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DES CORPS DÉRIVÉS DU CYANOGÈNE

Ces corps sont le sulfocyanogène, le mellon et ses dérivés, le mêlai et ses dérivés, l’acide sulfocyanhydrique, les sulfocyanures, l’acic persulfocyanhydrique, l’acide nitroprussique , et l’acide azulmique.

DU SIJIiFOCYAIlOGÉIVE: OU »ll CYAIVOXYSVI.FIDE.

C«Az«ScO, 2HS.

Le sulfocyanogène, considéré pendant longtemps comme un compoj de soufre et de cyanogène, CyS2, contient de l’hydrogène. Il esljauni insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; à 200”, il se décompose et don< du mellon. Si on le fait bouillir avec de la potasse, il fournil du sulfî cyanure de potassium, du monosulfure de potassium, de l’hyposulfif de potasse, et de l’acide thyocyanhydrique Chauffé avec de l’ail

moniaque, si la température est suffisamment élevée, il donne

DU SULFOCYANOGÈNË OU DU CYANOXYSÜLFIDE. 683

Mam, de l’ammoniaque, de l’acide sulfhydrique et du sulfure de car- )iie. On obtient le sulfocyanogène en faisant passer un courant de :)lore à travers une dissolution de sulfocyanure de potassium ; ce sel t décomposé en chlorure de potassium soluble et en sulfocyanogène ji se dépose sous forme de flocons d’un beau jaune.

. Du mellon, C^Az^.— Il est le résultat de la décomposition du sulfocya- )gène chauffé au rouge, ou bien de l’action d’un courant de chlore iir le sulfocyanure de potassium. 11 est solide, pulvérulent, d’un jaunetron, insoluble dans l’eau, dans l’alcool, l’éther et les acides chlorfdrique et sulfurique étendus, soluble dans ce dernier acide concentré, ■acide azotique et les alcalis le décomposent. Il se combine avec l’hy- •ogène et donne de l’acide mellonhydrique, HC^*Az^. Il forme des meliinures avec les métaux. Chauffé avec du potassium, il s’y combine 'ec dégagement de lumière. Il décompose Tiodure, le bromure et le : Ifocyanure de potassium , et en chasse l’iode , le brome et le sulfoanogène.

IDu mélam, H9Ci2AzH. — Lorsqu’on chauffe au rouge un composé de ' Ifocyanogène et d’ammoniaque, ou bien un mélange de sulfocyanure potassium et de chlorhydrate d’ammoniaque , on obtient du mé- 'm, etc. (voy. Sulfocyanogène). Ce corps est pulvérulent, d’un blanc iisâtre, insoluble dans l’eau, dans l’alcool et l’éther. Par une ébullitn prolongée avec l’acide azotique ou chlorhydrique, ou bien avec de potasse , le mélam se transforme en deux autres produits, la mèlamine Vamméline, qui constituent deux bases particulières. Celte métamorlosea lieu par la fixation de 2 équivalents d’eau; en effet:

siquiv. de mélam = H®C’*Az'‘ j /H®C®Az® = 1 éq. de raélamine* -2équival. d’eau = H*0® | | H®C®Az®0* = 1 éq. d’amméline.

H"C‘*Az”0*) (h"C'='Az”0*.

i La mèlamine, H6C6Az6, est une base salifiable, découverte par M. Lieg;elle cristallise en octaèdres rhomboïdaux anhydres, incolores, ■lue saveur amère, très-peu solubles dans l’eau froide ou chaude, in- • lubies dans l’alcool et dans l’éther. Lorsqu’on l’expose à l’action de la aleur après l’avoir desséchée, elle fond et se sublime en grande pari sans altération. Tous les sels qu’elle forme avec les acides étendus ' "t cristallisables, et offrent une réaelion acide. Les acides la Irans- I rnienl, au contraire, A chaud, en ammoniacjue et en ammélme.

I Vamméline, H^C^Az^U^, est une seconde base susceptible de former f s sels que l’on obtient dans la liqueur ((ui surnage la mèlamine, et

qui provient elle-même de l’aclion d’une dissolution de potasse sur 1 mélam;on traite celle eau mère par de l’acide acétique , qui sépai l’amméline sous forme d’uii précipité gélatineux qu’on lave et que l’o redissout dans l’acide azotique, d’où on la précipite de nouveau par I carbonate d’ammoniaque. Elle est en aiguilles soyeuses , insolubles dan l’eau, l’alcool et l’éther, pouvant former, avec les acides, des sels cris tallisables.

Ammélide, H9Ci2Az90®. — Elle est le résultat de l’action des acides o des alcalis étendus et bouillants sur la mélamine. Elle est blanche amorphe, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, décomposable pa les acides et les alcalis, qui la changent en acide cyanique et en am moniaque.

Des siilfocyaniircs.

Il existe un certain nombre de composés a?)alogues aux sels, qui pa raissent formés d’un sulfure métallique et de sulfure de cyanogèn CyS, et que l’on a désignés sous le nom de sulfocyanures ; ils corresi pondent auxcyanates MO,CyO avec celte différence que l’oxygène de 1 base et de l’acide de ceux-ci est remplacé par du soufre.

Sulfocyanure de potassium (voy. t. I , p. 506).

De l'acide sulfocyanhydrlque. H,CyS^.

