‹ Éléments de chimieChapitre 252 sur 378 · DEI9 ACIDES DÉRITÉS DE K.’ ACIDE TARTRIQUE · texte numérisé non relu

DEI9 ACIDES DÉRITÉS DE K.’ ACIDE TARTRIQUE

par l’action de la chaleur.

De l’acide tartralique. 1 V* 90.

Il est déliquescent, incristallisable ; on peut le considérer comme un I acide sesquibasique; aussi prend-il 1 équivalent et demi de base pour former des sels neulres. Les tartralates de chaux, de baryte et de strontiane, sont solubles dans l’eau, bien différents en cela des lartrates. Si on les fait bouillir dans l’eau , ils donnent des tartrates et de l’acide tartrique; par un excès de base, on les transforme en tartrates.

Préparation (voy. Action de la chaleur sur l’acide tartrique, p, 336).

De l’acldc (artréllqne. H*C®0’®,H0.

Il est déliquescent et incristallisable. Il ne prend qu’un équivalent de base pour former des sels neulres. 11 fournit, avec les acétates de bal’yle, de stronliane et de chaux, des précipités sirupeux, tandis que l’acide tartralique ne précipite pas ces sels. L’eau bouillante ou bien un excès de base transforment l’acide lartrélique et les lartrélates en acide tartrique et en tartrates.

Préparation (voy. p. 836, Action de la chaleur sur V acide tartrique).

De l’acldc tartrique anhydre. H^C*0’°.

11 est amorphe et soluble dans l’eau. L’eau et l’air humide le font passer successivement , avec le temps, à l’état d’acides lartrélique, lar-

Iraliqiie et tartrîque bihydralé; on obtient ce résultat beaucoup plus promptement, si on élève la température.

Préparation. On chauffe pendant plusieurs lieures, dans une étuve dont la température est à 1900, de l’acide tartrique cristallisé et bihydralé, ou bien on agit comme je l’ai dit en parlant de l’action de la chaleur sur l’acide tartrique (voy. p. 336).

De l’acide pyriivlque ou pyrorncémlque. H®C®0*,H0.

Il est le résultat de la décomposition rapide de l’acide tartrique bibydraté à 2200; on obtient dans le récipient un liquide composé d’acides acétique et pyruvique; il suffit, pour séparer ce dernier, de traiter le liquide par du carbonate de plomb, qui donne du pyruvate de i)lomb insoluble et de l’acélate soluble; on décompose ce pyruvale par l’acide snlfhydrique. L’acide pyruvique est sirupeux, incrislallisable, d’une saveur acide et amère; il forme des pyruvates solubles ou insolubles (voy. Action de la chaleur sur l’acide tartrique bihydralé, p. 336j.

De l’acide pyrotartrique. H®C’®0®,2H0.

Cet acide a été découvert par Rose, et étudié depuis par M. Pelouze. Il est solide, blanc, cristallisé, en prismes obliques, à base rhombe, tronqués sur les arêtes latérales, inodores, très-solubles dans l’alcool et dans l’eau, d’une saveur fortement acide et comparable à celle de l’acide tartrique. Il fond à IIQO et bout à 188"; mais, comme il se décom- : pose à une température un peu plus élevée, il est difficile de le volatiliser sans résidu. Dissous, il ne trouble pas les eaux de chaux , de baryte ; et de strontiane; il fait naître dans le sous-acétate de plomb liquide un précipité blanc, insoluble dans l’eau, mais très-soluble dans un excès , d’acétate de plomb ; il ne trouble ni l’acétate neutre ni l’azotate de plomb. ! Les sels de protoxyde et de bioxyde de mercure, le sulfate de sesqui- | oxyde de fer, les sels de chaux et de baryte, les sulfates de zinc, de man- | ganèse et de cuivre, ne sont pas précipités par l’acide pyrotartrique libre. La potasse forme avec lui un sel neutre déliquescent.

Préparation. On l’obtient en distillant dans une cornue de verre du bilartrate de potasse; on évapore au bain-marie le produit distillé, et, par le refroidissement, l’acide cristallise; par de nouvelles cristallisalions, on l’obtient pur. On le prépare encore en chauffant rapidement à 3000 l’acide tartrique biliydraté, et mieux encore en soumettant â l’ac-

DE l'acide citrique. 361

lion de la chaleur un mélange iniime d’acide tartrique et de mousse de platine ou de pierre ponce.

