DE LA GLU
Lorsqu’on traite l’épiderme des jeunes branches du robinia viseosa par l’éther, on obtient une substance que l’on croit particulière, et à laquelle on a donné le nom de glu. Elle est d’un vert foncé, très-gluante , inodore, insipide, fusible, susceptible de brûler avec éclat, insoluble dans les alcalis et dans l’alcool froid, peu soluble dans l’alcool chaud, très-soluble dans l’éther et dans les huiles. La racine de gentiane jaune, l’écorce intérieure de Vilex aqui folium, et les baies du viscwn album, renferment une matière analogue (voy. Gmelin, Chimie organique).
DE LA LVPIJLIIVE (IÜPÜLITE).
La lupuline, séparée du houblon {humulus lupulus) par MM. Payen , Chevalier et Gabriel Pelletan, est tantôt blanche ou légèrement jaunâtre et opaque, tantôt d’un jaune orangé et transparente, inodore, à moins qu’on ne la chauffe, car alors elle répand l’odeur de houblon, d’une saveur amère , soluble dans 20 parties d’eau bouillante , très-soluble dans l’alcool, et presque insoluble dans l’éther. Elle n’est ni acide ni alcaline. M. Page dit qu’elle est un anaphrodisiaque puissant, beaucoup plus fidèle que le camphre et l’opium.
La matière décrite par Ives sous le nom impropre de lupuline, ou le corps jaune pulvérulent du houblon , contient de la résine, de la cire , du tannin, de l’extractif, du gluten, etc. Elle est aromatique, tonique et narcotique : on a proposé de l’employer en médecine pour remplacer le houblon.
DE LA MÉMYAKITniAE.
La ményantlîine est une substance blanche, amère, diaphane, obtenue en précipitant par 1 acétate basique de plomb l’extrait alcoolique du menyanthus trifoliata, et en décomposant la liqueur par l’acide sulfhydrique.
de L'AB^IMTniIVE.
^ Elle est incolore, en partie cristalline, très-amère, fort soluble dans 1 alcool , 1 éther et les alcalis; celle dernière dissolution est précipitée par les carbonates; on peut, par double décomposition, la combiner avec des oxydes métalliques , d’après Mein.
On l’obtient en traitant par de l’alcool l’extrait alcoolique des fleurs desséchées d’absinthe {artemîsîa ahsinthium) , en évaporant et en délayant le résidu dans l’eau. On peut encore la précipiter de sa dissolution par l’acétate de plomb , puis laver et décomposer le précipité par l’acide sulfhydrique.
DE L.% TAM ICÉTINE.
Produit jaune, amorphe et amer, soluble dans l’eau et dans l’alcool, fourni par la tanaisie. Les sels de sesquioxyde de fer la précipitent en brun, et l’acétate de plomb en jaune; on l’extrait par un procédé analogue à celui qui fournit l’absinthine.
DE EA COLOEYIVTHIJVE {principe amer de la coloquinte).
Elle a été obtenue par M. Braconnot en traitant par l’alcool l’extrait aqueux de coloquinte, en évaporant et en faisant agir sur le résidu une petite quantité d’eau, qui la précipite presque eu totalité, sous forme de gouttelettes oléagineuses qui se prennent en une masse jaune brunâtre, diaphane, friable, d’une amertume extrême , agissant comme purgatif drastique. Elle est soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. Le chlore, les acides et les sels déliquescents, la précipitent, ainsi que plusieurs sels métalliques.
DE LA GAIACIIVE.
