DES CALCULS BILIAIRES, INTESTINAUX, ETC
blanches, brillantes et cristallines, d’autres paraissent entièrement composées de lames jaunes ; il y en a qui sont jaunes intérieurement , et dont la surface externe est verte ou d’un brun noirâtre; toutes, excepté celles qui sont blanches , renferment des atomes de bile que l’on peut séparer par l’eau.
Je fis, en 1812, l’analyse d’un calcul biliaire trouvé chez une jeune fille de quatorze ans, iclérique de naissance, et qui conserva l’ictère pendant toute sa vie ; je le trouvai formé de beaucoup de matière jaune, de très-peu de matière verte , et d’une très-petite quantité de la substance désignée alors sous le nom ûepicromel : il ne contenait point de cholestérine. J’ai vu depuis que John avait analysé, en 1811, un calcul biliaire dans lequel il avait également trouvé du picromel.
M. Thénard pense que ces calculs se forment dans les canaux biliaires, d’où ils passent dans la vésicule du fiel , et plus rarement dans les intestins. L’expérience prouve que le remède de Durande , composé d’éther et d’huile essentielle de térébenthine, a été souvent efficace pour faire disparaître les concrétions dont je parle. M. Thénard croit, avec raison, que ce médicament agit plutôt en déterminant leur expulsion pâlies intestins, qu’en les dissolvant.
Glaube et Brandes ont trouvé dans les calculs biliaires de l’homme: cholestérine de 56 à8t,77, résine biliaire de 8 à 5,66, matière colorante de 7,57 à 15, albumine coagulée 9 ou pas du tout; mucus de 6,25 â 13,26; albumine soluble, mucus et sels, 3,63.
Calculs du canal digestif de l’homme. — MM. Thénard, Robert, de Rouen, et Vogel, ont examiné plusieurs calculs intestinaux qui étalent entièrement semblables aux précédents. MM. Marcet et Wollaston disent en avoir vu plusieurs fois de "nature caséeuse. Vauquelin en a analysé un qui paraissait formé par du mucus desséché. M. Braconnot en a vu plusieurs qui avaient été vomis avec du sang par une fille non réglée , et qui étaient semblables à du bois. M. Lassaigne en a trouvé qui étaient composés de 74 parties de stéarine, d’élaïne et d’un acide particulier, de 21 parties d’une matière analogue à la fibrine, de 4 parties de phosphate de chaux, et de 1 partie de chlorure de sodium; et M. Dublanc en a analysé qui étaient formés d’une très-grande quantité défibriné, d’un peu de matière grasse et de phosphate de chaux; ils avaient été rendus, les premiers, par une jeune fille phthisique, et les autres par un enfant atteint d’une entérite aiguë. M. Moride a analysé un calcul intestinal rendu par un capilaine au long cours, et l’a trouvé formé de 5 de matière animale, de 6 de phosphate de chaux , de 1 de carbonate dt;
chaux provenant d’un oxalate, et de 1 de sels alcalins solubles et de magnésie. Ge calcul était en aiguilles cristallines , semblables à des crins coupés, d’un jaune-serin, et canaliculées {Journ. de chim. médic., novembre 1850).
C aïeuls de bœuf. — Ils sont formés, d’après M. Thénard, par la matière jaune de la bile, qui se dépose aussitôt qu’elle est abandonnée par son dissolvant, la soude; ils ne contiennent point de matière grasse, parce que celle-ci est retenue dans la bile de bœuf par le picromel , avec lequel elle a beaucoup d’affinité. M. Chariot, au contraire, les dit formés d’acide margarique, de mucus animal, d’une matière colorante jaune résineuse, qui domine les autres substances , de chaux et de magnésie {Journ. depharm.j 1832).
Les calculs biliaires de chien, de chat, de mouton, et de la plupart des quadrupèdes, n’ont pas été analysés; ils sont également regardés par M. Thénard comme composés de matière jaune, puisque la bile de ces animaux est formée des mêmes principes que celle du bœuf ; toutefois M. Lassaigne a analysé, il y a quelques années, un calcul biliaire de truie , qu’il a trouvé formé, pour 100 parties, de 6 de cholestérine, de 44,95 de résine incolore, de 3,60 de bile, et de 45 de matière animale et de résine verte altérée.
Bézoard oriental. — On désigne ainsi des calculs biliaires qui paraissent se former dans l’estomac de certaines antilopes. Ils contiennent de l’acide lithofellique, analogue aux corps gras (voy. p. 400).
