DES COMPOSÉS D’OXYGÈNE ET D’UN DES CORPS SIMPLES PRÉCÉDEMMENT ÉTUDIÉS
Ces composés sont des acides ou des oxydes.
On donne le nom d’acide à une substance solide, liquide ou gazeuse, douée en général d’une saveur aigre ou caustique , suivant qu’elle est étendue ou concentrée, de la propriété de s’unir en certaines proportions aux oxydes métalliques pour former des sels , et de la faculté de rougir les teintures de tournesol et de violettes , ainsi que de jaunir ou de rougir l’hématine (1). Il y a un petit nombre de substances rangées parmi les acides , qui pourtant ne jouissent pas de la propriété de rougir les couleurs bleues végétales.
Tous les acides ont la plus grande tendance à se porter vers les corps électrisés positivement : ceux qui sont formés par l’oxygène et par un corps simple sont décomposés par la pile voltaïque; l’oxygène se porte au pôle positif, et le corps simple au pôle négatif. Us sont presque tous solubles dans l’eau; en effet, on ne doit guère considérer comme insolubles, parmi les acides minéraux, que les acides antimonique, antimonieux, silicique , tungstique, titanique et stannique.
Pendant longtemps les chimistes ont cru que l’oxygène entrait dans la composition de tous les acides , et ont regardé ce corps comme le seul principe acidifiant. Cette opinion n’est plus admissible depuis que l’existence d’un certain nombres d’acides sans oxygène est parfaitement établie. Ces acides sans oxygène sont déjà nombreux ; plusieurs d’entre eux sont formés par l’hydrogène et par un ou deux corps. simples : tels sont les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique , sulfhydrique , sélénhydrique, fluorhydrique (fluorique), cyanhydrique ( prussique), et xanthydrique ; d’autres sont composés de fluor eide bore, ou de fluor et de silicium. Toutefois les acides qui ne contiennent pas d’oxygène présentent une anomalie dans leur réaction sur les oxydes métalliques, que j’examinerai plus loin , ce qui établit entre eux et ceux qui sont oxygénés une grande différence.
(1) M. Robert Kane regarde la partie soluble de Vinfusum de tournesol, comme étant formée d’acide litrnique uni à de l’ammoniaque et à de la potasse. Ces deux litmates sont bleus, tandis que l’acide litrnique est rouge : aussi, lorsqu’on verse un acide tant soit peu fort sur le tournesol, l’acide s’empare-t-il des alcalis, et met l’acide litrnique rouge à nu. (Voyez Journal de chini, méd- Janvier 1839, pag. 60.)
DES COMPOSÉS d’oxygène ET d’uN CORPS SIMPLE,
/kctiou des acides sur l'ccouomie animale.
Les acides affaiblis, introduits dans l’estomac, donnent lieu à un sentiment de fraîcheur générale. Administrés convenablement , ils ralentissent la circulation , étanchent la soif, augmentent la sécrétion de l’urine et le ton de l’estomac ; cependant les individus qui en abusent éprouvent des symptômes fâcheux, tels que la destruction de l’émail des dents, un sentiment de constriction et d’âcreté dans la gorge, la cardialgie, la toux, l’amaigrissement, qui est la suite de l’altération des digestions , et le racornissement du canal digestif , des glandes lymphatiques et de quelques autres organes.
On les emploie avec le plus grand succès dans les fièvres dites bilieuses, principalement dans eelles qui sont continues ou rémittentes, dans les fièvres dites adynamiques et putrides , dans le scorbut avec ou sans dévoiement, dans les diarrhées bilieuses très-considérables, dans celles qui sont anciennes, dans les hémorrhagies passives du poumon, de l’utérus, de la vessie urinaire, du conduit alimentaire, dans les catarrhes chroniques de ces divers organes , dans les liydropisies atoniques. Sydenham et quelques autres auteurs en ont obtenu de très-bons effets dans la petite vérole, lorsque la suppuration languit , qu’elle est d’un mauvais earactère, et qu’il se développe des pétéchies dans l’intervalle des boutons. Ils sont contre-indiqués au début de la phthisie pulmonaire et dans les phlegmasies aiguës du poumon. Pour les administrer, on les mêle avec de l’eau jusqu’à ce que celle-ci ait un degré d’acidité agréable au goût, et on fait prendre plusieurs verres de ce liquide dans la journée.
Les acides affaiblis sont employés à l’extérieur comme astringents, dans les hémorrhagies des petits vaisseaux, et dans les écoulements passifs ou par relâchement ; on s’en sert aussi quelquefois comme répercussifs dans certaines éruptions cutanées, mais la répercussion qu’ils déterminent peut souvent être dangereuse.
