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IV

Mctliode d’analyse tlii sang.

Tout en avouant qu’il est impossible , dans l’état actuel de la science d’indiquer un procédé qui permette d’apprécier exactement la natun des substances qui entrent dans la composition du sang’, ainsi que l< proportion de ces substances, je crois devoir faire connaître la marclii la plus rationnelle à suivre, pour approcher le plus possible de la vérité On agit sur trois portions de sang; l’iiiie A, sert à déterminer la pro portion de fibrine et des globules ; une autre est destinée à donne: les matières qui constituent le sérum; la troisième, enfin C, est enr ployée à analyser les sels.

A. On bat le sang avec un balai , pour séparer la majeure partie de 1; fibrine, sous forme de filaments blanchâtres; on lave celle-ci sur uir toile avec de l’eau , on la sèche à 100“ et on la pèse. Le liquide , en grand partie défibriné, de couleur rouge, est additionné de quatre fois son vo lume d’une dissolution saturée de sulfate de soude, sel qui a pour obje d’empécher la coagulation de la petite quantité de fibrine qui reste dan la liqueur, et de s’opposer à l’altération des globules rouges; on filtr rapidement, en ayant soin de faire passer constamment des bulles d’aii à travers le liquide qui est dans le filtre; sans celte précaution, les gloi billes s’accoleraient les uns aux autres; ces globules restent sur le filtre On les lave avec une dissolution de sulfate de soude , on les dessèch dans le vide, puis on les traite successivement par l’éther, qui dissoii la matière grasse, par l’alcool, qui dissout une petite quantité de ma tière organique, et par l’eau,' qui dissout le sulfate de soude; les glo bules inattaqués par ces agents sont desséchés de nouveau et pesés.

B. On abandonne ce sang à lui-même ^ afin d’obtenir le sérum et caillot; on pèse séparément ces deux corps; pour connaître le poids c l’eau et des matières solides du sérum , on évapore celui-ci au bail marie, et on dessèche le produit à 100° dans le vide; la perte indique quantité d’eau ; mais comme le caillot relient du sérum, il faut de tou nécessité dessécher ce caillot à 100°; la perte qu’il subira indiquera proportion de sérum qu’il renfermait, et dont l’eau s’est vaporisée : oj voit qu’én agissant ainsi, on possède les données voulues pour détef miner la quantité de sérum contenue dans le sang sur lequel on opéra on voit aussi qu’après avoir débarrassé le caillot de toute l’eau du rum interposé dans le caillot, on a un caillot composé de la fibrine i (|es globules réunis, plus, des matières solides du sérum interposé: ol on connaîtra facilement le poids de ces diverses matières, puisqu’o

MÉTHODE d’analyse DU SANG. 721

‘onnait le poids de l’eau, vaporisée pendant la dessiccation du caillot I 100°. lin traitant le caillot desséché à 100" par l’éther , on séparera es matières grasses qui étaient contenues dans le sérum interposé; si lors on retranche du poids du caillot celui des matières solides du sé- .uirij moins les graisses, on aura le poids de la fibrine et des globules, ni sera égal à celui qui avait été trouvé dans l’expérience 4. Pour conaîlre la proportion d’albumine et de matière grasse contenue dans i sérum, on évaporera celui-ci à siccité et on le traitera par l’éther, ui dissoudra la matière grasse en laissant l’albumine.

C. On incinère séparément le sérum et le caillot desséchés pour avoir ! poids des cendres ; on retranche ce poids de celui du sérum et du ullot desséchés, si l’on veut connaître la proportion de matière orga- :ique renfermée et dans ce sérum et dans ce caillot.

Examen microscopique du sang. — Cet examen portera à la fois sur le mg des animaux vertébrés et invertébrés.

Sang des animaux vertébrés. — Lorsqu’on examine sous le microscope ae parcelle de ce sang frais, ou bien la membrane natatoire ou la lanue d’une grenouille vivante, ou bien encore la membrane de l’œil i une chauve-souris également vivante, on aperçoit que le sang est ’ rmé d’un liquide incolore ou à peine coloré , désigné sous le nom de - rwm ou de liquor sanguinis, et de deux sortes de globules , les uns, ès-abondants et rouges , les autres, rares et incolores. Le sérum collant de l’eau , de l’albumine, de la fibrine, diverses matières grasses » ■nfermant du soufre et du phosphore, des gaz, et plusieurs sels(voy* 725}.

