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DES PRODUITS DE LA FERMENTATION PUTRIDE. GU

grais ne conüenl jamais plus de 57 pour 100 de carbone; s’il est pur, il renferme 2 i/, p. 100 d’azote, qui paraissent essentiels à sa constilulion. Il est à peine altérable au contact de l’air, et à peine soluble dans l’eau ; il acquiert de la solubilité par sa combinaison avec la chaux ; mais l’agent principal de sa dissolution est le carbonate d’ammoniaque, qui peut réagir également et sur Vhwmus libre et sur Vhumus engagé dans un composé calcaire. Dans le terreau ordinaire, une partie de Vhumus est libre; une plus grande partie est combinée à la chaux ; c’est le contraire dans le terreau des vieux chênes. Vhumus, rendff soluble, est absorbé par les racines des plantes. Il sert directement à la nourriture du végétal; son absorption se fait surtout sous forme d’humate d’ammoniaque; dans les terres ordinaires, l’humate d’ammoniaque résulte principalement de la réaction du carbonate d’ammoniaque sur : l’humale de chaux. Vhumus a de plus une action favorable sur la végétation, en attirant et retenant l’humidité de l’air et l’ammoniaque,

; en facilitant la dissolution du phosphate de chaux, en améliorant les i - qualités physiques du sol, en modérant et régularisant la décomposi- I lion des matières animales putrescibles. Il faut encore ajouter que Vhumus condense et transforme en ammoniaque l’azote de l’air atmosphérique, ainsi que l’a prouvé Mulder.

i 3” La tourbe, modifiée au contact de l’air, de la chaux et des matières alcalines, a tous les caractères et les propriétés du terreau. Elle est extrêmement propre à favoriser la végétation , après qu’on lui a ajouté les matières salines, chlorures, sulfates et phosphates alcalins ; terreux, dont elle est habituellement dépourvue.

4° L’engrais par excellence est celui qui contient en même temps tFes. •sels terreux et alcalins, des sels ammoniacaux, de la matière animale I putrescible, de Vhumus tout formé, et des débris végétaux en voie de * transformation.

5° Dans l’appréoiation d’un engrais, il faut prendre en considération non-seulement la quantité d’azote fourni par l’analyse, mais aussi l’état sous lequel cet azote existe dans l’engrais, savoir: à l’état de sel ammoniacal ou de matière animale putrescible, A l’état de sel ammoniac so- ' lubie ou de phos[)hate arnmoniaco-'magnésien.

G° Les analyses des engrais fermentés faites jusqu’ici sont défec- Uieuses, en ce qu’on n’a |)as tenu compte de la perte qui résulte de ' l’action du carbonate de chaux sur les sels à base d’ammoniaque, pendant la de.ssiccation des engrais. 11 en résulte (|ue les tables représentant la i»roporlâon d’azote dans les engrais, et qui ont été publiées, ne peuvent donner que des approximations.

7° La valeur comparative des engrais ne peut être appréciée en tenant compte seulement de la quantité d’azote qu’ils fournissent- à l’analyse, parce que, d’une part, les matières azotées ne sont pas les seuls éléments actifs des engrais, et d’autre part, parce que la valeur des engrais dépend beaucoup de l’état sous lequel l’azote y est contenu; et comme conséquence, il n’est pas possible d’établir une table d’équivalence pour les engrais. (Voy., dans le Journ, depharm.de mai et juillet 1850, le mémoire couronné par la Société centrale d’agriculture de Rouen.)

Tourbe. — La tourbe existe particulièrement en Hollande, en Westphalie, dans le Hanovre, en Prusse, en Silésie, en Suède et en Écosse; il y en a beaucoup moins en France. Elle est solide, noirâtre, et composée de végétaux entrelacés, plus ou moins décomposés, mêlés de terre argileuse, sablonneuse, de coquilles, de débris d’animaux, etc. Elle est le résultat de l’altération qu’éprouvent, au bout d’un temps variable et encore inconnu, les plantes aquatiques herbacées des lieux marécageux. On reconnaît deux sortes de tourbe : la compacte, qui est brune, et Vherbacée, qui est spongieuse. M. Régnault a vu qu’une tourbe de Vulcaire, près d’Abbeville, desséchée à 100°, contenait 5,63 d’hydrogène, 57,03 de carbone, 29,67 d’oxygène, 2,09 d’azote, et 5,58 de cendres; elle renfermait donc plus de carbone que le ligneux, et beaucoup plus d’hydrogène qu’il n’en faudrait pour former de l’eau avec les 29,67 p. d’oxygène. Les diverses tourbes examinées jusqu’à présent ont fourni de Vhumine, de l’acide humique, de Vulmine, et de 1 acide ulmique ; ces matières n’ont pas toujours été trouvées identiques avec celles que l’on obtient en traitant le sucre par les acides (voy. p- 41): ainsi l’acide ulmique retiré d’une tourbe de la Frise a donné à M. Régnault 2 équivalents d’eau de plus que l’acide ulmique obtenu avec le sucre; Vhumate d’ammoniaque extrait d’une tourbe noire de Harlem ne perdait pas son eau à 140°, tandis que celui (pii avait été prépaié avec l’acide humique fait avec le sucre la perdait.

En distillant la tourbe, on obtient des carbures d’hydrogène liquides, propres à l’éclairage, de la paraftine, de l’alcool méthylique, de l’ammoniaque, et du charbon; celui-ci est très-léger, très-friable, et peu employé. Le pouvoir calorifique d’une tourbe de bonne qualité est compris entre 3,000 et 3,500 (voy. Combustion, t, 1°'’, p. 113).

Combustibles fossiles. — On cpminend sous ce nom les ligniies , les houilles, et les anthracites. Les substances ligneuses, en se décomposant, se transforment successivement en ligniies, en houilles, et en an- Ihracitps.

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