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H4C8010,2H0 H3C403,H0 2C203,HO

Acide tarlriquc. Acide acétique. ^ Acide oxalique.

L’acide tartrique peut se combiner avec un certain nombre de métaux, tels que le fer, le zinc, etc.; l’eau est décomposée, et il se dégage de l’hydrogène. Il forme des tartrates avec beaucoup d’oxydes. Voici l’ordre d’aftinité de plusieurs bases pour cet acide : chaux, baryte, strontiane, potasse, soude, ammoniaque et magnésie. Il précipite les eaux de chaux, de baryte et de strontiane, en blanc, et les tartrates précipités se dissolvent avec la plus grande facilité dans un excès d’acide. Il ne précipite pas les chlorures de ces bases.

Il sert, dans l’analyse chimique, pour précipiter et caractériser la potasse.

Dissous dans une grande quantité d’eau, il peut très-bien remplacer la limonade dans les diverses maladies où les acides végétaux sont utiles.

Préparation. On commence par se procurer du tartrate de chaux : pour cela , on fait di.ssoudre 5 parties de crème de tartre dans 75 parties d’eau bouillante; on y met assez de carbonate de chaux pulvérisé (craie) pour saturer l’excès d’acide tartrique, et on agite la liqueur, qui est en pleine ébullition ; il se dégage du gaz acide carbonique, et il se forme du tartrate de chaux insoluble et du tartrate de potasse neutre soluble; celui-ci relient un peu de tartrate de chaux ; on fait bouillir celte liqueur pendant un quart d’heure avec du sulfate de chaux ou avec du chlorure de calcium , qui décompose tout le tartrate de potasse neutre, en sorte que l’on obtient une nouvelle quantité de tartrate de chaux insoluble; on lave le précipité à grande eau , et on le décompose, à l’aide de la chaleur et de l’agitation, par les ^/s de son poids d’acide sulfurique du commerce, étendu de 10 à 16 parties d’eau ; il se produit du sulfate de chaux peu soluble, et l’acide tartrique reste en dissolution avec un peu de sulfate de oliaux. Après avoir laissé reposer la liqueur, on la décante, et on la concentre par l’évaporation ; on sépare le sulfate de chaux, qui se précipite, et on fait cristalliser V acide tartrique; mais, comme il retient de l’acide sulfurique, on le traite successivement par la lilharge et par l’acide sulfhydrique.

Des tartrates.

La

tous

composition des tartrates est loin di’étre toujours la même. Ils sont neutres, quoiqu’on admette généralement l’existence de quelques 11. 22

bifartrales, la crème de lartre ou le bitaiTrale de potasse, par exemple. Les uns sont formés de l équivalent d’acide, et de 2 équivalents d’une même base, 2KO,H^G80io (Irartrate de potasse neutre); d’autres contiennent 1 équivalent d’acide et 2 équivalents de base , qui ne sont pas les mêmes, KO,NaO, (tartrate de potasse et de soude, sel de

Seignette); il en est dans lesquels l’équivalent d’acide est saturé par i équivalent de base et par'l équivalent d’eau, KO, HO,H^G80io (crème de tartre, improprement désignée sous le nom de bitartrate de potasse) enfin .ceux que l’on a appelés émétiques, et qui sont composés de 1 équivalent d’acide, de 1 équivalent de base, contenant elle-même 1 équivalent d’oxygène, et de 1 équivalent d’une autre base, renfermant 3 équivalents d’oxygène, K0,Sb^Q3, (émétique, tartre stibié,

tartrate de protoxyde de potassium et d’antimoine).

Tous les tartrates sont décomposés par le feu , et fournissent des produits volatils analogues à ceux que l’on obtient avec l’acide tartrique placé dans les mêmes circonstances; quelques-uns d’entre eux laissent pour résidu un carbonate de la base; il y en a d’autres qui sont plus complètement décomposés , et qui fournissent le métal , etc.

