DE LA TEINTURE EN JAUNE
aftaiblissenl la teinte, les alcalis la rendent plus foncée, le sel d’étain y détermine iin précipité abondant d’un jaune clair. On emploie la gaude jwiir teindre en jaune la soie^ la laine et le coton : la couleur est trèssolide et ne passe pas au roux , comme le font la plupart des autres jaunes de nature organique. On commence par préparer le bain en faisant.bouillir pendant dix minutes 2 parties de gaude dans 30 ou 40 parties d’eau; on passe le liquide à travers une toile serrée, et lorsque sa température est de 30<> à 75®, on y plonge pendant un quart d’heure la soie alunée avec de l’alun pur, ou le coton décreusé et aluné : si l’alun contient du sulfate de fer, on obtient une couleur olive. La laine se teint de la même manière, excepté qu’on peut la laisser dans le bain bouillant.
Quercitron (écorce du quercus nigra). Il est vendu aux teinturiers sous forme d’une matière pulvérulente, mêlée de parties fibreuses, d’une couleur fauve. Il renferme deux matières colorantes ; l’une, jaune , trèssoluble dans l’eau, qui se comporte, avec les acides et les alcalis, comme la gaude ; l’autre, fauve , moins soluble. On s’en sert principalement pour teindre les toiles : pour cela , on met 15 ou 20 parties d’eau é 500 ou 600, sur une partie de quercitron ; au bout de douze minutes , on passe la dissolution à travers un tamis fin , et on y plonge 10 parties de laine alunée et combinée avec le sel d’étain. La couleur du quercitron se conserve moins longtemps que celle de la gaude sans passer au roux.
Bois jaune (morus tinctoria). Il est sous forme de grosses bûches; il doit être compacte, dense, d’une couleur jaune sans mélange de rouge. On voit souvent dans l’intérieur des bûches une matière pulvérulente, jaune (morin), ou d’un blanc tirant sur la couleur de chair (morin blanc), et une matière rouge dont l’aspect est résineux. Si l’on fait bouillir le bois jaune avec de l’eau, il donne un liquide d’un jaune ' rougeâtre, dans lequel le sel d’étain fait naître un précipité jaune abondant; les alcalis le font passer au rouge; les acides le troublent légèrement et en affaiblissent la teinte. Il doit sa couleur au morin. On l’emploie pour teindre les draps en jaune, en vert, en bronze, etc.; mais les jaunes qu’il donne ont l’inconvénient de devenir roux à l’air. Pour s’en servir, on plonge dans 30 parties d’eau bouillante un sac contenant une partie de ce bois, réduit en copeaux; on ajoute au bain des rognures de copeaux, afin de l’aviver, et on y met l’étoffe alunée; la gélatine qui fâit partie des rognures parait agir en précipitant une matière d’un fauve rougeâtre, analogue au tannin.
Bois de fustet {rhus cotinus). Dépouillé de son écorce, il est sous forme de petits morceaux secs , d’un beau jaune. Il contient une matière jaune légèrement orangée, tirant sur le verdâtre, une matière rouge, et une matière brune. Sa dissolution aqueuse, de couleur jaune, prend par les alcalis fixes une belle couleur pourpre, qui peu à peu devient rouge jaunâtre. Elle communique à la laine légèrement alunéeune belle couleur orange tirant un peu sur le vert. Le bois de fustet est rarement employé seul; mêlé à la cochenille, il fournit des écarlates jaunes, des aurores, des capucines, des orangés, qui ont beaucoup de feu , mais qui passent au rose parle contact de la lumière.
Graine d’Avignon {rhamnus infectorius). Elle renferme un principe colorant jaune et une matière rouge. On l’emploie dans la fabrication des toiles peintes, dans la préparation du stil de grain, et dans celle de diverses laques destinées aux papiers peints.
Curcuma {curcuma longa). On fait usage de la racine, qui doit être grosse, pesante, difficile à casser, et d’un aspect intérieur résineux, ni vermoulu ni pulvérulent. Elle contient de la curcumine, une matièi’e brune, etc. On l’emploie pour la teinture en écarlate, pour les verts sur laine à la composition , et pour peindre du papier dont on se sert pour reconnaître les alcalis.
Bocou {bixa orellana). Les graines de cette plante donnent, par la fermentation, deux principes colorants, l’un jaune, soluble dans l’eau et l’alcool, peu soluble dans l’éther; l’autre rouge, peu soluble dans l’eau, mais très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elles sont employées dans la teinture en soie pour les couleurs qui résultent en général du mélange du rouge et du jaune, telles que les aurores, les oranges.
