DU CACODYLE ET DE SES DÉRIVÉS
évapore la dissoliUioii jusqu’à siccUé, et l’on fait agir sur le produit de l’alcool à la température de l’ébullition; par le refroidissement de la liqueur, l’acide cacodylique cristallise.
Lu sulfure de cacodyle, H^C^AsS. — Il est liquide, incolore , et ne répand pas de vapeurs à l’air; la densité de sa vapeur est de 8,39; sa formule correspond donc à 2 volumes de vapeur. Il est insoluble dans l’eau, et très- soluble dans l’alcool et dans l’éther. Il absorbe l’oxygène de l’air et passe à l’état d’acide cacodylique; il se forme aussi d’autres produits oxygénés. Il donne avec le soufre un sulfure plus sulfuré. Il fournit avec l’acide chlorhydrique du chlorure de cacodyle et du gaz acide sulfhydrique; on voit que l’hydrogène de l’acide s’est uni au soufre , tandis que le chlore s’est combiné avec le cacodyle. Les acides sulfurique et phosphorique le transforment en sulfate et en phosphate de cacodyle.
Préparation. On distille du chlorure de cacodyle avec du sulfhydrate de sulfure de baryum, et l’on trouve dans le récipient de l’eau et du sulfure de cacodyle; il s’est dégagé du gaz acide sulfhydrique, et il s’est formé du chlorure de baryum. On fait digérer le produit distillé sur du chlorure de calcium et sur du carbonate de plomb , puis on distille au milieu d’un courant d’hydrogène.
Du chlorure de cacodyle, H^C'^AsCl. — Il est liquide, incolore, d’une odeur fétide, plus pesant que l’eau; la densité de sa vapeur est de 4, .36; son équivalent correspond donc à 4 volumes de vapeur. 11 entre en ébullition un peu au-dessus de 100°; sa vapeur prend feu au coLii’ant d’air ou de l’oxygène; il ne .se solidifie pas à — 45°. Il est insoluble dans l’eau et dans l’éther, et très-soluble dans l’alcool. Laissé dans l’eau, il se décompose en partie, et donne un composé de 3 équivalents de chlorure et de 1 équivalent d’oxyde de cacodyle; il .se produit évidemment 1 équivalent d’acide chlorhydrique. Les acides sulfurique et phosphorique en dégagent du gaz acide chlorhydrique , et forment un sulfate ou un phosphate d’oxyde de cacodyle : d’où il suit que l’eau de ces acides a été décomposée. Il se combine avec les chlorures métalliques et produit des chlorures doubles. L’azotate d’argent lui enlève le chlore et le tran.sfurme en oxyde de cacodyle. Le bichlorure de i)laline donne avec la di.ssolution alcoolique de ce corps un précipité rouge-brique, composé des deux chlorui’es, soluble dans l’eau büuillanle , véritable base pouvant .s’unir aux acides pour former des Sels crislallisables ; la dissolution a(|ueuse des deux chlorures ne précipite par aucun des réactifs à l’aide desquels on décèle habituellement ie platine et le chlorure de cacodyle.
Préparation. On distille avec de l’acide chlorhydrique très-concentré le composé, AsO, 2Hg CI2, que l’on obtient en faisant agir le bichlorure de mercure sur l’oxyde de cacodyle ; on fait digérer le produit recueilli dans le récipient sur du chlorure du calcium et sur de la chaux vive; on distille, et le chlorure de cacodyle vient se condenser dans le ballon.
Du bromure et de l’iodure de cacodyle. — On peut former ces deux corps par des procédés analogues à celui qui fournit le chlorure; ils ont beaucoup d’analogie avec celui-ci.
Du cyanure de cacodyle, H^C'^AsCy. — 11 est cristallisé, fusible à 32°, 5, bouillant à 140°; la densité de sa vapeur est 4,55; son équivalent est donc représenté par 4 volupies de vapeur. 11 s’oxyde promptement à l’air. L’alcool et l’élher le dissolvent abondamment, tandis qu’il est presque insoluble dans l’eau. 11 est excessivement vénéneux.
