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PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES BOIS

sence de goudron reste conséquemment très-élevé; aussi l’application est-elle restée restreinte. Elle a été plus particulièrement employée comme dissolvant de peinture; entre autres, elle est une partie constituante de la peinture dite glu-marine, qui est un mélange de créosote, de caoutchouc, et de matières couvrantes et colorantes diverses, suivant la couleur que l’on veut appliquer. Elle vient encore d’être employée récemment comme dissolvant d’une substance colorante particulière, et qui est un composé d’oxyde de cuivre et de résine.

Cette peinture, dont plusieurs chemins de fer ont déjà fait des emplois importants pour les bois entrant dans la composition des ponts, et surtout des wagons de différentes formes, cette peinture est une transition entre les agents préservateurs par leur présence, et ceux qui ont une action chimique sur les ferments. On peut donc la considérer comme une excellente substance à employer ; mais elle est chère , et son application aux matériaux de la voie, sur une grande échelle, serait dispendieuse.

L’essence de goudron pur a, comme je l’ai dit, une action de présence ; son contact empêche les végétations de se produire ; mais, comme ■elle est éminemment volatile, le moment arrive assez vite où les bois n’en sont plus imprégnés, et où ils se retrouvent soumis à l’action des : ferments qui n’ont pas été détruits.

J’arrive à l’examen des substances agissant par décomposition des ferments: ce sont, en général, des substances minérales.

Les expériences si nombreuses faites jusqu’à présent ont démontré que la première condition à remplir, c’est que la substance soit toxique.

Comme substances éminemment toxiques, et dont le prix soit abordable, industriellement parlant, on avait l’arsenic, le bichlorure de : mercure ou sublimé corrosif, et les sels de cuivre.

L’arsenic empoisonnerait très- complètement les bois; mais, lors > même que les dangers de son emploi n’y auraient pas fait renoncer, le 1 prix élevé qu’il coûte le ferait rejeter.

Le sublimé corrosif a été très-prôné à une certaine époque; mais, outre qu’il est, comme l’arsenic, dangereux pour les ouvriers qui ‘ l’emploient, il est soluble, ainsi que les combinaisons qu’il forme avec les Dois, et même il est volatil : aussi a-l-on vu des bois préi)arés au mercure et exposés à l’air, à l’eau, à l’humidité , ne plus en contenir après quelques années.

Le cuivre, particulièrement à l’état de sulfate , reste donc comme l’agent toxique le plus efficace. Il forme soit avec le tannin des bois feuillus , soit avec la résine des bols résineux, des composés complète-

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ment insolubles, et il décompose et empoisonne les ferments; des expériences, que le temps a déjà confirmées, attestent l’avantage de son emploi.

Le sulfale de cuivre est appliqué aux bois par deux procédés principaux : le procédé du D*' Boucherie , qui consiste , comme on sait , à faire pénétrer la substance conservatrice dans le bois, soit par la force ascensionnelle de la sève dans les bois récemment coupés et pourvus en-

core de leur feuillage non desséclié, soit par une pression exercée sur le liquide à l’extrémité des billes de bois; ce procédé réussit particulièrement sur les espèces tendres; il exige que les bois soient jeunes de coupe, et il est appliqué en forêt; il a été mis en pratique sur une partie des traverses des chemins de Creil à Saint-Quentin; on ne peut lui reprocher qu’une chose, c’est de revenir à un prix assez élevé : il coûte 1 fr. 10 c. à 1 fr. 20 c. par traverse de chemin de fer à l’entrepreneur. Suivant un rapport de MM. Didion, Avril et Mary, inspecteurs généraux et divisionnaires des ponts et chaussées, qui ont vérifié les savants essais de M. Boucherie, l’action du sulfate de cuivre est complète.

Le second procédé d’application est celui de M. Margary, qui consiste à immerger simplement le bois dans une dissolution convenable ment concentrée, soit à froid , soit à chaud, mais plutôt de cette deinière façon, pour les traverses et longrines de chemin de fer, et les grosses charpentes; par ce procédé, les bois tendres, l’aubier, et toutes les fentes des bois, sont suffisamment imprégnés de cuivre. Des traverses ayant déjà plusieurs années d’usage se retrouvent encm'e intactes et exemptes de pourriture ou de moisissure. Ce procédé très-commercial ne coûte que 50 à 60 centimes par traverse, et sa simplicité permet de l’appliquer rapidement dans de grandes proportions ; aussi presque tous les chemins de fer l’ont adopté et en continuent l’usage. Les documents que j’ai recueillis me permettent d’estimer à 150,000 métrés cubes les bois qui ont été ainsi préparés depuis huit ans sur les chemins de fer de Bouen, du Havre , de Dieppe, de Saint-Germain, de Boulogne, de Bordeaux, de Chartres, de Monlereau , de Strasbourg , du

Nord, etc. . • ' •

Je terminerai en donnant l’extrait suivant du rapport des ingénieurs

chargés par M. le ministre des travaux publics d’examiner les expériences de M. Boucherie sur différentes préparations :

« Nous conclurons de ce qui précède...

a Que parmi les liqueurs essayées i>ar M. Boucherie, le sulfate de cuivre dissous dans ia proportion d’au moins 1 kiio6iamnie 50 ceiili- Rrainmes par liertoliire d’eau, esl ia seule (|ui ail maïulenu en parfait

l'ROtlÎDK [)K conservation DES BOIS. 549

état de conservation, pendant un laps de temps de sept ans, les ])ièces de liêtre et de charme soumises aux expériences, et pénétrées de^ce sel de cuivre dans la proportion de 5 à 6 kilogrammes par stère ;

« Que les bois blancs, pénétrés ainsi de sulfate de cuivre et placés dans le sol comme les traverses des chemins de fer, ou exposés à l’action des agents atmosphériques, se conservent mieux que le chêne, placé dans les mêmes conditions;

« Que dès lors il paraît y avoir intérêt à faire désormais usage, dans ' les constructions , des bois blancs convenablement préparés avec le sulfate de cuivre, lorsqu’ils doivent être employés dans les conditions i qui viennent d’être indiquées. »

On peut produire dans les bois des veinages noirs, gris, bleus, ijaunes , bruns, etc., pour l’ébénisterie, en Introduisant dans les pores du bois des mélanges d’un sel de fer et de tan, de cyanure jaune de i potassium et de fer, de chromate de potasse, etc.

