DE LÀ SALICINE
lent d’iiydrogène. L’acide azoliqiie, à chaud, agit sur elle comme le chlore. En faisant fondre de l’hydrate de potasse avec de la benzoïiie, on obtient du benzoale de potasse. Avec une dissolution aqueuse d’ammoniaque , la benzoïne donne', au bout d’un temps assez long , la benzoïnamide, sous forme d’une poudre blanche soyeuse ; elle
semble s’ètre formée par l’action de 3 équivalents de benzoïne sur 2 d’ammoniaque. En abandonnant à lui-même, pendant plusieurs mois, un mélange de benzoïne, d’alcool absolu et d’ammoniaque, il se produit du benzdinam , Ht2C28AzO,
Benzile, H5G1402.— 11 est solide, jaune, insipide, insoluble dans l’eau, volatil, cristallisable en prismes à six pans, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther; l’ammoniaque, en agissant sur lui, donne Vimahenzile, la benzilimide et le benzilam. Le sulfhydrate d’ammoniaque le transforme en hydrobenzile , H12C28Q2; l’acide cyanhydrique se combine avec lui et forme le cyanobenzile, HtoC280''‘,2CyH.
Lorsqu’on traite le benzile par une dissolution alcoolique de potasse, il fournit l’acide benzilique, HÏ2C2806; on voit que par l’action de la potasse, 1 équivalent d’eau a été fixé sur 2 équivalents de benzile. Cet acide cristallise en rhomboèdres, fusibles à 120®, fournissant par le feu de l’acide benzoïque, peu solubles dans l’eau froide , plus solubles dans l’eau bouillante; avec le perchlorure de phosphore, il donne û\x chlorure de benzile, HHG28C10'».
Pour compléter la série benzoïque, il ne reste plus qu’à parler de l’acide benzoïque et de ses dérivés (voy. Acide benzoïque). Ces dérivés sont la benzine , la sulfobenzine , l’acide sulfobenzinique , la benzone, V éther benzoïque (voy. p. 168), V éther métlnylbenzdïque (voy. p. 201), les acides sulfobenzoïque, nitrobenzoïque, bromobenzdïque et le benzonitrile.
L’essence d’amandes amères est un poison énergique. (Voir, pour j)lus de détails sur les combinaisons du benzoïle, le Traité de chimie organique de M. Liebig.)
De l’esseucc de reine des prés et de ses dérivés
{acide salicyleux).
Celte essence pouvantêlre obtenue avec un principe immédiat désigné sous le nom de salicine , il importe d’abord de faire connaître celle-ci :
De la salicine.
La salicine est un principe immédiat retiré de l’écorce de saule {salix hélix, incana), par M. Leroux, pharmacien à Vilry-le-Francais, et qui
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(I('l)nis a été (roiivé par M. Bracomiol dans d’anlres saules et plusieurs peupliers. Elle est sous forme d’aiguilles prismatiques d’un blanc nacré, inodores, et d’une saveur aromatique très-amère, qui rappelle celle de l’écorce du saule, mais elle est plus prononcée. Elle fond à 120°, et se prend, parle refroidissement, en une masse cristalline : elle ne perd pas d’eau dans celle opération. Si la chaleur est poussée un peu plus loin que celle de son point de fusion, elle acquiert une couleur d’un jaune citrin, et devient cassante comme une résine; à une chaleur l)lus forte, elle fournit de l’eau, un acide, et une huile brune très-âcre et poivrée. Cent parties d’eau à 19°,5 thermomètre centigrade dissolvent 5,6 parties de salicine. A la température de l’ébullition , l’eau paraît la dissoudre en toutes proportions. Elle est aussi soluble dans l’alcool que dans l’eau , et insoluble dans l’éther et dans l’iiuile de térébenthine. Le chlore , en présence de l’eau, forme avec la salicine de la salicine mono, bi, ou trichlorée; celte dernière a pour formule^ Hi5G26Cl30i4, 2H0.
Les aeides ne se combinent pas avec elle pour former des sels; ils la dissolvent et ne la décomposent pas quand ils sont étendus d’eau, tandis qu’elle est décomposée par plusieurs d’entre eux, s’ils sont concentrés, et surtout à chaud. L’acide sulfurique concentré lui communique une l)elle couleur rouge foncée (ruti/me de Braconnot), ce qui permet de reconnaître la présence de la salicine dans les écorces de saule et de peuplier. Si on la fait bouillir avec les acides sulfurique et chlorhydrique étendus, on obtient du glucose et la salir éiine{saliciline), H6Ci'î02.
L’acide azotique concentré à chaud transforme la salicine en acide oxalique et en acide picrique. Si on la dissout en l’agitant avec 10 parties d’acide azotique à 20 degrés de Baumé, au bout de un ou deux jours on a une liqueur jaune qui ne tarde pas à abandonner des cristaux û'hélicine.
Distillée avec un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, la salicine fournit de l’acide salicyleux et de l’acide formique.
La synaptase, à la température de 40“, transforme dix-sept fois son poids de salicine dissoute dans quatre fois son poids d’eau, en glucose et en saligénine qui se dépose sous forme de petits cristaux rhomboédriques. La levure de bière et les substances albuminoïdes ne font pas ainsi fermenter la salicine.
La noix de galle, la gélatine, l’acétate de plomb neutre ou basique, l’alun et l’émétique, ne la précipitent pas de sa dissolution aqueuse, tandis qu’elle est précipitée par un mélange d’acétate de plomb et d’ammoniaque. Elle n’agit point sur les couleurs bleues végétales. Elle paraît douée de propriétés fébrifuges, et peut remplacer jusqu’à un certain