Préparation. On distille un mélange d’oxyde de cacodyle et de cyanure de mercure ; il reste dans la cornue de l’oxyde de mercure , et le cyanure de cacodyle vient dans le ballon sous forme d’une couche huileuse, où il se trouve au fond de l’eau que l’on avait introduite dans le récipient; par le refroidissement, cette couche se prend en une masse cristalline que l’on exprime entre plusieurs doubles de papier Joseph. Il ne s’agit plus que de distiller ces cristaux sur de la baryte.
On doit à M. Bunsen la découverte du cacodyle et le travail si remar- (luable dont je viens de présenter un résumé.
De l’acido benzoïciue.
Cet acide existe dans les baumes, dans Vholcus odoratus, Vanthoxanthum odoratum (graminées), etc. ; on sait qu’il se forme quand l’essence d’amandes amères absorbe l’oxygène de l’air ou d’autres réactifs oxydants, quand on traite par la ])otasse le chlorure de benzoïle , ou l’acide hi[)purique par les acides, etc. 11 cristallise en longs prismes blancs, brillants, satinés, légèrement ductiles et semblables à des aiguilles; il est inodore lorsqu’il est pur; il a, au contraire, une odeur d’encens quand il renferme de la résine; sa saveur est acidulé, piquante et un peu amère; il rougit Vinfusum de tournesol. Chauffé dans des vaisseaux fermés, il fond cà 120", se sublime en totalité à 145°, et vient cristalliser dans le col de la cornue; il n’y en a qu’une petite portion de décomposée, qui fournit des traces d’huile empyreumatique et de charbon. Les va))eurs d’acide benzol(|ue, en passant sur la pierreponce , donnent de l’acide carboniiiue et de la benzine. Si on le fait
DE l’acide benzoïque. ‘ 331
^'hauffer à l’air, il se décompose, et répand une fumée piquante, susceptible de s’enflammer par l’approche d’un corps en ignilion , à la manière des résines. Il n’éprouve aucune altération de la part de l’air à la température ordinaire. Il se dissout dans 25 p. d’eau bouillante dt dans 200 parties d’eau froide , en sorte que la dissolution , faite à chaud et refroidie, laisse précipiter la majeure partie de l’acide dissous. Il ■est beaucoup plus soluble dans l’alcool ; 100 parties de ce liquide bouillant peuvent dissoudre 100 parties d’acide benzoïque, tandis qu’à la température ordinaire elles n’en dissolvent que 56 ; si l’on verse de l’eau dans le alcoolique saturé, on obtient un précipité blanc,
floconneux , d’acide benzoïque. L’acide azotique et plusieurs autres acides minéraux le dissolvent également.
Le chlore, sous l’influence des rayons solaires, le transforme en acide benzoïque mono,bi ou trichloré , Cl 0^, HO , ou bien
H3C14C12û3,H0, ou bien H2C14C13 03, HO.
Le brome forme avec lui de l’acide bromobenzoïque.
L’acide azotique peut le transformer en acides nitrobenzoique et binitrobenzoïque. L’acide nitrobenzoique introduit dans l’économie animale donne naissance, d’après M. Bertagnini, à de l’acide mïrohippurique^ qui passe dans l’urine; on obtient cet acide en traitant l’acide hippurique par un mélange d’acide azotique monohydraté et ! d’acide sulfurique. L’acide nitrohippurique se dédouble, lorsqu’on fait agir sur lui l’acide chlorhydrique, en acide nitrobenzoique et en glycocolle (voy. Comptes rendus, séance du 30 septembre 1850).