Bois de Campêche {hœmatoxylon campechianum ^ petit arbre épineux I qui croît abondamment dans la baie de Honduras). — Il est compacte, d’un brun rougeâtre à sa surface; mais, lorsqu’on le divise parallèlement à sses fibres, on voit que les parties mises à nu sont d’un rouge orangé; iil a une odeur de violettes assez forte, et une saveur sucrée ,' amère , lun peu astringente; il colore la salive en violet. Il est formé de ligneux, ô’hématine, d’une matière brune, insoluble dans l’alcool et 'très-peu soluble dans l’eau, d’une huile volatile ayant la même odeur que le bois, soluble dans l’eau, de matière végéto-animale , d’une substance résineuse et liuileuse, d’acide acétique, d’acétate de potasse et de chaux, d’acide silicique, d’oxalate de chaux, et de quelques autres sels. Il est employé dans la teinture.

Bois de santal {pterocarpus santalinus, famille des légumineuses, ar- : bre qui croît sur la c6te de Coromandel et dans plusieurs autres parties ' des Indes orientales). — Il est compacte, pesant, inodore et peu sapide; il brunit lorsqu’on l’expose à l’air. Il contient, outre le ligneux, une matière colorante rouge dont j’ai parlé, la matière colorante brune (fui ! fait la base des extraits, un peu d’acide gallique, et des sels (Pelletier, voy. Santaline, p. 284).

Bois de Brésil (cœsalpinia echinata , arbre de la famille des légumineuses, qui croît dans le Brésil et dans quelques autres pays). — Il est très-dur, très-pesant , d’une couleur d’abord blanchâtre, qui passe au rouge par l’exposition du bois â l’air ; il communique celte couleur à l’eau avec laquelle on le fait bouillir. On l’emploie dans la teinture.

Bois de corail. — Plusieurs naturalistes pensent que l’arbre qui four-

nit ce bois est Vadenanthera pavonia, qui croit dans les Indes. 11 est rouge, parsemé de veines écarlates et brillantes, assez dur, et susceptible de prendre un très-beau poli; il est inodore et insipide; il communique à l’eau bouillante et à l’alcool une couleur de brique. Suivant Cadet, il est essentiellement résineux, et peut être employé pour teindre la soie, pour faire une belle encre rouge, et pour colorer les liqueurs de table. On en fait des meubles de luxe.

Fustique {morus tinctoria, arbre qui croît dans les îles des Indes occidentales). — Il a une couleur jaune veinée d’oranger, il n’est ni trèsdur ni très-pesant; il communique à l’eau une couleur orangée trèsfoncée. On l’emploie pour teindre en jaune.

Sumac (rhus coriara, arbrisseau qui croît dans le Levant). — Proust pense qu’il est principalement formé d’une matière tannante particulière; il communique à l’eau une couleur jaune verdâtre, qui ne tarde pas à brunir lorsqu’on l’expose à l’air. On l’emploie dans la teinture en noir comme mordant, à raison du tannin qu’il contient.

Bois résineux. — J’ai fait connaître, en parlant des résines, un trèsgrand nombre d’arbres qui fournissent un suc résineux : tels sont les pins, les sapins, etc. ; je ne crois pas devoir entrer dans de plus grands détails à cet égard.

Les bois qui ne» sont pas colorés et qui ne contiennent pas une trèsgrande quantité de résine sont employés pour la construction, pour faire le charbon , etc.

DE» ÉCOBCES.

Les écorces sont principalement formées de ligneux ; il en est qui renferment différents autres principes immédiats, tels que du tannin , des résines, des matières colorantes, des sucs glutineux, etc.

Écorce de chêne. — Cette écorce est une de celles qui contiennent le plus de tannin , aussi est-elle très-astringente; sa poudre porte le nom de tan et sert à tanner les peaux.

Cannelle (écorce intérieure du laurus cinnamomum , arbre que l’on cultive principalement à Ceylan). — Elle est sous forme de longs morceaux roulés sur eux-mêmes, d’un jaune tirant sur le rouge, d’une saveur d’abord sucrée, ensuite piquante et aromatique, et d’une odeur très-suave. Elle contient, d’après Vauquelin , une huile volatile, du tannin, du mucilage, une matière colorante et un acide; M. Guibourt en a retiré beaiicou|) d’amidon. On doit considérer la cannelle comme tonique et stimulante; on remi)loie dans les perles qui suivent quelque-

fois l’accouchemenl , dans la ménorrhagie passive qui attaque les individus faibles , dans la leucorrhée constitutionnelle, dans les digestions pénibles occasionnées par la débilité de l’estomac, à la fin des diarrhées et des dysenteries , enfin comme sudorifique. On l’administre en poudre ! à la dose de 50 à 60 centigrammes jusqu’à 2 grammes , en infusion dans 1 litre de liquide , depuis 2 jusqu’à 6 grammes. L’huile essentielle se idoiine à la dose de 3, 4, 6, 8 gouttes, dans une potion sudorifique. On fait prendre aussi quelquefois, dans une potion , 20, 30,40 gouttes d’alcool de cannelle , ou le double d’eau distillée de cannelle.

Écorce de Winter {drirnys Winteri, arbre de la famille des magnoliacées).— Elle est composée de résine, d’huile volatile, d’un principe colorant, de tannin, de sulfate de potasse, de quelques autres sels, et d’oxyde de fer (Henry). Les Américains emploient cette écorce comme stomachique et sudorifique contre le scorbut, la paralysie, les catarrhes, etc.; elle entre dans le vin diurétique amer de la Charité.

