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I.A liACTIUE. H<C

La lactide, obtenue pour la première fois par MM, Pelouze et J. Gay- Lussac, en décomposant par le feu l’acide lactique anhydre, est en larges tables rhomboïdales, incolores et transparentes. A 120“, elle s’affaisse sans fondre, mais en émettant des vapeurs; à une température plus élevée, elle fond et se sublime assez rapidement; à 250“, elle se décompose et fournit les mêmes produits que l’acide lactique anhydre. Elle est insoluble dans l’eau froide, tout en étant hydratée par ce liquide, qui la transforme en acide lactique hydraté; elle est plus soluble dans l’eau bouillante que ce dernier. Les alcalis la font également passer à l'état d’acide lactique anhydre. Elle absorbe le gaz ammoniac sec, et donne la lactamide, AzH^, cristallisable, qui se com-

porte avec les alcalis et les acides hydratés comme une véritable amide. En absorbant deux équivalents d’eau, la lactamide est changée en lactate d’ammoniaque.

Préparation de la lactide. On chauffe au bain-marie, pour le débarrasser de l’aldéhyde, le produit liquide obtenu en décomposant l’acide lactique anhydre à 250" ou 260"; par le refroidissement, ce produit se prend en une masse cristalline; on lave celle-ci avec de l’alcool absolu, froid, pour la décolorer; on la fait dissoudre dans l’alcool bouillant, qui, par le refroidissement, laisse déposer la lactide pure et cristallisée.

DE E.A LACTOAE, H®C*“OL

D’après M. Pelouze, il se formerait aussi, pendant la distillation de l’acide lactique anhydre, de la lactone, substance li(iuide, d’une odeur pénétrante, qui parait être à l’acide lactique ce que l’acétone est à 1 acide acétique. M. Gerhardt dit n’avoir jamais pu constater la présence de ce principe immédiat dans le produit de cette distillation (1).

(t) Tous les corps que je vais décrire, à dater de la digitaline jusqu’aiii corps gras (voy. p. 122) , oui été considérés par quelques cliimistes comme étant des principt s immcdia s ; il es: probable que bon nombre d’entre eux ne sont que des mélanges ou des composés de principes déjà connus et différents les uns des autres ■ ou voit que leur élude a besoin d être cojnplétée.

DE LA SAPONlNEi

DE LA DIGITALINE.

La digitaline fait partie de l’extrait de digitale ; elle a été étudiée, dans ces derniers temps, par MM. Quevenne et Homolle. Elle est sous forme de stries écailleuses ou de masses d’un jaune-paille, d’un aspect résinoïde , plus ou moins transparentes, non cristallines , d’une odeur aromatique sui generis, d’une amertume très-prononcée, sans action sur les papiers rouge et bleu de tournesol, inaltérables à l’air, peu solubles dans l’eau, Irès-solubies dans l’alcool faible ou concentré, solubles à 9° c. dans 100 parties d’éther d’une densité de 0,727, ne se combinant ni avec les acides (l’acide tannique excepté) ni avec les alcalis, colorant en vert émeraude l’acide chlorhydrique concentré. Les alcalis et les carbonates alcalins la décomposent, surtout à chaud. Elle est excessivement vénéneuse. Tout en reconnaissant qu’elle possède les propriétéi médicales de la digitale , plusieurs praticiens préfèrent employer celte plante, parce qu’ils redoutent les effets trop énergiques de la digitaline.

Préparation. On traite l’extrait alcoolique de digitale par de l’éther légèrement alcoolisé, d’une densité de 0,783, qui dissout à la fois la digitaline, ladigitalose et ledigitalin; on évapore, et l’on traite le résidu par l’alcool à 00 degrés , qui dissout la digitaline et laisse la plus grande î partie de la digitalose et du digilalin; on évapore la dissolution à une i douce chaleur, et l’on traite le produit par de l’alcool faible , qui dissout I la digitaline; malheureusement celle-ci ne peut pas être complètement I débarrassée de quelques traces de digitalose et de digitalin.

La digitalose, substance crislallisable, le digitalin et la digitalide , constituent trois autres matières neutres contenues dans l’extrait de digitale.

DE LA ütAPONINE.

