DES PRINCIPES IMMÉDIATS
Ile diviserai les principes immédiats des animaux en trois sections: ppremière contiendra les matières neutres ou indifférentes , la seconde acides, et la troisième les hases alcalines. Je parlerai ensuite des ! l 'ps dérivés du cyanogène.
SECTION PREMIÈRE
DES PRINCIPES NEUTRES OU INDIFFÉRENTS
Jes principes peuvent être rangés dans les deux groupes suivants : 'Ceux qui ne contiennent que de l’oxygène, de l’hydrogène et du car- ;ie; 2° ceux qui renferment, outre ces trois corps, de l’azote.
PREMIER GROUPE
Des principes composés d’oxygène, d’hydrogène et de carbone. tîes principes sont le sucre de lait, la cholestérine et la castorine.
DU NUrRR DR RAIT OU UUCTIMR.
•uoique ce corps partage les principales propriétés du sucre, il en f ère cependant autant que l’amidon et le ligneux, puisqu’il n’est susi Uhle d’éprouver la fermentation alcoolique que lor.squ’il a été trans- Dé en glucose.
Il n’a été trouvé que dans le lait. Il est sous forme de parallélipèdes réguliers, terminés par des pyramides à quatre faces, incolores, demitransparents, durs , inodores , doués d’une saveur légèrement sucrée, et plus pesants que l’eau. Il exerce vers la droite la rotation du plan d( polarisation. A 120°, il perd 2 équivalents d’eau sans fondre; à 150°, i perd 3 autres équivalents d’eau, et se trouve réduit à ; chauffi
plus fortement, il se boursoufle, et se décompose à la manière des principes non azotés (voy. p. 4). Il est inaltérable à l’air, soluble dan 6 parties d’eau froide et dans 2 d’eau bouillante ; il est insoluble dan l’alcool et l’éther. Le solutum aqueux n’est précipité ni par les alcalis ni par les acides, ni par l’infusion de noix de galle, ni par les sels l’alcool en précipite le sucre de lait. L’acide azotique agit sur lui chaud comme sur la gomme ; il le transforme en acide saccholactiqu (mucique , réaction que l’on peut considérer comme un caractère dis tinctif) , et en acides oxalhydrique et oxalique. Pulvérisé, il absorbe 1 gaz ammoniac (Berzelius) et le gaz chlorhydrique (Bouillon-La grange et Vogel ). Il forme aussi une combinaison avec l’oxyde d
plomb = PbO,Hi9C240i9.
Vogel a prouvé, en 1812, que lorsqu’on fait bouillir pendant troi heures 100 parties de sucre de lait avec 400 parties d eau et 2, 3, ou 5 parties d’acide sulfurique à 66°, ou d’acide chlorhydrique, ' que l’on ajoute de l’eau à mesure qu’elle s’évapore, on obtient, api< avoir saturé l’excès d’acide par du carbonate de chaux, du glucoi beaucoup plus sucré que le sucre de lait, très-soluble dans l’alcool, ' susceptible d’éprouver la fermentation spiritueusepar son mélange av( l’eau et avec la levure. Les acides citrique et acétique agissent comn l’acide sulfurique. Le sucre de lait contenu dans du lait frais éproiu la fermentation alcoolique si le lait est maintenu à la température ( 40", tandis que si le lait a été exposé pendant quelque temps à l’air, ([ue le caséum ait subi certaine altération , le sucre de lait subit la fei menlalion lactique. L’acide lactique produit dans ce cas , offre la môme composition élémentaire que le sucre de lait.
Préparation. On évapore le petit-lait, et on le laisse cristallise les cristaux de sucre de lait obtenus sont dissous dans 1 eau, et ciisla lisés de nouveau pour les séparer d’un peu de caséum et de quelqn substances salines qui les altèrent. Cette préparation se fait principal'
ment en Suisse.
Î)E LA CHOLESTÉRINE.
OE EA CnOEE^TÉRIA'E.