La gaïacine a été trouvée par Trommsdorff dans l’écorce et le bois de gaïac. On l’obtient en épuisant ces parties par l’alcool, en ajoutant de l’eau, en séparant le liquide aqueux de la résine, en reprenant le résidu par l’alcool, en traitant une seconde fois l’extrait alcoolique par l’eau, et enfin en décomposant le liquide filtré par l’acide sulfurique, qui précipite la gaïacine. Elle est d’un jaune foncé quand elle est en masse, et d’un jaune clair si elle est pulvérisée ; sa saveur est fort âcre et amère; elle est peu soluble dans l’eau froide, très-soluble, au contraire, dans l’eau bouillante et surtout dans l’alcool. Les alcalis n’altèrent pas sa dissolution aqueuse; mais les acides énergiques en précipitent la gaïacine à l’état d’une poudre jaune, qui s’agglutine peu à peu comme une résine.
DE E’IMPÉRATOniA'E.
Elle a été trouvée par Osan dans la racine d’impératolre {imperatoria ostruthium). Elle est cristallisée en prismes allongés 4 base rhombe,
DES MATIÈRES AMÈRES Oü INSIPIDES. 121
incolores, transparents, inodores, âcres etstyptiques. Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, dans l’élher et dans les huiles. L’acide sulfurique la dissout en prenant une couleur rouge. On l’obtient en épuisant la racine par l’éllier.
Outre les substances neutres que je viens d’ énumérer , on extrait des plantes une foule d’autres matières amères ou insipides, mais dont l’existence est problématique ou l’étude trop peu approfondie pour que j’en fasse l’ histoire ; je me bornerai à les énumérer.
La juglandine , extraite du juglans regia , obtenue par l’expression du brou de noix.
La phillyrine , de l’écorce du phillyrea media et latifolia.
La mélampyrine, extraite par Huenefeldt du melampyrum nemorosum.
La kaempféride , de la racine de galanga [amomum galanga).
L’ amanithine , retirée par Letellier de certains agarics, tels que les Agaricus muscarius, A. bidbosus, etc.
L’alcornine, de la racine de l’alcornoco [hedwigia virgilioides) par Billz et Freuzel.
L’alismine, de V alisma plantago, par Juch.
L'arnicine, dans Varnica montana, par Glievallier et Lassaigne.
La buénine, dans l’écorce de buena hexandra (Buchner).
La cannelline, dans la cannelle blanche {cannella alba) , par Petroz et Robinet.
La cascarilline, dans l’écorce de cascarille, croton cascarilla (Brandes).
La cassiine, dans la casse , cassia fistula (Caventou).
La collettine, dans le collettia spinosa (Reuss).
La coriarine, des feuilles du coriaria myrtifolia (Peschier et Esenbeck).
La corticine, dans l’écorce du tremble, populus tremula (Braconnot).
La datiséine, dans le datisea cannabina (Braconnot).
La diosmine, dans les feuilles debouchu, diosma crenata (Brandes).
L évonymine, des fruits de V evonymus europeus (Riederer).
La fagine, dans les faines du fagus sylvatica (Buchner et Hecberger).
La géranine, dans les géraniées (Millier).
La granatine, dans les fruits non mûrs du grenadier, punica granatum (Landerer).
La guacine, dans les feuilles du guaco (Faure).
L hyssopine, dans 1 hysope, hyssopus offîcinalis (Trommsdorff),
La ligustrine, dans l’écorce de ligustrum vulgare (Polex),
La hmne, dans le linum catharticum (Pagenstecher).
L ononine, de la racine de Vononis spinosa (Reinsch).
ha primuUne, de la racine de primevère , veris (Huenefeldt).
La pyréthrine, dans la racine de pyrèthre, anthémis pyrethrum (Pari sel).
La rhamnine^ de la bourdaine, rhamnus frangula (Gerber).
La scutellarine, dans le scutellaria lateriflora (Cadet de Gassicourt).
La serpentarine, dans la racine de serpentaire, aristolochia serpentaria (Chevallier et Lassaigne).
La spartiine dans le spartium monospermum.
La spigéline^ dans la racine et les feuilles de spigelia anthelmica (Feneulle).
La taraxacine, dans le leontodon taraxacum (Polex).
La tremelline, dans le tremella mesentherica (Brandes).
La zédoarine, dans le curcuma aromaûica (Tromsdorff).