‹ Éléments de chimieChapitre 267 sur 378 · DU BEURRE · texte numérisé non relu

DU BEURRE

Graisse humaine. — Elle est formée d’acides margarique et oléiqiie , et d'une très-petite quantité d’acide stéarique, unis à la glycérine; l’oléine de cette graisse est transformée en élaïdine par l’acide liypoazotique, et n’appartient pas à la série des oléines siccatives; sa fluidité peut varier suivant les proportions de matières solides et d’oléine qui en- . trent dans sa composition; si celle-ci prédomine, elle pourra être fluide â 15° -f-0, tandis que le contraire aura lieu si la matière solide en fait la majeure partie. Cent parties d’alcool bouillant , d’une densité de 0,82( , en ont dissous 2,40. Lorsqu’on saponifie 100 parties de cette graisse par une base, on obtient 95 parties de matière savonneuse et 5 parties de matière soluble. La graisse des reins et celle du sein d’une femme ont ! fourni un savon qui, étant décomposé par l’eau, a donné un liquide ■:doué d’une odeur de fromage extrêmement prononcée; il n’en a pas été de même de la graisse des cuisses.

Préparation des graisses. On sépare mécaniquement les substances étrangères à la graisse en les malaxant dans l’eau fraîche, puis on les tbroie dans un mortier et on les fait fondre au bain-marie; on décante ïet l’on filtre à travers une toile.

DU BEURKE.

Le beurre n’a été trouvé jusqu’à présent que dans le lait. Le beurre du lait de vache contient, d’après Broméis, 68 parties de margarine, •30 de butyréoline, et 2 de butyrine, de caprotne et de caprine, plus un principe colorant jaune et une substance aromatique volatile; il est donc très-riche en margarine et ne renferme pas de stéarine.

Il est mou , d’une couleur jaune ou blanche, d’une saveur agréable et id’une odeur légèrement aromatique; son poids spécifique est moindre ique celui de l’eau; il fond avec la plus grande facilité. Si, après avoir 'été fondu, on le comprime entre plusieurs doubles de papier brouillard, à l’aide d’une forte presse, et à la température de zéro, il fournit une rniatière blanche, fragile, aussi compacte que le suif le plus dur, composée de tous les principes solides du beurre, et une huile qui tache le papier (Braconnot). Si, après avoir fondu le beurre à 66°, on le laisse refroidir rapidement, on obtient une masse homogène, qui peut être conservée pendant longtemps sans altération , pourvu qu’elle n’ait pas le contact de l’air ; en effet , elle ne contracte point de saveur âcre , et peut servir à la préparation des aliments aussi bien que le beurre frais. L’a/r altère facilement le beurre, surtout en été.; l’eau ne le dissout point.

Il est soluble dans l’alcool hpuillant, pourvu qu’on le traite à sept ou II. 30

^66 DEUXIÈME PARTfE.

IluiL reprises par une assez grande quanlilé de cet agent ; les dernières portions d’alcool que l’on fait agir sur le beurre laissent déposer la margarine à mesure que la liqueur se refroidit , tandis que les autres principes du beurre restent dissous.

Les alcalis décomposent le beurre, et il se produit de la glycérine et une masse savonneuse composée d’acides butyrique, caproïque, caprique, margarique et oléobutyrique, et de la base employée.

Préparation du beurre.— Après avoir obtenu la crème fraîche, en exposant le lait à l’air, on l’agite fortement, soit au moyen d’un vase cylindrique, dont l’axe mobile offre plusieurs ailes, soit au moyen d’un disque de bois attaché à l’extrémité d’un long bâton ; bientôt elle se partage en deux parties; l’une, liquide, laiteuse, porte le nom de lait de beurre , et contient du petit-lait, du caséum et un peu de beurre; l’autre est le beurre; on sépare celui-ci, on le lave à grande eau , et on le malaxe jusqu’à ce qu’il ne blanchisse plus ce liquide; alors on le livre au commerce; cependant il est loin d’étre pur; il relient encore du caséum et du sérum qui le rendent si facilement altérable en été; pour le débarrasser de ces matières , on le fait fondre à une chaleur d’environ 60° à 66°: il vient à la surface, tandis que le sérum, liquide plus pesant, se trouve audessous avec les flocons de caséum ; on décante. Le beurre se conserve d’autant plus longtemps qu’il a été mieux débarrassé du lait de beurre ; en effet, celui-ci éprouve une fermentation acide et met à nu les acides volatils, qui donnent au beurre une odeur rance désagréable; on prévient celte décomposition en salant le beurre avec du chlorure de sodium.

On a prétendu pendant longtemps que le beurre et la crème ne se trouvaient pas tout formés dans le lait, et qu’ils se produisaient pendant le battage, en absorbant l’oxygène de l’air: cette opinion est tellement dénuée de fondement, qu’il suffît de quelques heures pour séparer la crème du lait, que l’on a mis dans des vaisseaux clos, privés d’air et exposés au soleil ; cette séparation a même lieu lorsqu’on agile du lait dans un flacon qui est à moitié rempli d’acide carbonique, et qui ne contient pas d’air.