La choleslérine existe dans la bile , d’où elle se sépare accidenlelle- ■ment sous des influences morbides , pour former des concrétions spéciales, qui quelquefois présentent ce principe dans un état de pureté presque parfaite ; on la trouve aussi dans la matière cérébrale , dans les nerfs et dans le foie; le sérum du sang et le jaune d’œuf fournissent rîgalement de la cholestérine, quand on les traite par l’étber après les avoir desséchés (Liebig). Elle a été désignée par Fourcroy sous le nom impropre d'adipocire, qu’il avait déjà donné au gras des cadavres, dont :iille diffère beaucoup. Elle est sous forme d’écailles blanches , brillantes, insipides, inodores, sans action sur le tournesol et sur l’hématiiie. Elle 'bnd à la température de 137”, et cristallise par le refroidissement en .âmes rayonnées : distillée, elle se volatilise sans fournir d'acides gras, |ii.i on la porte rapidement à la température de l’ébullition ; si on chauffe tins lentement, on obtient un produit liquide qui contient beaucoup il l’huile empyreumalique insoluble dans la potasse, et qui ne renferme non plus aucun acide gras. La chole.stérine est insoluble dans l’eau; 100 ;.;ramrnes d’alcool bouillant à 0,816 dissolvent 18 grammes de cholestéine; la même quantité d’alcool à 0,840 n’en dissout que 11,24; par le efroidissement de la dissolution alcoolique , la plus grande partie de la iholestérine se précipite. Elle est soluble dans l’éther, l’esprit de bois , ’essencede térébenthine et l’eau de savon. Lorsqu’elle se dépose d’une jilissolution préparée avec un mélange de 2 parties d’alcool et de 1 d’éher en volume, ses cristaux sont hydratés, =3H22C260, 2H0; il suffit |i<ie chauffer ces cristaux à 100° pour les déshydrater. Elle n’est pas altérée par les alcalis, et ne jouit pas de la propriété de se saponifier. Le iilore et le brome agissent sur elle par substitution ,.en lui enlevant de 'hydrogène qu’ils remplacent; la combinaison la plus chlorée a pour ormule H18G26C14Q. Lorsqu’on traite à chaud, et à plusieurs reprises, grammes de cholestérine par 200 grammes d’acide azotique faible, ceui-ci se décompose, et la cholestérine se trouve convertie en acide holestérique mêlé d’acide choloïdanique, d’une matière résineuse et : l’acide oxalique; à certains degrés de concentration l’acide azotique "eut encore produire, avec la choleslérine, des acides volatils et d’au- !res composés, tels que les acides capri(|ue, caprilique, valérianique, 'Utyrique, nitrocholique et du cholacrol , substance neutre. L’acide ulfurique concentré, chauffé avec un mélange de choleslérine et du I nême acide étendu d’eau , donne trois carbures d’hydrogène cristalli-
()24 MUXlÈPrlE l’ÂRÎlE,
sables, fusibles l’un à 127°, un aulreà 255°, el le Iroisième à 240°; il s’est formé 1 équivalent d’eau aux dépens de la cholestérine, et il ne s’est dégagé aucun gaz. V acidü phosphorique concentré, chauffé jusqu’à 137° avec un sixième de son poids de cholestérine , donne une masse contenant deux carbures d’hydrogène, la cholestérone et la choiestéarone.
Préparation de la cholestérine. On ])répàre la cholestérine en faisant bouillir dans l’alcool el un peu de charbon animal, les calculs biliaires de l’homme, réduits en poudre fine; la cholestérine se dissout et cristallise à mesure que la liqueur se refroidit. On la sépare des corps gras qu’elle pourrait contenir, en la traitant par une lessive de potasse, et en faisant cristalliser de nouveau.
Acide cholestérique , H^C^O-î. — Il est solide, incristallisable, d’une saveur acide amère et astringente , déliquescent, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il fournit, avec les alcalis, des sels solubles et incrislallisables. Les autres choleslérates sont en général insolubles, et ont pour formule MO, On l’obtient en traitant la cholestérine à plu-
sieurs reprises par un excès d’acide azotique faible ; la masse brune qui reste dans la cornue, étant refroidie, se partage en deux couches : la supérieure est formée par de l’acide choloïdanique cristallin ; l’inférieure contient une grande quantité d’acide cholestérique, une résine insoluble et de l’acide oxalique ; en filtrant, l’acide cholestérique passe avec la résine et l’acide oxalique ; par l’action de l’eau, on dissout les acides choleslérique et oxalique, tandis que la résine ne se dissout pas. En faisant agir sur la liqueur filtrée de l’oxyde d’argent, on produit deux sels que l’on évapore Jusqu’à siccité, puis on dissout le cholestérate d’argent à l’aide de l’eau bouillante, tandis que l’oxalale n’est point dissous; on décompose, par l’acide sulfhydrique, le cholestérate qui s est déposé à mesure que la liqueur s’est refroidie. Pelletier et Caventon ont décrit les premiers un acide cholestérique auquel ils ont assigné des propriétés différentes de celles qui viennent d’étre indiquées, et qui n’avait pas été séparé des diverses matières produites par l’action de l’acide azotique sur la cholestérine.
UE E’AMBttÉIKE.
Pelletier etCaventou ont retiré de l’ambre gris (1) une matière grasse
(1) Substance dont l’origine est encore incertaine, niais qui parait être produite par quelques espèces de cachalots.
DE LA CASTOUINE.