De la teinture en bleu.
On prépare ces couleurs avec l’indigo , le cami)êche et le bleu de Prusse; l’indigo est le seul qui fournisse des bleus solides.
De l’indigo. L’indigo a été trouvé, jusqu’à présent, dans quelques espèces du genre indigofera, telles que Vindigofera argentea, disperma, anil et tinctoria, de la familles des légumineuses; dans ^^so^^■s tinctoria, famille des crucifères; dans lepolygonumtinciorium, dejla famille des polygonées, et dans quelques espèces du genre nerium; il est probable qu’il existe dans toutes les espèces de ces genres et dans quelques autres plantes. La substance connue dans le commerce sous le nom d'indigo flore oudeGuatimala, renferme, ouivt l'indigotine, beaucoup d’autres matières. En la
DE l’indigo. 305
irailanl par l’eau, par l’alcool el par l’acide chlorhydrique, on a trouvé dans 100 parties: 1° matières solubles dans l’eau, savoir: matière verte unie à l’ammoniaque, un peu d’indigo désoxydé, extractif, gomme, 12 parties ; 2" matières solubles dans l’alcool , c’est-à-dire matière verte, résine rouge, un peu d’indigo, 30 parties; 3° matières solubles dans l’acide chlorhydrique, savoir: résine rouge, 6 parties; carbonate de chaux, 2 parties; sesquioxyde de fer et alumine, 2 parties ; 4“ matières insolubles dans ces agents, acide silicique, 3 parties; 45 par-
ties. Berzelius croit l’indigo formé d’une matière analogue au gluten, d’une matière brune qui, par sa combinaison avec l’ammoniaque, donne la matière verte , d’une matière rouge (résine rouge) et d’indigoline (voy. Ann. dephys. et de chim. , t. XXXVI).
En traitant l’indigo par l’acide azotique, on obtient de l’acide carbazotique , si l’acide est concentré (voy. p. 279), et s’il est étendu d’eau , on forme un autre acide, bien décrit par le docteur Buff, sous le nom d'acide d’indigo.
Préparation. Parmi les nombreux procédés qui ont été proposés pour extraire l’indigo, je décrirai le suivant, qui est usité en Amérique. Après avoir lavé les feuilles de V indigo fera ^ on les place dans une cuve et on les recouvre d’eau ; elles ne lardent pas à fermenter : le liquide verdit, devient un peu acide , et sa surface se recouvre de bulles et de pellicules irisées; alors on le fait passer dans une autre cuve; on l’agite et on le mêle avec de l’eau de chaux, qui favorise la précipitation de l’indigo : lorsque celui-ci est déposé, on le lave et on le fait sécher à l’ombre.
On opère de même pour extraire cette matière colorante du pastel ; mais comme l’indigo précipité par l’eau de chaux est vert, el qu’il doit celte couleur à un mélange de jaune et de bleu, il faut le laver avec de l’acide chlorhydrique faible, qui dissout la chaux, et rend la matière jaune plus soluble dans l’eau ; en sorte qu’il suffit ensuite de le mettre en contact avec ce dernier liquide pour lui enlever la couleur jaune et l’obtenir bleu.
Teinture en bleu par l’indigo. — On procède de deux manières différentes: 1“ on dissout l’indigo dans l’acide sulfurique concentré; on étend la dissolution de 150 parties d’eau pour en précipiter la matière colorante ; on y plonge le corps que l’on veut teindre ; on le lave et on le sèche : le bleu obtenu par ce moyen est très-vif, mais moins solide fine celui que l’on fait par le procédé suivant. 2“ On met le tissu dans Dn bain de teinture appelé cuve ; on distingue trois espèces de cuves : la cuve à la chaux et au vitriol, la cuve d’inde, et la cuve de pastel. En rétléchissant à la nature el aux propriétés des différentes substances qui II. 20
enlrent dans la composUion de ces cuves (voyez plus bas), on verrat 1° cfue l’indigo doit être ramené à l’élal d’indigoline blanclie, d’un jaune verdâtre, qui se dissout dans l’alcali que l’on a ajouté; 2° que l’étoffe que l’on en imprègne doit avoir la même couleur jaune; 3° enfin, qu’en l’exposant â l’air, l’indigotine blanche doit absorber l’oxygène et passer à l’état d’indigotine bleue: il suffira donc, pour teindre par ce procédé, de plonger le tissu, à plusieurs reprises, dans la cuve, dont la température est de 40° à 45° , puis de lé mettre en contact avec l’air.