Les globules rouges, dits san^'wms ^ sont circulaires, aplatis, et en 1 rme de disque, chez l’homme et les mammifères; ils sont elliptiques aplatis chez les oiseaux, les reptiles et les poissons; ils sont demilansparenls et jaunâtres quand ils sont isolés, et paraissent rouges lorsl’ils sont réunis plusieurs ensemble. Leur diamètre varie considéra- ■emenl dans les différentes classes d’animaux : ainsi ils sont très-grands •lez les batraciens, dans le sang de la grenouille , par exemple, ils ont iviron de millimètre de longueur et î/70 de largeur ; tandis que dans • chèvre ils n’ont qu’ua de longueur; leur diamètre chez l’homme -est que d’environ î/,2o de millimètre; chez les oiseaux, ils sont plus <ands que chez les mammifères , quoique plus petits que chez les baacieiis; leur diamètre, chez les poissons, est intermédiaire entre ceux ;s oiseaux et ceux des reptiles. Quels que soient leur forme et leur voine, ils glissent facilement les uns sur les autres , s’allongent, se II. 4(î

compriment et se déforment, de manière à pouvoir circulèr dans des

vaisseaux capillaires d’un diamètre plus petit que le leur.

Organisation , composition et propriétés des globules rouges. Ceux d( la grenouille , que l’on a plus particulièrement étudiés, sont composé: de deux parties distinctes , un noyau central blanc transparent et um enveloppe assez semblable à une vèssie, sorte de sac membraneux, co loré en rouge, moins transparente que le corps central, qui se sépar toujours après la mort ou par le repos. L’analyse chimique montre qu’il sont formés d’hématosine 2 p., et de matières albumineuses 125 p. Il se conservent longtemps sans altération au milieu de leur liquide natu rel; mais si l’on ajoute de l’eau, ils se gonflent, parce que l’eau pénètr dans l’enveloppe, par un phénomène d’endosmose, et la distend en doc liant au globule une forme sphérique. Ce corps central, qui ne paraît pa avoir éprouvé le moindre changement de la part de l’eau , devient ph visible à mesure que l’enveloppe pâlit et que la matière colorante s mêle avec l’eau. Ces globules sont entièrement solubles dans les alcalis tels que la potasse , la soude, l’ammoniaque et la chaux ; par contre, h acides phosphorique, oxalique et citrique, ne dissolvent que l’env< loppe et mettent le noyau à nu. L’acide acétique à 30® dissout la totalii des globules. Les acides sulfurique et azotique , le chlore et l’alun , a lieu de les dissoudre, les crispent et les racornissent. Plusieurs dissolu lions salines, telles que celles des azotates et des sulfates de potasse de soude , des chlorures de potassium et de sodium , l’eau sucrée « gommée, les conservent intacts sans les dissoudre , et sans modificatif sensible de kur forme.

Les globules incolores sont infiniment plus rares que les rouges ; ne paraissent contenir que de la matière grasse , et ressemblent à ce» que l’on voit dans le chyle; ils sont sphériques. et non aplatis, pâl(| grenus , et un peu plus gros que les rouges. Ils sont formés d’une é veloppe et d’un noyau simple, ou composé de deux ou trois granuU dont les plus volumineux offrent au milieu une dépression qui a l’apj rence d’une tache obscure. L’acide acétique dissout l’enveloppe de • globules après les avoir ramollis , et n’agit pas sur leurs noyaux.

Sang des animaux invertébrés. — Les globules sont blancs ou à pe colorés ; ils n’ont pas de noyau central ; leur forme est généralemi sphérique et leur surface couverte d’aspérités; leur grosseur varie cl le même individu.