Préparation des acides butyrique, capro'ique et caprique. — On saponifie 20 grammes de beurre de vaciie avec 8 grammes de potasse à la chaux; la masse savonneuse, étant décomposée par l’acide (arlriqne, fournit une graisse saponifîée et un liquide aqueux; celui-ci contient les acides butyrique, caproïque et caprique , de la glycérine et du tar- Irale acide de potasse ; on le distille et l’on obtient dans le récipient un liquide qui , étant distillé de nouveau , peut être considéré comme formé d’eau, d’acide butyrique, d’acide caproïque et d’acide caprique; on sa-

DES HUILES. 4fi7

tiire celle liqueur avec de l’hydrate de baryte cristallisé , on fait évaporer jusqu’à siccité ; le mélange ainsi obtenu, de bulyrale, de caproale et de caprate de baryte, est traité par trois fois environ son poids d’eau à la température ordinaire , qui en dissout une partie ; au bout de vingtquatre heures, on décante la dissolution , et on verse une nouvelle quantité d’eau sur la portion du mélange non dissoute ; on renouvelle ainsi les traitements par l’eau froide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le carbonate de baryte, qui s’est formé pendant les lavages, aux dépens de la baryte des sels , et du gaz acide carbonique de l’air et de l’eau : alors on fait évaporer spontanément les diverses dissolutions, et l’on obtient des cristaux qui varient considérablement par leur forme et par leur nature; il suffira de savoir qu’il se dépose, à une époque quelconque de l’évapoi;alion ; l®du butyrate de baryte, en prismes aplatis, de 0"’,001 à 0™,002 de largeur, et de 0'",032 de longueur; 2° du caprate de baryte en fines écailles brillantes, très-légères; 3° du caproate de baryte en lames et en aiguilles ; on décompose séparément ces sels par l’acide sulfurique dans un tube de verre fermé à un bout, et l’on obtient du sulfate de baryte insoluble, et un liquide qui est de Vacide butyrique, f-aproïque ou cuprique.

DUS nVlLES.

La fluidité naturelle de ces corps gras indique que la proportion d’aride oléique est plus considérable que celle des autres principes qui peuvent s’y trouver. Si on les expose au froid, souvent ils laissent déposer des composés solides et cristallisables que l’oléine (oléate de , glycérine) tenait en dissolution; si même alors on les exprime fortei ment^ on peut en séparer facilement l’oléine, qui est restée fluide; c’est i par ce moyen que l’on parvient à extraire de toutes les huiles les com- ! posés solides qu’elles contiennent^ sans leur faire subir d’altération. Toutes ces huiles tachent le papier et ne sont pas volatiles; on les divise en huiles siccatives, et en huiles grasses proprement dites ou non siccatives; celle classification est fondée sur l’action qu’exerce l’oxygène sur elles. Certaines huiles ont la propriété caractéristique d’absorber l’oicygène de l’air, quelquefois même si rapidement et avec un si grand dégagement de chaleur, que lorsqu’elles sont en masse et mélangées de substances organiques, elles prennent feu spontanément; elles produisent ainsi des huilés siccatives^ qui n’ont plus l’apparence huileuse, et 4ui , au contraire, sont solides, poisseuses, et disposées en couches uiinces et transparentes ; c’est pour cola qu’on les emploie exclusivement

en peinture. Il est un grand nombre d’huiles qui dégagent de l’acide carbonique et quelquefois de l’hydrogène en se desséchant, tout en absorbant de l’oxygène; celte absorption est surtout rapide lorsque les huiles sont étendues sur une grande surface, ou qu’elles imprègnent des corps poreux; on augmente aussi leur propriété siccative en les faisant chauffer préalablement avec une très-petite quantité de litharge ou de bioxyde de manganèse; enfin celles qui sont peu siccatives sèchent très-rapidement quand on les mêle avec celles qui le sont beaucoup.

Lorsqu’on soumet les huiles grasses à l’action d’une chaleur graduée, elles perdent d’abord toute l’eau qu’elles peuvent contenir, et n’entrent en ébullition qu’à une température supérieure à la fusion du plomb ; alors elles s’altèrent ( voy. p. 454). Lorsqu’on fait tomber goutte à goutte de l’huile sur une surface fortement chauffée , elle se transforme presque totalement en gaz de l’éclairage.

Le soufre, le sélénium et le phosphore, se dissolvent assez aisément dans les huiles grasses; toutefois, au bout de quelques temps, ils les altèrent; on emploie en médecine, sous le nom de baume de soufre, une dissolution de soufre dans l’huile de lin étendue d’huile de térébenthine ou d’essence d’anis. Le chlore, le brome et l’iode, s’y dissolvent également en dégageant des acides chlorhydrique, bromhydrique ou iodhydrique. Lorsqu’on soumet les huiles grasses, et en particulier l’huile d’olives, à l’action de l’acide sulfurique concentré, elles deviennent visqueuses et rougeâtres, et il se forme une suite de nouveaux acides gras, découverts et analysés par M. Frémy, et parmi lesquels quelques-uns contiennent les éléments de l’acide sulfurique (voir son mémoire; Annales de physique et de chimie, 1838).

V acide hypoazotique , mêlé avec les huiles grasses non siccatives, leur communique une couleur jaune verdâtre, et les solidifie au bout d’un temps plus ou moins long, selon la nature de l’huile et les proportions de l’acide : ainsi de l’huile d’olives se solidifie au bout de soixantedix minutes, lorsqu’on la mélange avec Ÿss cet acide; tandis que l’huile de ricin, avec les mêmes proportions d’acide, n’a été solidifiée qu’au bout de cinq cent soixante minutes. M. Poulet, de Marseille, à qui l’on doit ces remarques, a proposé l’emploi de l’azotate de protoxyde de mercure pour reconnaitre la falsification de l’huile d’olives par d’autres liuiles, en raison du temps plus ou moins long qu’elle met alors â se solidifier; ainsi que je l’ai déjà dit (voy. p. 461), les huiles, sous celle intluence, et môme sous celle de l’acide azotique ou d’un mélange de ces deux acides, sont changées en élaïdine.

