PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES BOIS
Les bois sont plus denses que l’eau, et s’ils flottent, c’est parce qu’ils "ontienuent de l’air dans leurs pores. Ils renferment en moyenne 40 p. 100 d’eau; desséchés à 10°, ils en retiennent environ 25 p. 100; d on les chauffe jusqu’à 100°, et qu’on les expose de nouveau à l’air, ils ibsorbent de 8 à 12 p. 100 d’eau. Les bois chauffés en vases clos, au ielà de 140°, se décomposent, et donnent : 1° des gaz inflammables corn- )osés, pendant la première période, de
Acide carbonique 44,9
Oxyde de carbone 36,8
Hydrogène 16,8
Azote et perte 1,5
l't à la fin de l’opération , de
Acide carbonique . 29,2
' Oxyde de cai’bone 24,9
Hydrogène 44,2
Azote et perte. 1,7
i" " un liquide qui vient se condenser dans le récipient, et qui est formé l'’eau, d’acide acétique (voy. p. 313), (Tesprit de bois, d’acétone, d’all'iéhyde, d’éther méthylacétique , àemésite, àexylite, et de différentes nibstances goudronneuses ; 3° une quantité de charbon , qui varie de 3 à 28 p. 100.
Les bois brillent au contact de l’air; ceux qui ont été desséchés à la empérature de 10°, et qui contiennent le quart de leur poids d’eau, ont lin pouvoir calorifique qui se trouve compris entre 2,800 et 2,900 caories (voy. Combustion).
L’acide sulfurique transforme les bois en dextrine , en glucose et en ' eide végéto-sulfurique (voy. p. 86). Soumis à l’influence simultanée ♦ e l’air froid et de l’humidité, les bois sont décomposés à la longue, et I hangés en humus ou terreau; il se dégage de l’acide carbonique; 13 matière azotée des bois est loin d’être étrangère à cette espèce de "ulréfaction ; en effet, elle donne naissance à des ferments qui servent
'engrais à des champignons et à d’autres cryptogames qui croissent sur ■tsbois, et de nourriture à divers insectes, lesquels se logent dans les "K)is et finissent par les désagréger.
Procédé de conservation des bois.
Les bois contiennent, comme tout produit de la vie animale on végé- ; ale, des principes de leur destruction; aussitôt que la vie cesse, ces II. 35
principes agissent pour rendre à la terre et à l’atmosphère les éléments tjui leur avaient été empruntés. Dans les bois , l’action destructive se développe plus ou moins rapidement, suivant les espèces; mais dans tous elle suit la môme marche et présente les mêmes phénomènes. Sous l’influence des ferments , le tissu ligneux , la cellulose et la matière incrustante , se décomposent , absorbent l’oxygène de l’air, et peu à peu retournent à l’atmosphère en acide carbonique et en eau ; cet effet est accéléré parle développement des produits parasites, la mousse, les champignons, les moisissures, les vers, et autres animaux que l’on trouve fréquemment dans les bois en putréfaction.
Par ce qui précédé, on peut déjà expliquer ces deux faits bien connus de la conservation presque indéfinie des bois placés à l’abri de l’eau par une dessiccation plus ou moins complète , continuée par la riiise à couvert et l’aérage , ou par l’immersion complète dans l’eau , et mieux encore dans la terre à une profondeur suffisante.
Lorsque les bois, au moins la plupart, sont placés dans l’une de ces deux conditions, ils se conservent; mais le plus souvent, et spécialement dans les voies de chemins de fer, ils ne sont pas dans ces positions favorables. Dans celte dernière application , ils sont placés assez avant dans le sol pour être dans un état permanent d’humidité, et assez près de l’air pour l’absorber autant que le demandera la fermentation.
Dans celte position, il faut donc, pour se garantir de la fermentation, s’attaquer aux principes qui la développent. Les ferments sont rendus impuissants soit par la présence de certains agents, soit par leur décomposition par des substances qui se combinent avec eux, et les empoisonnent, pour me servir d’un terme très-expressif.
La peinture, si fréquemment employée pour les bois hors terre, garantit de l’humidité extérieure et conserve pendant quelque temps, quand les bois sont très-secs; quand ils gardent une humidité intérieure, elle ne conserve pas, car elle laisse pénétrer l’air.
L’essence retirée du goudron de gaz, la créosote, est un agent Irès- (^fficace de conservation; ce produit est employé par une simple imbihition des bois soit à froid, soit à chaud; les bois en sont très-avides, et il pénètre profondément lorsqu’ils ont une certaine porosité; dans ce cas, sont les aubiers et les bois blancs à tissu lâche.
Ce procédé est en Angleterre d’une application très-répandue ; la production colossale de goudron de gaz dans ce j)ays le facilite singulièrement; cependant la préparation revient encore à un prix assez élevé.
En France, les conditions sont toutes différentes : la production de goudron de gaz est, jus(fu’à ce jour, très-limitée, et le prix de l’es-