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DU CHARBON

bon végétal en le chauffant fortement dans un creuset, pendant une heure environ, à la chaleur d’une bonne forge.

Ainsi préparé, le charbon est toujours solide, noir, inodore, insipide, fragile, et plus ou moins poreux; sa densité varie; il est plus dense lorsqu’il provient de la calcination de bois durs que lorsqu’il a été fourni par du bois blanc ; son poids spécifique est un peu plus considérable que celui de l’eau, cependant il la surnage ordinairement, à raison de l’air contenu dans ses pores; mais si on le laisse pendant quelque temps en contact avec l’eau , la majeure partie de l’air se dégage, et alors il se précipite.

Tel qu’on le trouve le plus souvent, il est mauvais conducteur de la ciialeur et de l’électricité ;cependant M. Chevreuse a remarqué que lorsqu’il a été calciné, il devient beaucoup plus dense, d’une texture plus serrée, et que dans cet état il conduit parfaitement la chaleur et l’électricité, ce qui l’a fait employer pour garnir le pied des paratonnerres. Il n’est ni fusible ni volatil; il agit sur la lumière comme tous les corps opaques noirs. L’électricité n’a aucune action sur lui; seulement, lorsqu’on termine les deux pôles d’une forte pile par deux petits cônes de charbon, dont les sommets sont très-près l’un de l’autre, la communication des deux fluides se manifeste en dégageant une lumière des plus vives, soit que l’on agisse dans le vide, dans l’air, au milieu d’un gaz impropre à la combustion, ou sous l’eau ; la pointe du charbon placée au pôle négatif se creuse, tandis que le charbon placé au pôle positif se recouvre d’un dépôt charbonneux, ce qui semble indiquer qu’il s’est fait un transport de charbon d’un pôle à l’autre.

Lorsqu’après avoir fait rougir un morceau] de charbon , on le plq^nge dans du mercure, et qu’on l’introduit, sans le sortir à l’air, dans une éprouvette remplie d’un gaz quelconque et placée elle-même sur la cuve à mercure, on remarque qu’il y a absorption de ce gaz et dégagement de calorique , sans pourtant que le gaz se combine avec le charbon. Théodore de Saussure, qui a étudié en particulier ce phénomène, a trouvé que 1 vol. de charbon de buis , préalablement chauffé et refroidi i\ l’abri de l’air, a absorbé, à la température de 12 degrés et sous la pression de 76 centimètres :

carbone et 1,44 d’hydrogène, et 100 parties de charbon animal obtenu en calcinant de la gélatine ont donné 7 1 ,7 de carbone , et 28,3 d’azole.

90 volumes de gaz

ammoniac.

acide chlorhydrique.

acide sulfureux.

acide sulfhydriqiie.

protoxyde d’azote.

acide carbonique.

hydrogène bicarboné.

oxyde de carbone.

oxygène.

azote.

hydrogène.

Le.s divers charbons n’ont pas tous indistinctement le même pouvoir absorbant; mais ils absorbent les différents gaz en quantités qui sont entre elles dans le même rapport pour tous ; par exemple, si un volume d’un certain charbon absorbe la moitié moins de gaz âcide sulfurèux qu’un môme volume de charbon de buis, il absorbera la moitié moins de toute autre espèce de gaz; en outre, l’absorption est d’autant plus grande que la température est plus basse, la pression plus forte, le charbon moins pulvérisé , plus sec et plus dense, à moins cependant que la densité ne soit telle que les gaz ne puissent plus pénétrer dans ses pores; d’où il suit que ce phénomène est tout à fait mécanique. En général, les gaz les plus solubles dans l’eau sont ceux qui sont absorbés en plus grande quantité par le charbon.

Le charbon possède également la propriété d’absorber un grand nombre de matières colorantes dissoutes , ce qui le fait employer en si grande quantité dans l’industrie, pour le raffinage du sucre en particulier. Ainsi, que l’on verse sur une partie de charbon réduit en poudre (celui qui provient des os est le meilleur) dix parties de teinture de tournesol, que l’on agite pendant quelques minutes, l’on observera, en filtrant la liqueur, que la matière colorante a été complètement absorbée; l’eau passera incolore et très- limpide. C’est à Lowitz, chimiste russe, que l’on est redevable de la découverte de celte propriété, qui depuis a été si féconde en résultats. Je dirai, à la page 53, que le charbon peut aussi déterminer la précipitation d’un grand nombre de corps inorganiques.

Lorsqu’on introduit du charbon qui présente un point en ignilion dans une éprouvette remplie de gaz oxygène, ces deux corps se combinent; il y a dégagement de calorique et de beaucoup de lumière, et il se forme du gaz acide carbonique ; de l’eau de chaux versée dans celle éprouvette se trouble et dépose des flocons blancs composés d’acide carbonique et de chaux. Ce qu’il y a de remarquable dans cette expérience, c’est que l’acide carbonique obtenu occupe précisément un volume égal à ce-

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