Les huiles grasses sont transformées, par les oxydes métalliques, en

IlUJLfiS TlRÉüS DU RÈGNE ANIMAL. 469

sels ou en savons, composés des acides gras et de ces oxydes ; la glycérine est mise à nu (voy. p.455, et Savons* p. 492“).

La composition des huiles varie pour chacune en particulier, mais on ne connaît pas encore bien la différence qui existe entre les huiles grasses non siccatives et celles qui sont siccatives.

Préparation. On obtient les huiles fixes, dont on fait usage comme aliment, en exprimant les fruits ou les graines qui les contiennent, après les avoir divisés; cette opération se fait à froid, si l’huile que l’on veut extraire est fluide , tandis qu’on se sert de plaques de fer plus ou moins chaudes si elle est concrète.

On prépare les huiles que l’on emploie pour l’éclairage en soumettant ' le.s graines à l’action de la presse, après les avoir humectées, torréfiées et broyées; le but de la torréfaction est de détruire la matière mucilagineuse avec laquelle elles sont mêlées, et qui s’opposerait à leur sépa- : ration.

^ Huiles tirées du règne animal.

Les principales huiles que l’on trouve dans les animaux sont l’huile de marsouin commun, l’huile de dauphin, et l’huile de poisson du commerce.

Huile de marsouin commun {delphinus phocœna). — Cette huile est formée de phocénine, d’une substance très-analogue à l’o^ème, d’un principe colorant orangé , d'acide phocénique, et diXXW principe ayant l’odeur de poisson. Elle est jaunâtre, d’une odeur de sardine fraîche, sans action sur le tournesol, d’une densité de 0,937 à 16°, soluble dans l’alcool, et susceptible d’être saponifiée par les alcalis. On l’obtient eii faisant chauffer au bain-marie la panne de marsouin mise dans l’eau ; riiuile ne tarde pas â se rassembler à la partie supérieure du vaisseau.

Huile du delphinus globiceps. — Elle est formée de phocénine, de Céline, d’oléine, d’un principe odorant ayant l’odeur de poisson, d’un principe orangé. Elle est d’un Jaune-citron , d’une odeur tenant de celle du pois.son et de celle du cuir apprêté au gras, d’une densité de 0,918 à 20°, sans action sur le tournesol , Irès-soluble dans l’alcool , et susceptible d’être saponifiée par les alcalis; toutefois il est impossible de la sa- IHuiilier complètement. On l’obtient comme la précédente.

Huile de poisson du commerce. — Cette huile se ra])proche par son odeur de celle du delphinus globiceps , mais elle en diffère, 1" en ce qu’elle contient une plus grande quantité de principe odorant ; 2° en ce qu’elle ne renferme point de Céline; 3° en ce qu’elle se saponifie plus

facilement; 4" en ce qu’elle produit beaucoup moins d’acide phocénique pendant la saponification. *

Huile de foie de morue {oleum morrhuœ).— Si elle a été obtenue, ce qui est fort rare, en chauffant au bain-marie les foies frais de morue, et en les soumettant ensuite à la prèsse, elle est incolore, inodore et presque insipide , légèrement soluble dans l’alcool , et très-soluble dans l’élher; si on la refroidit, elle laisse quelquefois déposer de la margarine. M. Dejongh dit qu’elle renferme des acides oléique, margarique, butyrique, acétique, fellinique, bilifellinique, cholinique, phosphorique et sulfurique, de la glycérine, de la billifulvine, de l’iode, du brome, du chlore, du phosphore, de la chaux, de la magnésie, de la soude et de la gaduine. M. Huraut en a aussi retiré du sucre.

L’huile de foie de morue du commerce est, au contraire, préparée avec les foies de plusieurs poissons qui ont séjourné dans des tonneaux, où ils ont éprouvé la fermentation putride; on a ensuite pressé ces foies pour en extraire une huile brune ou noirâtre, d’une odeur et d’une saveur de morue fort désagréables ; c’est celle-ci que l’on emploie en médecine. On s’est avisé, depuis quelque temps, de la décolorer au moyen du chlorure de chaux , pour la faire avaler plus facilement aux malades; mais il est certain qu’après cette décoloration, l’huile est altérée et n’a plus les propriétés médicales de l’huile brute.

MM. Dorvault et Huraut ont reconnu que l’huile brute de foie de morue, agitée avec du foie de soufre et traitée par l’élher, est en partie dissoute, et qu’il se forme un précipité, ce que ne produisent point les autres huiles.

