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I DES PRODUITS DE LA FERMENTATION PUTRIDE

j Lignites. Oii les trouve dans les terrains tertiaires ; ils sont friables, et donnent facilement une poudre brune; souvent la structure* végétale y est parfaitement conservée; ils contiennent du carbone, de l’hydro- ,gène, de l’oxygène et de l’azote; le lignite parfait de Dax a fourni à 'M. Régnault 70,49 de carbone, 5,59 d’hydrogène, 18,93 d’oxygène et d’azote. Les lignites qui paraissent de formation récente offrent en-^ ■ core des traces évidentes d’organisation végétale, qui se lient aux bois î fossiles et aux tourbes; on y voit aussi des parties qui présentent une ^;grande analogie avec les houilles.

Lignites parfaits. — Celui de Dax est d’un beau noir, à cassure iiié- ,;gale, sans texture ligneuse; le coke qu’il fournit n’est pas collé. Celui ■lides Bouches-du-Rhône est schisteux, noir, pur et brillant, sans texture 1 igncuse; coke non collé. Celui de Mont-Meisner est brillant, à cassure l'conchoïde; coke faiblement collé. Celui des Basses-Alpes est noir, à tîclal gras; coke légèrement boursouflé.

Lignites imparfaits. — Celui de Grèce est feuilleté, d’un noir terne, Hvec des indices d’organisation végétale; coke non collé. Celui de Cologne, dit terre d’ombre, est friable, à poussière d’un brun rouge, à texture ligneuse; coke non collé. Celui d’Usnach est un bois fossile, à texture de bois, fort dur.

Lignites passant au bitume. — Celui d’Ellebogen est compact, homojjène, à cassure conchoïde; oke métalloïde très-léger. Celui de Cuba ;st noir, velouté, à éclat gras; coke boursouflé très-léger.

Les lignites se dissolvent dans la potasse, et colorent la liqueur en orun, à la manière de l’acide ulmique. Décomposés par la chaleur, ils -e comportent à peu près comme les bois, ou plutôt comme la tourbe ; orsqu’on les enflamme, ils exhalent une odeur âcre, fétide, et ne se boursouflent point.

On emploie la terre d’ombre ou de Cologne dans les peintures en déirempe et à l’huile, on la trouve abondamment en France; elle contient me grande quantité d’acide ulmique. Leja]/et, dont on se sert pour les lijoux de deuil, est d’un beau noir.

Houilles.-- On désigne sous ce nom des combustibles sous forme de • nasses noires, brillantes, compactes, ou û texture schisteuse, fourni.s- ■lant des poudres noirâtres, dans lesquels on ne reconnaît plus, en ■général, la structure végétale, rares dans les terrains secondaires,

' rès-abondants , au contraire, dans Vétage supérieur des terrains de ransition , et qui paraissent provenir de la décomposition des corjis •rganisés végétaux, enfouis dans le sein de la terre. Elles sont formées ■le carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote. La houille grasse et

dure d’Alais a fourni à M. Régnault 88,05 de carbone, 4,85 d’hydrogène , 5,09 d’oxygène et d’azote, et 1,41 de cendres; par la calcination , elle a laissé 77,7 de coke métalloïde légèrement boursouflé. Au reste, toutes ces bouilles sont formées par des mélanges de différents corps insolubles dans tous les dissolvants, ce qui fait qu’il a été impossible de les séparer les uns des autres. Plusieurs d’entre elles contiennent des pyrites martiales qui nuisent à leurs qualités ; il en est qui renferment dé l’iode (voy. p. 71 du 1. 1®*'). Elles sont, en général, assez dures pour ne pas pouvoir être rayées par l’ongle; leur poids spécifique moyen est de 1,3; lorsqu’on les divise , on remarque quelquefois dans leurs fragments des couleurs très-variées; elles peuvent se ramollir et se coller au feu; cette propriété collante est d’autant plus marquée, que la houille contient un plus grand excès d’hydrogène par rapport à l’oxygène. Décomposées par le feu, en vaisseaux clos, les houilles fournissent de l’eau, des gaz com-'^ bustibles, des huiles empyreumatiques, un goudron dont je donnerai plus bas la composition, de l’ammoniaque, et laissent du coke. Si, étant exposées à l’air, on les met en contact avec un corps en ignition, elles absorbent l’oxygène, répandent une fumée noire, et produisent une belle flamme blanche. Elles sont, en général, insolubles dans la l)otasse caustique.

On a divisé les houilles en quatre classes , savoir : les houilles grasses et fortes ou dures, les houilles grasses maréchales, les houilles grasses à longue flamme, et les houilles sèches à longue flamme. Les houilles dures donnent le meilleur coke pour les hauts-fourneaux; en effet, ce coke est peu boursouflé, dense, et doué d’une forte cohésion. Les bouilles maréchales sont les plus estimées pour la forge; leur coke est boursouflé, et ne convient pas aux applications métallurgiques. Les liouHles grasses à longue flamme sont très-recherchées pour le fourneau à réverbère, pour le chauffage domestique, et pour la fabrication du gaz de l’éclairage; elles ne donnent que peu de coke , excellent pour le haut fourneau. Les houilles sèches à lortgue flamme conviennent pour la ciiaudière, mais elles donnent moins de chaleur que les précédentes; leur coke est métalloïde, non boursoutlé, et à peine fritté.

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