Cuve à la chaux et au vitriol. On place dans une chaudière profonde 300 litres d’eau, 2 kilogrammes d’indigo finement pulvérisé, 2 kilogrammes de chaux éteinte, 2 kilogrammes et demi de sulfate de protoxyde de fer du commerce, dissous dans l’eau, et ôOOg'rammesde soude du commerce; on agite le tout, et ou chauffe pendant vingt-quatre heures â la température de 40“ à 50°, en remuant de temps en temps ; alors on y plonge l’étoffe; lorsque la dissolution est affaiblie, et qu’une portion d’indigotine bleue s’est précipitée, on y ajoute 2 kilogrammes de sulfate de fer et 1 kilogramme de chaux vive, afin de redissoudre le précipité; on y met une nouvelle quantité d’indigo quelque temps après cette addition.
Cuve d’Inde. On délaie dans 100 seaux d’eau 6 kilogrammes d’alcali , 2 kilogrammes de son , et autant de garance; on fait bouillir pendant quelque temps; on introduit le mélange dans une chaudière conique, et on y ajoute 6 kilogrammes d’indigo bien broyé; on agile le tout et on chauffe doucement : au bout de quarante-huit heures, l’opération est terminée, et le bain est d’un beau jaune, couvert de plaques cuivrées et d’écume bleue , surtout si on l’a agité toutes les douze heures; alors on y introduit l’étoffe que l’on veut teindre. Le son et la garance agissent en désoxygénanl l’indigo: celle-ci jouit encore de la propriété de se combiner avec le tissu , et le rend propre à être porté au même ton par une plus petite quantité d’indigo.
Cuve de pastel {isatis tinctoria). On fait bouillir dans une chaudière, pendant trois heures, 4 kilogrammes de gaude, 6 kilogrammes de garance, 2 kilogrammes de son, avec 4,500 litres d’eau ; on retire la gaude, et on verse la liqueur dans une cuve en bois contenant 200 kilogrammes de pastel parfaitement divisé; on agile continuellement, au moins pendant six heures (1), opération que l’on répète de nouveau de trois en
(1) Le pastel n’est autre chose que la plante même lavée, desséchée, broyée, que l’on a fait fermenter en l’exposant au soleil après l’avoir mise en tas.
i)E l’indigo.
trois heures, jusqu’A ce qu’il se manifeste des veines bleues à la surface du liquide; alors on ajoute 1 kilogramme de chaux et 10 kilogrammes d’indigo parfaitement broyé; on agite de nouveau deux fois pendant les six heures qui suivent, et on laisse déposer : dans cet état, la liqueur est d’un Jaune d’or, et peut servir à teindre les étoffes; dès ce moment, il faut y ajouter tous les joitrs 500 grammes de chaux éteinte, et la température doit être constamment de 39° à 50°. On voit, d’après cela, que la cuve de pastel diffère de la cuve d’Inde, en ce qu’elle renferme de la chaux et du pastel , et qu’elle ne contient pas de soude.
Si la cuve de pastel renferme trop de chaux , ce que l’on reconnaît à l’odeur piquante qu’elle répand, à sa couleur noirâtre, etc., il faut y ajouter du tartre , du son , de l’urine ou de la garance; si le contraire a lieu (et dans ce cas, le pastel se décomposée! exhale une odeur fétide), .il faut y ajouter de l’alcali.
Teinture en bleu par le campéche.^ Les tissus de laine sont les seuls qui soient teints en bleu par celte matière colorante. On compose le bain de 15 ou 20 parties d’eau , Vg de partie de bois de campêche, et î/jg de partie de vert-de-gris; on y met une partie de laine: du reste, le procédé est le même que celui que j’ai décrit en parlant du rouge de Brésil. On emploie encore le campêche pour teindre en violet la laine ti la soie: il suffit pour cela de les aluner et de les plonger dans une décoction du bois, sans addition de vert-de-gris. On se sert aussi du campêche pour la teinture en noir, à laquelle il communique du lustre et du velouté.
Teinture en bleu de Prusse. — Cette couleur, employée d’abord seulement pour teindre la soie, le fil et le coton, peut être appliquée avec succès à la teinture de la laine en bleu; on la connaît dans le commerce sous le nom de bleu Raymond. Après avoir décreusé la soie, on la plonge pendant un quart d’heure dans un liquide composé de 20 parties d’eau, et de 1 partie de dissolution de sesquioxyde de fer dans les acides azotique et chlorhydrique; on la met pendant une demi-heure dans une dissolution de savon presque bouillante; on la lave de nouveau, et on la iilonge dans un solutum froid de cyanure jaune de potassium et de fer acidulé par l’acide sulfurique ou par l’acide chlorhydrique ; elle devient bleue sur-le-champ; on la laisse pendant un quart d’heure, on la lave on la fait sécher (voy., pour la teinture de la laine, le mémoire de Baymond fils, dans le numéro de septembre des Ann. dephys. et de chim., année 1828).