On emploie aujourd’hui l’huile de foie de morue dans une foule d’affections scrofuleuses et cutanées, dans la phthisie, etc.; on l’administre depuis 8, 12 ou 20 grammes jusqu’à 1 kilogramme par jour, et comme à forte dose elle détermine des éructations désagréables, on fait rincer la bouche avec une eau aromatique, ou bien on fait mâcher une écorce d’orange ; on l’associe quelquefois aux sirops de raifort ou de quinine; on la donne en lavement lorsque les malades répugnent à la prendre par la bouche. On ne lira pas sans intérêt les remarques faites, à l’occasion de cette huile, par mon savant ami le D*' Émery, ancien médecin de l’hôpital Saint-Louis :

J’ai employé, dit-il, l’huile de foie de morue sans être épurée, ainsi (jue l’huile de poisson ordinaire, un grand nombre de fois, sur le lupus dans toutes ses formes, 102 fois. En donnant des doses dites médicinales, depuis 16 jusqu’à 32 grammes, je n’obtenais aucun succès, meme au bout d’un an; j’ai augmenté graduellement jusqu’à 500, 600,

700 , 800 grammes par jour, conduit par l’instinct des malades, l’innocuité du médicament, et les résultats satisfaisants que j’en obtenais. Des malades en ont pris jusqu’à 1 kilogramme par jour; actuellement je commence toujours par 124 grammes, et j’augmente d’une cuillerée tous les deux jours , jusqu’à 7 à 800 grammes , à moins que le médicament ne soit pas supporté. Sur trois rachitiques, deux garçons de neuf à dix ans , et une jeune fille de huit ans , je n’ai vu la maladie s’amender que lorsque j’ai atteint la dose de 140 grammes.

J’ai employé ce médicament sur trente scrofuleux, qui avaient ou des tumeurs énormes sur les parties latérales du cou, ou des caries des os du tarse, du métatarse, du visage, des extrémités du fémur, du tibia, etc; quatorze ont guéri après huit, dix mois et un an de traitement, , par l’huile de foie de morue, à la dose de 1^0 grammes jusqu’à 500 par jour; cela a été d’autant plus remarquable, que sur dix d’entre eux ■j’avais essayé vainement, pendant dix, douze et quatorze mois, les doses ' de l à 2 onces.

Deux de ces malades , portant des tumeurs énormes au cou , avaient ■ subi divers traitements sans succès.

Je regarde l’huile de foie de morue comme un médicament précieux dans la scrofule, lorsqu’on emploie des doses élevées ; mais comme i inutile, tant qu’on s’en tient à de faibles doses. Gomme je n’ai pas recueilli toutes les observations, je ne puis pas préciser exactement à combien de malades je l’ai administré; mais le nombre dépasse certainement plus de deux cents.

Daus deux cas de phthisie tuberculeuse , j’ai été assez heureux pour voir la maladie diminuer d’intensité, et entre autres chez une jeune fille, f qui a été complètement guérie, quoiqu’elle eût une caverne au sommet fi du poumon droit ; il y a aujourd’hui quatre ans que tous les accidents ont disparu.

Mais il n’en est pas toujours ainsi, et, sur vingt-huit cas, ce sont les seuls où j’aie vu la maladie se modifier avantageusement.

Huiles grasses tirées du règne végétal.

Huile d’olives. — On peut faire avec l’olive, fruit de l’o^ca europœa, plusieurs variétés d’huile: la plus pure, que l’on appelle huile vierge, est à peine colorée en jaune, sa saveur et son odeur sont agréables et peu sensibles; l’huile commune est jaune, et rancit facilement; enfin I l’huile de mauvaise qualité est trouble, d’un jaune verdâtre, et douée

d’une odeur et d’une saveur plus fortes et moins agréables. En général, ces différentes variétés sont solides à la température del0“-{-0°. On peut considérer l’huile d’olives comme un mélange de margarine et d oléine ; sa densité à 12“ est de 0,9192 ; elle rancit facilement, ce qui tient à l’altération d’une matière qu’elle tient en dissolution, et qui lui donne sa saveur agréable.

L’acide sulfurique concentré fournit, avec le double de son poids d’huile d’olives, un composé de margarine et d’acide sulfurique, et d’oléine et d’acide sulfurique, qui ne larde pas à se dédoubler en acides sulfoglycérique, sulfomargarique et sulfoléique. Si l’on ajoute de l’eau, l’acide sulfoglycérique est dissous; tandis que les acides sw//b^ras, c’està-dire les acides sulfomargarique et sulfoléique, viennent à la surface sous forme d’une masse sirupeuse; si l’on décante, et que l’on dissolve dans l’eau distillée ces deux acides sulfogras, on verra que la dissolution, abandonnée à elle-même, donnera naissance à quatre autres acides gras , savoir : l’acide métamargarique cristallisable et isomère de l’acide margarique, l’acide hydromargarüique^ en prismes rhomboïdaux, l’acide métaoléique, isomère de l’acide oléique liquide et à peine soluble dans l’alcool, et l’acide liquide, que l’on peut re-

présenter par de l’acide oléique hydraté. On reconnaît que l’huile d’olives a été falsifiée par celle des graines, en employant le procédé indiqué par M. Félix Boudet, et qui consiste à déterminer le nombre de minutes nécessaire pour solidifier l’huile d’olives par le moyen d’un mélange d’une partie d’acide hypoazotique et de 3 parties d’acide azotique à 38«; on part de cette donnée que, de toutes les huiles, c’est celle d’olives qui est plus promptement solidifiée par ce mélange; ainsi, dans une des expériences de M. Boudet, la solidification de 5 grammes 60 centigrammes d’huile d’olives à 10“ par 20 centigrammes du mélange acide, a été retardée de quarante minutes par l’addition à cette huile d’un centième d’huile de pavots, de quatre-vingt-dix minutes par un vingtième , et d’un temps beaucoup plus court pour un dixième ; l’huile de pavots pure reste toujours liquide. Ces sortes d’expériences doivent être faites comparativement, et en môme temps, avec de l’huile d’olives pure et avec de l’huile d’olives que l’on croit sophistiquée.

