DE LÀ SALICINE
])oin(, le sulfate de quinine. Il faut l’administrer à une dose à peu près double de celle à laquelle on donne ce sel.
Préparation. On fait bouillir, pendant une heure, 1 kilogramme et demi d’écorce de saule, séchée et pulvérisée avec 7 kilogrammes et demi d’eau et 125 grammes de carbonate de potasse ; on passe et on verse, dans la liqueur refroidie, G4 grammes d’acétate de plomb ; on filtre et on traite la liqueur par l’acide sulfurique, en achevant de précipiter le plomb [)ar un courant de gaz acide sulfhydrique. On sature ensuite l’excès d’acide parle carbonate de chaux; on fiKre de nouveau; on concentre ta liqueur, et on la sature jusqu’à neutralisation complète, par l’acide sulfurique étendu ; On décolore par le charbon animal ; on filtre le li(iuidc bouillant; on fait cristalliser à deux reprises , et on sèche à l’abri du contact de la lumière.
Salirétine ou saliciline, — Elle a l’aspect d’une résine. On l’ob-
tient en faisant bouillir la salicine avec de l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendus.
Hélidne, H16C26 014, 3HO. EPe est en petites aiguilles qui perdent 3 équivalents d’eau à 100®; elle fond à 175°, se dissout très-bien dans l’eau bouillante et assez difficilement dans l’eau froide. Le chlore, en présence de l’eau, la transforme en hélicine monochlorée, laquelle est décomposée par une dissolution de potasse en glucose et en essence de spirœa monochlorée, H-5C14C104. On obtient de la même manière de l’hé- Hcine monobromée, qui se comporte avec la potasse comme l’hélicine mondchlorée. Il suffit de traiter l’hélicine par une dissolution de potasse, de baryte ou d’ammoniaque pour la changer en glucose et en essence de spiræa , H6C1404, La levure de bière et la synaptase la décomposent aussi, par une action de ferment, en glucose et en essence de spiræa.
On l’obtient en traitant la salicine par l’acide azotique étendu (voyez p. 228).
Saligénine, H8C1404. — Elle est le résultat de l’action de la synaplase sur la salicine (voy. p. 228). Elle est en petits cristaux rhomboédriques, fusibles à 82°; par l’action prolongée delà chaleur ou des acides niinéraux affaiblis , elle se transforme en salirétine. Elle est soluble dans Lj parties d’eau froide, très-soluble dans l’eau bouillante, dans l’alcool et dans l’éther. Elle Ji’exerce pas de pouvoir rotatoire. En faisant agir la
synaptase sur de la salicine mono, bi, ou trichlorée, on obtient de la saligénine mono, bi, ou trichlorée; c’est une véritable fermentation.
De l’acide salicyleux {essence de reine des prés), H^C ‘403, HO.— L’acide salicyleux, isomère avec l’acide bcnzoï(iue, désigné aussi sous les noms d fiydrure de saliryle et d’acide spiroileux , est liquide, incolore, pren<int
une teinte rouge au contact de l’air, d’une odeur analogue à celle des amandes amères, d’une saveur âcre et brûlante, d’une densité de 1,173 à 13°, ne rougissant pas le tournesol, n’exerçant pas de pouvoir rotatoire , et produisant sur la peau des taches jaunes qui disparaissent facilement comme celles que forme l’iode. Il bout à 196°. Il brûleavec une flamme fuligineuse. Il est presque insoluble dans l’eau et très-soluble dans l’alcool et l’éther. Il décompose les carbonates alcalins même à froid. Il forme avec les bases des salicylites. Celui de potasse, s’il est neutre et dissous dans l’eau , se décompose facilement en formlate de ])otasse et en mélanate de potasse, K0,H8C200D). En versant goutte à goutte de l’ammoniaque dans de l’acide salicyleux dissous dans trois fois son volume d’alcool, on obtient des aiguilles jaunes ou des prismes d’un jaune d’or de salhydramide, H*^C^22AzH206-
Le chlore finit par solidifier l’acide salicyleux, et fournit, si l’on a dissous la masse dans l’alcool, de l’acide salicyleux monochloré, II^Ci‘îC103,H0, lequel, traité par le gaz ammoniac , donne la sahci/^omide monochlorée. Le brome produit un acide salicylique monobromé , Il^Ci«Br03,H0.
En traitant l’acide salicyleux par de l’acide azotique moyennement concentré, il se forme des cristaux prismatiques jaunes d’acide nitrosalicyleux, qui contiennent de l’acide hypoazotique, H^Gi-^,ÂzO^, 0^,110.
Préparation de V essence. Quoique cette essence n’existe pas dans les fleurs de la spirœa ulinaria {reine des prés), on peut cependant l’obtenir en distillant ces fleurs avec de l’eau, parce qu’elle se forme pendant la distillation ; mais on la prépare plus facilement en traitant 3 parties de salicine, 3 de bicliromale de potasse, 24 d’eau et 4 V2 d’acide sulfurique concentré, additionnées de 12 parties d’eau. On distille dans un récil)ient bien refroidi ; l’huile rougeâtre, condensée au fond du récipient , séparée du liquide aqueux qui la surnage, laissée pendant vingt-quatre heures sur du chlorure de calcium et distillée, constitue l’acide salicyleux pur.
De l’acide salicylique, HO. — Il est le résultat de l’action de
l’hydrate de potasse sur l’acide salicyleux. Il est cristallisé, soluble dans l’eau bouillante, presque insoluble dans l’eau froide, facilement soluble dans l’alcool et dans l’éther; il rougit le tournesol et décompose les carbonates; il n’a pas d’action sur la lumière polarisée. Il est volatil et donne des cristaux semblables â ceux de l’acide benzoïque. Avec le chlore et le brome, il fournit des acides salicylique mono et bichloré, mono et bibromé. L’acide azotique le change en une masse résinoïde rougeâtre qui contient de l’acide nilrosalicyliqne ,