Les acides concentrés agissent tous comme de puissants escharotiques; ils irritent, enflamment, ulcèrent les parties avec lesquelles on les met en contact, et donnent lieu aux symptômes de l’empoisonnement produit par les poisons corrosifs et âcres (voy. ma Médecine légale, 1.111,4® édit.). Cependant les médecins les prescrivent quelquefois avec succès à l’extérieur: ainsi ils sont avantageux pour détruire les poireaux, les verrues, la pustule maligne, etc. ; ils entrent dans la composition de certains onguents dont on se sert pour exeiter la peau dans quelques maladies chroniques de cet organe, etc.
DE li’EAll (protoxyde d’iiydrocène). ho. Équivalent = lit, S.
L’eau est composée de 2 parties d’hydrogène et de 1 d’oxygène en volume, ou bien, d’après M. Dumas, de 8 parties d’oxygène et de 1 d’hydrogène en poids, ce qui équivaut, pour 100 parties d’eau, à 88,888 d’oxygène, et à 11,112 d’hydrogène. Elle est très-répandue dans la nature : à l’état solide, elle constitue la glace ou la neige, que l’on trouve constamment sur les hautes montagnes et sous les pôles; à l’état liquide, elle recouvre une assez grande partie de la surface du globe, mais elle n’est jamais pure : l’eau de mer, des rivières, etc., contient toujours des substances étrangères; enfin, à l'état de vapeur, l’eau fait partie de l’atmosphère.
L’eau pure est un liquide transparent, incolore, inodore, susceptible de mouiller et de dissoudre une quantité innombrable de corps ; sa pesanteur a été déterminée avec soin ; à la température de 4®-j-0 c., un centilitre pèse 10 grammes (1). La compressibilité de l’eau a été mise hors de doute par les expériences de Canton, de MM. Parkins, Dessaigne et OErstedt: d’après ce dernier savant, une pression égale à celle de l’atmosphère produit dans l’eau une diminution de volume de 0,0000-15. M. Parkins l’a estimée à 0,000048 pour chaque atmosphère, après avoir soumis le liquide à une pression de plusieurs centaines d’atmosphères. (Voy. Annales de physique et de chimie, t. XVI, XXI et XXII.)
Ce fut en 1781 que Cavendish, Priestley et Walt, démontraient qu’en brûlant le gaz hydrogène dans l’air, on obtient de l’eau. En 1789, Lavoisier fit voir que l’eau , considérée jusqu’alors comme un corps simple, était formée d’hydrogène et d’oxygène, et que ces deux gaz, en se combinant, donnaient une quantité d’eau égale à leur propre poids. Ces résultats furent surtout mis hors de doute par l’expérience mémorable que firent Lavoisier et Meusnier, en 1785, dans laquelle ils produisirent plus de 400 grammes d’eau, par la combustion lente de grandes quantités d’hydrogène et d’oxygène accumulés dans un appareil de leur invention. Plus tard Gay-Lussac et Humboldt démontrèrent que l’eau est formée de deux volumes d’hydrogène et d’un volume d’oxygène.
On prouve que l’eau est composée d’oxygène et d’hydrogène par l’analyse et parla synthèse.— Par l’analyse. On décompose l’eau par la pile électrique
(1) Le poids de l’eau n’est jamais plus grand qu’à la température de -f 4‘’ccnt. (voy. le mémoire d’IIallstrômm ; Ann. de chini. et dephys., t. XXVlll, p. 93).