Écorce du chanvre {cannabis sativa). — Elle est formée de beaucoup de ligneux, de résine, d’une matière verte et d’un suc glutineux; ces deux i dernières substances sont susceptibles de se pourrir lorsqu’on les laisse ; pendant quelques jours en contact avec de l’eau, que l’on renouvelle .peu à peu; le ligneux reste alors avec la petite quantité de résine; si ion l’expose pendant quelques jours sur pré, à l’action du soleil, on en obtient facilement les filaments , qui se détachent par le moindre frottement, et qui constituent le chanvre. Celte opération , connue sous le nom de rouissage, a été perfectionnée il y a quelques années; en effet, on peut faire rouir le chanvre en deux heures de temps ; il suffit de dissoudre 500 grammes de savon vert dans 325 kilogrammes d’eau , et d’y plonger le chanvre : on obtient plus de filasse et de meilleure qualité. M. Lée substitue au rouissage le procédé suivant, qui paraît préférable aux autres pour préparer le chanvre et le lin. On bat la plante avant qu’elle soit parfaitement mûre, en la plaçant entre deux fléaux de bois garnis de fer, cannelés, s’emboîtant l’un dans l’autre, dont l’un est fixe et l’autre mobile: par un moyen mécanique très-simple, la partie ligneuse de la plante est détachée et laisse les fibres à nu : on passe le chanvre à travers des peignes dont la finesse varie progressivement ; il se trouve promptement préparé et propre à l’usage auquel on le destine; on le lave à l’eau pure, pour lui enlever la matière colorante. En 1817, M. Christian, administrateur du Conservatoire des arts et métiers, est iiarvenu à conshuire une machine propre à dépouiller facilement le chanvre de son écorce , sans être obligé de le rouir (voy. le Moniteur de juillet 1817).

Eùoice de fausse angusture ou de vomiquier (fournie par le strychnos nux vomica, famille des loganiacées). — Elle contient de la brucine , (pie l’on devrait appeler uovmcine; une matière grasse non vénéneuse, beau* coup de gomme , une matière jaune soluble dans l’eau et dans l’alcool, des traces de sucre, et du ligneux (Pelletier et Gaventou).

Quinquina (écorce de diverses espèces du genre cinchona, ai-bres qui cioissent en Amérique, au Pérou , etc.). — Le quinquina gris {cinchona condaminea) composé de cinchonine unie à l’acide kinique, d'une quantité beaucoup plus petite de quinine combinée avec le même acide, d une matière grasse verte, d’une matière colorante rouge très-peu soluble, d’une matière colorante rouge soluble (tannin) , de kinate de diaux, de gomme, d’amidon et de ligneux. Le quinquina jaune {cinchona cordifolia) est formé de kinate acide de quinine, d’une petite quantité de kinate de cinchonine, de rouge cinchonique, d’une matière colorante rouge soluble (tannin), de matière grasse , de kinate de chaux, d amidon , de ligneux, et de matière colorante jaune. Le quinquina rouge {cinchona ohlongifolia) est composé de kinate acide de cinchonine et de quinine, de kinate de chaux , de rouge cinchonique, de matière colorante rouge soluble (tannin), de matière grasse, de matière colorante jaune, de ligneux, et d’amidon. Le quinquina de Carthagène {portlandria hexandra) se rapproche beaucoup, par sa composition, du quinquina rouge (I). hQ quinquina de Sainte-Lucie ou piton {exostemma floribunda) ne contient ni quinine ni cinchonine : il renferme une matière amère qui semble se rapprocher de l’émétine (Pelletier et Gaventou). L’ecorce^ connue sous le nom de kinanova, est composée d’une matière grasse, d’acide kinovique , d’une matière résinoïde rouge, d’une matière tannante, de gomme, d’amidon, d’une matière colorante jaune , de ligneux, et d’un atome de matière alcalescente (Pelletier et Gaventou).

Le quinquina est un des médicaments les plus employés comme toni- (|ue, antiseptique, fébrifuge, etc.; on l’administre: 1” dans les fièvres intermittentes pernicieuses, à la dose de 24 à 32 grammes : on doit le donner pendant l’intermlssion et la rémission; 2" dans les fièvres intermittentes simples; 3® dans une multitude d’affections intermittentes, nerveuses ou autres. Plusieurs médecins conseillent encoi’e de l’employer dans les fièvres dites putrides et adynamiques, dans la fièvre

(1) Dans toutes les écorces qui contiennent de la quinine et de la cinchonine, CCS alcalis paraissent y exister, combinés non-st u emenl avec l’acide quinine, niais encore avec une ou plusieurs matières colorantes qui joueraient le rôle d’acides.

me, après la cessation totale de l’irritation fébrile, dans la peste , MS les varioles de mauvais caractère, lorsque réruption languit ou -i.e la fièvre de suppuration est très-forte, dans la faiblesse des organes gestifs, etc. L’utilité de celte écorce dans les affections fébriles contites est contestée de nos jours par les praticiens qui considèrent ces ! dadies comme des gastro-entérites. Quoi qu’il en soit, on peut admi- [ strer les quinquinas sous toutes les formes, et depuis la dose de 30 à I centigrammes jusqu’à 30 à 40 grammes.

Cascarille {croton elutheria, arbuste de l’Amérique australe, famille^des j)!iorbiacées). — Celle écorce est sous forme de petits morceaux roulés,

: lalis, peu épais, d’une cassure résineuse , d’un gris cendré à l’exléi ‘ur, et d’une couleur rouille de fer en dedans; elle a une odeur aro- Uique et une saveur âcre très-amère ; elle est formée, suivant Tromsiirff, d’une très-grande quantité de ligneux, de mucilage et de prinpeamer, de résine, d’huile volatile, et peut-être d’une petite proportion Mcide benzoïque. On l’emploie avec succès comme fébrifuge dans les ■■mes cas où le quinquina est indiqué ; on en fait usage dans les diarl'ées et les dysenteries chroniques, dans les hémorrhagies passives, ns la fièvre hectique, etc. ; on l’administre aussi comme vermifuge : î la donne ordinairement en poudre , depuis 60 centigrammes jusqu’à grammes.

Ecorce de simarouba {quassia simaruba ou simaruba officinalis, de la mille des rulacées). — Elle est formée, d’après M. Morin, pharmacien slingué de Rouen, de quassine, d’une matière résineuse, d’une huile lalile ayant l’odeur de benjoin, d’acide ulmique , de ligneux, d’acide dique, et de quelques traces d’acide gallique, d’acétate de potasse, in sel ammoniacal, de malate et d’oxalale de chaux, et de quelques Is minéraux {Journ, dephys., t. VII).

Tiges du calamus verus des anciens. — Elles contiennent une résine , le matière amère brune, une matière colorante jaune, du malate de •lasse, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, du phosphate : chaux , et de l’oxyde de fer (Boutron-Charlard).