Avant les travaux de M. Boudet, on avait recours, pour reconnaître les falsifications dont je parle, à l’azolatc de mercure, proposé ])ar M. Poulet, de Marseille; mais les travaux importants de M. Boudet ont établi; 1° que ce sel n’agissait qu'en raison de l’acide azoteux faisant partie de Vazotite de mercure qu’il renferme; 2“ (|ue par ce inoyeu il

HUILES GRASSES TIRÉES DU RÈGNE VÉGÉTAL, était difficile de reconnaître la falsification, si l’huile d’olives ne contenait pas au moins Vio d’huile étrangère (Félix Boudet, Journ depharm. , •septembre 1832).

Eldiomèlre de M. Gobley. L’huile d’olives pèse 0,9192 à 12®, 5 c., l’t l’huile de pavots 0,9288. Si donc on plonge un aéromètre à ige très-déliée, successivement dans ces deux liquides , il en résul- •cra une différence considérable dans l’enfoncement de la lige, et :elte différence, partagée en centièmes ou en cinquantièmes, indijuera des quantités correspondantes dans le mélange des deux huiles.

• 3oit, par exemple, de l’huile de pavot pesant 0,9288 à la température : le 12", 5 c., et marquant zéro au bas de l’échelle de l’élaïomètre , et de •’huile d’olives pesant 0,9192 à la même température, et marquant ' >0 degrés en haut de l’échelle; il est évident que ces deux degrés indii [lieront toujours des huiles pures, et que 25 degrés, par exemple, indi- I [lieront 2^qOu 0,50 d’huile d’olives , 40 degrés ou 0,50 d’huile ‘Uire, etc. Tel est l’élaïomètre.

M. Gobley ayant gradué son instrument à la température de 12°,5 c. , lijui est sensiblement celle des caves où l’on conserve les huiles, il a cal- Tulé que la dilatation des deux huiles ou de leur mélange était de 3*' ,6 rour 1 degré centigrade; en sorte que, au-dessus de 12", 5 c., il faut j etrancher de l’indication de l’élaïomèlre autant de fois 3",6, qu’il y a de ilegrés de température supérieure. Soit, par exemple, une huile qui, à ia température de 15" c., marque 35 divisions à l’élaïomètre ; cette huile, amenée à 12", 5 c., marquerait en moins 3, 6x2, 5=9 divisions, c’estt-dire qu’elle ne doit compter que pour 26 divisions indiquant •tiu 52 centièmes d’huile d’olives pure. (Guibourt, Histoire naturelle des •Irofjues simples , lom. II , pag. 539, 4" édit.)

On emploie l’huile d’olives pour faire le savon , pour adoucir les frotenientsdes pièces qui composent les machines compliquées, etc.; on s’en '■ert comme aliment. Administrée è la do.se d’un demi-verre par prise, cinq ou six fois par jour, elle fait vomir et purge, en sorte qu’on l’a employée souvent avec succès dans l’empoisonnement par les sub- ' -lances âcres et corrosives; mais comme il arrive qu’elle augmente ’ •’énergie de quelques-uns de ces [loisons, et que d’ailleurs on peut dét) -erminer des évacuations par une multitude d’autres médicaments, qui ^ lesont accompagnés d’aucun danger, on doit l’abandonner dans ces cas 'ürlicullers. On l’avait recommandée dans les blessures des animaux i 'Venimeux, dans rhydro|)isie ascite; mais depuis longtemps on en a senti insuffisance. On peut l’employer en frictions pour calmer certaines 1 Mouleurs internes, qui souvent sont intlammatoircs, et pour diminuer

rirrilalion locale des surfaces suppurantes. Appliquée en frictions , à l’aide d’une éponge, elle favorise la sécrétion urinaire et détermine une sueur très-abondante : cette dernière propriété la rend utile dans l’imminence de la peste et dans le début de la fièvre jaune; il faut, dans tous ces cas , éviter de la laisser longtemps sur la peau , car elle se rancit et peut développer un érysipèle , ou rendre les surfaces suppurantes pâles, flasques et fongueuses. Mêlée avec de la cire et de l’eau, l’huile d’olives forme le cérat de Galien , que l’on emploie souvent comme calmant et rafraîchissant; elle entre dans la composition du cérat de Saturne , du cérat de diapalme, de l’onguent de la mère, de l’onguent populéum , etc.

Préparation de l’huile vierge. On exprime à froid les olives mûres et non fermentées. — Huile commune. On délaie dans l’eau bouillante la pulpe des olives dont on a déjà séparé l’huile vierge par l’expression: l’huile vient à la surface de l’eau. — Huile fermentée. On entasse les olives pour les faire fermenter, et on les soumet à l’action de la presse.

Huile d’amandes douces {amygdalus communis). — Cette huile est liquide , d’un blanc verdâtre , et a l’odeur et la saveur des amandes ; mais elle rancit plus promptement que la précédente : on doit, avant de s’en servir, la laisser reposer pour la clarifier, ou mieux encore la filtrer à travers un papier. On l’a administrée dans les inflammations de poitrine, de bas-ventre, etc. ; elle fait partie des émulsions, de quelques potions huileuses, etc. Le Uniment volatil, employé avec tant de succès comme résolutif dans les engorgements laiteux des glandes et du tissu cellulaire, les rhumatismes lents, les douleurs sciatiques opiniâtres , est formé de 130 à 150 grammes de cette huile ou de la précédente , de 8 grammes d’ammoniaque liquide , et de 4 à 8 grammes de baume tranquille.

