DES ÉTHERS COMPOSÉS ACIDES OU DES ACIDES VINIQÜES
• Ces éthers sont en général composés d’un équivalent d’éther ordinaire, H6C40, et de 2 équivalents d’acide; l’acide phosphovinique ne contient toutefois qu’un équivalent d’acide. Ils saturent bien les bases, à l’instar des acides énergiques, et donnent des sels cristallisables; c’est pour cela qu’on les désigne sous le nom d’acides viniques. Quand on les traite par les alcalis bouillants, les acides qu’ils renferment se combinent avec ces alcalis, et l’éther, H5C40, mis à nu, s’unit à 1 équivalent d’eau, et donne de l’alcool, H6C40^. Les principaux éthers de ces groupes sont les acides sulfovinique , phosphovinique , carbovinique , oxalovinique , sulfocarbovinique, ou acide xanthique. On a encore rangé dans les éthers composés acides les acides arséniovinique , tartrovinique , paratartrovinique , sulfoxyphosphovinique , chloroxalovinique , éthérophosphoreux, etc. Je ne parlerai que des cinq premiers. On remarquera que parmi les acides il en est qui forment avec l’alcool : 1" des éthers neutres contenant 1 équivalent de ces acides, et des éthers acides en renfermant 2 équivalents : tel est l’acide oxalique, qui produit l’éther neutre, H5G40, G203, et l’éther acide, H^G^O, 2G203 ; tel est aussi Vacide carbonique, qui donne un éther neutre , H^G^O, C02, et un éther acide, H^G^O, 2C02. 2o Des éthers qui sont toujours neutres; ainsi les acides azotique, acétique, etc., ne donnent jamais avec l’alcool des acides viniques.
OEÜXlÈME PARTIE.
De l’aciile snlfovlnlciue {éther vinique). IPC^Ü, IlO, 2SO^.
Il est sous forme d’un liquide sirupeux, incristallisalde ; il rougit le tournesol ; il se décompose à la température ordinaire, à plus forte raison, à la température de l’ébullition, en acide sulfurique, en alcool et en éther. Si on le chauffe plus fortement, il donne de l’éther, de l’acide sulfureux et de V huile de vin. Il ne précipite pas les sels de baryte, ce qui prouve que l’acide sulfurique est complètement masqné et retenu par l’éther- Tous les sulfovinates sont solubles dans l’eau , et la plupart cristallisent facilement; il en est qui sont anhydres. Si on fait bouillir leurs dissolutions aqueuses, elles fournissent de l’acide sulfurique, un sulfate métallique, de l’alcool , et de l’éther, H^C^O.
Si l’on chauffe ceux qui sont anhydres , on obtient de V huile douce de vin. La composition des sulfovinates est telle , qu’on peut tous les représenter pari équivalent de base, 1 équivalent d’éther ordinaire, 2 équivalents d’acide sulfurique , et 2 ou 4 équivalents d’eau, s’ils sont hydratés; ainsi :
Sulfoviiiate de potasse cristallisé. . . = KO, H^C^O, 2SO®
Sulfovinate de chaux 'cristallisé. . . . == Ca0,H®C*0, 2SO“, 2HO Sulfoviiiate de cuivre cristallisé. . • = CuO,H®C^O,2SO'‘,4HO
Les sulfovinates anhydres peuvent être considérés comme des sulfates doubles de la base et d’éther ordinaire , HSG'^O.
Préparation. Pour obtenir l’acide snlfovinique, on verse goutte à goutte de l’acide sulfurique dans du sulfovinate de baryte dissous, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; on filtre la liqueur acide, et on la fait évaporer jusqu’en consistance de sirop dans un endroit frais, sous le récipient de la machine pneumatique. On prépare le sulfovinate de baryte en chauffant à 70“ un mélange de 1 partie d’alcool absolu et de "2 parties d’acide sulfurique concentré; il se forme de 1 acide sulfovi- •nique ; pour éviter l’élévation de température, on verse 1 alcool petit à petit, et l’on refroidit la liqueur si elle s’échauffe trop. On sature par du carbonate de baryte le liquide dans le vide , jusqu’à ce que le sulfovinate de baryte ait cristallisé en belles lames incolores. Dans cette opération, 2 équivalents d’acide anhydre se combinent avec l’équivaleul d’alcool, et forment l’acide sulfoninigue — 280'^^, ou bien
Il^C'tO, HOj 2S0^.
DE l’huile de vin.
De rncidc cthioiiiqiic. 4S0®.
Cel acide est le résultat de Faction de l’acide sulfurique anhydre sur le bicarbure d’hydrogène gazeux (voy. l. I , p. 251), ou sur l’alcool (voy. p. 133), ou sur l’éther vinique anhydre. Il est peu stable. Si on le ■ fait bouillir dans l’eau, il donne de l’alcool, de l’acide iséthionique ,
' flSG'îO, 2S0^, et une partie de l’acide sulfurique se trouve éliminée. Il : fournit avec la plupart des bases des sels cristallisables. L’œlhionate de baryte contient 2 équivalents de base, est soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool.
Préparation. On commence par obtenir du sulfate de carbyle. Pour cela, on fait arriver simultanément dans un tube en U du bicarbure d’hydrogène gazeux et des vapeurs d’acide sulfurique anhydre; il y a élévation de température, et production de ce sulfate sous forme d’une masse cristalline rayonnée que l’on purifie en la laissant pendant plusieurs jours dans le vide, au-dessus d’une capsule renfermant des morceaux de potasse caustique, qui absorbe l’excès de l’acide sulfurique anhydre. Il suffit, pour avoir l’acide éthionique, de faire absorber lentement l’humidité atmosphérique au sulfate de carbyle obtenu.
De racific iséthionique. H^C^O, 2SO®.
Il est le résultat de l’action de l’eau chaude sur le sulfate de carbyle , ou de l’ébullition de l’acide éthionique dans l’eau. Il est isomère de l’acide sulfoviniqiie, dont il diffère cependant , surtout par sa plus grande stabilité. Il est liquide, visqueux, très-acide , très-soluble dans l’alcool et l’éther. 11 peut être chauffé sans s’altérer jusqu’à 150°; mais au delà il est détruit. On peut faire bouillir indéfiniment sa dissolution aqueuse, sans qu’elle se décompose. Les iséthionates supportent une température de 2 à 300” sans s’altérer, tandis qu’il n’en est pas ainsi des sulfovinates.
De l'Iiiiilc fie vin.
Pendant la préparation de l’éther ordinaire, II’’C^0, et surtout lorsqu on traite 1 alcool par un grand excès d’acide sulfuri(jue, ou que l’on chauffe des sul formates, il se fonne une huile de empesante, I19C«0, 2S()3, 1 iqiielle , par 1 action de l’eau chaude, et mieux encore par Faction d’une
liqueur alcaline, se transforme en acide sulfovinique et en une huile U'
gère,