De l’acide cltiif|ue. H*C’*0”,3H0,2H0.

Cet acide se trouve, tantôt libre, tantôt combiné, dans le citron et dans l’orange, dans les groseilles vertes, les fruits rouges, le fruit du sorbier des oiseaux, etc., qui doivent leur acidité aux acides citrique et malique, dans les tamarins, etc.

Il cristallise en prismes rhomboïdaux, dont les pans sont inclinés entre eux d’environ 6Q0 et 1200, terminés par des sommets à quatre faces trapézoïdales qui interceptent les angles solides; il est doué d’une saveur très-acide, qui devient fort agréable lorsqu’il est dissous dans une grande quantité d’eau. Chauffé à lOOO, il perd 2 équivalents d’eau ; les 3 équivalents qui restent peuvent être remplacés par 3 équivalents de base pour former des sels : c’est donc un acide tribasique. Chauffé plus fortement, il perd les 3 équivalents d’eau basique, fond, se décompose, jaunit, et laisse dans la cornue fort peu de charbon très-brillant : on trouve dans le récipient une huile qui se détruit bientôt par la seule action de l’eau, et en outre des acides pyrogénés, de l’eau, et de l’acétone (voy. Action de la chaleur sur cet acide ^ p. 353}. Il est inaltérable à l’air, très-soluble dans l’alcool, et insoluble dans l’éther; 3 parties d’eau à 180 en dissolvent 4 parties; ce solutum, exposé à l’air, se couvre de moisissures en se décomposant. S’il a été fait à froid et qu’on le laisse évaporer lentement, il fournit des cristaux contenant 5 équivalents d’eau; s’il a été obtenu à la température de l’ébullition, les cristaux ne renferment que 4 équivalents d’eau.

L’acide sulfurique concentré le décompose à chaud , et donne du gaz oxyde de carbone, de l’acétone, un corps résineux, et un composé d’acides citrique et sulfurique. L’acide azotique à chaud le transforme en acide oxalique. 11 précipite en blanc les eaux de baryte et de slrontiane: un excès d’acide redissout ces citrates. Il neutralise l’eau de chaux sans la précipiter, différant encore par là de l’acide tartrique; mais, si l’on fait bouillir cette dissolution, le citrate calcaire se dépose. 11 ne précipite pas non plus les azotates d’argent et de mercure; il trouble, au contraire, l’acétate de plomb. L’on voit, par ce qui précède, que l’acide citrique peut se combiner avec un assez grand nombre de bases ; voici l’ordre d’affinité de plusieurs de ces bases pour cet acide : baryte, strontiane, chaux, potasse, soude, ammoniaque et magnésie. En dissolu*lion, il réduit le chlorure d’or sans dégagement de gaz.

Le chlore gazeux, au soleil, transforme l’acide citrique en un corps huileux, d’une odeur pénétrante, GSCl^O^.

Il sert à faire une limonade sèche: pour cela on le broie avec du sucre , et on aromatise le mélange avec un peu d’essence de citron. Lorsqu’on veut s’en servir, on le fait dissoudre dans l’eau. En teinture, on fait usage du jus de citron.

Préparation. On abandonne le suc de citron à lui-même pendant un jour ou deux, pour le débarrasser d’une matière mucilagineuse qui se précipite, ou bien on le fait bouillir avec du blanc d’œuf; on le décante, on le fait chauffer, et on sature l’acide qu’il contient avec i/i6 de son poids de craie finement pulvérisée (carbonate de chaux); il se forme du citrate de chaux peu soluble; on le lave plusieurs fois avec de l’eau chaude, jusqu’à ce que celle-ci sorte incolore; on le chauffe légèrement avec de l’acide sulfurique affaibli , qui forme avec la chaux un sel peu soluble; l’acide citrique reste dans la liqueur, et doit être purifié, comme je l’ai dit en parlant de l’acide tartrique. Les meilleures proportions pour opérer la décomposition du sel paraissent être 1 partie de citrate supposé sec, et trois parties d’acide sulfurique à 1,15 de densité. Deux litres de bon jus de citron donnent environ 260 grammes d’acide citrique cristallisé.