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(voy. p. 30), ou bien en faisant, passer de la vapeur aqueuse à travers de la tournure de fer disposée dans un tuyau de porcelaine chauffé jusqu’au rouge; il se dégage du gaz hydrogène et il se produit de l’oxyde de fer noir (protoxyde -f- sesquioxyde). On peut encore la décomposer par la chaleur sew/e, d’après Grove, soit en la faisant passer à l’étal ûq vapeur à travers un tube de platine bien incandescent^ soit en la chauffant à l’état liquide à l’aide d’un fort fil de platine incandescent. Voici comment M. Grove conseille de procéder dans ce dernier cas : On fond au chalumeau de Brook (voy. p. 58) un fil de platine fort, jusqu’à ce qu’il se soit formé à son extrémité une boule de la grosseur d’un petit pois ou d’un grain de poivre, puis on fait bouillir de l’eau distillée qu’on laisse refroidir dans le vide de la machine pneumatique , pour la purger d’air autant que possible. On élève cette eau à la température de 93° c., et on en remplit un tube fermé par un bout, qu’on renverse ensuite dans une capsule de porcelaine pleine de la même eau. Une lampe à l’alcool placée sous la capsule sert à maintenir l’eau à la température indiquée. Cela fait, on plonge la petite boule de platine dans le dard d’un chalumeau de Brook ; on la chauffe jusqu’à ce qu’elle soit prête à se fondre, puis on la porte rapidement sous le tube. Un gaz permanent se dégage et s’élève dans le tube ; ce gaz est un mélange d’oxygène et d’hydrogène avec un peu d’air ou d’azote contenu dans l’eau. {Journal de pharmacie., août 1847.) — Par la synthèse. 1° A l’aide d’une étincelle électrique, on brûle lentement un mélange de gaz hydrogène et oxygène dans un grand batlon entouré d’une grille, et dans lequel on avait fait préalablement le vide; 2“ on fait passer du gaz hydrogène pur et parfaitement sec à travers du bioxyde de cuivre chauffé jusqu’au rouge dans un tube de verre enveloppé de clinquant et disposé sur une grille; l’hydrogène enlève l’oxygène ou bioxyde de cuivre, et l’on obtient du cuivre métallique et de l’eau ; celle-ci est reçue dans un appareil à boules de Liebig, vide et bien sec; il suffit d’une heure pour former ainsi plusieurs grammes d’eau.
Si l’on fait chauffer de l’eau à 10° -f- 0, elle se dilate, sa température s’élève, et lorsqu’elle est parvenue à 100°, la pression de l’air étant de 0,76 centimètres, elle passe rapidement à l’état de vapeur, bout, et son volume devient 1698 fois plus grand. Dans ces conditions, l’eau ne peut acquérir une température supérieure à 100°, car la quantité de vapeur qui se forme dans le même temps que l’eau s’échauffe dépense tout le calorique, qui sans cela pourrait s’accumuler au sein de l’eau; aussi, en faisant l’expérience dans un vase très-résistant et bien fermé, tel que la marmite de Papin, peut-on é}ever la température de l’eau même jus-
qu’au rouge. Tout le monde sait que la vapeur d’eau portée de celte manière à une chaleur supérieure à 100“ possède une force élastique et une expansibilité qui servent de moteur à toutes les machines dites par cela même à vapeur. La température de l’eau chauffée dans un vase incandescent est toujours moindre que 100“; en effet, si on laisse tomber quelques gouttes d’eau dans un creuset de platine chauffé au rougeblanc , le creuset ne sera nullement mouillé, et l’évaporation sera presque nulle ; tandis que si l’on enlève le creuset du feu, et qu’ôn le laisse refroidir, dès qu’il parviendra au-dessous du rouge brun, l’eau entrera tout à coup dans une violente ébullition , et se transformera rapidement en vapeurs. Ces résultats obtenus par M. Le Chevalier sont conformes à ceux qu’avaient fournis les expériences de Leidenfrost et de Klaproth. L’eau entrerait encore en ébullition si on la faisait tomber tout à la fois et non goutte à goutte; c’est qu’alors, le creuset se trouvant refroidi immédiatement, l’eau absorberait la chaleur aussitôt que le creuset la reçoit, et elle se vaporiserait, tandis qu’au contraire, lorsqu’une goutte d’eau tombe sur la surface chauffée, elle ne peut pas subitement abaisser assez la température, et il se forme seulement une certaine quantité de vapeur qui l’isole et l’empêche de se trouver ainsi en contact direct avec la paroi chauffée.
J’ai déjà dit que l’eau placée dans certaines conditions peut être décomposée par la chaleur seule (voy. p. 121).
Lorsqu’au lieu de soumettre de l’eau à 10“ à l’action du calorique , on la place dans un lieu froid, on remarque qu’elle se refroidit et se contracte jusqu’à ce qu’elle soit parvenue à environ 4“-f-0“; alors elle reste stationnaire pendant quelques instants, et si l’on continue à la refroidir, elle se dilate et se congèle après avoir perdu l’air qu’elle contient, en sorte qu’au moment de la congélation, elle se trouve audessus de son premier niveau ; elle porte alors le nom de glace, qui occupe un volume plus considérable que l’eau liquide à zéro : d’où il résulte que la glace doit être plus légère que l’eau liquide. L’eau solide peut être amorphe ou cristallisée en prismes hexaèdres à angles de 60 et de 120 degrés , ou en dodécaèdres isocèles possédant la double réfraction.
C’est à celte augmentation de volume qu’il faut rapporter la rupture des vases dans lesquels l’eau sé congèle et la dégradation des édifices construits en pierres poreuses dans lesquelles de l’eau se solidifie ; c’est aussi à la même cause qu’il faut attribuer la rupture des vaisseaux capillaires des végétaux et leur mort.