M. Bussy a décrit en 1832 une matière qui existe dans le marron d Inde, dans 1 écorce du quillaia saponaria, et qu’il a extraite du gypsopfnlastruthium (saponaire d’Égypte), genre très-voisin des saponaires, et à laquelle il a donné le nom de saponine. Elle est blanche, incristallisable, âcre, piquante, friable, très-soluble dans l’eau; un millième de son poids suffit pour communiquer à ce liquide la propriété de moussei [)ai 1 agitation ; l alcool la dissout très-bien , cependant elle est moins soluble dans ce liquide très-concentré; l’éther ne la dissout |)oint. Les acides étendus et bouillants la convertissent en acide esculique (Frémy). L acide azotique la transforme à chaud en une matière jaune, d’ajipa-

rence résineuse , en acides raucique , oxalique , etc. Les alcalis étendus et bouillants la changent en esculates (Frémy), Elle n’est pas volatile, mais elle se décompose au feu et fournit beaucoup d’huile empyreumatique acide. A l’air, elle brûle avec flamme en se boursouflant. On l’emploie pour dégraisser les laines qui pourraient être altérées par les alcalis.

Plusieurs années auparavant, on avait déjà donné le nom de saponme à la substance que l’on obtient en traitant l’extrait aqueux de la racine de saponaria officinalis par l’alcool , et qui existe aussi dans les racines de jalap, de pohjpodium vulgare, dans Varnica montana, etc. Elle est solide, translucide, d’un brun clair, inodore, d’une saveur légèrement amère; l’alcool aqueux et l’eau la dissolvent à merveille, tandis qu’elle est insoluble dans l’alcool absolu, dans les huiles volatiles et dans l’éther. Cette dissolution aqueuse de saponine se colore en jaune par l’addition de la potasse et de la chaux, qui pourtant ne la précipitent point ; le chlorure de fer y fait naître un précipité vert-olive. /

DE li’AIiOÉTlIfE.

Celte substance, extraite de l’aloès par M. Robiquet fils, est incrislallisable, à peine colorée en jaune, soluble dans l’eau et l’alcool ; elle passe au rouge intense lorsqu’elle absorbe l’oxygène de l’air. Distillée avec de la chaux , elle fournil Valoïsol, H^C^O^, d’une densité de 0,877 à 15° c., et bouillant à 130°.

DE E.A SARCOCOEEIME.

La sarcocolline n’a été trouvée jusqu’à présent que dans lepenœa sarcocolla, arbrisseau indigène du nord de l’Afrique. Lorsqu’elle est pure , elle est sous forme de petits gâteaux bruns, demi-transparents, fi agiles, incrislallisables, et doués d’une saveur sucrée d’abord, puis amèie, son poids spécifique est, d’après Brisson, de 1,2684. Elle se dissout tièsbien dans l’eau bouillante; le solutuin devient laiteux par le refioidissement; elle est soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther, et inciislallisable. L’acide azolique la change en acide oxalique. Elle es! sans usages, et composée de 57,15 de carbone, de 8,34 d’hydrogène, et de 34,51 d’oxygène. Thompson, qui a fait connailre cette substance, pense qu’elle a beaucoup d’analogie avec le suc de réglisse, et qu’elle participe, jusqu’à un certain point, des propriétés de la gomme et du sucre, mais principalement de ce dernier. Le produit connu dans le commerce sous

DE LA SALSEPARINE. 115

le nom de sarcocolle, et qui est sous forme de petits globules oblongs, demi-transparents, d’une couleur jaune ou d’un brun rougeâtre, et d’une odeur analogue à celle de l’anis, est composé, d’après Pelletier, de 65,30 de sarcocolline, de 4,60 de gomme, de 3,30 de matière gélatineuse analogue, sous beaucoup de rapports, à la bassorine, et de 26,80 de matières ligneuses.

Préparation. On obtient la sarcocolline pure en traitant par l’alcool absolu la sarcocolle du commerce, épuisée par l’éther, et en évaporant la dissolution jusqu’à siccilé.

DE liA TISCIUE.

La viscine, découverte par M. Macaire, suinte du réceptacle ou de l’involucre de Vattractilis gummifera, de la famille des cynarocéphales. Elle est sous forme de masses molles d’un brun jaunâtre, d’une odeur faible, sans saveur, et très-poisseuse; elle est plus légère que l’eau, et plus pesante que l’alcool à 36 degrés. Elle est insoluble dans l’eau et dans l’huile, très-peu soluble dans l’alcool, et très-soluble dans l’éther sulfurique et l’essence de térébenthine. Elle est formée de 75,6 de carbone, de 9,2 d’hydrogène, et de 15,2 d’oxygène, composition qui la rapproche beaucoup des résines et de la cire.