. wi'liciilière, ayant beaucoup de rapport avec la cholestérine, et à laquelle ids ont donné le nom d’owi6mne. Elle est d’un blanc éclatant, insipide, :>resque inodore, sans action sur le tournesol, fusible à 36“, en partie .'olalile et en partie décoraposable à une température supérieure à 100% nsolubledans l’eau, très-soluble dans l’alcool et dans l’éther, même à roid. Les alcalis ne paraissent pas pouvoir la saponifier: l’acide azolii lie bouillant la transforme en acide ambréique. Elle est formée de ^>3,37 de carbone, de 13,32 d’hydrogène, et de 3,31 d’oxygène. On l’ob- Menl en traitant l’ambre gris à chaud par l’alcool d’une densité de .,827 ; elle se dépose à mesure que la liqueur se refroidit. Elle n’a point iTusages.
Adde ambréique. — Cet acide, découvert par M. Gaventoii et Pelleiiier, résulte de l’action de l’acide azotique sur l’ambréine. Il est cristali-^sé en tables jaunâtres, ayant une odeur faible, très-peu solubles dans ■ eau , mais fort solubles dans l’alcool et dans l’éther ; il fond à 100°, et I l'Onne avec les bases des sels jaunes insolubles ou peu solubles. Il est |o)rmé de carbone 54,93, d’hydrogène 7,01, d’azote 4,71, d’oxygène I; o3,75. D’après Brandes, la castorine donnerait, avec l’acide azotique, lin acide analogue à l’acide ambréique.
DE Ii.% CAfS'VOUlIVE.
Elle existe dans le castoréum, d’après MM. Bizio et Brande. Elle est en iguilles quadrilatères transparentes, réunies en faisceaux, d’une odeur e castoréum, d’une saveur âcre, insoluble dans l’eau froide, peu soiiible dans l’alcool, plus soluble dans l’éther, inaltérable par les dissoiitions de potasse et de soude caustique; mise dans l’eau bouillante, elle '5t entraînée par la vapeur aqueuse; elle se rapproche de Véihal par ses iropriétés. On l’obtient en traitant le castoréum par l’alcool bouillant ; Mie se dépose par le refroidissement de la liqueur.
DEUXIEME GROUPE
Des principes composés d’oxygène, d’hydrogène , de carbone
et d’azote.
Ces principes sont la protéine, la fibrine, l’albumine, la caséine, la ilelline, la lécithine, la cérébrine, la gélatine, la chondrine, la leu-
cine, la créaline, l’hémalosine, la séroline, la matière jaune du sérum du sang, rhémapliœine, la taurine, la dyslysiue, l’allanloïne, l’urée, la mélaïne, la canlharidine , la guanine, la difluane, l’uramile, la murexide, la murexane, la cysline, la xanlhine, etc.
DE liA PROTÉl]lE.
On a admis généralement que. les matières dites albumineuses , telles que la fibrine, l’albumine, la caséine, etc., qu’elles proviennent des végétaux ou des animaux , sont formées d’une substance azotée, la protéine combinée au soufre, au phosphore, et à quelques sels, ou bien à deux corps que l’on a désignés sous les noms de sulfimide, H'^AzS, et de phosphimide, H2Ph Az. Quelle que soit celle des deux hypothèses que l’on adopte, toujours est-il que les matières sulfurées et pbospborées n’existent qu’en très-minime proportion dans les composés albuminoïdes. Quoique la protéine soit loin de jouer le rôle qu’on lui a assigné, je pense cependant devoir en faire une description spéciale.
On obtient la protéine en dissolvant l’une des matières dites albumineuses dans la potasse ou dans h soude caustiques , et en saturant la liqueur par de l’acide acétique; il se dégage du gaz acide sulfhydrique, il se produit de l’acide pliospliorique, et la protéine se dépose sous forme de flocons grisâtres qu’on lave avec de l’eau jusqu à ce que celle-ci ne contienne plus d’acétate de potasse ou de soude. Si, au lieu d’acide acétique, on avait fait usage d’un acide minéral, la protéine aurait bien pu se combiner avec lui, car la plupart des acides minéraux ont une tendance marquée à opérer ces sortes de combinaisons.
La protéine pure est solide, blanche, inodore, insipide, décomposable par le feu à la manière des substances azotées (voy. p. 4), attirant rapidement L’humidité de l’air, insoluble dans l’eau, l’alcool, létber et les huiles essentielles; toutefois l’eau bouillante la dissout avec
le temps, mais après l’avoir altérée.
Elle se combine avec les acides, et donne des composés solubles dan. l’eau, précipitables par les alcalis; les précipités se dissolvent dans ui excès d’alcali. L’acide sulfurique étendu la décompose à 100'’, et fournil entre autres produits, de la leucine ou aposépédine. L’acide azotique 1« transforme en acide xanthoprotéique jaune orangé. L’acide cbloi hydrique la dissout et la colore en violet ou en bleu , comme lorsqu il agi sur la plupart des composés albuminoïdes (voy. p. 634).
Le chlore agit sur elle comme sur les autres matières albuminoïdes en la changeant en cblorile de protéine, H25G36Az'iOio,C103, vérilabL