Veau dissout les tartrates neutres de potasse, de soude, d’ammoniaque , de magnésie et de bioxyde de cuivre ; presque tous les autres sont insolubles dans ce liquide; ceux-ci, sans excepter le tartrate de chaux, se dissolvent dans un excès d’acide, tandis que les tartrates neutres solubles sont transformés, par l’acide tartrique ou par tout autre acide fort, en tartrates cristallins, moins solubles dans l’eau; d’où il suit que les propriétés des tartrates solubles sont analogues, sous ce rapport, à celles des oxalales. 11 existe des tartrates insolubles qui se dissolvent à merveille dans une très-petite quantité de tartrate de potasse, de soude ou d’ammoniaque, avec lesquels ils forment des tartrates doubles : tels sont les tartrates de fer et de manganèse. Il y a d’autres tartrates insolubles qui ne peuvent se dissoudre dans les tartrates de potasse, de soude et d’ammoniaque, pour former des sels doubles, qu’autant que l’on a employé un excès de ces tartrates solubles, et même d’acide tartrique: tels sont ceux de baryte, de strontiane, de chaux et de plomb.

Tartrate dépotasse neutre ou bipotassique (sel végétal), 2K0,H^G*0^^- — On ne le trouve pas dans la nature; il cristallise en prismes rectangulaires à 4 pans, terminés par des sommets dièdres, légèrement déliquescents, solubles dans leur poids d’eau froide et dans une petite quantité d’eau bouillante, et doués d’une saveur amère; ainsi cristallisé, U contient deux équivalents d’eau. Chauffé, il se décompose après avoir

DES TARTRATES.

éprouvé la fusion aqueuse. Il est susceptible de dissoudre une grande quantité d’alumine. Il décompose le kermès à froid , et il se forme, suivant M. Guéranger, du tartrate de potasse et d’antimoine (émétique). Ou remploie eti médecine comme purgatif, à la dose de 12 à 24 grammes.

Préparation. On projette peu à peu de la crème de tartre finement pulvérisée dans une dissolution chaude de carbonate de potasse; l’excès d’acide tartrique décompose le carbonate et s’unit à la potasse, tandis que l’acide carbonique se dégage; le tartrate de chaux qui fait partie de la crème de tartre se dépose sous forme de flocons blancs; ou filtre la liqueur, on la concentre par l’évaporation , et on l’abandonhe à ellemême pour la faire cristalliser.

Tartrate monopotassique, KO, HO, H^G^Oio (crème de tartre, bitartrate de potasse)'. — Il existe dans le raisin et dans le tamarin ; le tartre du commerce, ou la matière blanche ou rouge qui se dépose sur les parois des tonneaux où le vin fermente, est presque entièrement formé par ce sel. 11 cristallise en prismes obliques, à base rhombe,durs, opaques, qui croquent sous la dent; sa saveur est légèrement acide. Il se dissout dans 18 parties d’eau bouillante, tandis qu’il en exige au moins 184 p. à 20°. Il est insoluble dans l’alcool à 0,85. Le solutum aqueux est décomposé par l’air et transformé en carbonate de potasse, en huile, et en une espèce de moisissure; au contraire, le sel solide n’éprouve aucune altération de la part de cet agent. Expose à l’action de la chaleur, il se décompose comme tous les tartrates, et il reste dans la cornue du charbon et du carbonate de potasse (flux noir).

Lorsqu’on le chauffe Jusqu’au rouge blanc, pendant deux ou trois heures, avec parties égales d’un métal très-fusible, tel que l’élain, le bismuth, le plomb ou l’antimoine, on obtient des alliages plus ou moins riches en potassium , qui ne subissent aucune altération à un feu trèsviolent : d’où il suit que la potasse a été décomposée par le charbon de l’acide tartrique, qui s’est emparé de son oxygène, tandis que les métaux se sont unis au potassium. Ce fait, entrevu par Vauquelin , a été mis hors de doute par Sérullas, dans un très-beau mémoire imprimé en 1820 dans le Journal de pharmacie. On prouve que ces alliages contiennent du potassium ; 1° parce qu’en les mettant dans l’eau, ils la décomposent ; il se forme de la potasse , et il se dégage du gaz hydrogène ; 2" par le tournoiement de leurs fragments sur un bain de mercure sec ou aqueux; 3" par la quantité considérable de calorique que queUiuesuns d’entre eux émettent, lorsqu’après les avoir pulvérisés, on les expose à l’air. Il résulte encore, des expériences de Sérullas, que tous les Sels A base de potasse, décornposables par la chaleur, sont ramenés A

DEUXIÈME PARTIE, l’élal de polassium quand on les cliauffe avec les métaux déjà mentionnés, et que l’on ajoute du charbon; l’addition de ce dernier corps n’est pourtant nécessaire que lorsque l’acide du sel n’appartient pas au règne végétal.

