‹ Éléments de chimieChapitre 22 sur 378 · Î)Ü CHARBON · texte numérisé non relu

Î)Ü CHARBON

lui de l’oxygène qui entre dans sa composition (1). 11 résulte des analyses de MM. Dumas et Slas, qu’en faisant passer du gaz oxygène sur du carbone à chaud, ces deux corps se combinent dans le rapport de 8 : 3 ; l’acide carbonique est donc formé de"carbone 27,27 et d’oxygène 72,73, ou bien de deux équivalents d’oxygène = 200, et d’un équivalent de carbone = 75. La formule CO^ représente deux volumes de cet acide ou un équivalent. La chaleur dégagée par la combustion d’un kilogramme de charbon peut porter à l’ébullition 79 kilog. 14 d’eau à zéro. (Despretz.)

Les charbons très-denses, comme celui de chêne, brûlent plus diffi-^ cilement que ceux qui sont très-légers, comme celui de fusain; ceux qui ont été obtenus par distillation sont plus légers et plus combustibles que ceux qui ont été préparés par la carbonisation en plein air (2).

Le charbon calciné peut se combiner avec le soufre et donner naissance à trois composés, le sulfure de carbone liquide (liqueur de Lampadius), le sulfure de carbone solide, et le sulfure gazeux; celui-ci n’est pas le résultat de l’action directe (Berzelius.)

Le sulfure de carbone liquide, ou liqueur de Lampadius CS2, est un corps transparent , d’une odeur fétide, analogue à celle du chou pourri, d’une très-grande volatilité ; sa densité à 15° est de 1,271. Il bout et distille à 48°; il n’a pu encore être solidifié, même par un froid très-énergique; il est indécomposable par la chaleur seule. A la température ordinaire, l’air ni l’oxygène n’ont aucune action sur lui, tandis qu’à une température élevée le carbone et le soufre passent à l’état d’acide carbonique et d’acide sulfureux; alors il brûle avec une belle flamme bleue. Il dissout le soufre et le phosphore; si l’on abandonne ces dissolutions à une évaporation lente, le soufre et le phosphore cristallisent. Il est à ^eine soluble dans l’eau.

Il est formé de 15,79 de carbone et de 84,21 de soufre.

(1) J’ai déjà dit , à la page 12, que les corps se combinent en volume dans des rapports simples.

(2, La proportion de cendres que laisse un charbon en brûlant varie avec les espèces de bois qui les ont fournies.

D’après M. Berthier, cetie proportion de cendres est ;

Pour 100 de bois de tilleul

50 de cendres

— de chêne

id.

•- de faux ébénier.

— de bouleau. . , .

id.

— de sapin. . , . .

id.

— de charme. . . .

id.

— de hêtre

id,

On le prépare en faisant passer du soufre en vapeur sur du charbon porté à une température rouge, dans l’intérieur d’un tube de porcelaine placé dans un fourneau; l’une des extrémités, que l’on pourra fermer par un bouchon , sert à introduire le soufre par fragments et de temps en temps, tandis que l’autre, unie à une allonge communiquant avec un ballon, reçoit le sulfure de carbone qui vient s’y condenser. Il convient de mettre un peu d’eau dans le ballon pour faciliter la condensation ; le sulfure de carbone, dans ce cas, se rassemble au fond du liquide sous forme d’un corps oléagineux, jaunâtre, que l’on purifie en le distillant seul dans une petite cornue. ( Voy. pl. 1'’*, fig. 2.)

Il est rangé par Wutzer et Pellengam parmi les excitants diffusibles les plus énergiques, dont l’action se porte particulièrement sur le système utérin et sur la peau. On l’a administré comme emménagogue et comme sudorifique, à la dose de 3 à 8 gouttes, dans les affections rhumatismales et goutteuses sans fièvre ou accompagnées d’une fièvre trèslégère; on l’a aussi employé en frictions sur les points affeclés de rhumatisme, sur les tumeurs arthritiques chroniques, et les engorgements tophacés récents.

Sulfure de carbone solide. — C’est le charbon qui reste dans le tuyau de porcelaine à la fin de l’opération qui a fourni le sulfure liquide; il est très-corrodé; brûlé avec de l’azotate de potasse dans un creuset, il fournit du sulfate de potasse, ce qui prouve qu’il contient du soufre.

Sulfure de carbone gazeux.— Gâz découvert par Scheele, et qui se produit par la distillation dans une cornue d’un mélange de sulfure de potassium (foie de soufre) et de charbon de bois bien calciné et pulvérisé. Il est incolore, d’une odeur légère, analogue à celle de l’acide sulfhydriqne, inflammable, et donnant par la combustion de l’acide sulfureux et de l’acide carbonique, insoluble dans l’eau et décomposable instantanément par le chlore qui en précipite du soufre. Il serait à souhaiter qu’on approfondît davantage l’étude de ce gaz.

Le bore et le charbon ne se combinent pas.

Caractères distinctifs du charbon. 1" Ses propriétés physiques; 2“ son rfCtion à chaud sur le gaz oxygène ou sur l’air.

Usages. Il fait partie de la poudre à canon, de l’encre d’imprimerie, de l’acier; on s’en sert beaucoup dans les mines pour enlever l’oxygène aux oxydes métalliques ; on polit avec lui plusieurs métaux; les peintres se servent de celui de fusain pour esquisser leurs dessins. Le charbon est employé avec succès pour détruire Vamertume de plusieurs substances, pour priver les matières végétales et animales qui commencent à se putréfier de leur odeur et de leur saveur désagréables ; on peut rendre po-

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