DliUXIÈME PAI\T1E.
De la teinture en noir.
Lorsqu’on veut teindre en noir la laine, le coton et le lin, on cotnjnence par leur communiquer une teinte bleue, puis on les plonge dans un bain préparé avec la noix de galle et le campêche, et on finit par les mettre dans une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, de vert-degris et de campéclie ; on peut substituer avec avantage au sulfate de fer dont je parle l’acétate qui résulte de l’action de l’acide acétique huileux, provenant de la distillation du bois sur le fer rouillé; dans tous les cas, il se produit une nuance d’un gris violet, paraissant noire Jorsqu’elle est concentrée, et qui est composée de sesquioxyde de fer, d’acide gallique et de tannin. La soie n’est jamais teinte en bleu avant d’étre plongée dans le bain noir. On emploie encore pour teindre en Hoiries tiges de sumac {rhus coriaria)^ l’enveloppe du fruit du babla (mimosa cineraria)^ qui sert à faire des noirs sur la laine et plusieurs couleurs sur coton, l’écorce du cliâlaignier (castanea mlgaris), particulièrement pour la soie.
De la teinture en couleurs composées.
On prépare les couleurs vertes en plongeant les tissus, d’abord dans un bain bleu , puis dans un bain jaune; le violet, le pourpre, le colombin, la pensée, l’amarante, le lilas, le mauve, s’obtiennent avec des bains bleus et rouges; le coquelicot, le brique, le capucine, l’aurore, les mordorés, les cannelles, résultent de l’action du rouge et du jaune.
Pour ce qui concerne Vimpression sur des étoffes unies, de dessins de couleurs variées, ainsi que de la fixation des couleurs par la vapeur, je renvoie aux ouvrages spéciaux sur la teinture.
SECTION TROISIÈME
Généralités sur les acides organiques. Us sont composés d’oxygène et Oe carbone, ou bien d’oxygène, d’hydrogène et de carbone, ou bien de ces trois éléments et d’azote, ou bien enfin d’hydrogène, de carbone et d’azote. Ils monobasiques, bibasiques ou tribasiques; les premiers ne prennent quel équivalent de base quand on les transforme en sels;
les derniers en prennent deux ou trois. Ceux cjui ont un équivalent trèslourd sont presque toujours insolubles dans l’eau; ils sont au contraire presque toujours solubles dans ce liquide quand leur équivalent est léger. ün ne peut pas dire que tous les acides monobasiques soient volatils, mais on peut établir qu’en général tous ceux qui se volatilisent sont monobasiques. Les acides polybasiques , loin d’être volatils, sont tous décomposés par le feu, et donnent des acides pyrogénés, qui ne diffèrent des acides primitifs que par de l’eau ou de l’acide carbonique (Pelouze): ainsi l’acide malique, H'îG808,2H0, donne l’acide maléique pyrogéné, H2C806,2H0; ainsi l’acide méconique, , fournit
l’acide coménique pyrogéné, 2H0, et 2 équivalents d’acide car-
bonique, 2GQ2. Les acides volatils supposés anÆydres^ comme dans certains sels, contiennent tous 3 ou 5 équivalents d’oxygène.
Le chlore produit, avec certains acides organiques, des acides chlorés.
L’acide azotique les décompose presque tous en les oxydant, donne de l’eau, de l’acide carbonique et presque toujours de l’acide oxalique; souvent aussi il se produit des acides azotés. L’acide sulfurique, quand il ne se combine pas avec les acides organiques pour former des acides doubles , les décompose , en général , en s’emparant d’une partie de leur eau.
La potasse en fusion en transforme beaucoup en acide acétique et en acide oxalique.
En général la chaux et la baryte , chauffées avec les acides organiques volatils, les décomposent en acide carbonique, qui reste uni à l’une ou à l’autre de ces bases, et en carbures d’hydrogène, en essences oxygénées ou en acétones.
