DES CONCRÉTIONS DE DIFFÉRENTS ANIMAUX. 8 H
e matière animale et de phospliate acide de chaux , mêlé (juelquefois ’un peu de phosphate de magnésie.
Deuxième espèce. — Bézoards demi-transparents , jaunâtres, en coudies concentriques : ils sont composés de phosphate de magnésie et de lidatière animale ; quelquefois aussi ils renferment un excès d’acide.
Troisième espèce. — Bézoards en rayons divergents, bruns ou vercâtres, très-volumineux et très-communs chez les animaux herbivores Il U granivores : ils contiennent du phosphate ammoniaco-magnésien et li u gluten.
Quatrième espèce. — Bézoards intestinaux biliaires, d’un rouge brun, vomposés de grumeaux agglutinés et formés par la matière grasse hui=î Lîuse de la bile. D’après M. Thénard , ces concrétions ne seraient que de matière jaune de la bile.
Cinquième espèce. — Bézoards intestinaux résineux , en couches i’sses, polies, fragiles, douces au toucher: ils paraissent formés d’une matière analogue à la substance biliaire, et d’une autre résineuse, sèche It incolore; ils sont fusibles : les bézoards orientaux appartiennent à (ette espèce.
Sixième espèce. — Bézoards intestinaux fongueux ; on y trouve les tébris du boletus igniarius (amadouvier), et un peu de matière animale : ils sont quelquefois recouverts d’une croûte de phosphate amiQoniaco-magnésien.
Septième espèce. — Bézoards intestinaux pileux ( égagropiles ) : ils ont bruns, jaunes, fauves, etc. ; il.^sont formés de poils que les animaux avalent , et qui sont souvent mélés de foin, de paille, de racines, ’écorces, etc. John a remarqué que le poil qui constituait l’égagropile ifférait dans chaque espèce d’animal : ainsi, chez le cerf, il est formé te poil de cerf, chez le chamois, de poil de chamois, etc. Suivant ' ’ourcroy, on doit ranger parmi ces bézoards les concrétions composées • e matière fécale durcie.
Concrétion du cloaque d’un vautour. — Suivant John, elle était forifiée d’acide urique pur, d’urale de chaux, d’urale alcalin, de gluten nimal, et d’un atome d’urate d’ammoniaque.
Concrétions de la vessie d’un cochon. — Elle était composée de 995 de i'hosphate ammoniaco-magnésien , et de 4 de ciment animal (Caventou ). '^auquelin a analysé une concrétion de la vessie d’une tortue qui paraissait contenir de l’acide urique.
Concrétion trouvée dans les rems de l’esturgeon. — Albumine, 2; rau,24; phosphate de chaux, 71,50; sulfate de chaux , 0,60 ( Klaproth ). ■’oiircroy et Vauquelin , en examinant la concrétion d’un poisson, y
IroLivèrenl, du carbonate de chaux, un peu de pliospliale de cliaux, et des substances muqueuses et membraneuses.
DE QUELQUES AUTRES MATIÈRES PARTICULIÈRES A CERTAIMES CLASSES U’AAIMAUX..
Mammifères. — Musc. On trouve dans le Thibet et dans la grande Tarlarie des animaux analogues au chevreuil, que l’on appelle chevrotins, et qui offrent en avant du prépuce du mâle une poche renfermant le musc, sous forme de grumeaux amers et très-odorants: celui que l’on débite dans le commerce contient ordinairement de la graisse ou des résines. D’après MM. Guibourt et Blondeau, le musc dit tonquin est composé d’eau,' d’ammoniaque, de stéarine, d’oléine, de cholestérine, d’une huile volatile , d’une autre huile acide combinée à l’ammoniaque, de gélatine, d’albumine, de fibrine, d’une matière très-carbonée soluble dans l’eau, de chlorhydrate d’ammoniaque , de chlorures de potassium et de calcium,, d’un acide indéterminé, en partie saturé par les mômes bases, d’un sel calcaire soluble à acide combustible, de carbonate et de phosphate de chaux , de poils et de sable. Le musc est trèsinflammable; il est en partie soluble dans l’eau et dans l’alcool, et il jouit des propriétés antispasmodiques les plus énergiques.