Le degré de pureté influe beaucoup sur le point delà congélation de l’eau. Gay-Lussac a vu que l’on pouvait abaisser la température d’une
DE l’eau.
certaine quantité d’eau pure et bouillie jusqu’à 12® — O sans qu’elle se congelât, mais qu’alorsil suffisait du plus léger mouvement pour la solidifier immédiatement. L’eau qui tient des sels en dissolution se congèle plus lentement que l’eau pure; aussi, lorsqu’une dissolution saline éprouve une congélation partielle , c’est l’eau pure qui se solidifie la première, tandis que les sels restent dans l’eau mère.
La lumière en partie réfléchie par l’eau sur laquelle elle tombe; aussi ce liquide peut-il servir jusqu’à un certain point de miroir. L’eau pure n’est point conducteur du fluide électrique ; il n’en est pas de même lorsqu’elle contient un peu d’acide ou de sel : dans ce cas, elle le conduit très-bien. Elle est facilement décomposée par un courant galvanique; il suffit de faire communiquer les deux pôles d’une pile avec de l’eau renfermée sous deux petites cloches séparées pour apercevoir bientôt au pôle positif le dégagement du gaz oxygène et au pôle négatif celui de l’hydrogène, qui présente toujours un volume double du précédent (voy. p. 30).
Action de l’eau sur les gaz. L’eau dissout certains gaz sans se combiner avec eux: tels sont l’oxygène, l’hydrogène, le chlore, l’acide carbonique; il suffit de porter le liquide à l’ébullition pour chasser la totalité de ces gaz. Si, au contraire, il existe une combinaison entre l’eau et ces gaz, comme cela a lieu par exemple pour le gaz acide chlorhydrique, le gaz ammoniac, etc. , l’eau ne perd qu’une portion de ces gaz par l’action de la chaleur, et si on continue à chauffer, la dissolution passe intégralement à la distillation, en sorte que le liquide distillé est une véritable combinaison à proportions définies d’eau et de gaz tenu en dissolution.
Cent mesures d’eau à la température de 18“ c., et à la pression de 76 centimètres de mercure, peuvent dissoudre 5,6 mesures de gaz oxygène^ d’après Théodore de Saussure; dans le vide, elle ne dissout pas un atome de ce gaz. Si, au lieu de mettre directement en contact l’eau et l’oxygène, on opère la combinaison de ces deux corps d’après le procédé découvert par M. Thénard, on verra que l’eau peut s’unir à une quantité .d’oxygène égale à celle qui entre dans sa composition. (Voy. Bioxyde d’hydrogène.)
Action de l’eau sur les corps solides. Ces ^orps sont solubles ou insol lubies dans l’eau froide ou bouillante; il en est qui la décomposent en lui enlevant son oxygène à 0”, à la température ordinaire ou à une chaleur rouge, La plupart des substances /lûses ^ dissoutes ou suspendues dans ce liquide, se volatilisent avec la vapeur qui se produit lorsqu’on chauffe ■ de grandes masses de mélanges d’eau et de ces substances, et que l’éva- 1 poration a lieu à l’air libre et dans des vases à large surface. Je citerai
l'IlEMlÈUE PARTIE.
pour exemple la potasse, la soude, le phosphate de soude, les acétates de potasse et de soude, les arséniates de ces deux bases, l’acide borique, plusieurs sels de zinc, de mercure, de cuivre, de fer, des chlorures, etc. (Larocque). Est-ce une véritable volatilisation, ou bien le courant gazeux formé par la vapeur d’eau ne produit-il pas une pluie fine de gouttelettes qui sont transportées à des distances plus ou moins grandes, suivant leur volume? Quoi qu’il en soit, l’alcool, l’éther, et en général les liquides qui tiennent des matières en dissolution , donnent le même résuKat. On a déjà utilisé cette propriété pour dessiner sur des papiers, des feuilles, des dentelles argentines, en soumettant ces papiers à l’action du gaz bioxyde d’azote qui se dégage lorsqu’on fait dissoudre de l’argent dans l’acide azotique {Journal de pharmacie , novembre 1848).