Préparation. Après avoir frotté les unes contre les autres les amandes dans un linge rude, pour les débarrasser de la poussière qui est à leur surface, on les pile et on en fait une pâte que l’on introduit dans des sacs de coutil ; on presse ceux-ci à la température de 15" à 18" ; on clarifie l’huile par le repos.

Huile de faine ( fagus sylvatica ). — Cette variété ressemble assez à riuiile d’olives, et peut être employée dans les mêmes circonstances.

Huile de colza {brassica napus). — Elle est jaune, assez visqueuse, d douée d’une odeur semblable â celle des plantes de la famille des crucifères- On s’en sert pour éclairer, et pour préparer les savons verts; on l’emploie aussi, en petite quantité, pour faire, le savon ordinaire.

Préparation. Après avoir broyé les graines du brassica napus, on les

îliauffe avec un peu d’eau, et on les soumet à l’action de la presse; huile obtenue par ce moyen doit être débarrassée d’une certaine juantilé de mucilage qu’elle renferme ; on y parvient facilement en l’aîitant avec ^^/,oo de son poids d’acide sulfurique, et le double de son ./olume d’eau ; au bout de huit ou dix jours , surtout si la température I été de 25" à 30®, l’huile pure se rassemble à la surface , tandis que /acide sulfurique, uni au mucilage, se trouve au fond sous forme de idocons verdâtres; l’excès d’acide se combine avec l’eau; on décante /huile et on la filtre en la versant dans des cuviers dont les fonds sont i-ercés de plusieurs trous, dans lesquels on met des mèches de coton ongues d’environ un décimètre (M. Thénard).

Huile de ricin {ricinus communis). — Cette huile est d’un jaune veràtre, transparente et sans odeur; sa saveur fade produit une légère ensation d’àcreté quand elle a ranci; sa densité est de 0,969 à 12"; elle e congèle à — 18°. Suivant M. Saalmuller, indépendamment des prinipes neutres qu’elle contient, l’huile de ricin renferme de l’acide o/eotlcinique solide (voy. p. 395), et un acide huileux jaunâtre, inodore,

■ ’une saveur âcre, d’une densité de 0,94, pouvant être solidifié à —10". exposée à l’air, elle se dessèche sans devenir opaque; elle se dissout ’ès-bien dans l’alcool. Distillée, elle fournit, à 270", des gaz inflamî.jables, de l’eau, des acides acétique, ricinique, élaïodique, œnanthyque, une petite quantité d’acroléine, et une forte proportion d’cenanlol, ainsi qu’une matière solide représentant les deux tiers du poids e l’huile saponifiable, et ayant quelque analogie avec les résines. L’acide hypoazotique donne à froid, avec l’huile de ricin, de hpalnine, substance saponifiable composée d’acide palmique et de glycéne (voy. Palmine). L’acide azotique fournit, en réagissant sur l’huile e ricin , de l’acide subérique, de l’acide oxalique, et suiTout de l’acide nanthylique.

Traitée par les alcalis, l’huile de ricin donne de la glycérine, et des 'ides stéarorici nique (margaritique), ricinique, et oléoricinique (élaïoique).

On emploie l’huile de ricin avec succès pour purger les personnes décales, et comme anthelminthique : la dose est, pour les enfants, de 15 •30 grammes, à prendre par cuillerées, tandis que l’on administre 30, 3 ou 80 grammes aux adultes : il est préférable de la faire prendre sans Idition d’aucun acide, et dans du bouillon de bœuf chaud. Si l’huile s ricin n’a pas été bien préparée, ou qu’elle soit sophistiquée , surtout ar l’IuiiU^ de crolon , elle détermine les symplêmes de l’empoisonne- '! »enl par les substances âcres, et doit être rejetée.

Avant d’extraire cette huile des ricins cultivés dans le midi de la France, elle était fournie par l’Amérique, et toujours môlée d’huile de pignon d’Inde (curcas purgans)^ fort ^cre.

Préparation. On délaie 500 grammes de graines de ricin , privées de leur épiderme, dans 132 grammes d’alcool froid , qui dissout l’huile; on met ce mélange à la presse, dans des sacs de coutil ; on distille le liquide alcoolique jusqu’à ce que l’on ait retiré la moitié de l’esprit-devin, on lave le résidu à plusieurs eaux; l’huile vient à la surface: on la sépare, et on la soumet à une douce chaleur pour en évaporer loule l’humidité; on la retire du feu, et on la jette sur des filtres qui sont jilacés dans une étuve chauffée à 30°; elle filtre facilement. Ce procédé doit être préféré, suivant M. Faguer, à ceux qui consistent à faire bouillir la graine dans l’eau , ou à l’exprimer sans addition d’alcool.

Œnanthol, H14G1402, HO. — Il est le résultat de la décomposition par le feu de l’huile de ricin. Il est incolore , très-fluide, d’une odeur aromatique, d’une saveur d’abord sucrée, puis âcre, bouillant vers 160°, en éprouvant toutefois une décomposition partielle, presque insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. L’oxygène et les divers agents d’oxydation le transforment en acide œnanthylique. Le. chlore le change en un corps analogue au chloral , et en acide chlorhydrique. L’acide azotique le transforme en methœnanthol, isomériqne de» l’œnanthol, en nitracol , matière huileuse, et en acides caproïque eti oxalique. La potasse concentrée fournit à 120°, au bout de vingt-quatre | heures, un hydrure d’œnanthyle, Hi^Ci'^0, et de l’acide œnanthylique.

