DU SANG DANS LES MALADIES
comme gélatineux. MM. Andral et Gavarret ont également vu que, dans lie scorbut, la fibrine est au-dessous de sa proportion normale.
Sang des diabétiques. — Suivant Nicolas et Gueudeville, le sang des .diabétiques renferme beaucoup plus de sérum que dans l’état sain ; il contient très-peu de fibrine, et parait peu animalisé. Muller de Medebach , Rees et Bouchardat , ont prouvé que ce sang contient de 1 à 1 ,8 de .glucose pour 1,000 parties de sérum. Bouchardat a constaté qu’après vingt-quatre heures d’extraction , il n’y avait plus de sucre, ce qui rend raison de la diversité des résultats obtenus par quelques chimistes, qui •avaient été jusqu’à nier la présence du glucose dans le sang des diabéliques.
Sang des ictériques. — l\ renferme tous les matériaux qui constituent le sang à l’état physiologique, puis les deux principes colorants qui ■existent dans la bile, et un composé d’albumine et de soude, peu ou [point soluble dans l’eau; mais il contient une quantité beaucoup moins isensible de matière colorante rouge : ainsi mille parties de ce fluide, [pris dans un cas d’ictère, ne renfermaient que 77 p. de matière coloirante rouge, tandis que chez deux sujets non ictériques , dont le sérum L'Ju sang offrait une couleur jaune très-prononcée, la même quantité de 'Sang en contenait 128 parties (M. Lecanu). Déjà, depuis plusieurs an- ! nées, on avait annoncé avoir retiré du sang des enfants atteints d’ictère les deux principes colorants jaune et bleu qui existent dans la bile humaine et dans celle de plusieurs mammifères.
Dans l’ictère avec rétention de bile et décoloration des évacuations , .^MM. Becquerel et Rodier ont trouvé que le sang contenait une quantité ' considérable de cholestérine.
Après avoir analysé le tissu cutané, le sang et le liquide épanché dans i le tlïorax de plusieurs enfants ictériques de naissance , et le tissu adiipeux d’un mouton, coloré en jaune foncé, M. Lassaigne annonça, en 11826, que la matière qui colorait ces parties jouissait de la plupart des I propriétés du principe colorant de la bile; qu’à la vérité les autres éléf.ments de cette liqueur ne s’y trouvaient point, et qu’il ne répugnait Ipas à admettre que ce principe colorant, sans tirer son origine de la ■bile, pût présenter tous les caractères de celui qui existe dans celle i humeur; il terminait en disant que, dans l’état actuel de la science, on ' ne saurait regarder comme prouvée la présence de la bile dans les organes et dans les liquides des ictériques (Journ. de chim. méd.). Je pense, ' en effet, que si les recherches qui précèdent établissent des probabilités en faveur de l’existence de la bile dans le sang des ictériques, elles
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sont insuffisantes pour meüre le fait hors de doute , et que de nouvelles expériences sont encore nécessaires sur ce point.
Sang dans la fièvre dite putride. — Suivant Deyeux et Parmentier, ce sang ne forme pas toujours de couenne; il est semblable au précédent, et il ne renferme point û' ammoniaque.
Sang dans le choléra asiatique. — Il n’est remarquable que par une petite quantité de fibrine et par une moindre alcalinité du sérum; il n’est pas acide, comme l’avait indiqué Hermann.
Sang blanc ou laiteux. — M. Lecanu a fait, en mars 1835, l’analyse du sang tiré de la veine médianë basilique d’un malade confié aux soins du docteur Simon, et qui éprouvait, entre autres accidents graves, une gêne extrême de la respiration, des crampes, etc. Ce sang ressemblait à une bavaroise légèrement rosée , et contenait 794 parties d’eau, 64 d’albumine, à peu près comme à l’état normal, 117 de matière grasse, savoir : savon acide, cholestérine, oléine, margarine, et stéarine (on sait que ces trois dernières n’ont pas encore été signalées dans le sang des individus sains), enfin 25 de sels et de matières extractives. La fibrine, et surtout la matière colorante, avaient presquei entièrement disparu {Journ. depharm., juin 1835). Déjà M. Chrislison avait signalé un fait analogue en 1830 (voy. Journ. de chim. méd., (. VI) „ et en 1831 (voy. t. VII), M. Lassaigne avait retiré du sérum blanc laiteux extrait du sang d’une ânesse une proportion considérable de matière grasse blanche du cerveau.
Sang examiné après des lésions extérieures , telles que blessures , irritations chimiques, etc. — D’après M. Zimmermann, la quantité des parties solides est diminuée, et celle de la fibrine augmentée. Dans les suppurations considérables et la diarrhée sanguinolente, la fibrine augmente aussi d’une manière notable, et, dans tous ces cas, elle se déposa beaucoup plus lentement que dans l’état ordinaire {Journ. de pharm.p décembre 1849).
Je crois, en terminant ce qui se rapporte à la composition du san^ dans diverses maladies, devoir faire connaître les résultats obtenus par MM. Becquerel (Alfred) et Rodier.