Les acides organiques existent souvent tout formés dans la nature; l’art peut en produire quelques-uns ; il en est qu’on a pas encore trouvés et que l’on forme, dans les laboratoires, à l’aide d’agents d’oxydation, tels que les acides azotique, chromique et plombique, un mélange de bioxyde de manganèse et d’acide sulfurique, le chlore, etc., ou bien par la chaleur, par la fermentation. Je ne décrirai ici que les acides qui existent tout formés dans la nature; quant aux autres, j’en ai parlé tà mesure que j’ai fait riiistoire des corps avec lesquels on les obtient.
DEUXIÊiyiE PARTIE.
ACIDEIBI OUI ESLISTEMT DAMli LA. KATUaE, ET DE LEURS DÉRIVÉS.
Ces acides sont :
L’inc. oxaliq. (voy.
Copahuvique.
Évernique.
Oléoricinique.
Méconique.
Usnique.
Ricinéolique.
Acétique.
Coménique.
Érytroléique.
Phocénique.
Benzoïque.
Pyroméconique.
Cétrarique.
Caproïque.
Tartrique.
Succinique.
Lichenstéarique.
Caprique.
Racémique.
Valérianique.
Euxanthique.
Caprylique.
Tartralique.
Jatrophique.
Absinthique.
Butyrique.
Tartrélique.
Santonique.
Carthamique.
Oléobutyrique.
Tartrique anhyd.
Esculique.
Gaïacique.
Palmitique.
Pyrotartrique.
Équisétique.
Liché nique.
Hircique.
Citrique.
Kahincique.
Morique.
Cérolique.
Malique.
Quinique.
Myroxylique.
Céroléique.
Tannique.
Kramérique.
INicolique.
Myristique.
Gallique.
Polygalique.
Spiréique.
Lithofellique.
Ellagique.
Strychnique.
Stéarique.
Lauréostéarique.
Mélagallique.
Cinnamique.
Margarique.
Bassique.
Pyrogallique.
Myronique.
Oléique.
Anamirtique.
Lactique.
Eugénique.
Linoléique.
Bénique.
Sylvique.
Lécanorique.
Élaïdique.
Moringique.
Piuique.
Érythrique.
Érucique.
Cévadique, etc.
Piinarique.
Orsellique.
Ricinique.
Abiétiqiie.
Bétaorsellique.
Stéaroricinique.
De l’acide acétique. IFC^O*, HO.
L’acide acétique se trouve dans la sève de presque tous les végétaux, dans la sueur de l’homme : il se produit pendant la fermentation acide et pendant la putréfaction des matières végétales et animales ; il est le résultat de la décomposition de ces substances par le feu, par certains acides, et par quelques alcalis.
L’acide acétique est solide à 16° c. ; au-dessus de cette température, il est liquide, incolore, très-sapide, et doué d’une odeur forte sui genens; son poids spécifique, à la température de 18°, est de 1,06,30; sa densité varie suivant qu’il est mélé à une plus ou moins grande quantité d’eau ; elle est de 1,0791, si l’on a mélé 100 parties d’acide monoliydraté avec 32,5 parties d’eau ; tandis qu’elle est encore de 1,0630, si la quantité d’eau mélangée est de 112,2 ; il possède donc la singulière propriété d’aug-
DE l’acide acétique. 311
nienter de densité quand on y ajoute de l’eau jusqu’à une certaine limite, au delà de laquelle celte densité diminue- Il est volatil , et entre en ébullition à 12Ü" sans éprouver la moindre décomposition. Si l’on fait passer sa vapeur à travers un tube de porcelaine rouge , il se décompose en eau, en acide carbonique, en acétone^
2H3C^03,H0 H6C602 2 HO 2GQ2
Acide acétique. Acétone. ’’ Eau. ^ Acide carbonique.
Si la température est encore plus élevée, on obtient du charbon et des gaz inflammables. Quand on fait passer les vapeurs d’acide acétique à travers de la mousse de platine chauffée au rouge , il se forme des volumes égaux d’acide carbonique et de protocarbure d’hydrogène.
Acide acétique. Acide carbonique. ’ Protocarbnre.