Crème de tartre du commerce. — Cette crème de tartre est formée, d’après Fourcroy et Vauquelin , d’une très-grande quantité de bitartrate monopotassique, de 7 à 8 centièmes de tartrate de chaux, d’une petite quantité d’acide silicique, d’alumine, d’oxyde de fer et d’oxyde de manganèse; d’où il suit qu’elle doit partager la plupart des propriétés du bitartrate monopotassique, qui en fait la majeure partie. On l’emploie pour préparer l’acide taiTrique, les autres lartrates, la potasse pure, et pour augmenter la fixité des couleurs. C’est avec la crème de tartre impure, ou le tartre brut, que l’on obtient les flux blanc et noir: le premier est presque entièrement composé de carbonate de potasse, l’autre est formé de ce même sel et d’une certaine quantité de charbon.

Préparation de la crème de tartre. On fait dissoudre dans l’eau bouillante le tartre brut qui se dépose sur les parois des tonneaux pendant la fermentation du moût de raisin; il se forme, par le refroidissement de la liqueur, des cristaux presque incolores; on les fait redissoudre dans l’eau bouillante, dans laquelle on délaie 4 ou 5 centièmes d’une terre argileuse et sablonneuse qui s’empare de la matière colorante; on évapore la liqueur jusqu’à pellicule, et l’on obtient des cristaux de crème de tartre incolore : on se sert des eaux mères pour faire de nouvelles dissolutions.

Flux blanc et flux noir.— On prépare le premier en projetant dans un creuset rouge 2 parties d’azotate de potasse et 1 partie de tartre ; tandis qu’on emploie , pour la préparation du flux noir, parties égales de ces deux sels; les acides azotique et tartrique sont décomposés, 1 oxygène du premier se combine avec l’hydrogène et le carbone du second.

Crème de tartre so/u6/e. — Lorsqu’on fait bouillir 47% pai'lies de crème de tartre, 600 d’eau, et 15 % d’acide borique cristallisé et purifié, le sel et l’acide se dissolvent; si l’on entretient la liqueur bouillante jusqu’à ce qu’elle soit très- concentrée, et qu’on ménage ensuite le feu, on obtiendra une masse solide et presque cassante, soluble dans froide, et dans moins d’eau bouillante : c’est la crème

de tartre soluble. Elle est composée, à 100", de KO, BO^ ; dans

ce sel, l’acide borique a déplacé l’eau , et joue le même rôle que l’oxyde d’antimoine dans l’émétique (Journal de pharmacie, 1824). A 285", la crème de tartre soluble perd 2 équivalents d’eau, et devient KO,H2C^O*^,BO^; si, dans cet étal, on la dissout dans l’eau, elle reproduit

DES TARTRATES.

la crème de tartre soluble. M. Meyrac a prouvé que les borates neutres et les' sous-borates de potasse et de soude ont également la propriété de rendre la crème de tartre soluble.

L’acide arsénieux forme aussi de la crème de tartre soluble avec la crème de tartre ordinaire.

La crème de tartre soluble doit être préférée, pour l’usage médical, à la crème de tartre ordinaire, toutes les fois qu’on voudra la donner dans de l’eau; car celle-ci exige 184 fois son poids de ce liquide, pour pouvoir être dissoute à froid. Ce médicament est à la fois purgatif, apéritif, diurétique et antiseptique; on l’administre comme purgatif, depuis 16 grammes jusqu’à 64 grammes, seul ou dans une tisane acidulé; on l’emploie dans beaucoup d’ictères, dans certains engorgements non squirrheux du foie, dans plusieurs hydropisies qui sont la suite de maladies inflammatoires, dans la goutte, dans les fièvres dites putrides, etc. ; on l’incorpore quelquefois dans des bols et des pilules, et alors on en donne 1, 3 ou 5 grammes par jour.

Tartraie de soude hihasique , 2NaO, H^CSO^o. — Il cristallise en aiguilles efflorescentes, solubles dans 5 parties d’eau froide, insolubles dans l’alcool anhydre, contenant 4 équivalents d’eau. Il est sans usages.

Tartrate de soude monobasique, NaO, HO, H'*C80io, — U est en petits cristaux d’une saveur acide, faiblement salée, solubles dans 8 parties d’eau froide, insolubles dans l’alcool. Traité par l’acide borique ou par les borates solubles, il donne des composés très-acides, déliquescents, et solubles dans la moitié de leur poids d’eau. Il agit sur les métaux fusibles comme le bitartrate de potasse (voy. p. 339).

