DES MATIÈRES COLORANTES EXTRAITES DES LICHENS
Plusieurs lichens , et notamment le lecanora parella, le variolaria dealbata, le roccella tinctoria, etc., fournissent des matières colorantes dont la réunion constitue les orseilles et le tournesol. Ces matières sont les acides lécanorique, érythrique, orsellique, hétaorsellique, évernique, usnique^ la variolarine, l’omne, Vorcéine, \diroccelline, Vazolitmine, la spaniolitmine, X énjthr oléine, V érythrolitmine, etc.
DES ACIDES EÉCAMOBIQIJE, ÉR¥THRIQVE, etc.
Acide lécanorique, 2H0 (voy. Acides).
Acide érythrique, (voy. Acides).
Acide orsellique, (voy. Acides).
Acide bétaorsellique, (voy. Acides).
Acide évernique, (voy. Acides).
/tcîde wsmçwe, Ht^C^SOH.
DE EA TARIOLABIME.
Elle est en aiguilles blanches , fusibles; à une température plus élevée, elle se volatilise en partie, tandis qu’une autre portion se transforme en une huile essentielle. L’alcool et l’éther la dissolvent très-bien. Elle est neutre aux réactifs colorés. Elle ne se colore point sous l’influence des alcalis, lors môme qu’elle a le contact de l’air. (Voy., pour l’extraction de ce principe, le Journ. de chim, méd, de juin 1829 ou les Ann. de chim. de novembre 1829.)
DE l’oRCÉINE.
DE E’onciiVE H9C'«OS3HO.
Elle existe dans le lichen roccella, d’après Robiquel; elle se produit pendant la fermentation que l’on fait subir à divers lichens pour obtenir ïorseille (yoy. pag. 299); enfin elle est le résultat de l’action d’un excès de baryte sur l’acide lécanorique bouillant; celui-ci se transforme, en effet, en acide carbonique et en orcine. Pour préparer Porcine, Robiquet propose de traiter à plusieurs reprises le lichen roccella par l’alcool bouillant, de filtrer la dissolution, qui, par le refroidissemetit, laisse déposer des flocons cristallins et blancs, d’une matière d’aspect résineux, de distiller la liqueur jusqu’en consistance d’extrait, de broyer celui-ci avec de l’eau jusqu’à épuisement de la matière soluble , de réduire par l’évaporation de la liqueur en sirop, et de laisser cristalliser celui-ci spontanément. Si les cristaux étaient trop colorés, on les traiterait par du charbon animal. L’orcine cristallise en gros prismes quadrangulaires, toujours légèrement colorés en jaune, solubles dans l’eau et dans l’alcool; la dissolution offre une saveur franchement sucrée, mais elle ne fermente pas avec de la levùre. Elle est inaltérable à Pair pur. Chauffée à 100°, elle donne de Peau en se liquéfiant. Anhydre , elle distille de 287° à 290°. L’acétate de plomb basique précipite les dissolutions d’orcine; le sesquichlorure de fer les précipite en rouge foncé tirant sur le noir. Avec les alcalis fixes, elle brunit à Pair en absorbant de l’oxygène. Mélangée avec de l’ammoniaque et exposée à Pair, elle devient peu à peu d’un rouge de sang foncé, et il s’est formé un nouveau cori)s azolé {Vorcéine). Pour que la transformation de Porcine en orcéine puisse avoir lieu , la présence simultanée de Pair, de Peau et de l’ammoniaque, est nécessaire; mais il n’y a aucun dégagement de gaz. Le chlore et le brome donnent, avec Porcine, des composés cristallisables. La bromorcine est représentée par H^Ci^BrSO'f.
DE L’ORCÉllVE. H®C‘®AzOL
Elle existe dans Porseille (voy. pag. 299). Elle est d’un rouge de sang foncé, incrislallisable, très-soluble dans Palcool, qu’elle colore en écarlate. La potasse et la soude la dissolvent et se colorent en rouge violacé ; l’ammoniaque, qui la dissoutaussi, donneune couleur pen.sée très-riche. Les acides la précipitent de ces dissolutions san.s altération. Le sulfhyorate crammoniaque détruit la belle couleur de la dissolution ammo- II. 19
niacale, mais elle reparaît à l’air. Le chlore la Irànsforme en ehlorocéine. On obtient l’orcéine en traitant l’orcine par l’ammoniaque à l’air.
LA ROCCELLIME.
Elle existe dans le roccella tinctoria. Elle possède les caractères d’un acide faible; elle est insoluble dans l’eau, à peine soluble dans l’alcool i‘t dans l’éther; elle devient d’un vert jaunâtre par le chlorure de chaux. L’acide azotique la transforme en acide oxalique.
DE L’AZOLITIIIIIIE, DE LA Sl^AIVIOLITlIlIllE , etc.
Vazolitmine, HioGi^AzOïo, constitue en grande partie le tournesol., La spaniolitmine, V éryihr oléine , H22C2G0'î, et Vérxjthro-'
lümine, sont encore peu connues. Elles sont rouges et bleuis •
sent sous l’influence des alcalis, tandis qu’elles reprennent leur couleur rouge dès que l’on sature ces alcalis par des acides. Elles existent dans le tournesol.
