 centimètres cubes qui, à la température de 0° et sous la près sioii de 0,76 centimètres , représentent 11,1 d’azote en poids.
Donc la taurine est formée, pour 100 parties, de :
Carbone = 19,2 Hydrogène = 5,6 Azote =11,1
Oxygène = 64,1 déterminé par différence, comme il a déjà été dit.
§ 111. Analyse des sols fermés d'uu principe Imnicdiaf, acide ou bnslf|uc.
Il arrive quelquefois que les espèces organiques acides ou basiques ne sont pas obtenues à l’état de pureté, et alors il est impossible d’en faire une analyse rigoureuse; souvent, dans ces cas, on parvient à former avec les acides organiques et une base minérale, ou bien avec les bases organiques et un acide minéral , des sels purs, dont l’analyse fait connaître beaucoup plus exactement la composition de l’espèce organique. Supposons, pour ne citer qu’un exemple, qu’un acide organique ait été combiné avec un oxyde métallique, et qu’on le soumette à l’action du bioxyde de cuivre (voy. p. 19) : l’acide sera décomposé, et donnera un carbonate métallique; si celui-ci est de ceux qui sont facilement décomposés par le feu, il laissera dégager tout son acide carbonique, et rien ne devra être changé au procédé, puisque ce gaz se rendra dans la potasse contenue dans l’appareil A boules de Liebig ; mais si le sel à analyser est formé d’un acide organique et de potasse, de soude, de lithine, de baryte ou de strontiane, bases alcalines indécomposables ou difficilement décomposablcs par le feu , il est évident que les carbo-
nales de ces bases resteront, du moins en partie, dans le tube à corn buslion , et l’on n’obtiendra dans la potasse de l’appareil à boules qu’uiK quantité d acide carbonique qui sera loin de représenter celle qui se sen foimée pendant la décomposition de l’acide organique. Je dis que le: caibonates resteront, du iTioins enpartie, dans le tube à combustion en effet on ne peut pas ne pas admettre qu’une portion de ces carbonate: n ait été décomposée par le bioxyde de cuivre, par les acides minéraux, pai le chlore, et par d’autres éléments qui peuvent exister en combinaisoi avec ce bioxyde ou avec le cuivre réduit. Quoi qu’il en soit, dès que 1^ bioxyde de cuivre peut être insuffisant pour expulser tout l’acide carbonique, il importe de lui substituer du chromate de plomb en poudre, piéalablement fondu et uni à une petite quantité de bichromate dépotasse; le chromate de plomb est moins hygrométrique que le bioxydt de cuivre, il fond à une température assez basse, et, en se décomposant, il brfile complètement Jusqu’aux dernières parcelles de charbon de la matière oi*ganique. i
§ IV. Analyse dos principes Immédiats qnl renferment du soufre
ou du phosphore»
Si la substance organique, azotée ou non, contient en outre du soufre, sa décomposition dans le tube à combustion, à l’aide de l’oxygène du bioxyde de cuivre, doit donner lieu à la formation d’une certaine quantité d’acide sulfureux, lequel, en se combinant avec la potasse contenue dans l’appareil à boules , rend inexacte l’appréciation de la proportion d’acide carbonique. On évite cet élément de perturbation en plaçant à la partie antérieure du tube à combustion, dans une longueur de 0"',2, de la litharge (protoxyde de plomb), qui absorbe et retient complètement l’acide sulfureux , pourvu que l’on opère à une chaleur rouge et que le courant de gaz ne soit pas trop rapide.
Il est vrai que ce procédé, excellent pour empêcher le soufre d’altérer les résultats, en ce qui concerne la détermination des proportions de carbone, d’hydrogène, d’azote et d’oxygène contenus dans le principe immédiat, ne fait aucunement connaître la quantité de soufre que renferme ce principe. On parvient à apprécier celle-ci en brûlant la matière organique par le bioxyde de cuivre, comme à l’ordinaire (voyez p. 19), et en n’adaptant au tube à combustion que la partie de l’appa- | reil à boules qui renferme la potasse; l’oxygène du bioxyde transforme la majeure partie du soufre en acides sulfureux et sulfurique, qui se dégagent et vont se combiner avec la potasse ; l’autre partie du soufre