Tartrate de potasse et de soude (sel de Seignette, sel de la Rochelle), KO,NaO,H^C80^o, 8H0.— On ne le trouve pas dans la nature; on peut l’obtenir cristallisé en gros prismes à 8 ou 10 pans inégaux; mais le I)lus souvent ces prismes se trouvent coupés dans la direction de leur axe. Il s’efflenrit légèrement, et à la surface seulement, quand l’air est chaud et sec. Il est soluble dans environ deux' fois et demie son poids d’eau froide, et dans une beaucoup plus petite quantité d’eau bouillante; il a une légère saveur amère. Il est employé en médecine, comme purgatif, à la dose de 12, 24 ou 32 grammes.

Préparation. On agit de la môme manière que pour le tartrate de jwlasse, excepté que l’on substitue au carbonate de potasse celui de soude.

Tartrate double de potasse et de chaux, KO, CaO, -- Lors-

qu’on laisse digérer pendant quehiue temps de l’hydrate de chaux dans

du tartrate monopotassique, on obtient, en filtrant la liqueur, le tartrate double en dissolution. Il présente ce fait remarquable que, lorsqu’on le chauffe à l’état liquide, il se coagule et se prend en masse comme du blanc d’œuf, pour se liquéfier de nouveau par le refroidissement. Il est sans usages.

Tartrate de potasse et de fer. — Il est sous forme de petites aiguilles d’une couleur verdâtre, solubles dans l’eau, et ayant une saveur styptique. La potasse, la soude, l’ammoniaque, et les carbonates de ces bases, ne troublent point sa dissolution ; l’acide sulfhydrique la décompose et s’empare de l’oxyde de fer, tandis que l’acide tartrique, mis à nu, forme,' avec le tartrate de potasse, du tartrate monopotassique soluble. Les diverses préparations connues sous les noms de tartre martial soluble, ou de tartre chalybé, de teinture de mars de Ludovic, de teinture de mars tartarisée, de boules de Nancy , sont formées par ce sel double. Elles sont employées, en médecine, dans tous les cas où les i)i’éparations ferrugineuses sont indiquées. Le tartre martial se donne en boisson, ou sous forme de bols, depuis 60 centigr. jusqu’à

I gramme 30 centigrammes. La teinture de mars tartarisée s’administre en potion, à la dose de 2 à 6 grammes; on fait prendre, de temps en temps, une cuillerée de cette potion : il en est de même de la teinture de mars de Ludovic, qui est encore plus astringente que la précédente. On emploie Veau de boule , qui n’est que la dissolution aqueuse de la boule de Nancy, comme tonique , en douches ou en lotions , dans les entorses, dans les empâtements légers des parties externes, etc.; on l’administre aussi à l’intérieur pour arrêter les dévoiements, dans la chlorose , etc.

Préparation. Il suffit de faire bouillir dans de l’eau parties égales de limaille de fer et de crème de tartre, et de concentrer la dissolution par l’évaporation , pour obtenir ce sel cristallisé. — Teinture de mars tartarisée. On la prépare en versant sur une dissolution concentrée du sel précédent une certaine quantité d’alcool, qui l’empêche de se décomposer. — Boules de Nancy. On fait un mélange de limaille de fer, de tartre rouge pulvérisé, et de décoction de plantes vulnéraires; le fer s’oxyde aux dépens de l’air, et se combine avec l’excès d’acide tartrique du tartre ; le mélange devient d’un rouge brun et plus consistant; lorsqu’il est encore mou, on en forme des boules du poids de 32 grammes, que l’on recouvre d’une légère couche d’huile et que l’on fait sécher {Journ. de chim. méd. , février 1828).

Tartrate de protoxyde de mercure et de potasse, KO, Hg^O, H^C®0‘*^.—

II est sous forme d’une masse sèche, de couleur cendrée, d’une saveur

DES TARTRATES.

fraîche, piquante, métallique; il est légèrement alcalin, soluble dans son poids d’eau à 200, et déliquescent; sa dissolution est décomposée par les acides acétique, azotique et chlorhydrique, qui en précipitent, delà crème de tartre; la potasse, la soude, l’ammoniaque, l’acide sulfhydrique et les sulfures, ne troublent point cette dissolution.