L’acide sulfurique anhydre, dirigé en vapeurs sur de l’acide benzoïque refroidi, forme une masse visqueuse qui, étant reprise j)ar l’eau et saturée par le carbonate de baryte, fournit un sel de baryte cristallisé , d’où l’on peut , à l’aide de l’acide sulfurique étendu , précipiter la baryte, et isoler un nouvel acide cristallisable, désigné sous le nom d’acide sulfobenzo'ique.
Dissous dans l’eau , l’acide benzoïque décompose et transforme en beiizoate soluble les deux tiers de son poids de carbonate de chaux ; le benzoate qui en résulte n’est point acide.
L’acide benzoïque est employé en médecine comme tonique et excitant du système pulmonaire; on l’administi'e dans les catarrhes anciens, dans certaines phlhisies tuberculeuses, etc. ; il a été utilepour calmer des accès nerveux violents. On le donne depuis 10, 20, jusqu’à 50ou 60 c., en poudre, dans l’alcool ou dans une conserve; il fait partie des pilules de Morton. ^ ^Préparation. L’acide benzoïque peut être préparé : T en versant de 1 acide chlorhydri()ue sur l’iirine des animaux herbivores, concentrée
l);ir l’évaporalion ; l’acide chlorhydrique transforme l’acide liiiipurique qu’elle contient en sucre de gélatine et en acide benzoïque qui se précipite sous forme de petites aiguilles :
H9C18Az06 2 ho H5C1403,H0 H5G^Az04
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A. hippurique. Eau. Acide benzoïque. Sucre de gélatine.
2" En faisant bouillir, pendant une demi-heure , 1 partie de chaux vive éteinte, 10 à 12 parties d’eau, et 4 ou 5 parties de benjoin pulvérisé (composé principalement d’acide benzoïque et de résine); la chaux s’empare de l’acide, et forme un benzoate soluble, qu’il suffit de filtrer et de traiter par l’acide chlorhydrique pour le décomposer; en effet, l’acide benzoïque se précipite sur-le-champ, si la dissolution de benzoate est concentrée; on peut substituer le carbonate de soude à la chaux; on obtient par ce procédé 140 grammes d’acide pour 1 kilogr. de benjoin. 3° En chauffant modérément du benjoin de la manière suivante ; on étend uniformément une couche de benjoin concassé dansi une terrine en fonte de 0,12 centimètres de diamètre sur 0,6 environ de hauteur, que l’on recouvre d’une feuille de papier joseph mince, collée au bord du vase avec de l’empois; on surmonte le tout d’un cône de papier d’emballage dont le bord inférieur est fixé à la terrine au. moyen d’une ficelle; on place ensuite cette terrine , ainsi disposée, sur' une plaque de fer recouverte de sable et placée sur un fourneau; om entretient le feu pendant trois ou) quatre heures; au bout de ce temps, | on trouve dans le cornet de beaux cristaux d’acide benzoïque, exemptsi de l’huile noire empyreumatique qui ordinairement le souille. 1 kilogr.» de benjoin ne donne que 40 grammes d’acide benzoïque. ;
Benzoates. — Tous les benzoates sont décomposables par le feu. La| distillation du benzoate de chaux neutre et cristallisé a été 1 objet de|. recherches intéressantes faites par MM. Péligot, Mitscherlich et Chancel.| A la température de 300°, il fournit une matière huileuse brune, vola-» tile, et plus dense que l’eau, et du carbonate de chaux. La matière hui-| leuse est formée de trois substances : 1° une huile limpide, décrite pai| M. Mitscherlich sous le nom de benzine (voy. p. 333); 2° de la hen-\ zone, 3° de la naphtaline. Pour isoler ces trois matières, on distille au| bain-marie la matière huileuse brune; la benzine passe dans le reci-» pient; on continue alors la distillation à feu nu, et l’on obtient de| l’eau, puis une seconde matière huileuse qui ne bout qu’à 250°, et qui| renferme la benzone et la naphtaline ; on sépare ces deux subslancesj en soumettant la matière à une température de 20° —0; en effet, ellel