Si l’on veut obtenir l’acide citrique des groseilles à maquereau, d’après le procédé de M. Thilloy, de Dijon , on écrase ces fruits et on les fait fermenter ; on soumet à la distillation à feu nu pour séparer l’alcool, on relire le marc de l’alambic, et on soumet le liquide à la presse. On jirojette dans la liqueur encore chaude du carbonate de chaux; on continue d’en ajouter jusqu’à ce que la liqueur ne fasse plus effervescence: on laisse déposer; on recueille le citrate de chaux, on le laisse égouttei, et on lave à plusieurs reprises, puis on le soumet à la presse. Le citrate de chaux ainsi obtenu étant encore coloré et mêlé de malate de chaux, on le délaie dans de l’eau pour le convertir en bouillie claire; on le décompose, à l’aide de la chaleur, par de l’acide sulfurique et avec le double de son poids d’eau. Le liquide qui résulte de ce traitement , et qui est un mélange d’acides sulfurique et citrique, est de nouveau decomposé par le carbonate de chaux : le précipité est recueilli sur un filtre, lavé à grande eau et soumis à la presse, puis il est traité de nouveau par l’acide sulfurique; la liqueur claire contenant l’acide est décolorée par le charbon animal et soumise à l’évaporation; quand elle est assez rapprochée, on laisse déposer, on lire à clair, et on porte dans une étuve chauffée à 20® ou 25°; l’acide fournil alors des cristaux colorés; on les fait égoutter ; on les iiurifie par un lavage analogue au 1er-

DES ACIDES DÉRIVÉS DE l’aCIDE CITRIQUE. 353

rage des snrres; on les fait redissoudre et cristalliser, et l’on obtient l’acide incolore. Cent parties de groseilles donnent 10 parties d’alcool à 0,928, et 1 partie d’acide citrique cristallisé. L’acide obtenu par ce procédé est revenu, à M. Tilloy, à 12 fr. 96 c. le kilogramme, tandis que celui que l’on trouvait alors dans le commerce valait 29 à 30 fr.

Citrates. — Ils sont tous décomposés par le feu, et fournissent divers produits énumérés aux pages 351 et 353. L’eau dissout les citrates de potasse, de soude, d’ammoniaque, de magnésie et de fer; tandis que ceux de chaux , de baryte , de strontiane , de zinc , de cérium, de plomb, de mercure et d’argent, sont insolubles ou peu solubles; ils se dissolvent cependant dans un excès d’acide. Les citrates solubles précipitent les sels de plomb neutres; l’ammoniaque dissout le citrate de plomb précipité. Le citrate de soude, exposé à l’action du chlore, au soleil , se décompose en chlorure de sodium, en acide carbonique, en bicitrate de soude qui cristallise, et en un corps huileux, qui paraît être un mélange de chloroforme et d’un autre composé chloré, C^CHO^. Le citrate de potasse, traité par le brome, a fourni à M. Cahours de l’acide carbonique, du bromoformeet du bromoxaforme en cristaux, = HC6Br'50'*.

Composition. L’acide citrique forme, avec les bases, des sels neutres qui contiennent 1 équivalent d’acide citrique et 3 équivalents de base ; dans quelques-uns d’entre eux, 1 équivalent de base est remplacé par 1 équivalent d’eau, 2M0,H0, Les citrates basiques renferment

4 équivalents de base.

Le citrate de chaux, préparé comme je l’ai indiqué (voy. p. 352), sert presque exclusivement à la préparation de l’acide citrique ; c’est sous cet état que l’on transporte l’acide citrique obtenu dans les pays lointains, et qu’on le décompose selon le besoin.

DGS ACIDGS DÉRIVÉS DE G’ ACIDE CITRIQVE

par l’aciion de la chaleur.

Par l’action de la chaleur sur l’acide citrique, on obtient, à différentes températures, une série d’acides particuliers fort remarquables.

