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DE LA BILE

liqueur contient, suivant M. Matteucci,un composé de chlore et des autres éléments de la bile, composé qui ressemble sous presque tous les rapports à la matière que l’on nommait autrefois resme biliaire. M. Matteucci le désigne sous le nom d’acide chlorohilique , et l’obtient en diss solvant dans l’alcool la liqueur dont je parle, et en la faisant évaporer. (Voy. Journal de chimie médicale, 1831.)

Exposée à l’air, la bile s’altère peu à peu, et finit par se pourrir sans répandre une odeur très- désagréable; il se dégage de l’ammoniaque et lise dépose de l’acide choldique, si l’action de l’air a été très-longue; ■si elle n’a guère duré qu’un mois, on obtient un corps composé de deux équivalents d’acide fellique et d’un d’ammoniaque.

L’eau s’unit parfaitement avec elle. L’alcool en sépare une matière jaune. Les acides en précipitent une matière jaune , sorte de mucus; si on filtre, la liqueur a perdu sa viscosité et peut être précipitée de nouveau par ceux des acides qui précipitent l’albumine, pourvu qu’ils soient ■employés en quantité suffisante.

En abandonnant pendant douze ou quinze jours à lui-même un mélange d’acide sulfurique et de bile, après l’avoir agité jusqu’au point où la masse est devenue jaune, il se dépose une matière jaune, et le liquide reste d’un beau vert; si on sature ce liquide par la potasse, qu’on évapore à siccité après filtration et qu’on traite le résidu par l’alcool , on obtient une substance à laquelle M. Matteucci a donné le nom de substance verte sucrée de la bile. Cette matière serait d’un beau vert, d’une saveur sucrée comme celle de la réglisse, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool ; le chlore détruirait sa couleur.

Lorsqu’on maintient, à la température de 40®, de la bile légèrement acidulée par de l’acide chlorhydrique, on obtient un acide en longues aiguilles isolées, peu soluble dans l’eau , très-soluble dans l’alcool, se colorant en violet par un mélange d’acide sulfurique et de sucre, Cet acide, composé de 46,96 de carbone, de 15,90 d’hydrogène, de 3,21 d’azote et de 33,93 d’oxygène, avait reçu le nom de cholique par Plattner et Gmelin. L’acide chlorhydrique concentré, en agissant sur la bile, donne de la dyslysine et les acides fellique et cholinique de Berzelius.

L’acide azotique fournit, avec la bile, des corps volatils et d’aulres ' qui sont fixes; les premiers sont les acides caprique, caprylique, valérianique, butyrique, et une huile pe.sante qui se dédouble facilement en 9CÀ(\e nürocholique , HC2Az'*09, HO, et en cholacrol, H5C8Az20i3 (voy. p. .557). Les corps fixes sont les acides choloidanique et cholestérique.

Vacétate de plomb donne, avec la bile, un précipité que M. Slrecker considère comme du cholate de protoxyde de plomb, et que les chi-

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misles avaient cru jusqu’alors formé d’oléate et de margarate de plomb, de matières colorantes, et de traces de sulfate et de phosphate de plomb. Si , après avoir épuisé l’action de l’acétate de plomb, on filtre, et qu’on verse dans la liqueur filtrée de l’acétate de plomb tribasique, on obtient un précipité fort abondant de choléate de plomb, suivant M. Strecker, et (jue l’on avait regardé comme formé de cholestérine et de la substance sucrée à laquelle M. Thénard avait donné le nom de picromel.

Si on mêle la bile avec les deux tiers de son volume d’acide sulfurique concentré, et que l’on ajoute quatre ou cinq gouttes d’une dissolution de sucre de canne faite avec une partie de sucre et 5 parties d’eau, le liquide deviendra d’un beau violet, pourvu que l’on empêche la temrérature de s’élever (Pettenkofer). Par un mélange d’acide azotique et d’acide hypoazotique , la bile passe au vert , au bleu, au violet, au rouge et au jaune.

Les liqueurs qui proviennent de l’action des acides sur la bile renferment de la taurine (voy. p. 656),

La potasse, la soude et l’ammoniaque, loin de troubler la bile, la rendent plus transparente et moins visqueuse. Si l’on chauffe de la bile avec de la potasse, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’ammoniaque, et que l’on verse de l’acide acétique dans la liqueur, il se précipite des cristaux d’acide choloïque, ainsi nommé par M. Demarçay.

La bile jouit de la propriété de dissoudre plusieurs matières grasses: aussi les dégraisseurs s’en servent-ils pour enlever la graisse qui salit les étoffes de laine.

Acides fellique et cholinique. — Ils ont une saveur amère; ils sont peu solubles dans l’eau, fusibles dans l’eau bouillante, solubles dans l’alcool et moins solubles dans l’éther. Ils sont formés de H^ec^ooe et de 4H0 pour l’acide fellique, et de 2H0 pour l’acide cholinique.

Acide choldidanique , H12Q1607. — Il est en aiguilles prismatiques longues et solubles dans l’eau.

Acide choloïque, H36G5006,5HO. — Il est en pyramides quadrangufaires, très-peu solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther, rougissant le tournesol et décomposant les carbonates. Les choloates alcalins sont solubles dans l’eau, tandis que les autres sont insolubles.

Bile humaine. — Suivant M. Thénard, elle serait formée, sur 1100 parties , de 1,000 parties d’eau, de 42 d’albumine, de 41 de résine, de 2 à 10 parties de matière jaune, de 5,6 de soude, de 4,5 de phosphate et de sulfate de soude, de chlorure de sodium, de phosphate de chaux et i d’oxyde de fer. D’après Berzelius, elle ne renfermerait ni huile ni : résine; mais une matière analogue aux résines, soluble dans l’eau et i

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