Préparation. On fait bouillir dans 6 kilogrammes d’eau 500 grammes de protoxyde de mercure mêlé à 1 kilogramme de crème de tartre, et l’on obtient du tartrate de protoxyde de mercure et du tartrate double de protoxyde de mercure et de potasse ; le premier se précipite par le refroidissement, l’autre reste en dissolution; on évapore la liqueur jusqu’à siccité, avec ménagement, et on a soin de séparer avec une cuiller de bois ou d’ivoire le tartrate simple qui aurait pu rester en dissolution , et qui se dépose à mesure que l’eau s’évapore. Ge sel double, dont on doit la connaissance à Garbonell , doit être préféré, suivant lui, aux autres préparations mercurielles dans le traitement des maladies syphilitiques invétérées, des dartres, etc.; on l’administre à l’intérieur depuis 10 jusqu’à 60 centigrammes par jour chez les adultes, et à l’extérieur, à la dose de 8 à 12 grammes dissous dans 250 grammes d’eau distillée. Il ne détermine jamais le ptyalisme, d’après Garbonell (voyez Journ. de chim. méd., mars 1831).

Tartrate dépotasse et de protoxyde d’antimoine (émétique , tartre stibié), KO, Sb2Q3, H'*G80i0,2H0.— Il fut découvert en 1631 par Mynsicht. On ne le trouve jamais dans la nature. Il cristallise en tétraèdres réguliers, ou en pyramides triangulaires , ou en octaèdres allongés, incolores, transparents, doués d’une saveur caustique et nauséabonde; il rougit Vinfusum de tournesol. Lorsqu’on le chauffe à lOOO, il perd 2 équivalents d’eau; à 228^, il est décomposé, et perd encore 2 équivalents d’eau. Il est alors K0,Sb203,H2C®0®; si, dans cet état, on le dissout dans l’eau, il reproduit l’émétique. L’émétique, chauffé au rouge dans un creuset, noircit, se décompose à la manière des substances végétales, répand de la fumée, et laisse pour résidu de l’antimoine métallique et du carbonate de potasse blanc ; si on le met sur des charbons rouges, on obtient des résultats analogues , au bout d’une ou de deux minutes : il est évident que, dans ce cas, l’oxyde d’antimoine est réduit par le charbon provenant de l’acide tartrique décomposé. S’il est soumis à une chaleur rouge blanc, pendant deux ou trois heures , dans un creuset fermé, il laisse pour résidu une masse spongieuse, formée de potassium, d’antimoine et de beaucoup de charbon, qui détone et s’enflamme vivement à l’air et sur l’eau : si l’on vient à brûler l’excès de charbon , soit par un grillage A l’air, soit à l’aide de

l’azolaie de potasse, on obtient alors un alliage de potassium et d’antimoine.

L’émétique exposé à l’air s’effleurit.

Cent parties d eau bouillante en dissolvent 53 parties, tandis que la même quantité d’eau froide n’en dissout que 7 parties environ ; du rester cette dissolution , qui rougit faiblement le tournesol, n’est pas décomposée par l’eau, comme cela arrive avec les sels antimoniaux simples (voy. t. I, p. 547). h' acide sulfurique et les sulfates acides en précipitent du sous-sulfate d’antimoine blanc, soluble dans un excès d’acide, et il se forme du tartrate monopotassique (crème de tartre). Les soussulfates et les sulfates neutres de la première classe ne la décomposent point. La potasse en précipite sur-le-champ l’oxyde blanc , et le précipité se redissout dans un excès d’alcali. Veau de chaux\d. décompose également, et y fait naître un dépôt blanc très-épais de tartrate de chaux et de tartrate d’antimoine, soluble dans l’acide azotique pur. Le carbonate de soude donne également un précipité blanc, qui est de l’oxyde plus ou moins carbonaté. L’acide sulfhydrique et les sulfures solubles en séparent du sulfure d’antimoine jaune orangé , qui passe au rouge brun par une nouvelle quantité de ces réactifs. Vinfusum aqueux, alcoolique ou éthéré de noix de galle y fait naître un précipité abondant, caillebotté, d’un blanc grisâtre, tirant un peu sur le jaune, qui contient l’antimoine plus ou moins oxydé, comme on peut s’en convaincre en le traitant par l’acide azotique. Les sucs des plantes , les décoctions extractives des bois, des racines, des écorces amères et astringentes, précipitent la dissolution d’émétique en Jaune rougeâtre; le précipité, formé d’oxyde d’antimoine, de matière végétale et de crème de tartre, est inerte; d’où il suit que l’on ne doit jamais administrer l’émétique avec ces sortes de décoctions.