1” Acide citridique, HC*03,HO. — Lorsqu’on chauffe dans une cornue de l’acide citrique, il fond, entre en ébullition , et bientôt on aperçoit dans le col de la cornue des vapeurs blanches accompagnées de gaz inflammables, mais qui , au bout de quelque temps, changent de nature et ne se laissent plus enflammer. Si, à celle époque, on arrête l’opération, et qu’on dissolve le résidu contenu dans la cornue dans 5 parties d’aleool bouillant, et qu’on .salure enfin celle dissoiulion parde l’acide chlor* n. 23

hydrique sec, on en relire, par l’addilion d’une proportion d’eau suffisante, une grande quantité ù'éther aconiUque. Celui-ci , traité par la potasse caustique, peut être décomposé en aconitate alcalin, lequel, étant à son tour précipité par un sel de plomb, produit l’aconitate de plomb insoluble, que l’on décompose enfin par l’acide sulfhydrique. L’acide ainsi obtenu est en tout semblable à l’acide équisétique retiré de Vequisetum fluviatile, et à l’acide aconitique obtenu de Yaconitum napellus (voyez p. 375).

2° Acide pyrocitrique , citricique, itaconique, H2C503,H0. — Dans la distillation précédente ou dans celle de l’acide aconitique, il se condense dans le récipient deux liquides , dont le supérieur se mélange parfaitement avec l’eau , tandis que l’autre ne s’y unit que peu à peu , en se prenant en une masse cristalline; on ajoute au mélange de l’eau bouillante en quantité suffisante pour dissoudre le liquide et les cristaux formés, et l’on abandonne la dissolution à l’air; par l’évaporation spontanée, elle dépose, au bout de quelques jours, des cristaux durs et transparents qui constituent l’acide itaconique. Il est soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther ; chauffé à 120°, il ne perd pas de son poids ; à 160°, il fond, et si l’on élève la température, il se décompose. Il précipite les sels acides et basiques de plomb , et communique une teinte rouge aux sels de protoxyde de fer. Les itaconates solubles précipitent au contraire en blanc les sels de sesquioxyde de fer.

3° L’acide citribique on citraconique, , est obtenu en concen-

trant, jusqu’en consistance de sirop, les eaux mères provenant de la cristallisation de l’acide itaconique, et en les soumettant à une distillation ménagée; il passe d’abord de l’eau, puis un mélange trouble d’eau et d’acide anhydre, et enfin il distille de l’acide citraconique anhydre, sous forme d’un liquide huileux et limpide légèrement jaunâtre ; on l’obtient aussi en décomposant par le feu l’acide lactique anhydre. Chauffé à 212», il distille sans décomposition; sa densité est de 1,247 à 14"-j-0. Mélangé avec l’eau , il tombe d’abord au fond; mais par un contact prolongé , il s’y dissout entièrement et s’hydrate; dans ce nouvel état, il peut être obtenu cristallisé. Il est isomère du précédent. Il ne salure qu un équivalent de base. Le citraconate de baryte est sous forme de paillettes nacrées, insolubles dans l’alcool.

De l’acidc nmllfiue ou (üorblqnc. H^G^O»,2HO.

On trouve cet acide dans les pommes et les poires, dans les prunes sauvages ou prunelles, dans le sempervimm tectonm, dans les baies du

DE l’acide MALIQUE OU SORBIQUE. 355

aorhier {sorbus aucuparia)^ du sureau noir, d’épine-vineüe, et dans les fruits de plusieurs espèces de sumac; il existe aussi, uni à l’acide ci- Irique, dans les framboises et les groseilles, la pulpe des tamarins et les pois chiches; suivant plusieurs chimistes, le pollen du dattier d’Égypte, le suc de l’ananas, et l’agave américaine, en contiennent également. C’est lui qui donne aux fruits la saveur aigre qu’ils ont avant leur maturité.

II est liquide, transparent, incolore, inodore, cristallisable en mamelons, et doué d’une saveur très-forte qui ressemble à celle des acides citrique et tartrique; il est plus pesant que l’eau. Lorsqu’on chauffe l’acide maligne cristallisé, celui qui est formé de 1 équivalent d’acide anhydre et de 2 équivalents d’eau, il entre en fusion vers 83° c.; à 120°, il n’a encore rien perdu de son poids; à 176°, il se décompose complètement en eau et en deux acides pyrogénés; l’un, désigné sous le nom d’acide maléique, est plus volatil que l’autre, auquel M. Pelouze a donné le nom d’acide paramaléique, et qui est complètement identique avec l’acide fumarique extrait de la fumeterre (fumaria officinalis) ; il ne se dégage aucun gaz , et il n’y a point de charbon mis à nu. Chauffé à 150° seulement, l’acide malique ne donne que de l’acide paramaléique ; à 200°, il ne fournit que de l’acide maléique. Si l’on abandonne pendant quelque temps l’acide malique cristallisé dans un vase exposé à une température de 130° à 140° , il fond , et au bout de quelque temps on voit se former dans le liquide des lamelles cristallines qui font prendre la liqueur en masse; le corps qui se forme ainsi est entièrement composé d’acide paramaléique.