DE EA SAE^^EPADlIiE.

La salseparine, ou le principe actif de la salsepareille, a été découverte, en 1824, par M. Palolta, qui lui donna le nom de parigline. Depuis, MM. Folchi , Thubeuf et Batka, ont étudié la salsepareille, et en ont retiré des substances qu’ils ont crues différentes de la parigline, et qu’ils ont désignées sous les noms de smilacine, de salseparine, et d’acide parillinique. Les dernières recherches de M. Poggiale prouvent que ces quatre matières sont identiques, quoique obtenues par des procédés différents, et qu’il suffit par conséquent d’en décrire une, la salseparine. Celle-ci, d’après M. Peretti, ne serait que du résinate de chaux.

La salseparine anhydre est blanche, inodore, insipide, à moins qu’elle ne soit dissoute dans l’alcool ou dans l’eau, car alors elle a une saveur amère très-austère et nauséeuse ; elle est plus pesante que l’eau. Chauffée, elle jaunit, fond, et se décompose en laissant un charbon très-léger et très-brillant. Elle est insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, très-soluble dans l’alcool bouillant, moins soluble dans l’alcool froid. L’éther bouillant la dissout également ; il en est de même

des huiles volatiles, tandis que les huiles grasses la dissolvent moins bien. Les dissolutions aqueuses et alcooliques moussent fortement par l’agitation ; elles verdissent le sirop de violettes. La dissolution alcoolique évaporée fournit des cristaux en aiguilles radiées. Les acides affaiblis dissolvent parfaitement la salseparine, mais sans se combiner avec elle, quoiqu’on obtienne des cristaux en houppes soyeuses avec l’acide chlorhydrique, et en prismes avec l’acide sulfurique; mais il suffit de lavages réitérés, au moyen de l’eau, pour enlever tout l’acide qui existait dans ces cristaux , et pour que la salseparine reste pure. La potasse, la soude et l’ammoniaque, dissolvent également la salseparine.

Préparation. On traite la racine de salsepareille par l’alcool, on décolore la liqueur par le charbon animal, on filtre, et on fait cristalliser (Thubeuf ). La partie médullaire de celte racine contient moins de salseparine que l’écorce.

DE liA QVASâlME.

On obtient le principe amer du quassia amara, du simaruba excelsa (quassine), en évaporant la décoction aqueuse du bois. Il est jaune brun, transparent, soluble dans l’eau, dans l’alcool faible, insoluble dans l’alcool absolu et dans l’éther. Sa dissolution aqueuse précipite en jaune quelques sels de fer et l’acétate de plomb , et en blanc 1 azotate de protoxyde de mercure; l’émétique, le chlorure de zinc, l’azotate de plomb, le sulfate de protoxyde de fer et l’azotate de cuivre, ne la troublent point. La quassine se comporte au feu comme les substances non azotées.

de E.% SCfEEITlME.

La scillitine, principe amer visqueux de la scille, scilla maritima, a été obtenue, pour la première fois, par Vogel, en traitant le suc épaissi de la scille par l’acétate de i)lomb. Elle est blanche, fragile, liansparente, d’une cassure résineuse, d’une saveur amère; elle se ramollit au feu, attire l’humidité de l’air, se dissout dans l’alcool, et ne donne point d’acide rnucique lorsqu’on la traite par l’acide azotique. G est à elle que la scille doit ses propriétés médicales, suivant \ogel. Elle est purgative, excite le vomissement, et ptul même, lorsqu’elle est concentrée, donner la mort (Tjlloy).

DU CAIL CÉDRIN.

DE LA TAA'CiVIIVE, OU DE LA HIAT1ÊRE CBIISTALLI^ABLE

DU TAIVGlIin!.