On trouve cet acide, selon Gmelin, dans l’eau distillée des graino des crucifères. G’est un corps liquide, incolore , d’une acidité franche se décomposant facilement au contact de l’air ou par la distillation ei plusieurs produits différents, parmi lesquels on remarque un corp jaune particulier, insoluble dans l’eau. Il ne peut exister à l’état an hydre. Lorsqu’on le soumet à l’action de l’acide azotique ou du chloies' il perd son hydrogène, et est ramené à l’état de sulfocyanogène. J colore les sels de sesquioxyde de fer en rouge de sang. On l’obtient e; décomposant le sulfocyanure de plomb par l’acide sulfurique faible, ei ayant toujours soin de laisser dans la liqueur un excès de plomb qU l’on enlève par l’acide sulfhydrique , ou bien en décomposant le sulfci cyanure d’argent par l’acide sulfhydrique , après l’avoir suspendu dan dix ou douze fois son poids d’eau.

Sulfocyanhydrate d’ ammoniaque. — Ce sel fond à 170"; à 270", il se dé compose et fournit du soufre, du sulfure de carbone, de l’ammoniaqiK du sulfhydrate d’ammoniaque, et un corps cristallin qui parait formé dlj sulfure de carbone cl de sulfhydrate d’ammoniaque; il reste dans h;

DE ACIDE NITROPRUSSIQÜE. 685

)rnue une masse composée d’un corps blanc, desulfide d’alphène, de ilfide de phalène et de sulfide de phélène. Ces cbrps sont des multiples 3 HCAz , combinés avec du soufre ou du sulfure de carbone. A 300“, le ilfocyanhydrate d’ammoniaque donne du sulfite d’argène, du poliène , H'^G'^Az^ ; ce dernier, par l’action de la chaleur, se change

I glaucène, HC'*Az3.

De l’acldc persulfocyanhyclrlque. GyS^HS.

jllest en aiguilles cristallines, jaunes, solubles dans l’eau bouillante, lus solubles dans l’alcool et l’éther. Chauffé à 140“, il donne du soufre dw sulfide de mélène; à 150“, il fournit du sulfide de xanthène ; à 160“, <se produit, entre autres corps, du sulfide de pha'ienne, tandis qu’à 180“,

II obtient du sulfide de xuthène; lorsque la température est plus élere, vers 200“ par exemple, on forme le sulfide de leucène ; ces divers l'mposés contiennent du soufre; enfin à 300“ on produit le poliène , iîC'^Az^ , qui ne contient point de soufre.

On prépare l’acide persulfocyanhydrique , en traitant une dissolution sulfocyanure de potassium par six ou huit fois son volume d’acide l ilorhydrique concentré ; l’acide se précipite sous forme d’aiguilles.

De Tacide nltroprnsslqae. Fe^Cy’*Az®0*, 5H.

M. Playfair a fait passer à chaud un courant de gaz bioxyde d’azote à savers une dissolution pure d’acide cyanhydrique ferruré, FeH2C6Az3 'oy. p. 504 du t. I), et il a obtenu l’acide hydroferricyaniqiie

t'3rrocyanhydrique), R3Fe2Cy6 (voy. p. 507 du t. I), et puis l’acide îtro prussique. Cet acide est cristallisable, d’un beau rouge, d’une veur acide , et donne avec les bases les plus énergiques des sels Irès- Mdorés qui deviennent d’un beau pourpre lorsqu’on les mêle avec un lilfate alcalin. Le même chimiste, en traitant 2 équivalents de cyau ire jaune de potassium et de fer par 5 équivalents d’acide azotique ' onoliydraté étendu de son volume d’eau , a obtenu, avec plus de fa- 'lilé, le même acide nitroprussique mêlé d’acide azotique, d’azotate î potasse, de cyanure rouge de potassium et de fer, de nitroprussiate ! potasse, et d’une substance blanche, Cy, 2H0, analogue à l’oxamide ir ses caractères et par sa composition. Cette substance, modérément lubie dans l’eau bouillante, volatile sans décomposition, est convertie U* les acides en acide oxalique et en ammoniaque (voy. Journ. de 'tarm., mai 18.50).

^ ne Taeltlc axnliiilf|iic.

Boullay fils a décrit sous ce nom le corps noir charbonneux qui es le résultat de la décomposition du cyanogène dissous dans l’eau, de l’a eide cyanhydrique anhydre, du cyanhydrate d’ammoniaque , etc. J’< dit, à la page 126 du tome I , que ce corps paraît être formé de HSC^Az^O' d’après MM. Pelouze et Richardson. Voici la description qu’en a donn^ M. Boullay fils. 11 est solide, noir, spongieux, doué d’un reflet soyeii et comme velouté , susceptible , lorsqu’on le brise , de se diviser e feuillets dont la couleur, vue par transmission, est le brun rougeâtr Chauffé, il se décompose en cyanhydrate d’ammoniaque qui se sublime en cyanogène et en charbon; il n’est soluble ni dans l’eau ni dai l’alcool. L’acide azotique concentré le dissout à froid et prend une bel nuance rouge-aurore; l’eau trouble cette dissolution. 11 est bien pli soluble encore dans les bases alcalines et dans l’ammoniaque. (Boulla fils, mars 1830, dissert, inaugurale.)

CLASSE DEUXIÈME

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