MM. Prévost et Dumas ont ciierclié à déterminer le nombre des ^ baies rouges ou de particules contenus dans le sang veineux et ai lé^ de divers animaux. Voici le résultat de leur travail :

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Le sang artériel renferme plus de particules que le sang veineux. Les )iseaux sont les animaux dont le sang est le plus riche en particules; lies mammifères viennent ensuite , et il semblerait que les carnivores en 3nt plus que les herbivores. Les animaux à sang froid sont ceux qui en oossèdent le moins ; ils ont trouvé, sur 10,000 parties de sang, la com- ’josition suivante:

Sang de la veine basilique de callitriche, 7760 d’eau, 1461 de particules, 779 d’albumine et de sels solubles. Sang des veines du bras d’un homme, 7839 d’eau, 1292 particules, 869 d’albumine et sels solubles. ?ochon d'Inde, 7848 d’eau, 1280 particules, 872 d’albumine, etc. Sang lie la jugulaire d’un chien, 8107 d’eau, 1238 particules, 655 d’albumine, etc. Chat, 7953 d’eau, 1204 particules, 845 d’albumine , etc.

‘ iang de la saphène d’une chèvre, 8146 d’eau , 1020 particules , 834 d’aloumine, etc. (1). Veau (mélange de sang veineux et artériel), 8260 d’eau, ')12 particules, 828 d’albumine, etc. Lapin (jugulaire), 8379 d’eau, 938 ^articules, 683 d’albumine, etc. Cheval (sang veineux), 8183 d’eau, 920 ^articules, 897 d’albumine, etc. Pigeon (jugulaire), 7974 d’eau, 1557 ^articules, 469 d’albumine, etc. Canard (jugulaire), 7652 d’eau, 1501 ^articules, 847 d’albumine , etc. Poule (jugulaire), 7799 d’eau, 1571 (articules, 630 d’albumine, etc. Corbeau, 7970 d’eau , 1466 particules , t(64 d’albumine, etc. Feron (jugulaire), 8082 d’eau, 1326 particules, '(92 d’albumine, etc.

Animaux à sang froid. — Truite, 8637 d’eau, 638 particules, 725 l’albumine, etc. Lotte, 8862 d’eau, 481 particules, 657 d’albumine, etc. Grenouille, 8846 d’eau, 690 particules, 464 d’albumine, etc. Tortue errestre (jugulaire), 7688 d’eau, 1506 particules, 806 d’albumine.

1 inguùle commune (aorte) , 8460 d’eau , 600 particules, 940 d’albumine, etc.

La composition du s^rum varie dans le même animal, et encore plus l’un animal à l’autre , sans qu’il soit possible de lier ce caractère avec ’élal i)hysiologique de l’individu. Il n’en est pas de même particules * lans le plus grand nombre des cas, leur quantité présente une certaine clalion avec la chaleur développée par l’action vitale. (Prévost et Dumas, Annales de physique et de chimie, t. XVIII et XXIII.)

(1) Les globules du sang d’un fœtus de chèvre de quatre à cinq jours ont offert un volume double de celui des mêmes globules chez une chèvre adulte, ce lui établit une différence matérielle entre ces deux litiuides ( l’i cvosi, Jnn. de 'Mm. et dephys., i. XXIX).

Le sang des chats, des moutons et des chiens, a fourni les résultats suivants; 10,000 parties de sang veineux contiennent 8259 d’eau, 8(52 particules, et 879 d’albumine et sels. Dix mille parties de sang artériel du même animal, tiré le lendemain, ont donné 8235 d’eau, 856 particules, et 909 d’albumine, etc. Dix mille parties de sang de la carotide d’un chat robuste contiennent 7938 d’eau, 1184 particules, 878 d’albumine, etc. Dix mille parties de sang, tiré deux minutes après de la jugulaire externe du même animal, fournirent 8992 d’eau, 1163 particules, et 745 d’albumine. Une nouvelle saignée de la Jugulaire, faite cinq minutes après, donna 8293 d’eau, 935 particules, 772 d’albumine. Dix mille parties de sang de la carotide d’un mouton contiennent 8293 d’eau, 935 particules, 772 d’albumine; tandis que la même quantité de sang veineux renferme 8364 d’eau, 861 particules, et 775 d’albumine. Dix mille parties de sang artériel de chien offrent 100 particules de plus que le

sang veineux.

Propriétés physiques du sang. — Chez l’homme , chez les mammifères et chez les oiseaux, le sang est un liquide alcalin, d’un rouge plua ou moins foncé, un peu épais et visqueux, d’une densité plus grandti que celle de l’eau, d’une odeur différente pour chaque animal, d’unti saveur désagréable, et d’une température égale à celle du corps.