On emploie le tartre stibié : 1® comme émétique, depuis la dose de 3 jusqu’à 30, 40 ou 50 centigrammes, et même plus, suivant l’âge, le sexe , le tempérament , etc. ; on le donne dissous dans 200 ou 300 grammes d’eau distillée; on peut aussi l’associer à quelques sulfates purgatifs sans qu’il se décompose : si l’émétique était administré dans de l’eau commune qui contiendrait des carbonates terreux, il serait décomposé au point que, si la dissolution avait été faite dans le liquide bouillant, il pourrait à peine en rester en dissolution, ainsi que l’a |)i’ouvé M. Guéranger. 2“ Comme purgatif, on en administre 5 centigrammes dans 1 litre de petit-lait ou de tout autre liquide approprié; .3'’ dans certaines affections cérébrales , dans les inflammations aiguës des poumons et d’autres organes parenchymateux, mais surtout dans

DES TARTRATES.

les rhumatisines articulaires; on en fait prendre 30 ou 50 centigrammes par jour, dissous dans 4 à 500 gr. d’infusion d’oranger : cette dose est administrée en six fois, à une ou deux heures d’intervalle. En général, dans la plupart des cas dont il s’agit , l’émétique ne détermine aucune évacuation; et si la première dose occasionne quelquefois des nausées et même de légers vomissements, ces accidents ne se renouvellent pas après l’ingestion des autres prises , phénomène remarquable qui paraît tenir surtout à ce que le tartre stibié est dissous dans une petite quantité de véhicule. Laennec, qui a fait un fréquent usage de cette méthode, pensait que l’émétique agit principalement en favorisant l’absorption dans les parties engorgées; il a vu la résolution s’opérer en peu de jours dans les pneumonies où le poumon se dilatait à peine, tant l’engorgement était considérable. Le gonflement et les douleurs atroces qui accompagnent les rhumatismes articulaires cèdent promptement à l’usage de ce médicament, et les malades sont guéris, terme moyen, dans l’espace de six à huit jours. Quelquefois il est nécessaire de porter la dose du tartre stibié à 75 ou 90 centigrammes par jour. Laennec en a donné jusqu’à 4 grammes dans les vingt-quatre heures ; et, chose remarquable, ayant eu l’occasion d’ouvrir des cadavres d’individus qui avaient pris plusieurs grammes d’émétique, il n’a jamais aperçu la moindre trace d’inflammation dans les tissus du canal digestif. Rasori avait appelé, il y a déjà plusieurs années, l’atlealion des praticiens sur les effets merveilleux que l’on pouvait attendre de fortes doses de tartre stibié dans quelques maladies aiguës. Que l’on ne croie pas cependant que, dans aucune circonstance, l’émétique donné à forte dose ne puisse déterminer des accidents graves ; l’expérience prouve le contraire. Lorsqu’on en administre plusieurs décigrammes à la fois à des individus bien portants^ et qu’il n’est pas vomi ou rejeté par les selles peu de temps après avoir été avalé, il occasionne l’inflammation de l’estomac et des poumons, et ne larde pas à déterminer la mort. Ce fait, Diis hors de doute par les expériences nombreuses faites sur les animaux, et par des observations cliniques, peut très-bien se concilier avec les précédents, en établissant que l’action de plusieurs médicaments sst loin d’être la même chez l’homme sain ou chez celui qui est atteint de telle ou telle autre maladie. Les infusions légères de noix de galle, de «piinquina et de toutes les écorces astringentes, sont les remèdes les plus efficaces pour décomposer l’émétique dans le canal digestif, et i)our 1 empêcher d’exercer une action délétère. Les moyens propres à démonher la présence du tartre stibié dans un cas de médecine légale varient