Civette. — Cette substance se trouve dans une vésicule située près de l’anus du viverra civetta, petit quadrupède d’Afrique, de l’Arabie et des Indes; sa consistance est à peu prts comme celle du miel; son odeur est très-forte , sa saveur un peu âcre, et sa couleur d’un jaune pâle ; on ne s’en sert que dans la parfumerie. Elle contient, suivant M. Boutron- Charlard, de l’ammoniaque libre, de la stéarine, de l’élaïne, du mucus, de la résine, de l’huile volatile , une matière colorante jaune, du carbonate et du sulfate de chaux, et de l’oxyde de fer ; elle ne paraît pas renfermer d’acide benzoïque.
Castoréum. — i)u. trouve ce produit dans deux poches membraneuses situées dans les aines du castor; il a la consistance du miel épais quand il est récent, mais il durcil en vieillissant; sa saveur est âcre, amère, nauséabonde; il a une odeur très-forte, qu’il perd par la dessiccation. Il est formé, d’après Laugier et Bouillon-Lagrange, d’une huile volatile odorante, d’acide benzoïque, de résine, de castorine, d’une matière colorante rougeâtre, de mucus, de carbonates de potasse, de chaux et d’ammoniaque, et de fer. Bizio et Brandes ont signalé dans le castoréum la castorine, matière grasse, se rapprochant de l’éthal (voyez p. 625). Woehler y a trouvé depuis de l’acide phénique et de la sali-
MATIÈRES PARTICULIÈRES A CERTAINES CLASSES d’ ANIMAUX. 813 .cine. On emploie le castoréum en médecine, comme antispasmodique.
Ambre gris. — On croit que c’est une concrétion intestinale du ca- •xhalot; il flotte sur la mer aux environs de Madagascar, des lies MVIoluques et du Japon. Il est solide, gris, taché de jaune et de noir, liJ’une saveur douce et suave, plus léger que l’eau, et fusible comme la l'îire (voy. Ambréine, p. 625).
Oiseaux. — Œufs. La coquille d’œuf est composée, d’après Vauijjuelin, de carbonate de chaux, d’un peu de carbonate de magnésie, ilde phosphate de chaux, d’oxyde de fer, de soufre, et de matière aniiinale; elle ne contient point d’acide urique. La membrane interne de la .coquille est formée, suivant le même chimiste, d’une substance albu- [iiiineuse soluble dans les alcalis, et d'un atome de soufre. Le blanc il’œu/' contient une grande quantité d’eau et d’albumiue, une matière mnimale regardée par John comme de la gélatine, et par Bostock comme iiu mucus, une matière grasse formée d’oléine et de stéarine, de la i>oude, du sulfate de soude, du phosphate de chaux, et peut-être de ’oxyde de fer, et, suivant M. Barreswil , du sucre de fruit, lequel disparaît quand on concentre à chaud la dissolution : en effet, le carboiiate de soude agit énergiquement sur lui au contact de l’air et à une température élevée; il disparaît même spontanément : aussi doit-ou i.gir sur un œuf frais, si l’on veut démontrer sa présence.
Jaune d’œuf. Il renferme, d’après M. Gobley :
Eau 51,486
Vitelline 15,760
Lécithine 8,426
Cérébrine 0.300
Cholestérine 0,438
Oléine et margarine 21,304
Chlorhydrate d’ammoniaque 0,034
Chlorures de sodium et de potassium, et sulfate
de potasse 0,277
Phosphates de chaux et de magnésie 1,022
Extrait de viande 0.400
Matière colorante , traces de fer, etc 0,533
Enveloppe du jaune. John croit qu’elle est de nature albumineuse.
’ tn n’a pas encore analy.sé les ligaments ni la cicatricule des œufs.
