DU CACOÜYLE ET DE SES DÉRIVÉS
UIJ CACODILID KT DE SES DÉRIVÉS.
Le cacodyle, H^C-îAs, est composé, comme on le voit, d’hydrogène, de carbone et d’arsenic {s oy . Acétate de potasse ^ p. 318). Il est le produit de l’art, et joue vis-à-vis des corps simples le rôle d’un radical composé, analogue à celui que jouent le cyanogèneet le stibétliyle; ces trois corps sont les seuls radicaux composés qui aient été isolés jusqu’à présent. On verra aussi qu’il se comporte souvent, dans ses réactions, comme un métal. H est liquide, incolore, d’une odeur insupportable, très-réfringent, spontanément inflammable, bouillant vers 170°, et se solidifiant à — 6°. Chauffé en vases clos, il donne de l’arsenic et du bicarbure d’hydrogène. Exposé à l’air, il forme un brouillard épais, absorbe l’oxygène , et passe successivement à l’état d’oxyde de cacodyle et d’acide cacodylique. Il se combine avec le soufre, le chlore et le brome.
Préparation. En faisant agir, à l’abri du contact de l’oxygène et à chaud, du zinc sur du chlorure de cacodyle, on obtient une masse blanche cristalline, composée des deux corps employés; si l’on traite cette masse par l’eau , on dissout du chlorure de zinc , et il se précipite un liquide oléagineux; il suffit de faire digérer celui-ci pendant quelque temps avec du zinc et de distiller, après l’avoir laissé aussi pendant quelque temps sur du chlorure de calcium et de la chaux vive , pour obtenir le cacodyle.
De l’oxyde de cacodyle (liqueur de Cadet), H^G'îAsO. — Il est liquide, incolore, très-fluide, d’une odeur alliacée, forte, très-désagréable, d’une densité de 1,46, d’un pouvoir réfringent très-considérable. Mis sur la peau, il produit des démangeaisons douloureuses. Il bout vers 150°, et se solidifie en paillettes blanches à un froid de — 23°. La densité de sa vapeur est de 7,8. A l’air, il s’échauffe, et brûle spontanément avec une flamme blanche , en dégageant de l’acide arsénieux sous forme de vapeurs épaisses. Il est insoluble dans l’eau. Si on laisse pendant quelque temps à l’air un mélange d’eau et de cet oxyde, l’air lui cède de l’oxygène, et le transforme en acide arsénieux , en acide cacodylique, et en une substance éthérée. Il est très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Il dissout le phosphore et le soufre sans s’altérer. Le chlore, le brome et l’iode, le décomposent rapidement; il s’enflamme dans le chlore.
Il se dissout dans i)lusieurs oxacides, et forme des sels souvent cristallisables. L’azotate de cacodyle, mêlé à l’azotate d’argent, fournit un
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précipité blanc, cristallin, composé d’un équivalent d’azotate d’argent I et d un d’oxyde de cacodyle = 3H6C''*AsO, AgO,Az05. Avec les hydracides, il donne de l’eau et des produits binaires, composés de cacodyle et du corps halogène qui faisait partie de l’acide.
il réduit un certain nombre de corps en pa.ssant cà l’état d’acide cacodylique : tels sont les sels de mercure, d’argent, d’or, et l’indigo bleu, qu’il ramène à l’état d’indigo blanc.
Le bichlorure de mercure, en dissolution aqfteuse étendue, précipite en blanc l’oxyde de cacodyle dissous dans l’alcool, et donne un composé, H^C'îAsO, 2HgCP, soluble dans l’eau bouillante, et susceptible de cristalliser par refroidissement.
L’oxyde de cacodyle est très-vénéneux.
Préparation. On distille dans une cornue de verre, munie d’un récipient, un mélange de parties égales d’acétate de potasse anhydre et d acide arsénieux ; le récipient doit être muni d’un tube qui conduit les vapeurs hors du laboratoire. A la fin de l’opération, on trouve dans celui-ci trois couches; la moyenne, brune et oléagineuse, constitue 1 oxyde de cacodyle impur; après l’avoir décantée à l’aide d’un siphon et l’avoir lavée avec de l’eau non aérée, on traite par l’alcool, qui dissout l’oxyde de cacodyle; cette dissolution, mise en contact avec l’eau qui a bouilli, laisse précipiter l’oxyde; on enlève rapidement l’eau qui le surnage, et l’on fait passer rapidement dans le flacon un courant de gaz hydrogène, afin d’empêcher l’action de l’air. On introduit dans le flacon du chlorure de calcium pour absorber l’eau et l’alcool ; on bouche le fiacon ; au bout de quelque temps, on décante le liquide, et on l’introduit dans une cornue tabulée, traversée par un courant d’hydrogène, puis on distille; l’oxyde de cacodyle se rend dans le récipient.
De l’acide cacodylique, H6G4AsO^,HO. — U cristallise en prismes obli(iues, équilatéraux, incolores, inodores et presque insipides, inaltérables à l’air sec, décomposables à l’air humide, solubles dans l’eau et dans l’alcool, insolubles dans l’éther, décomposables à 130'' sans distiller, se combinant avec les bases pour former des sels iiicrislallisables qui finissent par se dissoudre dans l’eau et dans l’alcool. Le protochlorure d’étain, l’acide phosphoreux, le zinc métallique, lui enlèvent de l’oxygène et le ramènent à l’état d’oxyde de cacodyle. 11 décompose difficilement les carbonates. Il parait moins vénéneux (jne l’acide arsénieux.
Préparation. On traite par l’eau le i)roduit qui se forme à la longue, lor.sque l’oxyde de cacodyle est en contact avec l’eau (voy. p. 327); on