L’acide malique est déliquescent, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool; l’acide azotique le transforme en acide oxalique.

Il forme avec les bases des sels que l’on peut considérer, ü l’état anhydre, comme formés de 2 équivalents d’oxyde et de 1 équivalent d’acide ; il est donc bibasique. Il fournit, avec la potasse, la soude et l’ammoniaque, des malates neutres incristallisables, très-solubles dans l’eau ,ifil des malates acides cristallisables. Le malate d’alumine est incristallisable, transparent, gommeux, et inaltérable à l’air. Le malate neutre de magnésie cristallise et se dissout dans 28 parties d’eau ;i 15°; le malate acide est très-soluble. L’eau de chaux et l’eau de baryte ne sont pas précipitées par lui. Le malate de chaux est très-facilement soluble dans un léger excès d’acide, d’où il peut être précipité par l’alcool; il fournil A la longue, s’il est abandonné sous une couche d’eau , de l’acide succinique en prismes incolores. On sait que l’asparagine impure, en fermentant, se convertit en surcinale d’ammoniaque; d’où l’on est

porté à conclure qu’il existe entre l’asparagine et l’acide malique des rapports remarquables, déjà signalés par M. Piria. L’acide malique ne précipite ni l’azotate de plomb, ni l’azotate d’argent, ni l’azotate de mercure ; il donne , avec le protoxyde de plomb , un maiate neutre peu soluble dans l’eau froide, sensiblement soluble dans l’eau bouillante, cristallisant en aiguilles brillantes, nacrées, ayant l’aspect de l’acide benzoïque sublimé; on obtient facilement ce sel en versant une dissolution d’acétate de plomb dans de l’acide malique.

Préparation. On fait bouillir le jus des fruits de sorbier avec du blanc d’œuf; on le filtre et on le neutralise presque avec du carbonate de chaux ; on décompose le maiate de chaux formé par de l’acétate de plomb, et on le laisse reposer; le maiate de plomb se réunit, au bout de quelques minutes, en aiguilles d’un blanc jaunâtre; on le lave avec de l’eau froide : alors on le fait bouillir avec de l’acide sulfurique étendu, qui donne du sulfate de plomb et de l’acide malique ; il y a, outre l’excès d’acide sulfurique, une matière colorante, de l’alumine, des acides citrique et tartrique, etc.; on verse sur cette pâte homogène de petites portions de sulfure de baryum dissous, qui transforme le sulfate de plomb en sulfure; on filtre et on sature la liqueur par du carbonate de baryte, qui précipite du citrate et du tartrate de baryte, et qui foi me avec l’acide malique du maiate soluble ; on filtre et on précipite la baryte du maiate par l’acide sulfurique faible; on évapore l’acide malique, et lorsqu’on a obtenu un liquide un peu consistant , on le traite par l’alcool, qui dissout l’acide malique sans agir sur le maiate de baryte qu’il pourrait contenir. (Liebig, Ann. de chim., avril 1833.)

DES ACIDES DÉRIVÉS DE li’ACIDE IIIAIilOlJE

par l’action de la chaleur.

En décomposant l’acide malique par le feu , on obtient deux acides ,

le maléique et le paramaléique (voy. p. 355).

L’acide maléique, HC^‘03,H0, a été trouvé dans plusieurs végétaux, notamment dans les prèles (equisetum fluviatile). Il est sous forme de ciistaux prismatiques hydratés, incolores, d’une saveur d’abord acide, puis irès-nauséabonde. Il fond vers 130” c., et bout à lüO”; alors il se décompose et fournit de l’eau et de l’acide maléique anhydre; il laisse à peine un résidu d’acide paramaléique. Si , au lieu de le chauffer à 160", on le maintient un peu au-dessous de son point de fusion, il se transforme peu à peu en cristaux d’acide paramaléique, et il n’enlre plus en fusion qu’au delà de 200”; on peut également opérer ce changement isoméri-