M. Barreswil, après avoir vérifié que le Jaune d’œuf ne renferme "as d’alcali, a prouvé que sa propriété éniulsive dépend d’un produit nalogiu; à celui du suc pancréatique; il a vu au.ssi que le jaune d’œuf
814 DEUXIÈME EARTIË.
n’esl pas acide, et ne contient aucun acide gras, au moment où l’on casse l’œuf, tandis que le contraire a lieu quand le jaune d’œuf reste pendant quelques instants au contact de l’air. M. Gobley a déduit de ses expériences un certain nombre de conclusions dont voici les principales : 1° les principes constituants du jaune d’œuf sont susceptibles de varier en ce qui concerne leurs proportions; 2“ la matière grasse est formée é'huile d'œuf et d’une matière visqueuse ; 3" V huile d’œuf est composée de margarine, d’oléine, de cholestérine, et de matière colorante; elle ne contient ni soufre ni phosphore; 4° la matière visqueuse est formée de lécithine, produit pliosphoré, et de cérébrine; 5° la lécithine, qui formera chez l’animal développé l’acide oléophosphorique de M. Frémy , se transforme sous l’influence de l’eau, et en présence des acides et des alcalis minéraux, sans le contact de l’oxygène, en acides oléique, margarique et phosplioglycérique; 6° l’acide oléophosphorique présente la plus grande analogie avec la lécithine; 7° la cérébrine est analogue, sinon identique, avec l’acide cérébrique de M. Frémy; 8° le jaune d’œuf est neutre ou légèrement acide; en le faisant bouillir dans l’eau, on obtient un liquide acide, qui le devient davantage par l’addition de l’alcool; cette propriété est due à l’acide lactique, à la faveur duquel probablement une partie des phosphates pénètre dans l’estomac du jeune animal ; 9° le jaune d’œuf renferme les sels que l’on trouve dans l’économie animale ; 10” la matière colorante est formée de deux principes, l’un rouge, contenant du fer, et analogue à la matière colorante du sang, l’autre jaune, qui paraît être aussi l’analogue de la matière jaune de la bile.
Poissons. — OEufs de carpe. M. Gobley a prouvé qu’ils sont formés de :
Eau 61,080
Paravitellirie 14,060
Oléine et margarine 2,574
Cholestérine 0,266
Lécithine 3,045
Cérébrine 0,205
Chlorhydrate d’ammoniaque. • • • 0,042
Chlorures de sodium et de potassium 0,447
Sulfate et phosphate de potasse 0,037
Phosphates de chaux et de magnésie 0,292
Extrait de viande 0,389
Membranes et enveloppes 14,530
Matière colorante , traces de fer, etc 0,033
MATIÈRES PARTICULIÈRES A CERTAINES CLASSES i/aNIMAÜX. 815 Laitance de carpe. Elle a fourni à M- Gobley (mémoire inédU lu à l’Académie de médecine le 24 septembre 1850) :
Eau .... ; 74,812
Matière albumineuse 20,242
Lécithine . • 1,013
Cérébrine 0,210
Cholestérine 0,161
Oléine et margarine 2,121
Chlorhydrate d’ammoniaque 0,048
Chlorures de sodium et de potassium. ....... 0,381
Sulfate de potasse . . 0,056
Phosphates de chaux et de magnésie 0,520
Extrait de viande 0,362
Ferle 0,073
Mollusques. — Encre de sèche. Liquide mucilagineux, noir, contenu dans une vésicule particulière des animaux du genre sepia, et formé, lorsqu’il a été desséché, de 78 de mélaïne, de 10,40 de carbornale de chaux , de 7 de carbonate de magnésie , de 2,16 de chlorure de >sodiiim et de sulfate de soude, et de 0,84 de matière animale analogue <au mucus. C’est à tort que l’on a cru que l’encre de Chine était préparrée avec celte liqueur; on sait, au contraire, que la base de celte encre •est le noir de fumée. L’os de sèche est formé de carbonate de chaux, ■d’une trace de phosphate de la même base, et d’une certaine quantité de matière animale membraneuse qui lui sert de trame.