Calculs rénaux de l’homme. — Bergmann est le premier qui ait annoncé l’existence de l’acide oxalique dans un de ces calculs, et celle de l’acide urique uni à une matière animale et à un peu de chaux , dans un autre. Fourcroy en a trouvé qui étaient'formés d’acide urique, et qui offraient quelquefois à leur surface des cristaux irréguliers, composés probablement de phosphate d’ammoniaque et de phosphate de soude. D’après Brande , ils consistent presque entièrement en acide urique et en matière animale : quelquefois aussi ils renferment de l’oxalate de chaux. M. Gaultier de Glaubry a analysé quatre calculs trouvés dans le rein gauche d’un homme, et dont chacun offrait un noyau d’oxalate de chaux et une couche extérieure d’acide urique. Marcet en a examiné trois qui étaient entièrement composés d’oxyde cystique. Enfin , d’après M. Boussingault, un de ces calculs aurait fourni beaucoup de sesquioxyde de fer, de l’alumine, de l’acide silicique, de la chaux et de l’eau. Mais est-on certain que celte matière ait été réellement rendue par les voies urinaires ?
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Un calcul rénal d’un chien, analysé par M. Lassaigne, contenait 888 de sous-urale d’ammoniaque, 10,2 de phosphate de chaux, 1,0 d’oxalate de chaux.
DES CAECVLS VÉSICAUX.
Les calculs vésicaux, regardés par Scheele comme de l’acide lithique (urique), présentent dans leur composition et dans leurs propriétés physiques des différences assez marquées pour que l’on en admette quinze espèces. Le beau travail de Vauquelin et Fourcroy, dans lequel on trouve six cents analyses de ces sortes de calculs, et les recherches plus récentes de MM. Marcet et Wollaston , mettent cette assertion hors de doute. Voici les substances qui entrent dans la composition de ces espèces.
1° Acide urique. — Ils sont jaunes ou d’un jaune rougeâtre; leur poudre ressemble à la sciure de bois; chauffés, ils s’enflamment sans laisser de résidu ; ils sont insolubles dans l’eau , et solubles dans un excès de potasse et de soude, sans dégager à' ammoniaque ; l’urate alcalin produit précipite des flocons blancs d’acide urique lorsqu’on le traite par l’acide chlorhydrique. Chauffés légèrement et jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine avec un peu d’acide azotique, ils développent une couleur pourpre magnifique, dont l’intensité augmente beaucoup en l’exposant à l’action du gaz ammoniac.
2" Urate d’ ammoniaque. — Ils sont d’un gris cendré; ils agissent comme les précédents sur les alcalis , excepté qu’il se dégage de I’a7nmoniaque pendant leur dissolution ; ils fournissent , lorsqu’on les décompose par le feu ou par l’acide azotique , les mêmes produits que l’acide urique.
3® Oocyde cystique ou cystine. — Wollaston désigne ainsi une substance qu’il a découverte dans un calcul vésical humain , et qui a été trouvée depuis par M. Marcet, dans trois calculs rénaux, par M. Lassaigne, dans un calcul vésical d’un chien, et par M. Stromeyer, dans la gravelle et dans l’urine d’un malade : cette urine en contenait beaucoup et renfermait à peine de l’acide urique; l’urée qui entrait dans sa composition n’était pas dans son état normal. J’ai décrit, à la page 670, la cystine pure; il ne me reste à parler que des propriétés de la matière qui forme le calcul. Il est sous forme de cristaux confus, jaunâtres, demi -transparents , insipides , très-durs , ne rougissant pas Vinfusum, de tournesol. Distillé, il se comporte comme les matières azotées (voy. pag. 4); projeté sur des charbons ardents , il dégage une odeur d’ail très-prononcée,
et il fournit une huile extrêmement fétide; il parait contenir moins d’oxygène que l’acide urique ; il est insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans le carbonate neutre d’ammoniaque; il se dissout à merveille dans les acides azotique , sulfurique, phosphorique, chlorhydrique et oxalique; les autres acides végétaux ne le dissolvent point; le chlorhydrate, Tazotate et l’oxalate, cristallisent en aiguilles d’un blanc nacré ; le sulfate et le phosphate sont sous forme d’une masse gommeuse déliquescente; on peut le précipiter de ces dissolutions par le carbonate d’ammoniaque; la potasse, la soude, l’ammoniaque et la chaux, peuvent aussi le dissoudre, et donner des produits cristallisables; le solutum est précipité par les acides citrique et acétique; ce dernier, versé dans une de ces dissolutions chaudes, donne par le refroidissement des hexagones aplatis.