Ecorce dugarou {daphne gnidium, famille des da|)hnacées). — Elleconint de la daphnine , de la cire, une matière verte brune, soluble dans ilcool, et une matière résinotde brune, inerte. La matière verte disute par l’alcool , si elle est traitée par l’éther, donne une huile Irèsîsicanle, qui doit sa propriété épispastique à un |)rincipe Irès-àcre , >ialil, et probablement alcalin. Suivant Vauquelin, le daphne alpina •^Hferme du ligneux, de la résine verte, de la daphnine, et une subsnce colorante jaune-

Liège. — Le liège est la partie extérieure de l’écorce du quereus suber. Il doit être considéré comme un tissu cellulaire dont les cavités contiennent des matières astringentes, colorantes et résineuses ou huileuses: ainsi on y a découvert un principe aromatique, de l’acide acétique, de l’acide gallique, une couleur jaune, une matière astringente, un produit azoté, de la cmne, une résine molle, de \a subérine , et quelques sels.

DEIS RACIMES.

Les racines sont tantôt ligneuses, tantôt charnues : les premières soni en quelque sorte formées par le ligneux; les autres contiennent, outrt ce corps, plusieurs autres substances. ,

Ipécacuanha (de la famille des rubiacées). — Première variété, ipéca cuanha gris ou annelé (cephœlis ipecacuanha de Ricb., callicocca ipecor cuanha de Brotero). Celte racine est brune ou cendrée, diversemenl tortueuse, hérissée de petits anneaux proéminents , inégaux et rugueux, de la grosseur d’une plume ; elle contient une moelle ligneuse (meditullium)., qui ressemble à un fil, et dont il est facile de séparer l’écorct friable ; sa saveur est âcre et amère, son odeur herbacée et nauséabonde Pelletier a prouvé que l’^corce contient, sur 100 parties, 2 de matièrt grasse, huileuse, odorante, 16 d’émétine, 6 de cire végétale, 10 df gomme, 42 d’amidon, 20 de ligneux, et quelques traces d’acide gallique (perte 4). Suivant MM. Richard et Barruel, on y trouverait encort de la résine et un peu d’albumine. Le meditullium est composé de 1,1S d’émétine , de 2,45 de matière extractive non émétique , de 5 de gomme, de 20 d’amidon, de 66,60 de ligneux, de quelques traces d’acide gallique et de matière grasse (perte 4,80). Les résultats de cette analyse confirment ce que l’on savait déjà, savoir, que la partie corticale jouit de propriétés médicinales beaucoup plus énergiques que le medituHiwn. On administre l’ipécacuanha : 1° comme vomitif, principalement dans les fièvres intermittentes dont les paroxysmes se prolongent, dans les fièvres rémittentes de mauvais caractère , dans les dyseuteries bilieuses, lorsqu’il y a surcharge des voies digestives, dans la coqueluche, dans certaines faiblesses des organes digestifs , dans la péritonite puerpérale bilieuse, etc.; on la donne à la dose de 25 à 90 centigrammes délayés dans de l’eau; 2® comme excitant du système pulmonaire , dans les dernières périodes des catarrhes pulmonaires; dans ce cas, on en fait prein dre de petites doses souvent répétées. M. Magendie et Pelletier pensent a tort, suivant moi, que l’émétine doit être administrée, de préférem't ai

DES RACINES. o55

-écacuanlia, parce qu’elle jouit de tous ses avantages à un plus haut :ré, et qu’elle n’a point l’odeur et la saveur désagréable de ce méditent. Il résulte aussi de leurs expériences que Tipécacuanha peut agir 1 manière des poisons , lorsqu’il est administré à trop forte dose .yez p. 418).

‘ kconde variété, ipécacuanha gris rougeâtre. Matière grasse, 2; émé- [ 3, 14; gomme, 16; amidon, 18; ligneux, 48; perte, 2.

. ^ipécacuanha strié noir (psychotria emetica) est formé, d’après Peiner, de 9 parties d’émétine, de 12 de matière grasse, et de 79 de li- ,ux, d’amidon et dégommé. L’ipécacuanha blanc { Richardsonia >süiensis) paraît contenir, suivant le même auteur, 5 parties d’émée3,35de gomme, 1 de matière végéto-animale , et 57 de ligneux rrte 3). Une autre espèce d’ipécacuanha blanc [viola emetica) est for* e3, d’après MM. Barruel et Richard, de matière grasse, d’émétine, menant un peu de matière sucrée (3,2), d’amidon (54), de matière f '.’active unie à un principe immédiat nouveau (22), de ligneux (19), lue quelques traces d’acide gallique. La racine de l’ipécacuanha branca, IRio-Janeiro [viola ipécacuanha) contient environ le dixième de son iods d’émétine (Vauquelin).

kalap [convolvulus jalappa, de la famille des convolvulacées, plante iXalapa dans la Nouvelle-Espagne). — Elle est sous forme de tranches Il ices , dures , d’une couleur brune , présentant des rayons et des cei'h } résineux ; elle a très-peu d’odeur ; sa saveur est légèrement âcre et ! iséabonde; elle s’enflamme aisément. D’après les expériences de I Félix Cadet de Gassicourt, elle est formée, sur 500 grammes, de 24 immes d’eau, de 50 de résine, de 220 d’extrait gommeux, de 12,5 de siule amylacée, de 12,5 d’albumine végétale, de 145 de ligneux, de 19 'iron de différents sels, d’une certaine quantité d’acide acétique, de Uière sucrée et de matière colorante. M. Guibourt, au contraire, a l uvé 17,65 de résine, 19 de mélasse extraite par l’alcool , 9,05 d’extrait I ré obtenu par l’eau , 10,12 de gomme, 18,78 d’amidon, 21,60 de li- 3UX, et perte 3,80. On administre le jalap comme purgatif, depuis 20 luilgramraes jusqu’à 2 grammes 60 centigrammes, dans 100 grammes v^véhicule. La résine de jalap est beaucoup plus énergique, et fait par- '■des potions hydragogues ; on la donne depuis 20 centigrammes jus- 1 gramme; celle qui a été préparée avec la partie ligneuse de la :ine parait plus active que celle qui est fournie par la partie corticale; fnoins, à la dose de 60 à 75 centigrammes, suspendue dans nnefémul- II, elle a produit de quinze à vingt selles sur plusieurs malades anche).