Coçwi7/es. — Vauquelin a trouvé dans les coquilles d’huîtres du car- ' bonate de chaux, un peu de phosphate de chaux, du carbonate de maîgnésie, de l’oxyde de fer, et de la matière animale. Halchett, qui avait 'déjà fait l’analyse des coquilles d’une moule fluviatile, de l’oreille de mer, du voluta cxjprœa, des patelles de Madera , etc. , n’avait point trouvé 'de pliosjihale de chaux.
Perles, nacre. — Ces matières paraissent formées des mêmes principes que les coquilles dont je viens de parler : ’l’aiT peut les imiter 1 parfaitement.
Limaçons de différentes espèces. — Suivant Kaslner, les limaçons ■idonnent, lorsqu’on les traite par l’eau bouillante, une gélatine qui ."jouit de toutes les propriétés de richlhyocolle, et qui peut la rem- ! placer.
Crustacés. — Leurs enveloppes sont formées de 50 parties de carbonate de chaux, de 14 de phosphate de la même base , et de 26 de matière
DEUXIÈME FAaTLEi
cartilagineuse (Mérat-Guillot). Les écrevisses et les autres crustacés contiennent un principe colorant rouge, distinct de ceux qui sont déjà connus , que l’on peut extraire par l’alcool froid ; la source de cette couleur paraît être dans une membrane qui recouvre le dos de l’animal (Lassaigne).
Insectes. — Cantharides. L’analyse la plus récente des cantharides, celle qui a été faite par Robiquet, prouve qu’elles sont formées d’une huile grasse, fluide, verte, ne produisant point d’ ampoules ; d’une matière noire, insoluble dans l’eau, non vésicante ; d’une substance jaune, vésicante, dans laquelle se trouve la cantharidine; d’acide urique , d’acide acétique, de matière animale et du squelette de la cantharide, de phosphate de chaux et de phosphate de magnésie. Déjà Thouvenel , Beaupoil et quelques autres chimistes, avaient analysé ces insectes; mais les résultats qu’ils avaient obtenus étaient loin d’être aussi complets que ceux du savant pharmacien que j’ai cité. Les élytres des coléoptères contiennent de l’albumine , une matière extractive soluble dans l’eau , une substance animale^brune, une huile colorée, quelques sels et de la chitine.
Chitine ou entomaderme. — La chitine^ de tunique, existe dans le tissu tégumentaire de tous les insectes, de la peau des larves; les parois des trachées des insectes en sont formées; elle entre pour le quart dans le poids des élytres des insectes coléoptères , dont elle constitue la trame ou le squelette. Elle est solide, transparente, insoluble dans l’eau et dans les alcalis. Chauffée, elle se charbonne sans se boursoufler, et donne un sel ammoniacal acide; d’après M. Payen,elle contient 9 pour 100 d’azote. L’acide sulfurique la dissout et fournit une liqueur mucilagineuse incolore, qui, parla dessiccation, prend 1 apparence de la gomme ; si on dissout dans l’eau le produit desséché , la dissolution , mêlée avec de l’alcool, donne des flocons blaiics gélatineux, tandis qu’elle n’est précipitée ni par le tannin ni par les sels métalliques , excepté par le sulfate de sesquioxyde de fer. L’acide azotique dissout la chitine sans la colorer en jaune.
Kermès végétal (insecte de l’ordre des hémiptères, connu sous le nom de coccus ilicis). — Il ^contient, d’après M- Lassaigne, une matièie grasse, jaune, une substance rouge analogue à la carminé, quelques sels minéraux, et une grande quantité d’une matière animale particulière que l’on a proposé d’appeler zoococcine. Celte matière est soluble dans l’eau et dans les alcalis; sa dissolution aqueuse est précipitée par le chlore , par l’infusion de noix de galle et par la plupart des acides. On la trouve aussi dans la cochenille. — Fourmis.; Elles renferment, sui-