DE LA BILE
dans l’alcool, très-peu de soude et de mucus de la vésicule. Suivant Cadet, la bile humaine contiendrait de l’acide sulfhydrique. Dans un travail publié en 1818, M. Chevallier établit que la bile cyslique renferme une petite quantité de celte matière sucrée à laquelle M. Thénard • avait donné le nom de picromel ; du moins il en a retiré de la bile d’une ; femme morte de phthisie pulmonaire, et de celle de plusieurs syphi- 'liliques. On a trouvé, dans la bile de plusieurs cadavres d’individus ■atteints de différentes maladies, de la cholestérine, des acides margarrique et oléique, et une matière rouge qui existe dans le sérum du >sang des enfants attaqués d’endurcissement du tissu cellulaire. D’après Thénard, dans la chlorose, la bile perd ses caractères et se transtforme en un liquide albumineux. Je pourrais faire connaître d’autres (analyses, différentes sous plusieurs rapports, de celles dont je viens 'de parler; mais je suis persuadé que toutes ces analyses sont inex- •actes et incomplètes, et que, dans un très-grand nombre de cas, la 'différence des résultats tient à ce que le liquide analysé n’était pas le même; du moins je puis affirmer, après avoir analysé la bile d’individus morts à la suite d’apoplexies, de fièvres putrides, d’entéri- •les, etc., ne l’avoir jamais trouvée identique; j’ai môme observé entre ces liquides des différences assez frappantes. Il serait très-important pour la chimie pathologique d’avoir, pour point de départ, des analyses bien faites de la bile d’individus guillotinés ou fusillés dans l’état de santé; on pourrait alors leur comparer les résultats obtenus jusqu’à présent par les différents chimistes, sur la bile provenant de personnes malades, et certes le domaine de la science s’agrandirait. Hahnemann parle, à la vérité, de la bile d’un individu fusillé dans l’état de santé, qui donna, par l’alcool et par les acides , un coagulum semblable aux calculs biliaires, qu’il appela gluten; mais il suffit de ce simple énoncé pour juger combien ce travail est loin d’être satisfaisant. Je ne doute pas, à l’exemple de Boerhaave, de Morgagni , etc., que la bile ne contracte quelquefois des qualités âcres, irritantes, qui doivent nécessairement influer sur le développement et l’intensité des symptômes que l’on observe dans certaines maladies.
Labile humaine est verte, d’un brun jaunâtre, rougeâtre, ou incolore; sa saveur n’est pas très-amère; elle est rarement limpide, et tient souvent en suspension une matière jaune. Chauffée, elle se trouble et répand l’odeur du blanc d’œuf. L’extrait de celte bile .se décompose comme le précédent lors«|u’on élève fol lement sa temiiérature* Les acides la précipitent; le sous-acétate de plomb la fait pas.ser au jaune. Les observations microscopiques faites par W. Gruby le portent à penser (|ue, la
bile existe dans le foie sous forme de petits globules analogues à ceux des matières grasses, et que l’affection connue sous le nom de foie gras est le résultat d’une altération de la bile hépatique dans les cellules mêmes du foie.
Quel rôle joue la bile pendant la digestion intestinale? Mon ami le
professeur Bérard, dans une leçon intéressante sur la bile, établit: 1 qu il se forme du chyle sans le cohcours de la bile, et qu’il ne parait pas que ce chyle diffère beaucoup de celui qui se produit dans les circonstances normales ; 2° que la bile n’est pas l’organe exclusif de la dissolution des corps gras, sans pourtant qu’on puisse lui refuser toute action dans la digestion de ces principes; 3“ qu’elle empêche probablement de fermenter les matières organiques chymitlées ou non chymifiées, et notamment le sucre qui se produit dans le canal intestinal; 4“ qu’elle excite le mouvement péristaltique et les sécrétions du canal intestinal ; 5° que la bile pure , sans mélange de suc pancréatique, n’altère point la viande crue ou cuite , le pain , les fruits, etc., tandis que
le contraire a lieu si elle est mêlée au suc pancréatique ; 6° qu’elle digère le pancréas avec une extrême facilité, aussi bien sur le vivant que sur le cadavre (Bernard); 7® que par sa réaction sur le chyme, on obtient des flocons ou filaments blancs, produits excrémentiels qui seraient infailliblement résorbés, au détriment de l’économie, s’ils parcouraient le canal intestinal à Tétât de dissolution ; 8” qu’il se pourrait bien que certaines parties récrémentilielles de la bile fussent résorbées à l’état de combinaison avec l’aliment, puisqu’on croit avoir constaté que la proportion des principes biliaires contenus dans les fécès ne répond pas à la quantité de bile sécrétée. (Cours de physiologie, 1850.)
On sait, en outre, qu’on ne trouve jamais l’acide choléique dans lesj excréments; qu’est devenu cet acide, a-t-il été décomposé ou repoiTéj dans le sang? C’est ce qu’il n’est pas encore permis de préciser. j
Bile des foies gras. — M. Thénard n’a trouvé que de l’albumine dans la bile provenant de foies dont les 5/g étaient formés par de la graisse ; quelquefois aussi, lorsque la maladie était moins avancée, la bile était composée de beaucoup d’albumine et d’un peu de résine.
Bile d'un individu atteint d’une fièvre bilieuse grave , avec ulcération de la membrane muqueuse intestinale. — J’ai trouvé dans celte bilei environ 96 d’une matière comme résineuse, 3 de soude, etlde sels:! la matière résineuse était évidemment altérée, car elle avait une saveur excessivement amère et àcre : il suffisait d’en mettre un atome sur la. lèvre pour faire naître des ampoules très-douloureuses. Morgagni fait mention, dans ses ouvertures cadavériques, de la bile d’un indlvidinli