4" Oxyde œanthique. — M. Marcet, et, depuis, Laugier, ont analysé chacun un calcul auquel le premier de ces chimistes a donné le nom d’oxyde xanthique , de ^av6o;, jaune. Le calcul décrit par M. Marcet était sphéroïdal, et du poids de 40 centigrammes; sa texture était compacte, dure et lanielleuse; sa surface très-polie. Il étaif d’une couleur cannelle foncée , qui devenait très-vive quand on versait des alcalis caustiques sur le calcul en poudre; entre les lames rouges, on apercevait des lignes blanchâtres faibles; lorsqu’on le chauffait, il noircissait, exhalait une odeur ânimsde particulière ^ et donnait une liqueur ammoniacale, du carbonate d’ammoniaque cristallisé, une huile jaunâtre, et un peu de cendre blanche; il était sq^uble dans l’eau, et la dissolution rougissait le tournesol; il était soluble dans la potasse, dans 1 ammoniaque et dans les alcalis carbonatés; il était moins soluble dans les acides; il n’était pas noirci par l’acide sulfurique concentré; la dissolution azotique, évaporée jusqu’à siccité, donnait un produit d’un jaune-citron brillant ; il était insoluble dans l’alcool et dans l’éther ( voy. Xanthine (oxyde xanthique), p. 671).
5" Calcul fibrineux. — M. Marcet a également fait l’analyse d’une espèce de calcul appelé fibrineux, à cause de ses propriétés. Il avait une couleur brune jaunâtre, semblable à celle de la cire d’abeille, dont il avait à peu près la dureté; sa surface était inégale, mais non rugueuse au loucher; sa texture était plus fibreuse que stratifiée, et ses fibres allaient en rayonnant du centre à la circonférence; il était un peu élastique; exposé à la flamme d’une lampe à alcool, il brûla, noircit en ré[)andant une odeur animale particulière , et finit par laisser du charbon ; il était soluble dans l’eau et dans l’acide chlorhydrique ; l’gçide azotique le dissolvait également, mais la dissolution ne pro-
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duisait pas de matière jaune ou rouge lorsqu’on l’évaporait, ce qui prouve que le calcul n’était formé ni par l’oxyde xanthiqiie, ni par l’acide urique.
6° Oxalate de chaux (calculs mûraux). — Ils ont une couleur grise ou brune foncée; ils sont formés de couches ondulées, et offrent à leur surface des tubercules ordinairement arrondis et semblables à ceux des mûres; comme tous les oxalates , ils sont décomposés à une (empérature rouge, et laissent pour résidu de la chaux ou du carbonate de chaux , suivant que la chaleur est plus ou moins élevée (voyez les caractères de ces deux substances, t. I, p. 403 et 406); ils sont décomposés par une dissolution de potasse, à l’aide de la chaleur, et il se forme de l’oxalate de potasse et de la chaux plus ou moins carbonatée (Laugier).
V Acide silicique. — Ils ressemblent assez aux précédents, mais ils sont moins colorés; leur poids ne diminue pas sensiblement par la calcination, et le résidu est insipide, insoluble dans les acides, et vitrifiable par les alcalis (Vauquelin et Fourcroy).
8° Phosphate ammoniaco- magnésien. — Il est blanc, cristallin et demi-transparent; lorsqu’on le traite par la potasse, la soude, etc., il est décomposé; l’ammoniaque se dégage, la magnésie se précipilc, et il se forme du phosphate de potasse. : il est soluble dans l’acide sulfurique.
9® Phosphate de chaux. — Il est opaque et en masses incolores ; il est insoluble dans les alcalis, et ne dégage point d’ammoniaque; il ne se dissout point dans l’acide sulfurique, qui le décompose avec dégagement de chaleur, et forme du sulfate de chaux épais comme un magma; il se dissout à merveille dans les acides azotique et chlorhydrique.
10° Matière animale. — Presque tous les calculs renferment une matière animale dont on ne connaît pas la nature, et qui, suivant M. Thénard, pourrait bien n’étre que du mucus de la vessie altéré.