Résine de jalap ou rhodéorétîne^ H35C42(J20. Klie est incolore, Iran^ parente, insoluble clans l’eau et dans l’éfher, Irès-soluble dans l’alcool et dans l’acide acétique. L’acide sulfurique cpncentré la colore en rouge| carmin. L’acide chlorhydrique la change en un liquide, ler/iodeoréi tinol, H23C3004, et en glucose. Elle fournit, avec les bases, un acidt faible, d’une saveur amère, inodore, soluble dans l’eau et dansl’alcool| insoluble dans l’éther, et désigné sous le nom d’acide rhodéorétiniqua On obtient la résine de jalap pure en traitant, à plusieurs reprises, pai l’éther, la résine impure. L’éther, dans ce cas, relient une autre résinel molle, acide, ayant l’odeur du Jalap.

Rhubarbe {rheum palmatum , de la famille des polygonées). — Elll vient des parties septentrionales de la Chine. La racine est en morceaui cylindriques et arrondis, d’un jaune sale à l’extérieur, d’une texturi compacte, d’une marbrure serrée , d’un rouge-brique A l’intérieur; elll a une odeur particulière et une saveur âcre; elle colore la salive jaune orangé, et croque très-fort sous les dents; sa poudre est d’uiij couleur qui lient le milieu entre le fauve et l’orangé. Elle est formée! suivant M. Guibourt,de caphopicrite ou rhabarbarin, d’une petite quani tité d’une huile fixe, douce, rancissant par la chaleur, soluble dani l’alcool et dans l’éther, d’un peu de gomme , d’amidon , de ligneux , 4 malate acide de chaux, d’oxalate de chaux, qui fait le tiers de sol poids, d’un peu de sulfate de chaux, et d’un sel à base de potassti MM. Dæpping et Schlossberger y ont signalé trois résines , savoir : Vapi rétine, la phaïorétine et Vêrythrorétine. Quant au rhabarbarin, il est sd lide , jaune, d’une saveur âpre très-amère , qui est celle de la rhubaiiil concentrée, soluble dans l’eau chaude , l’alcool et l’éther ; il forme, avd la potasse et l’ammoniaque, des dissolutions rouges, d’où les acides U précipitent en lui restituant sa couleur. La rhubarbe de Moscovie ni diffère de la précédente qu’en ce qu’elle contient un peu moins d’oxd late de chaux; celle de France renferme beaucoup plus de tannin â d’amidon que les précédentes, elle contient beaucoup moins d’oxalalJ de chaux. On administre ce médicament comme tonique du système d| gestif, à la dose de 20 à 30 centigrammes, en poudre ou en infusiol vineuse, comme purgatif, surtout chez les enfants; on en fait infnse| 4 ou 8 grammes dans de l’eau, que l’on emploie aussi comme anthelmi'1 thique, comme astringent dans les diarrhées et les dysenteries alonl ques; la dose est de20â 30 centigrammes. On s’en sertaussi dans les jaU nisses lentes, etc. (voy. j). 301 pour ses usages en teinture).

Racine de ralanhia.'— Elle est formée, d’après M. Peschier, de tannim d’acide gallique,de matières gommeuses, extractives et colorante^

l’acide kraniérique. Vogel y admet une petite quantité de fécule. acine de serpentaire de Virginie {aristolochia serpentaria). — Elle :omposée, d’après M. Clievallier, d’une huile volatile, ayant la même ir que la plante, d’amidon , de résine, de gomme, d’albumine , d’une ière jaune, amère, causant une irritation à la gorge , soluble dans i et dans l’alcool , de malates de potasse et de chaux , de phosphates Otasse et de chaux, de fer et d’acide silicique.

;jcine d’iris de Florence {iris florentina). — Cette racine, fraîche, est et amère; elle perd une partie de ces qualités par la dessiccation ;

: a une odeur agréable et très-analogue à celle des fleurs de violette, contient, suivant Vogel , de la gomme, un extrait brun, de la fé- , , une huile grasse, âcre, amère, une huile volatile en paillettes kches, et du ligneux. Distillée avec de l’eau, elle fournit un pronacré, cristallin, lamelleux, insoluble dans l’eau, qui, d’après . omposition , peut être considéré comme un oxyde du stéaroptène iiile de roses (Dumas). Elle était très-employée autrefois en méde- , comme tonique et incisive, dans certaines affections atoniques système pulmonaire : on l’administre aujourd’hui , mais rarement, Dme calmant, dans les coliques et les dévoiements, surtout chez les ints ; on en donne 30 à 40 centigrammes avec autant de magnésie et lucre.

usines de gingembre, de zédoaire et de galanga. — Gingembre (zinr officinale, famille des amomacées). Elle est formée de résine soe dans l’éllier, de sous-résine, d’une huile volatile d’un bleu ver- = e, d’amidon, de gomme, de ligneux, de matière végéto-animale , lide acétique libre, d’acétate de potasse, de quelques sels minéraux,

; J soufre. La zédoaire {curcuma zedoaria, amomacées) est composée .'3 même manière, si ce n’est qu’elle ne contient point de sousne. Le galanga {galanga minor, famille des amomacées) ne ren- ! ie point de matière végéto-animale ; cette racine contient beaucoup K)us-résine, on y trouve aussi beaucoup d’oxalate de chaux; à ces I ificalions près, sa composition est la même que celle du gingembre '*in, de Rouen).

■’Cicine de curcuma {curcuma tinctoria, famille des amomacées, ra- : jaune qui nous vient des Indes orientales ). — Elle est formée, sui- ■ M.M. Pelletier et Vogel, d’une matière ligneuse, de fécule amylacée, le matière colorante brune, semblable £\ celle que l’on retire de plul’s extraits; d’un peu de gomme, d’une huile volatile odorante, trèsre, d’un peu de chlorure de calcium , et de curcumine. On emploie e racine pour dorer les jaunes de gaude, et donner plus de feu à l’é- ^

DEUXIÈME EARTIE.

carlate; on s’en sert pour teindre en jaune orangé, mais la couleuij qu’elle fournit n’est point solide. On prépare avec elle le papier de cur-i cuma, dont on fait usage pour reconnaître les alcalis; cependant je doi<j dire que, s’il est vrai que ce papier est rougi parles alcalis, il l’es< également par les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, borlqud et phosphorique, si toutefois ce dernier est concentré.