Acide œnanthylique, Hi3G^'î03,H0. — Il est le résultat de l action dut feu ou de l’acide azotique sur l’huile de ricin. Il est liquide, d une odeui ( aromatique, d’une saveur sucrée piquante, à peine soluble dans l’eau, i soluble dans l’alcool , l’éther et l’acide azotique. Il distille vers 148°, » mais il est en partie décomposé. Il brûle avec une flamme claire et fu-* ligineuse, lorsqu’on l’approche d’un corps en combustion. Il ne diffère ; de l’acide œnanthique que par un équivalent d’oxygène en plus. Il peut! former des sels et un éther.

Huile de lin {linum usitatissimun). — Cette huile a une couleui blanchei verdâtre, et une odeur sui generis; sa densité est de 0,939 à -+-l^»l elle ne se solidifie qu’à -15" ou —20" ; elle est soluble dans 40 partiesi d’alcool froid, 5 d’alcool bouillant, et 1,6 d’éther. Elle est saponifiable| <iuand elle est fraîche, et donne avec la soude un savon mou, composé! de margarate et àelinéolate de soude (voy. Acide linéolique, p. 394 ).| Avec l’acide azotique, elle fournit de l’acide pimélique, de l’acide sube-i rique, de l’acide succiniqne, et tous les produils de l’oxydation dc|

<’aci(le margarique. Elle a la propriété de dissoudre, à la température Je l’ébullition, une certaine quantité de litharge, qui la rend plus sicijative, et propre à être employée dans la peinture commune et à la oréparation des vernis gras; il faut, pour cela, la faire bouillir avec lept ou huit fois son poids de litharge , jusqu’à ce qu’elle devienne roiiqeàtre, l’écumer avec soin , et la laisser reposer hors du feu pour l’ob- • enir claire. On prépare l’encre des imprimeurs, en broyant 1 partie : le noir de fumée avec 6 parties d’huile de lin, dont on a augmenté la )onsistance en la faisant bouillir dans un pot de terre, en l’enflammant, : Il la laissant brûler pendant une demi-heure, et en la faisant bouillir tendant quelque temps après l’avoir éteinte.

Préparation. Après avoir torréfié les semences , on chauffe avec un leu d’eau , et on les exprime.

Huile d'œillet ou de pavot (papaver somniferum). — Cette huile , moins ■isqueuse que beaucoup d’autres, est d’un blanc Jaunâtre, inodore, liuide môme à zéro , et douée d’une légère saveur d’amande. On s’en -ert comme aliment, et pour éclairer. Traitée par la litharge, elle evient plus siccative, et peut être employée pour délayer les couleurs U les appliquer sur la toile. On prépare, avec 1 kilogramme d’huile de avot, 96 grammes de foie de soufre, 500 grammes de savon blanc irdinaire, et 4 grammes d’huile volatile de thym, le Uniment anti- 'Sorique de M. Jadelot.

Huile de palme. — On l’extrait en exprimant les amandes du fruit ’une espèce de palmier qui croit en Guinée, au Sénégal, etc. Elle est tune rougeâtre , d’une odeur agréable; elle fond entre 27“ et 30". 100", elle est décolorée par l’action combinée de l’air et de l’eau. Elle '5t formée de palmitine, d’oléine, de margarine, d’une matière colorante Jaune, et d’un ferment qui transforme peu à peu la palmitine on eide palmitique et en glycérine. On emploie l’huile de palme, conjoiniment avec le suif et le carbonate de soude, à la fabrication d’un ^von,dont on se sert pour graisser les roues des grandes machines et CS wagons des chemins de fer, et pour la préparation des bougies stéaiques; pour cela, on la traite d’abord par l’acide sulfurique, puis on baiiffe le produit à 350“ ou à 4ü0“, sous l’influence de la vapeur d’eau voy. Bougies stéariques).

Huile de noix {juglans regia). —Elle a une couleur blanche verdâtre 1 une saveur particulière. On l’a regardée pendant longtemps comme ulhelminthique; on a même proposé de l’associer à son poids de vin de lalvoisie pour guérir le tænia , mais ce traitement est loin de réussir

assez souvent pour le préférer à d’aulres ; on s’en sert dans l’éclairage, dans la peinture, et comme aliment.

Huile de chènevis (cannabis sativa). — Elle est liquide même à plusieurs degrés au-dessous de zéro; sa couleur est jaunâtre; on l’emploie pour faire les savons mous, dans la peinture et dans l’éclairage.

Huile ou beurre de cacao (theobroma cacao). — Elle est solide, d’une couleur blanche jaunâtre, d’une saveur douce, d’une odeur agréable, d’une densité de 0,91 , et fusible à 29°. Elle est insoluble dans l’eau , soluble dans l’alcool, l’éther et l’essence de térébenthine, surtout à chaud. Elle paraît constituer un composé défini d’oléine et de stéarine, ' quand elle a été privée de la partie liquide ou de l’oléine qui s’y trouve en excès (Boudet et Pelouze). Elle est très-adoucissante; on en fait des suppositoires, des pommades, des bols, etc.; on la prend aus^ quelquefois en potion.