Il" Matière grasse. — En 1825, M. Chevallier annonça avoir retiré utic matière grasse de plusieurs calculs urinaires. M. Ernest Barruel a également reconnu cette matière dans plusieurs calculs qu’il a analysés en 1831. Voici les caractères qu’il lui a assignés: elle est onctueuse, de couleur fauve, d’une odeur nauséabonde, se gonflant dans l’eau sans s’y dissoudre, comme le ferait la matière grasse du cerveau, fusible entre 50° et 60°, et graissant le papier.
Après avoir parlé des différentes substances qui entrent dans la corn position des six cents calculs examinés par Fourcroy et Vauquelin,
806 Deuxième partie.
Wollaston et Marcel, je vais faire connaître les quinze espèces que j’ai déjà annoncées, et dont douze ont été indiquées par les deux chimistes français; tantôt on ne trouvera dans ces espèces qu’une seule des substances énumérées, tantôt il y en aura plusieurs: dans ce dernier cas, il faudra les scier et en examiner les différentes couches; en général, celle qui sera le plus près du centre sera la plus insoluble.
espèce. Acide urique. — Elle formait environ le quart de la collection de Fourcroy et Vauquelin ; 2®, urate d’ammoniaque, rare; 3®, oxalate de chaux, environ un cinquième; 4®, oxyde cystique, très-rare; 5®, oxyde xanthique, idem; calcul fibrineux, idem; 7®, acide urique et phosphate terreux, en couches distinctes, environ un douzième; 8‘^^idem, dans un état de mélange parfait, à peu près un quinzième; 9®, urate d’ammoniaque et phosphates en couches distinctes, environ un trentième; 10®, idem, dans un état de mélange parfait, à peu près un quarantième; lie, phosphates terreux en couches fines ou mêlés intimement, environ un quinzième; 12®, oxalate de chaux et acide urique en couches très-distinctes , environ un trentième; 13®, oxalate de chaux et phosphates terreux en couches distinctes, à peu près un quinzième; 14®, oxalate de chaux, acide urique ou urate d’ammoniaque et phosphates terreux, environ un soixantième; 15®, acide silicique , acide urique, urate d’ammoniaque et phosphates terreux , à peu près un trois-centième.
Formation des calculs vésicaux. — Les matériaux qui entrent dans la composition de ces calculs existent constamment dans l’urine, ou bien s’y trouvent dans certaines circonstances, soit qu’ils aient été produits par une altération du liquide, soit qu’ils aient été introduits avec les aliments ou avec les boissons. Ils sont presque tous insolubles dans l’eau: il peut donc arriver que quelques-uns d’entre eux, par des causes particulières, se trouvent en beaucoup trop grande quantité pour pouvoir être dissous parle liquide; alors ils se déposent en partie, et forment un noyau autour duquel de nouvelles portions viennent se joindre pour le grossir. Il peut aussi se faire que des corps étrangers, tels que des épingles, du sang, de l’étain , etc., soient introduits dans la vessie, et déterminent la précipitation d’un ou de plusieurs des matériaux qui abondent dans l’urine. On ignore encore si tous les calculs prennent leur origine dans les reinsou dans la vessie; ceux qui sont composés d’acide urique ctd’oxalale de chaux se forment souvent dans les reins, surtout les premiers; il est probable qu’il en est de même des autres, du moins dans certaines circonstances. Dans le cas où le calcul renferme différents ma-
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tériaux, celui qui esl le plus insoluble se dépose le premier , et forme le noyau; la dernière couche est composée de la substance la moins insoluble.
Traitement des calculs vésicaux. — On a beaucoup prôné autrefois les lithonlripliques ou dissolvants des calculs vésicaux, et on a conseillé d’injecter tour à tour dans la vessie des acides ou des alcalis faibles. Ces moyens sont généralement abandonnés aujourd’hui, parce qu’ils sont irritants et le plus souvent inutiles: en effet, supposons même que leur emploi ne soit suivi d’aucun inconvénient, comment savoir le lithontriptique que l’on doit employer lorsqu’on ne connaît pas la nature du calcul que l’on cherche à détruire? On pourrait, à la vérité, par l’analyse de l’iirine, connaître les principes qui y dominent, et présumer par là quelle peut être la nature de la pierre; mais ces analyses, dificiles pour les personnes peu exercées dans les opérations chimiques, ne fourniraient jamais que des données approximatives. L’expérience a prouvé que les boissons abondantes, le bicarbonate de soude, et la magnésie pure, étaient les remèdes les plus efficaces pour faire cesser la disposition calculeuse, et rendre soluble le gravier qui aurait déjà pu se former, dans les cas où il serait composé d’acide urique (ce qui arrive le plus ordinairement). Je crois que ces médicaments agissent à la fois en facilitant la dissolution des petites concrétions et en modifiant les propriétés vitales des reins. On conçoit aisément que ces moyens ne doivent être d’aucune valeur lorsque le calcul a déjà acquis un certain volume et beaucoup de dureté.
