DES TEINTURES ROUGES. SOI
Cochenille laque. On connaît dans le commerce trois variétés de celte cochenille, de chacune desquelles on peut retirer cinq résines différentes : 1® la laque en hâtons, que l’on trouve sons forme de croûte sur [les petites branches de plusieurs arbres des Indes orientales; elle paraît transsuder du corps des femelles du coccus lacca, qu’elle finit par envelopper, comme si chaque femelle était placée dans une cellule. Le coccus lacca est un insecte hémiptère, qui vit dans l’Inde sur plusieurs arbres, tels que le ficus religiosa, le ficus indica, etc. La laque en bâtons est d’un rouge foncé, et communique à l’eau cette couleur. T La laque en grains, qui paraît être la précédente, frottée dans l’eau pour en extraire autant de parties colorantes que possible; elle est brune. 3° La laque en écailles, que l’on obtient en faisant fondre la laque en bâtons, et en la coulant en plaques minces; elle est également brune. La première contient beaucoup plus de matière colorante et moins de matières résineuses que les autres; elle renferme aussi de l’acide laccique; la dernière est la moins riche en couleur. D’après Halchett, ces trois laques sont formées de 68 à 90 de matières résineuses, et de 32 à 10 de matière colorante, de cire, de gluten ; la laque en bâtons renfermerait 68 de résine et 10 de principe colorant, tandis que la laque en grains contiendrait 88,5 de résine et 2,5 de matière colorante. Toutes les trois sont fragiles, transparentes, inodores, et douées d’une saveur astringente et amère. La cire à cacheter rouge est formée de 48 parties de laque en écailles, de 12 parties de térébenthine, d’une partie de baume de Pérou , et de 36 parties de vermillon ; on fait fondre. Si l’on substituait le noir d’ivoire au vermillon , on ferait la cire noire. La laque est encore employée en teinture et dans la préparation des vernis. On l’administrait autrefois en médecine à la dose de 2 à 4 grammes dans l’alcool , comme tonique et astringente; on la fait entrer aujourd’hui dans quelques gargarismes antiscorbutiques, et dans la composition des poudres propres à raffermir les gencives; on l’emploie aussi quelquefois pour délerger et mondifier les plaies.
hhubarhe. Lorsqu’on traite 1 partie de rhubarbe par 4 parties d’acide azotique, on obtient pour résidu une matière à laquelle M. Garot a donné le nom d’érythrose (d’epuflpalvw, rougir), d’un jaune orange, si la rhubarbe est exotique et d’un jaune plus clair, si elle est indigène ; celte dernière donne à peu près 8 à 10 pour 100 d’érythrose, tandis que la rhubarbe exotique en fournit de 15â 20 pour 100. L’érythrose, com- Idnée avec les alcalis, forme des composés rouges ou amarantes susceptibles d’application aux arts et â la pharmacie. Le composé de po-
(asse colore les liquides non acides six fois plus fortemenl que la cochenille, et le rouge est plus franc, plus vif et plus stable. Le composé neutre d’ammoniaque a quatre fois plus d’intensité colorante que le précédent; il peut être employé comme encre rouge avec autant d’avantage que celle qui est faite avec la cochenille ou le carmin. On s’en servira aussi pour colorer en rose les savons transparents et ceux de Windsor, dits de toilette. La force colorante de ces deux composés d’e'rj/throse n’est pas la même, suivant les rhubarbes avec lesquelles ils ont été obtenus; on peut la classer comme il suit :r/m6or6e de Moscovie, rhubarbe de Chine, rhubarbe indigène. Cette force dans l’érythrose des rhubarbes exotiques étant au moins trois fois plus considérable que dans les rhubarbes indigènes, on trouve là un moyen facile de reconnaître l’origine des rhubarbes, si surtout, agissant comparativement, on tient compte en même temps du produit, en énjthrose, qui est de 15 à 20 pour 100 et couleur orange pour les rhubarbes exotiques, et de 8 à 10 pour tOO et jaune pour les rhubarbes indigènes. On peut fixer ces composés sur la soie et sur la laine, et obtenir des nuances fort belles, de la même couleur que celles qui sont fournies par la cochenille; dans les divers essais qui ont été faits, c’est la rhubarbe indigène qui a toujours donné une teinte d’un rouge plus vif ; tout porte à croire qu’elle pourra devenir bientôt, comme matière tinctoriale, l’objet d’une industrie importante.
L’érythrose est-elle un produit de la réaction de l’acide azotique sur la rhubarbe, ou bien existe-t-elle toute formée dans celte racine? Quoiqu’il en soit, elle est de nature complexe, et ne saurait être considérée comme un principe immédiat (Journ. de janvier 1850).
Bois de santal {ptœrocarpus santalinus). 11 est en bûches denses et très- dures, ou en poudre fine; il ne colore presque pas l’eau bouillante; il donne, soit une couleur fauve, soit une couleur rouge.
De la teinture en jaune.
On prépare cette couleur avec la gaude , le quercitron , le bois jaune, etc.
Gaude {réséda luteola). Suivant M. Roard , les capsules conliennent plus de principe colorant que les liges, et celles-ci beaucoup plus que les racines. On sait que le principe colorant, la lutéoUne, a élé séparé de la gaude (voy. p. 290). Lorsqu’on fait bouillir de l’eau avec ces parties , on obtient un solutum (irant sur le brun , qui s’éclaircit el devient verdâtre par l’addition d’une plus grande quantité d’eau. Les acides en