Racine de gentiane {gentiana luteü ^ plante des contrées montagneuse^ de la Suisse, de la Hongrie, de la France, etc. ).— Elle est cylindrique marquée d’anneaux voisins les uns des autres, rugueuse, d’un brurf foncé ou fauve, peu odorante, et douée d’une saveur très- amère; soit parenchyme est jaunâtre et tire un peu sur le rouge. Elle contient t d’après MM. Henry etCaventoUj un principe odorant très-fugace, delJ gentianine , de la glu, une matière huileuse verdâtre fixe, un acidl organique libre, qui se rapproche de l’acide acétique, une assez grandi quantité de sucre incristallisable, de la gomme, une matière colorantl fauve, et du ligneux (Journ. depharm. , lom. VI). On n’y a pas Irouvl d’amidon. Lorsqu’on la laisse fermenter pendant quinze jours avec dl l’eau, dans une chambre chaude, en obtient de V eau-de-vie qui n' point de saveur désagréable^ mais qui conserve l’odeur de la gentiane^

La racine de gentiane est employée en médecine comme un excelleil tonique; on l’administre dans les fièvres intermittentes printanières! dans le scorbut , les obstructions des viscères du bas-ventre , les scrd fuies ; on l’a aussi vantée comme anti-arthritique, lithontriptique, eU On la fait prendre le plus ordinairement soUs forme de teinture alcool

lique, que l’on donne à la dose de 30 ou de 60 gouttes, ou sous forni de vin aromatisé; on l’emploie aussi pour faire des tentes propres dilater les trajets fistuleux. Planche, ayant pris une cuillerée à bondi d’eau distillée de gentiane, eut de fortes nausées, et au bout de trois nu

nutes , il éprouva une sorte d’ivresse qui se prolongea pendant plil d’une heure.

Racine de polygala de Virginie [polygala senega, de la famille d<l polygalées).— Elle contient, d’après Gehlen, 7,50 de résine molle, 6,15 d sénégine, principe âcre, 26,85 de matière extractive douceâtre etâcri 9,50 de gomme mêlée d’un peu d’albumine, 46 de ligneux, perte 4. Lasé négine pourrait bien n’être que VdiQ,\Ae. polygalique impur (voy. p. 37Hl

Racine de réglisse {glycyrrkiza glahra^ de la famille des légiunl neuses).— Cette racine est formée, d’après Robiquet, de fécule amylaeél d’albumine végétale ou de substance végéto-animale, d’une huile if* sineuse brune et épaisse, qui donne l’âereté aux décoctions de réglisse de ligneux, d’une matière colorante, d’acide |)hosphorique et d’aou'

iliqiie combinés avec la chaux el la magnésie, de glycyrrhizine et sparagine.

Le jus de réglisse n’est autre chose que le decoctum de la racine conlablement évaporé. Vinfusu7n de réglisse , préparé avec 4 grammes ; racine sèche dépouillée de son écorce et un demi-kilogramme d’eau lillante , est employé comme adoucissant et expectorant dans les , 'arrhes légers, les chaleurs de poitrine. Le jus de réglisse peut être ile dans les toux catarrhales invétérées.

l larotte rouge {daucus carotta). — Le suc de carottes contient de bumine, qui entraîne avec elle une matière grasse résineuse, d’une le couleur jaune, de la mannite, un principe sucré difficilement :,iallisable , nne matière organique tenue en dissolution à l’aide du iiicipe sucré, de l’acide malique. Les cendres sont formées de chaux lile potasse combinées avec les acides phosphorique, chlorhydrique c'arbonique. Le marc, épuisé par l’eau froide, contient de la fibre l'^étale , de la pectine.

|"n l’administre en médecine, comme apéritiveet analeptique, dans itrangurie et l’ictère. Le suc et l’extrait de cette racine ont été em- )yés avec succès dans le traitement des ulcères malins et carcinomau, sinon pour guérir la maladie, du moins pour la diminuer : tantôt applique le suc sur la partie affectée, tantôt on l’introduit par ini ion.

[acine de fougère mâle. — Elle est formée, d’après M. Morin, de •len , d’une huile volatile, d’une matière grasse, composée d’oléine Itle stéarine , d’acides gallique et acétique , de sucre incristallisable , Uannin, d’amidon, d’une matière gélatineuse insoluble dans l’eau et 'S l’alcool, de ligneux, et de plusieurs sels. On l’administre comme lelminthique.

'alaguala (souche de Vaspidium coriaceum de Swartz, ou du polypom adianthiforme de Forster et Jussieu, cryptogame de l’Amérique !''.rale, de Saint-Domingue, de la Nouvelle- Hollande, etc.). — Elle est I ndrique, écailleuse, roussâtre, flexueuse, garnie d’une multitude librilles grêles qui se subdivisent encore en d’autres filaments; sa eur, d’abord douce, finit par être amère; son odeur est rance et leuse. Elle est formée d’un peu de sucre , d’un mucilage jaunâtre ,

1 peu d’amidon, de ligneux, de résine amère, âcre el soluble dans ‘ dcalis ; d’une matière colorante rouge , d’acide malique , de chlorure potassium, de carbonate de chaux et d’acide silicique (Vauquelin). a préconisé celle racine comme sudorifique dans le rhumatisme, la Ue, la syphilis; on a vanté ses bons effets dans l’hydropisie, les

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plilegmasies chroniques de la poitrine , etc. ; mais il est indispensabh; de réitérer les observations avant de lui accorder autant d’importance.

Racine de bryonia alha{ûe la famille des cucurbitacées).— Celte racine est fusiforme, et acquiert souvent un très-grand volume. Elle contient, d’après les expériences de M. Dulong d’Astafort, une matière amère drastique, vénéneuse (bryonine) , beaucoup d’amidon, une petite quantité d’huile concrète verte, un peu de résine, de l’albumifte végétale, de la gomme , beaucoup de sous-malate de chaux , un peu de carbonate de chaux, un malale acide, et des sels minéraux {Journ. depharm., novembre 1826). On l’administre en poudre, comme purgatif, à la doîe de 1 à 2 grammes; si la dose était très-forte, elle agirait comme les poisons âcres. Si , après avoir laissé déposer le suc de bryone, on épuise le précipité par l’eau, pour dissoudre toutes les matières solubles, il ne reste que la fécule amylacée, avec laquelle les Américains se nourrissent.

Racine d’ellébore blanc (veratrum album, de la famille des colchicacées). — • Elle est formée de stéarine, d’oléine, et d’un acide volatil, de gallate acide de vératrine , d’amidon, de ligneux, de gomme, d’une matière colorante jaune, et de quelques sels minéraux (Pelletier et Caventou).

Racine de colchique {colchicum autumnale , de la famille des colcliicacées ). — Elle renferme, outre les substances qui composent la racine d’ellébore blanc, une grande quantité d’inuline (Pelletier etCavenloii).