suivant qu’il est libre ou qu’il a été décomposé (voy., p. 558 dut. I®*', de Médecine légale, 4® édition , et ma Toxicologie générale, 4® édition). Préparation. Parmi les nombreux procédés employés jusqu’à ce jour, celui de la pharmacopée de Dublin , modifié il y a quelques années par Henry père, mérite la préférence :âl consiste à traiter la poudre d’Algaroth (oxychlorure d’antimoine) par la crème de tartre. Voici comment il faut opérer : on verse dans une capsule contenant 10 parties d’eau bouillante un mélange exact de 100 parties de poudre d’Algarotb (voy. p. 541 du 1. 1®‘‘) et de 145 de crème de tartre; on fait évaporer rapidement, jusqu’à ce que le liquide indique 25 degrés au pèse-sel de Baumé; on filtre la liqueur ainsi concentrée, et on laisse cristalliser dans un lieu tranquille; bientôt l’émétique commence à se séparer; du jour au lendemain, la cristallisation est complète : on décante les eaux mères, et l’on fait sécher l’émétique pour le conserver, car il n’a nullement besoin d’être purifié. Pour les eaux mères, on sature par la craie l’acide en excès; on filtre, on réunit le liquide filtré à celui qui provient du lavage du papier qui a servi à la première filtration, et l’on concentre le tout à 25 degrés; on recueille une nouvelle quantité d’émétique.

Théorie. Il est évident que, dans celte opération, une partie de l’acide tartriqiie de la crème de tartre s’unit au protoxyde d’antimoine de l’oxychlorure, et forme de l’émétique; le protochlorure d’antimoine contenu dans la poudre d’Algarolli est décomposé, ainsi qu’une portion de potasse du tartrate; l’oxygène de la potasse s’unit à l’antimoine, et le potassium au chlore; l’oxyde d’antimoine produit se combine avec le tartrate monopotassique, qui résulte de la décomposition d’une partie de la potasse, et donne naissance à une nouvelle portion d’émétique; il reste du chlorure de potassium dans la liqueur. Si l’on s’obstinait à faire cristalliser les eaux mères pour avoir de nouvelles quantités d’émétique, on obtiendrait, à dater de la quatrième évaporation, et même dès la troisième, de l’émétique en gros prismes à six pans, qui serait probablement altéré et mêlé de cristaux plus petits de chlorure de potassium ( voy. les mémoires de Henry, dans le Journ. de chim. méd. de décembre 1825 et de janvier 1826).

Autres émétiques. — Si l’on combine avec l’acide tartrique deux autres bases, dont l’une contiendra 1 équivalent d’oxygène et l’autre 3, on obtiendra des sels analogues à l’émétique qui vient d’être décrit; tels sont l’émétique d’alumine, de sesquioxyde de fer, d’oxyde d’argent, dont voici les formules :

DE l’acide RACÉMIQUE OU PARAÏÂRTRIQUE.

KOFe’O®. ... id.

AgO,Sb^O®. . . id’

Pb0,Sb»0*. . . id.

AzH'H0,Sb*0® id.

Ba0,Sb*0®. . . id.*

Ces émétiques, chauffés à 2280, sont déshydratés et décomposés comme l’émétique à base de protoxyde d’antimoine, c’est-à-dire qu’ils perdent 2 équivalents d’oxygène et 2 d’hydrogène (voy. p. 343). On obtient ces émétiques en versant de l’azotate d’argent, de l’acétate de plomb , etc. , dans une dissolution d’émétique ordinaire.

De l'acIdc racémtqne ou paralortrlque. H'*C®0'®,2H0,H0 (1).

L’acide racémique, désigné d’abord sous le nom d’acîde des Vosges, a été décrit en 1826 par Gay-Lussac, quoi qu’il eût été entrevu depuis plusieurs années. 11 existe dans le raisin du Haut-Rhin, combiné avec la potasse , et probablement dans le suc de tous les raisins : c’est à Tliann , petite ville de ce département, qu’il a étéd’abord préparé. 11 est remarquable par sa composition , qui est la même que celle de l’acide tarlrique, quoiqu’il jouisse de propriétés différentes. Son nom dérive de racemus, grappe de raisin; il portait primitivement le nom d'acide thannique, du nom de la ville. 11 cristallise en prismes obliques à base rhombe. 11 n’exerce aucune action rotatoire sur le plan de polarisation. 11 s’effleurit à l’air. Chauffé à lOOO, il perd un équivalent d’eau, et reste H'îCSOio, 2H0 ; à une température plus élevée , il se comporte comme l’acide tartrique, et donne successivement les acides paratartralique, i paratrartrélique , HO , et paratar-

trique anhydre, H'^C^O^o. En mettant ces acides dans l’eau, on régénère l’acide paralartrique cristallisé (Frémy). Si on chauffe celui-ci à la température de 2000, on obtient un acide liquide, H^COQS, HO, qui parait n’ôtre que de l’acide pyruvique, et en outre de l’acide pyrotar-