Si, au lieu de chauffer l’acide acétique, on le refroidit, il se congèle; on peut toutefois l’amener jusqu’à 0° sans qu’il cristallise, même en l’agitant; mais alors il suffit d’introduire une pointe de verre dans le flacon qui le contient pour le faire cristalliser ; sa température s’élève jusqu’à et se maintient à ce degré jusqu’à ce que tout l’acide soit cristallisé. D’après M. Sebille-Auger, toutes les variétés d’acide acétique ne sont point crislallisables ; les acétates purs et anhydres (acétate d’argent, par exemple) fournissent un acide crislallisable; il n’en est pas de môme du verdet; celui que donne l’acétate de soude traité par l’acide sulfurique, et qui est le plus pur, cristallise en lames minces à 15°-|-0" c.Quand on chauffe l’acide acétique dans des vaisseaux ouverts et qu’on l’enflamme, il bout et brûle avec une flamme bleue, presque comme l’alcool. Il attire riiumidité de l’air et se dissout parfaitement dans l’eau. Il est moins soluble dans l’alcool. A la température de l’ébullition , il dissout une assez grande quantité de phosphore, et il en relient môme après son refroidissement (Boudet). Le chlore, sous l’influence des rayons solaires, le décompose ; tout l’hydrogène disparaît à l’état d’acide chlorbydrique, et est remplacé par une quantité de chlore correspondante, cl il se forme de l’acide chloracétique ; si l’acide acétique, au lieu d’étre wionohydraté, était étendu d’eau, le chlore déterminerait la décomposition de l’eau, et donnerait naissance à de l’acide oxalique, qui finirait par se transformer en acide carbonique.
L acide Sulfurique anhydre se combine avec l’acide acétique mono-
s 12 DEUXIÈME PARTIE.
hydraté, et donne suif acétique, H2C402,2S0^2H0. Pour l’oble-
nit on sature par le carbonate de baryte la liqueur étendue d’eau ; il se forme du sulfate de baryte insoluble, et du sulfacétate soluble; en précipitant la baryte de ce dernier au moyen de l’acide sulfurique, on à l’acide snlfacétique en cristaux déliquescents, fusibles à 62°, décornposables à une température plus élevée.
L’acide azotique n’agit que faiblement sur l’acide acétique. Celui-ci n’est pas décomposé par les métaux à la température ordinaire ; cependant, quelques-uns de ces corps décomposent l’eau qu’il renferme, s’oxydent et passent à l’état d’acétates : tels sont, par exemple, le fer et te zinc. 11 se combine avec un très-grand nombre d’oxydes, et forme des acétates, qui sont, en général, solubles dans l’eau. 11 dissout le camphre, le gluten, les résines, la fibrine du sang, etc. 11 ne précipite pas l’albumine. Quand on le chauffe avec un excès d’alcali caustique, il donne un carbonate alcalin et du protocarbure d’hydrogène. L’acide monohydraté ne décompose pas le carbonate de chaux ; il n’en est plus ainsi, si on le mêle avec de l’eau ; uni à l’alcool , il ne rougit plus le tournesol et il n’atta(iue plus certains carbonates^
L’acide acétique sert à préparer plusieurs acétates ; il fait la base du vinaigre, qui est souvent employé comme assaisonnement. Les médecins regardent le vinaigre comme résolutif, rafraîchissant, antiseptique, sudorifique, etc. On s’en sert, 1° dans tous les cas où les acides minéraux affaiblis sont indiqués; 2° vers la fin des rhumatismes , et alors il est associé à quelques infusions sudorifiques ; 3° dans l’empoisonnement par les narcotiques, après avoir expulsé le poison par le vomissement: en effet, il résulte d’un très-grand nombre d’expériences que j’ai tentées, que le vinaigre, loin d’ètre le contre-poison de l’opium, augmente son action meurtrière lorsqu’il se trouve avec lui dans le canal digestif; mais que l’eau vinaigrée est un des meilleurs médicaments que l’on puisse employer pour combattre les symptômes développés par ce poison (voy. la 4° édition de ma Toxicologie générale , t. II); 4° dans l’asphyxie, où il est employé avec le plus grand succès en frictions, en lavement, en boisson, etc.; 5° dans les angines muqueuses, catarrhales, gangréneuses, etc. , où il agit comme résolutif : dans ce cas, il est employé en gargarismes ou sous forme de fumigations ; 6° pour résoudre certaines tumeurs; 7° pour calmer les accès hystériques et hypochondria- (|ues, pour arrêter les hoquets et les vomissements nerveux , et suivant quehjLies médecins, pour appaiser les fureurs maniaques. Le vinaigre est aussi très-employé comme antiseptique dans les lièvres d’un mauvais caractère , les petites véroles gangréneuses, pétéchiales, le scor-
DE l’acide acétique. 31 3
but , etc. Administré dans un grand état de concentration, il agit comme un poison corrosif énergique. Le sel de vinaigre, dont on fait usage dans ia syncope, l’asphyxie, etc., nest autre chose que de l’acide acétique concentré, mis sur du sulfate de potasse cristallisé.