L’alcalinité du sang est due à la soude.

La couleur du sang artériel est vermeille, et celle du sangveinein d’un rouge brun, chez l’homme et chez les animaux à sang chaud;, h sang du fœtus offre la même nuance rouge foncée, qu’il soit veineux oi artériel ; il est rouge chez les reptiles , bleuâtre chez les poissons ; il ea blanc, bleuâtre, verdâtre, jaune, orangé, ou d’un brun foncé chez les mollusques, les insectes et les échinodermes, etc.; la sangsue, parnu les invertébrés, est le seul animal dont le sang soit rouge.

U^scos^■^é. Elle diffère suivant les animaux, sans jamais être très-coit sidérable.

Poids spécifique. Il ne varie guère à 15” chez l’adulte que de 1,05 à 1,058; il est plus dense chez l’homme que chez la femme, suiTou pendant la grossesse; il l’est aussi davantage chez les animaux à saii chaud que chez ceux qui ont le sang froid; il y a à cet égard des diff^ rences considérables suivant les âges, les heures des repas, le gcni d’alimentation, les hémorrhagies qui ont pu avoir lieu, les émissioij sanguines qui auront été faites. M. Denis a trouvé 1,075 pour le poi«l spécifique du sang des artères ombilicales. 11 est reconnu quei»lny -^ sang est dense, plus il circule facilement.

Odeur. Elle n’est pas la même dans chaque animal ; elle diffère du'

DU SANG

’homme et chez la femme ; on peut se convaincre de celte vérité, en ,'prsant un excès d’acide sulfurique sur une quantité assez notable de •ang; alors l’odeur est très-sensible. Barruel s’élait tellement exercé à l'e genre d’investigation, qu’il reconnaissait, pns jamais se tromper, à piel animal appartenait le sang sur lequel il expérimentait; mais il y a oin de là à conclure, comme il l’a fait, qu’il serait possible d’appliquer ructueusement cette donnée aux problèmes de médecine légale; en i ffet. Jamais, lorsqu’un expert est appelé pour décider si des taches de ang sont produites par du sang d’homme, de poulet, de punaise^ etc., n n’a à sa disposition , ni à beaucoup près , la quantité de sang néces- ;aire pour développer l’odeur de manière à pouvoir i)ien la caractériser. Sflvew. Elle est en général fort désagréable; les variétés qu’elle préente sont telles qu’il est impossible de les décrire d’une manière générale.

Température. On peut dire que le sang pris au cœur a une lempélalure de 38° à 40°; le sang artériel du ventricule gauche parait d’un egré et un huitième plus chaud que le sang du ventricule droit. Chez ^s oiseaux, la température est plus élevée de 4° ou 5°. Au reste, penlant la digestion et l’exercice, la température est plus forte, tandis u’elle est plus faible pendant l’abstinence et le repos.

Lorsqu’on chauffe le sang, il se coagule ; le coagidumy d’un brun violet, i*rait rougeâtre, et même vert ou d’un blanc verdâtre, si l’on avait ,endu le sang de beaucoup d’eau, et qu’on l’eût privé de la fibrine. Si, près avoir desséché le sang, on le chauffe jusqu’à ce qu’il soit décomosé, on obtient tous les produits que fournissent les matières azotées,

. un charbon volumineux difficile à incinérer (voy. p. 4}.

Coagulation du sang. — Abandonné à lui-même, le sang se sépare en •;ux parties: l’une, liquide, constitue le sérum; l’aulre, solide, porte : nom &Q caillot, de cruor , A'insula. Le sang veineux de l’homme en nnté se résout en:

Caillot

Sérum

Fibrine

Le caillot contient :

Globules

Hématosine

Matières albuminoïdes .

i Le sérum

Matières grasses et séroline (voy. p. 715). .

Les proportions respectives de sérum et de caillot sont loin d’étre toujours les mêmes; on pense généralement que le sérum constitue A peu près les ^4 du poids du sang, tandis que le caillot humide et non exprimé représenterait le quart de ce poids. Chez l’homme, le caillot renfermerait plus de principes constituants que chez la femme ; il serait plus abondant dans les tempéraments sanguins que dans les tempéraments lymphatiques. L’âge, du moins de 20 à 60 ans, ne paraît pas influer sur la quantité de caillot.