DE LA LIJTÉOLIIVE
La lutéoline a été retirée de la gaude {réséda luteola). Elle est susceptible de se sublimer en aiguilles : les plus longues sont transparentes et d’un jaune léger; les plus petites, réunies sur la paroi du verre où elles se sont condensées , paraissent d’un jaune plus foncé et ont l’aspect veloulé. Elle est très-peu soluble dans l’eau , et quoiqu’elle colore â peine ce liquide , elle lui donne la propriété de teindre la soie ou la laine alunées, qu’on y tient plongées à une température peu élevée, en une belle couleur jonquille. Elle teint la soie et la laine, qui ont reçu un mordant de fer, en gris olive. Elle est soluble dans l’alcool et dans l’éther, qu’elle colore en jaune. Elle forme avec la potasse un composé soluble de couleur d’or, qui se décompose peu à peu par l’action de l’oxygène de l’air, et devient brune; elle donne des composés analogues avec les autres bases salifiables ; elle s’unit aux acides.
DU QLEliClTRlN. H3C^®0'®
Le quercilron a fourni un principe remarquable, le quercitrin, en très-fines écailles d’un gris jaunâtre, qui semblent nacrées, quand elles sont suspendues dans l’eau , d’une saveur amère, peu solubles dans l’eau
DE LA MORINDINE. 291
froide, ne se dissolvant que dans 400 parties d’eau bouillante, et alors la dissolution est légèrement jaune. Ce solulum teint la soie alunée en un beau jaune; il développe une belle couleur verte avec le sulfate de sesquioxyde de fer. Les alcalis le font passer au vert, puis au jaune orangé. Il devient d’un rouge brun à l’air. Le quercitrin est soluble dans 4 ou 5 parties d’alcool absolu. On l’obtient en traitant l’écorce du quercus nigra^ par de l’alcool A 0,84, dans un appareil de déplacement, en précipitant les matières gélatineuses par le tannin ou par la chaux, et en évaporant le liquide filtré.
DU MORIIII.
Le morin jaune, du morus tinctoria, est cristallisé, de couleur jaune, plus soluble dans l’eau froide que la lutéoline; sa solution s’altère par le conlact de l’oxygène atmosphérique, et passe alors à Vorangé, et môme au rouge. On le croit susceptible de se sublimer. Le morin blanc est cristallisé, presque blanc, d’une saveur douceâtre astringente et amère , soluble dans l’eau : le sulfate de sesquioxyde de fer communique à sa dissolution une couleur rouge de grenat, tandis que celle du morin jaune devient verte. Les propriétés tinctoriales de ces deux morins sont mises hors de doute ; tout porte à croire que ce ne sont pas des principes immédiats,
DE UA CHRYSOTnAMMIME.
Elle existe dans la graine de Perse, d’où on l’extrait à l’aide de l’éther. Elle est en belles aiguilles d’un jaune d’or, insolubles dans l’eau, solubles dans l’éther et l’alcool. Au conlact de l’air et à la température de l’ébullition, elle s’oxyde, s’hydrate, et donne la œanthoramnine, Hi2C230t4.
DE UA MORUVDIHE.
Elle existe dans la racine du morinda citrifolia, d’où on la reliie par l’alcool bouillant. Elle est sous forme d’aiguilles fines d’un beau jaune de soufre, et d’un éclat satiné, peu solubles dans l’alcool froid, plus solubles dans l’alcool étendu d’eau et bouillant, et insolubles dans l’é- Iher. Les alcalis la dissolvent, et se colorent en rouge orangé; l’acide sulfurique concentré l’altère et la colore en pourpre. Si on la chauffe.
DEUXIÈME PARTIE, elle fond, boni, et se décompose en charbon et en morîndone, qui apparaît sons forme de vapeurs rouges, lesquelles se condensent en aiguilles de même couleur, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’élher. La formule de la morindone est HiocasQio, ce qui parait la rapprocher du rouge de garance. La morindine est employée dans les Indes .pour teindre le coton en rouge; sa couleur est plus estimée pour sa solidité que pour sa beauté.
DE LA CAROTIIVE.
On la trouve dans le jus de carottes. Elle est en petits cristaux de couleur de cuivre, fusibles versl700, décomposables à une température plus élevée, presque insolubles dans l’eau, l’alcool et l’éther. Sa composition est la même que celle de l’essence de térébenthine.
DE LA COLOROPnYLLE. H^C'^ÂzO^
La chlorophylle constitue la matière colorante verte des feuilles, où lie existe en petite quantité. Elle est solide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool , l’éther, les acides sulfurique et chlorhydrique ; elle est précipitée de ces dissolutions par l’eau. Pour l’obtenir, on fait digérer les feuilles pendant plusieurs jours dans Féther ; on filtre, et l’on évapore à siccité; on dissout dans l’alcool bouillant le produit, qui contient une sorte de cire et de la chlorophylle ; la majeure partie de la cire se dépose par le refroidissement; on évapore la liqueur jusqu’à siccité, et on traite le produit par une moindre quantité d’alcool bouillant; il se dépose encore de la cire; les liqueurs alcooliques, évaporées jusqu’à siccité, donnent un résidu que l’on dissout dans l’acide chlorhydrique concentré; la dissolution, de couleur verte, est saturée par du marbre blanc, et l’on obtient du chlorure de calcium soluble et de la chlorophylle insoluble; on lave celle-ci avec de l’acide chlorhydrique faible, puis avec de l’eau , et on la dessèche.
On désigne sous le nom de xanthophylle la matière colorante jaune des feuilles si peu connue.
Il existe encore une grande quantité de matières colorantes, pour l’histoire desquelles je renvoie aux traités spéciaux; je n’ai voulu décrire que les plus importantes, que celles dont les réactions peuvent, pour ainsi dire, servir de type pour toutes les autres.