Préparation. On obtient l’acide acétique ’par divers procédés : 1° en décomposant le bois par la chaleur dans des vaisseaux fermés ; 2° en décomposant quelques acétates par le feu ou par l’acide sulfurique ; 3® en distillant le vinaigre. — Premier procédé. On décompose le bois dans des fours en brique ou dans de grands cylindres de fonte; on recueille dans un réservoir en bois le produit liquide , qui est formé d’eau, d’acide acétique, d’acétone j d’acétate, de méthylène, et de différentes substances goudronneuses (voy. Bois); on l’abandonne à lui-méme jusqu’à ce que la majeure partie de l’huile soit déposée ; on le décante, et on le salure avec du carbonate de chaux (craie); il se produit de l’acétate de chaux, qui reste en dissolution, tandis que l’excès de matière huileuse vient à la surface, d’où on peut la séparer à l’aide d’une écumoire. La liqueur contenant l’acétate de chaux est mêlée avec du sulfate de soude; les deux sels se décomposent, et donnent naissance à du sulfate de chaux, presque insoluble, qui se précipite, et à de^l’acétate de soude soluble ; on fait évaporer celui-ci, et on obtient des cristaux d’un blanc légèrement jaunâtre, tandis que le liquide qui les surnage est assez fortement coloré en brun ; on redissout ces cristaux dans l’eau, et on procède à une nouvelle évaporation , qui fournit des cristaux blancs. Ces cristaux, desséchés et chauffés légèrement dans un appareil distillatoire, avec de l’acide sulfurique concentré se décomposent , et donnent l’acide acétique pur et concentré; il reste dans la cornue du sulfate de soude. 11 parait cependant que le procédé le plus généralement employé pour obtenir cet acide consiste à dissoudre l’acétate de soude dans une quantité d’eau déterminée, et à le décomposer par l’acide sulfurique du commerce; le sulfate de soude cristallise, et, par la simple distillation , on peut se procurer l’acide acétique. — Deuxième pro- .cédé.~ Vinaigre radical. On introduit dans une cornue de grès lutée, et disposée sur un fourneau à réverbère, assez d’acétate de bioxyde de cuivre pour en remplir la moitié ; on adapte à cette cornue une allonge, nn récipient et un tube de sûreté, et on chauffe graduellement la cornue, I acétate décréjiite , blanchit, se dessèche , et ne tarde pas à se décomposer; on oblienl dans le ballon un liquide verdâtre, composé d’acide acétique, d’une petite quantité d’acétale de cuivre, entraîné sans avoir éprouvé de décoin|)osition, d’un peu d’eau et d’un peu d’acétone (voy. ce mot); les gaz que l’on recueille sous les cloches sont formés
de 4 parties environ d’acide carbonique, et de 5 de carbure d’hydrogène ; il paraît aussi qu’ils tiennent en suspension un atome de cuivre métallique, qui donne à ce dernier la faculté de brûler avec une flamme verte. Le produit solide qui reste dans la cornue est pyropliorique et composé de cuivre métallique, d’un peu de charbon, et, suivant Vogel, d’un peu de protoxyde de cuivre ; à la fin de l’opération, il se sublime toujours des aiguilles blanclies et soyeuses d’acétate de protoxyde de cuivre. On purifie le produit liquide en le distillant dans une cornue de verre munie d’un récipient tubulé , et l’on obtient l’acide acétique pur. On peut également se procurer le vinaigre radical en chauffant un mélange de 203,4 parties d’aeétate de plomb fondu et desséché , et de 61,4 d’acide sulfurique bouilli (Desprelz). Suivant M. Sebille-Auger, le meilleur procédé pour préparer l’acide cristallisable consiste à décomposer l’acétate de soude par l’acide sulfurique pur (voy. Journ. de chim.méd.j avril 1832). On peut encore l’obtenir très-beau en suivant les procédés de MM. Lartigue, Rudrauff, et de M. Baup {Bulletin de pharmacie, t. III). — Troisième procédé. On introduit du vinaigre dans la cucurbite d’un alambic, et on distille jusqu’à ce que le résidu ait la consistance de lie de vin ; les dernières portions obtenues sont beaucoup plus acides que les premières, parce que l’eau est plus volaille que l’acide acétique. Le vinaigre distillé , qui est le résultat de cette opération, a une odeur et une sàveur faibles. Si on le sature par un alcali , qu’on évapore ensuite jusqu’à siccité, et qu’on traite l’acétate par l’acide sulfurique, on obtient de l’acide acétique concentré.