Racine du manihot aipi, de Pohl (famille des euphorbiacées).— Elle ne contient aucun principe dangereux, et peut être mangée sans inconvénient. La racine du manihot utilissima , au contraire, donne un suc laiteux, composé d’amidon, d’un principe volatil très-vénéneux qui paraît être de l’acide cyanhydrique , etc. ; la racine dépouillée de ce suc contient beaucoup de fécule. Les habitants du Nouveau Monde commencent par extraire tout le suc de la racine; ils dessèchent celle-ci au soleil et la pulvérisent; la farine qui en résulte porte le nom de cassave ; ils la font cuire sur une plaque de fer chaude , de manière A en obtenir des galettes auxquelles ils donnent le nom de pain de cassave.

Racine de saponaire (saponaria officinalis, de la famille.. Js caryophyllées). — Elle est formée, suivant Bucholz , de 0,25 de résine molle, de 34 de saponine, de 0,25 d’extractif, de 33 de gomme, de 22,25 de li" gneux , et de 13 d’eau. Le suc exprimé à la floraison a fourni à M. Braconnot 75 de saponifie avec un peu d’acétate de potasse, 27,5 de matière animale soluble dans l’eau , insoluble dans l’alcool, et 2,5 d’une matière inconnue blanchâtre.

DES EEUILIÆS.

Racine de grenadier {punica granaium, de la famille des granalées). — L’écorce de cette racine contient du tannin , une matière analogue à a cire, une substance sucrée en partie soluble dans l’eau et dans l’al- :ool ( la portion soluble dans l’eau a les caractères de la mannite ), et de ’acide gallique (Mitouart). Elle est employée avec succès dans le traienient du lænia. Il y a évidemment là un principe actif qui a échappé Il Mitouart.

Racine de guimauve. — Elle contient de l’eau, de la gomme, du sucre, ime huile grasse, de l’amidon , de Vasparagine unie à l’acide malique, ’-e l’albumine , du ligneux, et différents sels (Bacon , de Caen).

Racine de pyrèthre {anthémis pyrethrum , de la famille des synanthé- ■ées , tribu des sénécionidées). — Elle est cylindrique, longue et grosse omme le doigt, grise et rugueuse en dehors, grise ou blanchâtre en edans, d’une saveur brûlante qui excite fortement la salivation, d’une ^ideur irritante, désagréable. Elle contient .3 d’un principe âcre (pyrétli'inne), composé de résine briine, d’huile brune et d’huile jaune ; 25 ii’inuline, 11 de gomme, 0,55 de tannin, 12 de matière colorante, 45 de I igneux, 1,64 de chlorure de potassium, d’acide silicique, d’oxyde de j e'.'r, etc.; perte 1,81 (Parisel). On l’emploie dans les maladies des dents, I i'îrisla paralysie de la langue , et toutes les fois que l’on veut exciter une loondante salivation.

i Racine d’aulnée {inula helenium, famille des synanthérées, tribu des itéroidées). — Elle contient des traces d’une huile volatile liquide 0,04 'hélénine, huile volatile concrète et cristallisable , 0,6 de cire, 1,7 ii3 réside molle et âcre, 36,7 d’extrait amer soluble dans l’eau et dans 'îlcool, 4,5 de gomme, 36,7 d’inuline, 13,9 d’albumine végétale, 5,5 >3 fibres ligneuses, et quelques sels potassiques , calciques et magnésiues. Elle est tonique et diaphorétique; sa décoction , employée en lo- ■ons, apaise presque instantanément les démangeaisons produites par 'S dartres, etc.

DE» EEVILIiE».

lies feuilles sont formées de 3 parties distinctes: 1° de l’épiderme, ont l’analyse n’a pas encore été faite ; 2“ de la pulpe , dans laquelle on Olive souvent de la cire, une matière végéto-animale, etc., et qui con- 'ent toujours une résine colorée, à laquelle on doit probablement at-

I ibuer la couleur des feuilles; 3" de ligneux.

Feuilles fraîches du nicotiana tabacum latifolia. — Ces feuilles conl|8nnent une grande quantité d’albumine; une matière rouge peu con- II. 30

nue , cfui se boursoufle beaucoup lorsc|u’on la chauffe , et qui se dissout dans l’eau et dans l’alcool; de la nicotine , à laquelle le tabac doit ses propriétés vénéneuses; delà résine verte, du ligneux, de l’acide acétique, du inalate acide de chaux, de l’oxalate et du phosphate de chaux, du chlorure de potassium, de l’azotate de potasse, du chlorhydrate d’ammoniaque, de l’oxyde de fer et de l’acide silicique (Vauquelin). (voy. Nicotine). Depuis les travaux de ce savant Illustre, M. Goupil a vu que 1 kilogramme de tabac de Virginie pouvait fournir jusqu’à 40 ou 50 grammes de malate acide d’ammoniaque , et que le tabac contient des quantités notables d’acide citrique. Suivant M. Barrai, il renfermerait en outre un acide particulier, qu’il a nommé acide nicotianique.

Le tabac en poudre, c’est-à-dire les feuilles sèches de quelques espèces de nicotiane que l’on a réduites en poudre après leur avoir fait subir un commencement de fermentation et leur avoir ajouté un peu de chaux pour leur donner du montant; ce tabac, dis-je, donne lorsqu’on le décompose par le feu, d’après Zeize, de l’acide butyrique, du butyrate d’ammoniaque, et des huiles particulières, susceptibles d’étre transformées , par les alcalis , en acides butyrique et en plusieurs autres huiles encore peu connues; il laisse en brûlant 17 à 24 pour 100 de cendres, jiroportion énorme; tandis que les racines de la plante n’en donnent que de 5 à 14 pour 100. Le tabac a été administré comme émétique, purgatif , expectorant, errhin , etc.; on s’en est servi dans les infiltrations séreuses de la poitrine, dans l’asthme , les catarrhes, l’apoplexie séreuse, les paralysies des parties supérieures, le commencement des gouttes sereines, les maux de dents et d’oreilles, etc. On l’a donné priiicipalement sous forme de sirop, préparé avec l’infusion de tabac, du miel et du vinaigre; ce médicament, connu sous le nom de sirop de quercetan , a été employé à la dose d’une cuillerée à café ou tout au plus d’une cuillerée à bouche, dans une potion de 120 à 130 grammes, dont on faisait prendre une cuillerée de trois en trois heures. On a aussi administré des lavements de decoctum de tabac préparés avec 8 ou 12 grammes de ce médicament et un litre d’eau que l’on réduisait à moitié; ces lavements sont fortement purgatifs et émétiques. Aujourd’hui on prescrit rarement le tabac à l’intérieur; son administration imprudente est suivie de trop de danger pour qu’on ne cherche pas à le remplacer dans les affections où il peut être utile. Quel que soit le tissu sur lequel on l’applique, il est absorbé, transporté dans le torrent de la circulation, et porte son action sur le système nerveux; il détermine un tremblement général , des vertiges, la paralysie, l’insensibilité générale, et la mort ; il exerce, indépendamment de cette action .