(1) Il serait possible que l’acide paralartrique ne préexistât pas dans les tartres desVosges , et qu’il ne fiU que le résultat d’une réaction entre les principes de 1 acide tartrique : c’est ce que tendent à faire croire les remarques de Robiquet et •es travaux de M. Pclouze, qui n’a pas pu découvrir cet acide dans les principales variétés de tartre du commerce.

lrk|iie; ü reste un cliarbon qui brûle au contact de l’air sans résidu.

L’acide racémique est moins soluble dans l’eau froide que l’acide tar- Irique. Il exige 5 parties de ce liquide pour se dissoudre, tandis que 2 parties d’acide tartrique se dissolvent dans 1 partie d’eau ; sa dissolution aqueuse précipite l’eau de chaux en blanc, mais le précipité soluble dans l’acide chlorhydrique reparaît par l’action de l’ammoniaque, tandis que celui que fournit l’acide tartrique ne reparaît pas de suite quand il est traité de la même manière , à moins que le liquide ne soit très-concentré; cependant, après quelque temps, il se dépose des points cristallins brillants octaédriques de tartrate de chaux. L’acide racémique précipite l’azotate de chaux elle chlorure de calcium, ce que ne fait, ■pas l’acide tartrique. Il ne trouble le sulfate de chaux qu’cdi bout d’une heure, et vingt-quatre heures après, presque toute la chaux est précipitée à l’état deracémate; l’acide tartrique, au contraire, ne produit aucun trouble dans le sulfate de chaux. Il forme, avec la potasse, la; soude et l’ammoniaque , deux sels , dont l’un est très-soluble , tandis i que l’autre l’est peu. Avec la potasse et la soude, il donne un racémate: à double base cristallisable, qui présente la même composition que le! sel de Seignette (tartrate double de potasse et de soude), mais qui en* diffère par la forme de ses cristaux et par sa solubilité. Il peut donner* naissance à un émétique correspondant au tartratre de potasse et d’an-j timoine. I

Composition de V acide racémique. J’ai dit, en parlant de l’acide tar- Irique, qu’il exerçait la rotation à droite, tandis que l’acide racémique n’a aucune action sur le plan de polarisation; cela paraît tenir à ce que l’acide racémique est formé de poids égaux de deux acides, l’acide tar- Irique ou dextroracémique, et l’acide lévoracémique, qui exerce la rotation vers la gauche; d’où il suit que l’acide racémique doit être neutre sous le rapport de la rotation. On est parvenu à séparer les acides dextro et lévoracémiques , en formant des racémates doubles de soude et d’ammoniaque ou de soude et de potasse, et en les faisant cristalliser ; on obtient deux sortes de cristaux, les uns de dextroracémates , les aulres de lévoracémates, et l’on extrait de ces cristaux les deux acides qui les constituent, en employant les mômes agents que ceux dont on fait usage pour obtenir l’acide tartrique des tartrates. Du reste, l’acide dextroracémique ne diffère en rien de l’acide tartrique bihydraté. Quant à la - 1 eide lévoracémique, sauf la propriété rotatoire à gauche, et la disposition de ses cristaux, qui portent des facettes hérniédriques en sens opposé, il I ressemble parfaitement à l’acide tartrique. Pour compléter la preuve de j

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ce que j’avance, j’ajouterai qu’eu faisant dissoudre dans l’eau des poids fgaux d’acide dextroracémique et lévoracémique, on reforme l’acide ra- :emique.

Préparation de P acide racémique. On sature par le carbonate de soude le tartre qui contient de l’acide racémique, et on laisse cristalliser le tartratede potasse et de soude qui s’est formé. Les eaux mères renferment le racémate de soude ; on les précipite par un sel de plomb ou de cliaux , après les avoir évaporées ; le précipité contient du racémate et une certaine quantité de tartrate de plomb ou de chaux ; on le décompose par l’acide sulfurique, qui transforme la base en sulfate, et laisse : dans la liqueur les acides racémique et tartrique; par l’évaporation, 1 l’acide racémique, devenant moins soluble que l’autre, cristallise le l' premier (Berzelius, Ann. de chim. et depharm., t. XLVI).

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