Du vinaigre. — On peut obtenir le vinaigre avec le vin , la bière, etc.; il suffit pour cela d’exposer ces liquides à l’air. Voici comment on procède à Orléans. On commence par verser 100 litres de vinaigre bouillant dans un tonneau ouvert, de 400 litres de capacité, disposé dans un atelier dont la température doit être constamment de 18” à 20”; au bout de huit jours, on y verse 10 litres de vin dont on a laissé déposer la lie ; huit jours après, on ajoute encore 10 litres de vin : on recommence cette opération tous les huit jours, jusqu’à ce que le tonneau soit plein. Quinze jours après avoir ainsi rempli ce vase , le vin se trouve converti en vinaigre; on en retire la moitié, et on recommence à verser tous les huit jours 10 litres de nouveau vin. Si la fermentation est très-énergique, ce que l’on reconnaît à la grande quantité d’écume dont se charge une douve que l’on plonge dans le tonneau , on ajoute plus de vin et à des intervalles plus rapprochés.
Le vinaigre blanc s’obtient avec le vin blanc, ou avec le vin rouge que l’on a laissé aigrir sur le marc des raisins blancs. Le vinaigre rouge
provient du vin rouge; on peut le rendre incolore, comme Ta prouvé W. Figuier, en le filtrant, à plusieurs reprises, à travers du charbon; lorsqu’il est trouble, on le clarifie à l’aide du lait bouillant; il suffit d’en verser un verre dans 25 ou 30 litres d’acide , et de passer le liquide pour le séparer du coagulum.
Acide chloracétique, C'^CPO^, HO. Il cristallise en tables rhomboédriques d’une faible odeur, d’une saveur âcre et caustique; mis sur la langue, il la blanchit; il désorganise la peau du jour au lendemain. Il fond à 45° et bout vers 200"; sa vapeur est fort irritante; la densité de l’acide fondu est de 1,617. Il est transformé en acide acétique ordinaire par un amalgame de 1 partie de potassium et de 150 parties de mercure. Il peut donner un éther chloracétique et un éther chloracétique perchloré {\0Y- Éther acétique, p. 166). Il se combine avec les bases, et fournit un grand nombre de sels solubles et cristallisables, lesquels, chauffés avec un excès de potasse, se changent en chloroforme et en un carbonate alcalin, et si l’on continue la réaction, le chloroforme est lui-même transformé en acide formique (voy. Chloroforme^ p. 196).
On obtient l’acide chloracétique en plaçant dans des flacons de cinq à six litres de capacité, pleins de chlore sec et gazeux, de 0,8 à 0,9 grammes d’acide acétique cristallisable. Au bout de vingt-quatre heures d’action solaire, on trouve les parois des yases tapissées de lames rhomboédriques : on les dissout dans l’eau, et l’on concentre dans le vide sur de la potasse caustique et de l’acide sulfurique ; par ce moyen, l’acide oxalique dont l’acide chloracétique est souillé cristallise le premier, et peut être facilement séparé. On distille ensuite sur l’acide phosphorique anhydre , qui en sépare l’eau et l’acide acétique, l’acide chloracétique distillant le dernier.
PEI» ACÉTJITEIS.
Tous les acétates, excepté celui d’ammoniaque, sont décomposés par le feu, et l’on obtient des produits volatils et d’autres qui sont fixes, fies produits volatils sont, en général, de l’eau, de l’acide acétique, de l’acétone, une huile, du gaz acide carbonique, et du carbure d’hydrogène gazeux, La nature des produits fixes varie suivant l’espèce d’acétate; Us ^enferment cependant toujours du charbon. Les acétates de nickel, de cuivre, de plomb, de mercure et d’argent, sont réduits â l’état métallique ; ceux de baryte, de stronliane , de potasse, de soude et de chaux, donnent pour résidu un carbonate; ceux d’alumine, de glucine , d’yttria , de magnésie, de zinc et de manganèse, fournissent
les oxydes respectifs; enfin l’acétate de sesquioxyde de fer laisse de l’oxyde noir. Ces phénomènes sont faciles à concevoir, si l’on a égard à l’affinité plus ou moins grande de l’acide acétique pour l’oxyde, à celle de cet oxyde pour l’acide carbonique, et à celle du métal pour l’oxygène. Il suit de là que, dans cette opération, il y a constamment décomposition d’une partie de l’acide et quelquefois de l’oxyde : si l’acide acétique tient peu à l’oxyde, il s’en décomposera très-peu et s’en volatilisera beaucoup ; si , au contraire , l’affinité de l’acide et de l’oxyde est très-grande, tout l’acide sera décomposé , et transformé en acétone et en carbonate :