ÎÆS fEUll.Ll'S.

me irrilation locale suivie d’une innammation pluè ou moins vive.

Feuilles de belladona {atropa bélladona). — Lé suc de celle planle est mmposé d’eau, d’une substance amère, nauséabonde, soluble dans ’alcool , à laquelle la belladona doit ses propriétés médicales {atropine le Brande), d’une matière animale en partie coagulable par la chaleur, ■l qui reste en partie dissoute à la faveur d’un excès d'acide acétique ibre, d’azotate et de sulfate de potasse, de chlorure de potassium, il’oxalale acide de potasse et d’acétate de potasse, de phosphate de •baux , d’acide silicique et d’oxyde de fer. La poudre des feuilles de ■>elladona semble avoir été administrée quelquefois avec succès dans - îessquirrlies des intestins, de l’utérus, des mamelles, et dans l’épilepsie; h*'lle a été utile pour soulager les accès des maniaques, pour guérir les L’ifections syphilitiques anciennes et sans inflammation , principalement [lorsqu’on l’a associée au calomélas. Son emploi est très-avantageux ilans la coqueluche, surtout lorsqu’on commence à l’administrer du Huinzième au vingtième jour ; cependant on en a obtenu de très-bons ;'’ffets , même en la donnant dès le début de la maladie. On fait prendre 1 ux enfants au-dessous d’un an, un centigramme de racine de cette l'danle, mêlée avec du Sucre, matin et soir; les enfants de trois ou qua- ;; ire ans en prennent le double ; ceux de six ans , 7 centigrammes, en I ugmentant la dose jusqu’à en donner 10 ou 15 centigrammes dans les ingt-quatre heures. La belladona, administrée à plus forte dose, agit ur le système nerveux comme un poison énergique (voyez ma Toxicoogie générale, 4® édition).

Feuilles de digitale.— YAXts, contiennent, d’après MM. Quevenne et Honolle, de la digitaline, de la digitalose , du digitalin, de la digitalide 1 ces quatre principes sont neutres), de l’acide digitalique, de l’acide di~ ■ litaléique, de l’acide anlirrhinique , de l’acide tannique, de l’amidon, Mu sucre, de la pectine, une matière azotée albuminoïde, une matière lolorante rouge-orange' incrlstallisable, de la chlorophylle, et une Muile volatile {Bulletin de l’Acad. de rn^c?.^ janvier 1850).

Feuilles de gratiole {gratiola officinalis). — Le suc de cette planté est •omposé d’une substance gommeuse brune, d’un peu de matière aninale, de beaucoup de chlorure de sodium, d’un màlate qui parait être I base de potasse, d’une matière résineuse très-amère, à laquelle Vauluelin , à qui l’on doit celte analyse , attribue les propriétés médi- •inales de la gratiole. Celte résine est trêS-Soluble dans l’eau , surtout à ’aide des autres principes du suc. Vinfusum, pré})aré avec un verre I l’eau et vingt ou trente feuilles de gratiole, est quelquefois employé ’ 'omme purgatif hydragogue, dans les hydropisies aloniques, les mala-

(lies cutanées, etc. Le vin de gratiole est encore plus actif. Administrées à forte dose, ces préparations irritent, enflamment le canal digestif, et déterminent la mort.

Feuilles de ciguë {conium maculatum, famille des ombellifères). — Le suc , d’une belle couleur verte , contient beaucoup de chlorophylle, de l’albumine, de la gomme, un principe colorant, de la conicine unie à un acide, et plusieurs sels. On l’emploie en poudre, en teinture ou en extrait , dans les engorgements des viscères abdominaux , dans les affections squirrheuses, etc.

Feuilles du séné de la palthe.—Ce séné est mélangé de trois espèces du genre cassia^ de la famille des légumineuses. Les feuilles de séné de la pallhe sont d’un vert jaunâtre, peu odorantes, et douées d’une saveur âcre. Suivant MM. Lassaigne et Feneulle , elles contiennent de la chlorophylle, une huile grasse, une huile volatile peu abondante, de l’albumine, de la cathartine (principe purgatif), un principe jaune, de la gomme, de l’acide malique, du rnalale et du tartrate de chaux , de l’acétate de potasse, et quelques sels minéraux. On administre comme purgatif un infusum préparé avec 4 ou 8 grammes de feuilles de séné, non altérées, et 120 grammes d’eau; on l’associe ordinairement à d’autres purgatifs.

Feuilles d’absinthe [artemisia absinthium). — L’absinthe a fourni à l’analyse une très-grande quantilé de résine, du chlorure de potassium et du sulfate de potasse, du sulfate et du carbonate de chaux, de l’acide silicique, de l’alumine, de l’oxyde de fer, un acide végétal libre, un acide végétal combiné avec la potasse (Kunsmuller), et un principe particulier, Vabsinthine. On administre Vinfusum aqueux et vineux d’absinthe comme tonique et stomachique, comme diurétique, vermifuge, emménagogue, etc.

Indigofera anil. — Le suc des tiges de cette plante est composé d’indigo a\i minimum d’oxydation, de matière végéto-animale, d’une matière verte et d’une matière jaune extractive, solubles dans l’alcool, de mucilage, d’un sel calcaire et de sels alcalins. La fécide verte, ou la partie tenue en suspension dans le suc non filtré, contient de la cire, de l’indigo, de la résine verte, de la matière animale, et une matière rouge particulière. Ltmarc est presque entièrement formé de ligneux.

DES FEEEnS.

Les fleurs ont été fort peu étudiées sous le rapport de l’analyse chiipique , aussi me dispenserai-je de faire leur histoire en détail.

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