Le sérum est un liquide jaune verdâtre ou jaune rougeâtre, nuances que l’on attribue à des traces de pigment biliaire ou d’hématosine qu’il tient en dissolution ; il est laiteux si le sang a été recueilli pendant la digestion , ce qui tient à la présence des matières grasses contenues dans le chyle qui a été mêlé avec le sang ; sa saveur est salée et fade , sa densité varie de 1,027 à 1,029. Il est alcalin et coagulable à 76°, à raison de l’albumine qu’il renferme; desséché et traité^par l’alcool bouillant, il laisse déposer la séroline. Les acides, les alcalis, etc., agissent sur lui â peu près comme ils le feraient avec une dissolution d’albumine.

Caillot. — Il semble formé 'par une trame fibrineuse dans les ré-* seaux de laquelle sont logés les globules rouges , et qui est imbibée d’un* certaine quantité de sérum ; c’est une sorte de gelée rouge , ferme, et qui se laisse pénétrer par le sang; il est plus dense que le sérum; exposé .i l’air, il devient d’un rouge clair à sa surface, tandis qu’à l’intérieur ij est d’un ronge brun.

Coagulation du sang. — Que se passe-t-il pendant cette coagulai tion ; à quelle cause faut-il l’attribuer? Ce n’est guère que 5 à 10 niij mites après l’extraction du sang de la veine que la coagulation coirj mence , et elle n’est complète qu’au bout de quelques heures. L sang acquiert la consistance d’une gelée molle, et l’on voit suintu à sa surface des gouttelettes de sérum qui sont comme exprimées de | masse du caillot. Pour bien comprendre ce qui arrive, il faut savoi que le sérum du sang tient en dissolution la fibrine, et que les globul#j rouges n’y sont que suspendus; en effet, que l’on filtre, à l’aide dul papier mouillé, du sang de grenouille récemment extrait de la veinaj les globules resteront sur le filtre, parce qu’ils sont assez gros pour i|i pas passer à travers le papier, tandis qu’il filtrera un liquide contenad la fibrine; et cela est tellement vrai, qu’au bout d’un certain temps il ' déposera de ce liquide un caillot de fibrine incolore, visible au micror cope, surtout lors((u’on l’aura rassemblé à l’aide d’une aiguille. C!el' expérience ne donnerait pas les mêmes résultats si , au lieu d’agir s| du sang de grenouille, on prenait du sang d’homme ou des mammifère'

DU SANG. 727

)arce que ee sang est trop visqueux , et que ses globules rouges sont ssez petits pour passer à travers le papier. On voit, d’après ces faits, :[ue, dès que le sang a cessé de vivre et pendant la coagulation, la ibrine se dépose, entraînant avec elle les globules rouges, tout comme 'albumine soluble entraîne avec elle, aussitôt qu’on la coagule par a chaleur, les corpuscules qui troublaient les liquides que l’on clierche clarifier ; on explique aisément aussi pourquoi le sang, que l’on a déibriné en l’agitant vivement avec des verges, ne se coagule plus : c’est u’alors la fibrine seule a été déposée sous forme de filaments blanchâres, tandis que les globules rouges ont été séparés de la fibrine à meure que l’on agitait le sang.

Pendant la coagulation, les globules rouges ne se distribuent pas l’une manière uniforme dans le caillot; on en trouve beaucoup plus à la partie inférieure que dans les couches supérieures.

Le sang des oiseaux est celui qui se coagule avec plus de rapidité; la oagulation est lente dans le sang des reptiles et des poissons, et trèsaible ou môme nulle chez les animaux invertébrés.