Préparation. On sépare les écorces et les germes du cacao ; on le broie: et on le met dans l’eau bouillante ; le beurre fond et se rassemble à la surface, on le coule dans des moules. On peut encore l’obtenir en formant une pâte liquide avec le cacao broyé à l’aide d’une pierre chaude, | en renfermant cette pâte dans un sac de toile , et en la pressant entrel deux plaques de fer préalablement chauffées dans l’eau bouillante.

Huile de noix muscade (myristica moschata), — Elle est concrète! • comme du suif, d’une couleur jaune tirant sur le rouge, et d’une odeur fort agréable , qu’elle doit à une huile volatile. Elle contient de la myrisline, une matière liquide jaune peu connue, et une huile volatile.

Beurre de coco, — On le retire de la noix de coco. Il est blanc ou lé-* gèrement jaunâtre, d’une odeur d’abord faible, qui bientôt après ressemble à celle du fromage fort; il rancit facilement. 11 fond entre 1»“' et 20°; il est formé de glycérine et d’acides caproïque, caprylique, caprique, laurostéarique, myristique et palmitique.

Préparation. On pile les noix dans un mortier de fer; à l’aide d’un! peu d’eau bouillante, on les réduit en pâte, que l’on presse entre deuxi plaques chaudes, comme la précédente.

Huile de ben, — Elle est extraite des noix du moringa oleifera, et contient de l’acide stéarique, de l’acide margarique, et les acides beniqw^ et moringique , dont j’ai parlé à la page 401. Elle est incolore ou fai- ))lement colorée en jaune, et sans odeur. Elle ne rancit qu’au bout d ui« temps assez long; son poids spécifique est de 0,912. On l’emploie aux' mêmes usages que l’huile d’olives.

On prépare encore plusieurs autres huiles grasses , dont je me eon-

' DE l’essence de GAULTHERÏA procumbens. 479

I (enterai d’indiquer ici les noms, parce qu’elles sont raremenl employées : i telles sont les huiles d’anacarde, d’arachide ou pistache de terre, de »:ameline, de laurier, de moutarde, de sésame, etc.; cette dernière -3st abondamment répandue dans le commerce, aujourd’hui on en fait jii savon.

Des hniles essentielles composées de plusieurs principes

immédiats.

En parlant des essences (voy. p.219 etsuiv.), j’ai fait l’histoire de celles le ces essences qui sont des principes immédiats; je ne dois traiter ici nue de celles des huiles essentielles dans lesquelles on trouve au moins leux sortes de matières. Peut-être verra-t-on , en approfondissant da- 'anlage l’élude de quelques-uns des corps dont je vais m’occuper, que, après leur constitution encore bien peu connue, ils devraient plutôt Ire rangés parmi les essences simples ; c’est ce que l’expérience déioonlrera sans doute plus tard.

De l’essence de girofle.

L’essence de girofle existe dans les clous de girofle et le piment de 1 Jamaïque. Elle contient au moins quatre principes immédiats, saoir : un carbure d’hydrogène isomère avec l’essence de térébenthine, e l’acide eugénique, de Veugénine, et de la cariophylline. Abandonnée elle-même, elle laisse déposer ces deux dernières substances. On l’obenl en distillant de l’eau sur des clous de girofle.

De l’essence de cumin.

1 Elle existe dans la graine de cumin , et elle est formée de deux prinif lipes immédiats, le cymène et le cuminol ou hydrure de éuminyle. Oisif dlée, elle fournit d’abord le cymène, vers 200°; puis, en dernier lieu , I -cuminol. On l’obtient en distillant la graine de cumin avec de l’eau.

I De l’essence de ganltherla procnmbCnil.

Elle contient du gaulthérilène et de l’éther méthylsalicique.

De Tessencc de badlnne.

L’essence de badiane ou d’anis étoilé est extraite des fruits de Villicium anisatum. Elle contient un principe concret, qui paraît identique avec celui de l’essence d’anis.

De l'essence d’aneth.

L’essence d’aneth provient du fruit de Yanelimm graveolens. Elle est d’un jaune pâle, rappelant à un haut degré l’odeur de la plante; sa densité est de 0,881.

De l’essence de fenouil.

L’essence de /enom7 est extraite de la graine de l’anetAnm /osnicw/unî.. Elle est incolore ou jaunâtre, d’une saveui' douce; au-dessous de 10<^,| elle laisse déposer une substance cristalline, regardée comme identique: avec celle de l’essence d’anis (Blanchet et Sell). Celte essence perd aussi: à la longue la propriété de se concréter par le froid.

De l’essence de persil.

L’essence de persil est jaune pâle, et présente à un haut degré 1 odeur de la plante. Elle est également formée d’un principe fluide et d’une; substance cristalline plus pesante que l’eau. Cette essence paraît se transformer en entier, à la longue et avec le contact de l’air, en celle matière cristalline.

De l’essence de carvl.

L’essence de carvi, provenant du caruni carvi, est jaunâtre, trèsfluide, brunissant rapidement â l’air, d’une odeur pénétrante et aromali(iue; elle rougit le tournesol. Lorsqu’on la distille, on peut en retireil deux huiles, le carvène et le carvacrol. L’huile brute bout à 205^.

M. Schweizer, en distillant cette essence avec de l’acide phosphorique| ou avec de l’hydrate de potasse, a obtenu du carvène, H^C^® (vo\- Carbures d’hydrogène).

Carvacrol, Hi'''C2O02.— Huile incolore, d’une odeur désagréable, d’iiiu'. saveur piquante, plus dense que l’eau, bouillant â 232^', bnîlani avc(

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