DE l’acide TAINNIQÜE. 357

que, et même plus rapidement, en faisant bouillir l’acide maléique dans un tube très-long et très-étroit, de manière que l’eau qui se dégage soit contrainte de retomber sans cesse sur l’acide; on peut encore opérer la même transformation dans un tube fermé par les deux bouts, où rien n’est dégagé ni absorbé. Projeté sur des charbons ardents, l’acide maléique se décompose sans laisser de résidu; il fournit seulement une fumée blanche acide, très-piquante, qui provoque la toux. Il est inaltérable à l’air; il se dissout dans 2 parties d’eau à I0°-f-0; il est très-soluble dans l’alcool à 40 degrés. Le solutum aqueux rougit forte- ' ment Vinfusum de tournesol , et précipite l’acétate de plomb et l’azotate de protoxyde de mercure en blanc. Il ne trouble point l’eau de chaux; il précipite l’eau de baryte , mais le nialéate produit se dissout dans une petite quantité d’eau froide.

L’acide maléique est monobasique. Les maléates desséchés ont donc pour formule M0,HC4Q3. L’acide a, comme on le voit, perdu 1 équivalent d’eau en prenant 1 équivalent de base.

Le maléate de potasse cristallise en petites feuilles de fougère; il est légèrement déliquescent; sa dissolution ne trouble point les sels de fer, de cuivre, de manganèse, de zinc, de nickel ni de cobalt; mais elle précipite les azotates d’argent, de mercure et de plomb : ce dernier maléate est d’abord floconneux ; quelque temps après , il se convertit en une gelée demi-transparente comme de l’amidon cuit dans l’eau ; enfin, si l’on délaie celle gelée dans l’eau , on finit par obtenir de petites aiguilles nacrées très-brillantes (Pelouze, Ann. de chim. et de phys., mai 1819). La saturation lui fait perdre HO (1 équivalent d’eau).

L'acide paramaléique ou fumarique, HC^03,H0, a été découvert par M. Lassaigne; il est isomère de l’acide maléique. Il existe dans les végétaux, tels que la fumelerre, la mousse d’Islande. Il est en prismes larges, striés, rhomboïdaux ou hexaèdres, d’une saveur acide, ne se dissolvant que dans environ 200 parties d’eau. Il ne précipite pas les eaux de chaux, de baryte et de strontiane; il précipite l’azotate d’argent en blanc, lors même qu’il est dissous dans plus de 200,000 ^larties d’eau.

Il est monobasique ; les paramaléates ont donc pour formule M0,HC'«03.

»e l’acido tauniquo (tannin). H5C*®0»,.3H0.

L’acide tannique, généralement décrit sous le nom de tannin, n’a été l)«en connu que depuis les travaux publiés en 1834 par M. Pelouze. Il existe dans la noix de galle, le cachou, la gomme kino, le sumac, le llié, la plupart des écorces, des fruits, et surtout des péricarpes, dans

quelques racines vivaces, dans les feuilles surtout des arbres et des arbrisseaux.

Il est solide, blanc, spongieux, comme cristallin, très-brillant, inodore, d’une saveur ecccessioement astringente; il rougit Vinfusum de tournesol. Chauffé à 210° ou 215", il se transforme en acide carbonique et en acide pyrogallique, et il reste dans la cornue beaucoup d’acide métagallique noir ; à 250" c. , il fournit de l’eau , de l’acide carbonique, et laisse beaucoup d’acide métagallique. Brûlé sur une lame de platine, il ne laisse aucun résidu. Il est très-soluble dans l’eau; l’alcool et l’éther le dissolvent moins bien, surtout lorsqu’ils sont anhydres ou qu’ils se rapprochent de cet état. Il est inaltérable à l’air quand il est sec; sa dissolution aqueuse, au contraire, surtout à une température élevée, se transforme à l’air en acide gallique ; il y a dans ce cas absorption d’oxygène et séparation d’un volume d’acide carbonique égal au volume d’oxygène absorbé (Pelouze).