M. Jules Cloquet, après avoir prouvé que l’eau distillée à la température de 32° dissolvait des quantités notables des calculs les plus insolubles, a imaginé un appareil à l’aide duquel il peut faire arriver dans la vessie 60 litres de ce liquide dans vingt-quatre heures. Les malades supportent bien cette médication ; mais il est à craindre qu’on ne puisse pas en tirer un grand parti pour dissoudre les calculs, parce qu’elle n’agit pas avec assez d’énergie.
MM. Prévost et Dumas ont tenté, il y a quelques années , la dissolution des calculs vésicaux au moyen de la pile électrique. Il résulte de leurs expériences , 1° que les calculs formés par des combinaisons salines sont décomposés, l’acide se porte au pôle vitré, et la base au pôle résineux; 2° que ces acides et ces bases ne tardent pas à se combiner de nouveau pour reformer le sel, mais que celui-ci est en masses tellement friables, qu’on peut les réduire en petits grains cristallins par la plus légère pression ; 3" que l’on observe des effets analogues lorsqu’on agit sur des calculs contenus dans la vessie des chiens; 7“ qu’il ne se déve-
loppe aucun accident fâcheux sur la vessie des animaux soumis à l’influence du courant électrique; 5° que la pile ne peut être d’aucun avantage lorsque le calcul est formé d’acide urique, ou lorsque cet acide entre pour beaucoup dans sa composition. (Voy. Ann. de phys. et de chim., juin 1823.)
Le D*" Bonnet a communiqué à l’Institut des expériences ayant pour objet de dissoudre les calculs urinaires à l’aide de l’azotate de potasse et de la pile électrique; on conçoit, en effet, que l’électricité, en décomposant le sel, mette à nu l’acide azotique et la potasse, qui se rendent chacun à l’un des pôles de la pile; si le calcul est formé d’acide urique, il sera dissous du côté où se trouve la potasse, tandis que la dissolution s’opérera du côté de l’acide s’il est composé de phosphates. Les réactions dont il s’agit n’ont été ni assez promptes, ni assez puissantes, pour que l’on doive mettre en pratique l’ingénieuse idée du D*' Bonnet; de nouveaux travaux de ce genre conduiront peut-être à des résultats plus heureux. iJourn. de chim. méd., août 1835.)
Calculs urinaires du cheval. — Ces calculs sont en général formés de carbonate de chaux et d’un à deux centièmes de carbonate de magnésie, de matière animale; quelquefois on en a trouvé qui contenaient aussi du phosphate de chaux, du phosphate d’ammoniaque, de l’oxyde de fer , etc. (Fourcroy, Vauquelin, Pearson , Brande, Wurzer, Lassaigne,‘etc.). On peut en dire autant des calculs vésicaux de bœuf et de vache.
Les calculs vésicaux dés animaux carnivores renferment en général du phosphate ou de l’oxalate de chaux, et peu ou point de carbonate. Ceux des chiens peuvent être rapportés aux cinq espèces suivantes : 1° phosphate ammoniaco-magnésien, traces de phosphate de chaux (trèscommune); 2° phosphate ammoniaco-magnésien, phosphate de chaux en quantité variable (très-commune); 3" urate d’ammoniaque mélangé de phosphate de chaux en quantité variable (peu commune); 4” oxalale de chaux cristallisé pur (rare) ; 5° oxyde cystique avec traces de phosphate de chaux (très-rare). (Lassaigne.)
M. Chevreul a analysé des concrétions trouvées dans les vaisseaux urinaires d’un rein de bœuf, et les a trouvées formées de matière organique azotée, d’huile phosphorée du sang, d’une substance provenant de la modification d’un principe immédiat existant dans la bile et la chair musculaire de l’animal, enfin de matières inorganiques, telles que des carbonates de chaux et de magnésie, du phosphate de chaux, du phosphate ammoniaco-magnésien , de l’acide silicique et des traces de sels de potasse et de soude. Il n’y avciit ni acide urique ni acide oxalique, {Journ. de pharm.f septembre 1849.)