Quelle est la cause de la coagulation du sang? On l’ignore; mais on ait , 1° qu’elle a lieu dans le vide, à, l’air, à un courant de gaz oxygène, '’hydrogène ou d’acide carbonique; 2° qu’elle ne se manifeste pas à un ,rand froid, et que la température la plus favorable pour la déterminer ■st celle de 38° à 40° c. (température du corps vivant); 3° qu’elle est avorisée par l’électricité; 4° qu’elle est plus rapide dans un air sec que )ar un temps humide; 5° qu’elle est retardée par le contact du sang vec les membranes animales; 6° qu’elle est. empêchée par les acides itendus et par 30 grammes sur 180 de sang, de sulfate de soude, d’azoate et d’acétate de potasse, de chlorures de potassium et de sodium , de )orate de soude, par les azotates de strychnine et de morphine, la nicotine , une dissolution d’opium; 7° qu’elle est également empêchée par es carbonates, les acétates, les borates et les tartrates, en dissolution concentrée, tandis que les sulfates, les borates et les tartrates étendus l’eau la favorisent; 8° qu’elle est accélérée par des dissolutions de tomme, de sucre, d’amidon , et par les décoctions de digitale, de tabac, ûnsi que par l’éther et l’alcool.

Propriétés chimiques du sang'.— Si l’on agite, avec du gaz oxygène )u avec l’air atmosphérique, du sang veineux battu et déi)0uillé d’une 'crtaine quantité de fibrine, il devient d’un rouge écarlate; avec l’oxyjène pur, il n’y a point d’absorption sensible, d’après Davy, tandis qu’avec l’air il se formerait un volume d’acide carbonique égal ;1 celui tle l’oxygène absorbé. Le gaz azote n’altère point la couleur du sang

veineux. Le gaz bioxyde d’azole le rend pourpre foncé, et il y a absorption de 0,125 du gaz. Le protoxyde d’azote le fait passer au pourpre plus vif, et le gaz est en partie absorbé. Avec l’acide carbonique , il devient rouge brunâtre, et il y a une légère absorption. Le bicarbure d’hydrogène gazeux lui communique une belle couleur rouge d’une nuance plus foncée que celle que lui fait prendre l’oxygène; il y a absorption d’une petite portion du gaz. Le chlore lui donne une couleur foncée presque noire. Le sang artériel, placé dans le vide , acquiert la couleur du sang veineux; il en est de même avec le gaz hydrogène, et, dans cet état, il ne reprend plus la couleur écarlate par l’action ultérieure de l’oxygène. Avec le gaz azote et l’acide carbonique, mais surtout avec le gaz hydrogène, il devient de couleur foncée , comme celle du sang veineux (Priestley, Girlanner, Hassenfratz, Fourcroy).

Presque tous les acides un peu forts précipitent le sang en s’unissant à l’albumine qu’il renferme. J’ai déjà dit que Barruel, en agitant le sang de diverses espèces d’animaux avec de l’acide sulfurique concentré, avait vu qu’il se dégageait une odeur différente pour chacun d’eux, et parfaitement analogue à celle que répand l’animal lui-même. D’après M. Matteucci , l’odeur qu’exhale le sang de chèvre serait due à un mélange d’acide lactique et d’un acide analogue à l’acide caproïque; du moins telle est la composition du liquide qui se volatilise en traitanl par l’acide sulfurique le sérum du sang de chèvre évaporé. On sail aussi que le lait, le jaune d’œuf, le sperme, la salive, la sueur, les larmes, l’albumine, les liqueurs amniotique, allantoïque, et du chorionj se comportent de la même manière (voy. Journ. de pharm., noveni bre 1829). La plupart des sels métalliques des six dernières classes précipitent le sang. La potasse et la soude exercent une action contraire le rendent plus fluide, et empêchent sa coagulation en dissolvant h fibrine , qui tend à se précipiter. L’alcool s’empare de l’eau qu’il con lient, et en précipite l’albumine, la fibrine, la matière colorante, e plusieurs sels. Le sang humain n’a point d’usages (voyez, pour la ma nière de reconnaître les taches de sang, ma. Médecine légale, 4® édition).

Sang des femmes pendant l’ allaitement. — MM. Natalis Guillot e Leblanc viennent de constater que ce sang lient en dissolution de 1 caséine. En examinant le sang de deux nourrices en pleine lactation ils ont vu que son sérum, après avoir été privé d’albumine par 1 coagulation à chaud .et la filtration, donnait un précipité blanc ahon danl lorsqu’on le faisait bouillir avec quelques goulfes d’acide acéliiiuM et ils ont reconnu dans la dissolution tous les caraclères de la caséine ji

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