H5G18Q9, 3H0 Q8 ^ 2H3G7Q5 4CQ2 2 HO

A. laoniquc hydraté. ^ Oxygène. A. gallique. A. carbonique. ’ Eau.

Dans des vases fermés, cette dissolution se conserve parfaitement. Le chlore la décompose en produisant une teinte brune et un dépôt de la même couleur. Il décompose les carbonates alcalins avec effervescence et donne des tannates. Il ne trouble point les sels de protoxyde de fer, tandis qu’il précipite abondamment en bleu foncé les sels de sesquioxyde; d’après M. Barreswil, le sesquioxyde de fer est en partie réduit, et le précipité est un tannate d’oxyde ferrosoferrique. Il précipite les sels de cinchonine, de quinine, de brucine, de strychnine, de codéine, de narcotine et de morphine, et donne des tannates blancs peu solubles dans l’eau et très-solubles dans l’acide acétique ; s’il est concentré, il est abondamment précipité en bleu par les acides chlorhydrique, azotique, phosphorique et arsénique, tandis que les acides oxalique, tartrique, lactique, acétique, citrique, succinique, sulfureux et sélénieux, ne le troublent point. II donne, avec une dissolution de gélatine, un précipité grisâtre très-élastique, soluble à chaud dans la liqueur qui le surnage, si la dissolution gélatineuse est en excès : ce précipité ne constitue pas le cuir, comme on l’a cru jusqu’à présent; celui-ci est eu effet formé de tannin et de peau.

L’acide azotique chauffé avec l’acide tannique le décompose avec dégagement de gaz bioxyde d’azote , et il, se produit beaucoup d’acide oxalique.

DE l’acide tannique. 359

Préparation de Vacide tannique. On prend une allonge longue et étroite, reposant sur une carafe ordinaire, et terminée à sa partie supérieure par un bouchon de cristal ; on introduit d’abord une mèche de coton dans la douille de l’allonge, et par-dessus de la noix de galle réduite en poudre fine; on comprime très-légèrement cette poudre, et lorsque son volume est égal à la moitié de la capacité de l’allonge , on achève de remplir celle-ci avec de l’éther sulfurique du commerce, qui contient 10 pour 100 d’eau; on bouche imparfaitement l’appareil et on l’abandonne à lui-même Le lendemain on trouve dans la carafe deux couches de liquide bien distinctes, l’une très-légère, l’autre plus dense, de couleur ambrée et sirupeuse; on les sépare dans un entonnoir dont on tient le bec bouché avec le doigt ; on laisse tomber la couche plus pesante, celle qui contient la majeure partie de l’acide tannique , dans une capsule, puis on la porte dans une étuve ou sous le récipient de la machine pneumatique ; l’éther s’évapore, et l’on obtient une masse Jaune, boursouflée, très-poreuse, qui retient avec opiniâtreté une petite quantité d’éther. On la purifie en la dissolvant dans l’eau et en la faisant évaporer dans le vide sur de l’acide sulfurique. Cent parties de noix de galle cèdent à l’éther de 35 à 40 parties d’acide {Annales de chimie et de physique, décembre 1833). il faut remarquer que l’éther ne séparerait point l’acide tannique, si, au lieu d’agir comme je l’ai dit, on opérait dans des vases ordinaires, parce qu’alors le liquide dense resterait caché au milieu de la poudre de noix de galle.

M. Guibourt, s’étant assuré que l’éther du commerce peut contracter une combinaison avec l’acide tannique, lui a substitué avec avantage un mélange de 20 parties d’éther anhydre et d’une partie d’alcool contenant 69 centièmes d’alcool absolu.

D’après les observations faites par M. Henry, l’acide tannique pur, dissous dans l’eau, pourrait être employé avec avantage, sous le nom de liqueur alcalimétrique , pour déterminer la proportion de quinine , de cinchonine, et de beaucoup d’autres alcaloïdes, contenue dans certains végétaux (voy. Journal de pharmacie, août 1834).

Tonnâtes. — Les tannates de potasse, de soude, et d’ammoniaque, sont cristallisables et solubles dans une grande quantité d’eau ; les autres sont insolubles. Les premiers précipitent les sels de sesquioxyde de fer en noir bleuâtre foncé ; le tannate de sesquioxyde de fer constitue réellement l’encre, puisqu’elle ne renferme pas de gallate de fer. Mélangés avec une dissolution de gélatine, ils n’y occasionnent aucun trouble; mais si l’on ajoute un acide étendu, il se forme aussitôt un précii)ilé lloconneux. Exposés à rintlueuce simultanée de l’oxygène et d’un alcali,

360 DEUXIÈME partie.

ils sont tous décomposés et transformés en une matière colorante rouge (lui n’a pas été examinée.

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