M. Henry fils a analysé l’amande du tanguin de Madagascar {tanghinia, genre voisin des cerbera), et il y a trouvé deux matières particulières, IdLtanguine et une substance cristalline à laquelle il n’a pas donné de nom. La tanguine est brune, visqueuse, incristallisable, légèrement amère, précipitant en vert ou en vert bleuâtre par les acides, et en rouge brun par les alcalis ; elle rougit sensiblement le papier de tournesol, ce qui dépend peut-être de ce qu’il a été impossible de la priver d’une certaine quantité d’acide. Elle ne possède aucune propriété alcaline , toutefois elle peut former avec les acides des composés particuliers. Elle est essenliellement narcotique, comme l’a prouvé Ollivier (d’Angers).

La matière cristallisable du languin est blanche, neutre, très-fusible, d’une saveur âcre très-prononcée, soluble dans l’alcool: cette dissolution précipite en blanc par l’eau distillée , par le chlore liquide, par les sels de plomb, d’argent et de mercure; elle ne paraît point contenir d’azote. Ollivier lui a reconnu une propriété irritante, et il a conclu que le tanguin, dont les propriétés vénéneuses sont très-énergiques, doit être rangé parmi les poisons narcotico-âcres.

DE LA BRYOMIIVE.

La bryonine est le principe actif de la racine de bryone. MM. Brandes et Firnhaber, qui l’ont étudiée après M. Frémy, lui assignent les propriétés suivantes : elle aune couleur jaune rougeâtre, sa saveur est extraordinairement amère; elle se gonfle par la chaleur, et laisse beaucoup de charbon quand on la décompose; l’eau et l’alcool la dissolvent, et la dissolution est abondamment précipitée par l’acétate de plomb et la noix de galle. Elle agit comme purgatif drastique, et à haute dose comme poison.

DU LAIL CÉDRIM.

M. Gaventou fils a extrait en 1849, de l’écorce du cail cedra ( khaya senegalensis)^ un |)rincipe amer neutre auquel il a donné le nom de cail cédrin. G est un corj)s solide, opaque, d’un aspect résineux , jaunâtre, non cristallin, d’une saveur très-amère, légèrement aromatique , sans

action sur les réactifs colorés, fusible dans l’eau à 70<> ou 80", et offrant alors l’aspect d’un sirop, peu soluble dans ce liquide, à moins qu’il ne contienne des sels minéraux, très -soluble dans l’alcool et -insoluble dans l’éther. Sa dissolution aqueuse précipite en blanc par le tannin, tandis qu’elle n’est pas troublée par l’azotate d’argent, le bichlorure de platine, le sesquichlorure de fer, l’acide oxalique, etc. Lecail cédrin forme, avec la chaux et la magnésie, des composés solubles dans l’eau et dans l’alcool concentré; la chaux caustique lui enlève son amertume si on chauffe un peu. Il a été employé avec succès dans un cas de fièvre intermittente ( voy. la thèse soutenue par Caventou , à l’École de pharmacie de Paris , le 18 août 1849).

DE CAliEMDlILlNIE.

On désigne sous le nom de calenduline la substance que l’on obtient en traitant par l’alcool les feuilles et les fleurs du calendula officinaîis, en évaporant la liqueur jusqu’à siccité, et en épuisant le produit par l’eau et par l’éther. Elle est solide. Jaunâtre, translucide, friable, trèssoluble dans l’alcool et dans les alcalis, et insoluble dans les acides sulfurique, phosphorique et chlorhydrique (Geiger).

DE LA CATHADTIME.

La cathartine est le principe amer du séné de la palthe (cassia acutifolia). Elle est solide, incristallisable , jaune rougeâtre, d’une odeur particulière nauséabonde , d’une saveur amère , très-soliible dans l’eau et dans l’alcool , et insoluble dans l’éther. Chauffée dans des vaisseaux clos, elle se comporte comme les matières qui ne contiennent point d’azote. La noix de galle et le sous-acétate de plomb précipitent de sa dissolution aqueuse des flocons jaunâtres ; tandis que l’iode, l’émétique et la gélatine, ne la troublent point. Elle a été obtenue pour la première fois par MM. Lassaigne et Feneulle (voy. Journ. de pharm., t. VII ). II . parait qu’elle existe aussi dans l’écorce de la bourdaine.

DE EA CTTISIAE.

La cytisine a été retirée du faux ébénier (cytisus laburnnm) par MM. Chevalier et Lassaigne. Elle a l’aspect de la gomme arabique; sa saveur est amère; elle est très-déliquescente, et se résout en une liqueur d’une couleur semblable à celle du sang. Elle est très-vomitive.

DE L’ABSINTHINE.

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