Le soufre et le sélénium sont insolubles dans l’eau. Le bore se dissout dans ce liquide d’après Berzelius, à moins qu’il n’ait été préalablement chauffé dans le vide ou dans des gaz qui ne contiennent pas d’oxygène. Chauffé jusqu’au rouge dans un tuyau de porcelaine, le bore décompose l’eau , lui enlève l’oxygène , se transforme en acide borique , et il se dégage du gaz hydrogène. Le silicium est insoluble dans l’eau. L’action du carbone pur sur ce liquide est inconnue. Le charbon ordinaire est insoluble dans l’eau, mais il peut en absorber, et les gaz contenus dans le charbon se dégagent : ce dégagement est d’autant plus marqué que les gaz sont moins solubles dans l’eau. Si l’on fait passer de l’eau en vapeur dans un tube de porcelaine rempli de braise que l’on a préalablement calcinée afin de la débarrasser des gaz qu’elle contient encore, l’eau est décomposée, et il en résulte' du gaz hydrogène 56,03, du gaz oxyde de carbone, 29,15 , de l’acide carbonique, 14,65, et du carbure d’hydrogène gazeux, 00,17 (Bunsen). Cette expérience peut aussi être faite en plongeant des charbons rouges dans des cloches pleines d’eau et renversées sur la cuve.
Il est aisé de concevoir que ces gaz ne présentent pas toujours la même composition: en effet, le gaz acide carbonique étant décomposé par le charbon en oxyde de carbone, la proportion de ce dernier gaz doit varier ; d’un autre côté, le carbure d’hydrogène gazeux se tranformant en hydrogène et en carbone à la température à laquelle l’eau est décomposée par le charbon , il est évident que le mélange gazeux ne peut contenir que fort peu de ce gaz.
Le gaz hydrogène est à peine soluble dans l’eau ; 100 mesures d’eau absorbent à la température de 18° c. 4,6 mesures de ce gaz.
L’eau à 8o dissout 3,04 de son volume de chlore ; à 0° elle n’en dissout qu’une fois et demie environ son volume. Quand le chlore liquide est
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exposé à la lumière ou à l’aclion d’une chaleur rouge, l’eau se décompose; son hydrogène s’unit au chlore pour former de l’acide chlorhydrique, et l’oxygène se dégage. Selon M. Barreswll, il se produit en outre de l’acide perchlorique. Si on ehauffe de Viode avec du chlore liquide, l’eau est également décomposée, et il se forme de l’acide iodique et de l’acide chlorhydrique.
Lq brome se dissout dans l’eau; la solution s’aeidifie sensiblement lorsqu’elle est exposée à la lumière.
Viode est peu soluble dans l’eau, à laquelle il communique une teinte jaune d’ambre; ce liquide à la température ordinaire n’en dissout qu’environ 0,007 de son poids; il la décompose à froid en donnant naissance aux acides iodhydrique et indique. Quand on fait bouillir de l’eau iodée, l’iode se volatilise, et la liqueur se décolore.
phosphore , mis en eontact avec de l’eau distillée parfaitement privée d’air, et exposé au soleil pendant une heure, devient rouge (voyez p. 77) : il ne se forme pas un atome d’acide phosphoreux. Si l’eau dans laquelle on met le phosphore contient de l’air, il se produit un acide composé de phosphore et d’oxygène. Si , au lieu de faire cette expérience à la lumière solaire, on couvre avee un papier noir le flacon contenant le phosphore et l’eau distillée qui a bouilli, ce liquide se décompose lentement, et il se forme du phosphure d’hydrogène gazeux, qui reste en dissolution, et un acide composé de phosphore et d’oxygène : le phosphore conserve sa couleur et sa transparenee. Lorsqu’on expose à la lumière diffuse, à l’abri du contact de l’air, un flacon contenant du phosphore, et rempli d’eau ordinaire aérée, et môme d’eau qui a bouilli, on voit que le phosphore devient opaque, d’un blanc terreux, et se transforme en hydrate de phosphore; en môme temps, l’eau s’acidifie, et il paraît se former un peu de phosphure d’hydrogène gazeux; phénomènes faciles à expliquer par la décomposition de l’air contenu dans l’eau, et par une partie de ce liquide.
Le gaz azote est presque insoluble dans l’eau.
Varsenic est insoluble dans l’eau; mais en faisant bouillir le mélange de ces deux corps, l’eau est décomposée, et il se forme de l’acide arsénieux soluble et de l’arséniiire d’hydrogène insoluble. Si l’eau était aérée, une partie de l’arsenic se transformerait en acide arsénieux, aux dépens de l’oxygène de l’air, môme à la température ordinaire.
Veau à 20" c., agitée pendant quelques minutes avec le cyanogène, en dissout quaire fois et demie son volume. Cette dissolution est incolore; abandonnée il elle-même pendant (pielques Jours, elle jaunit d’abord, devient brune, et finit par être entièrement décom|)osée. Les résultats de ' cette décomposition sont, d’ai)rès HLM. Pcloiize et hichardson , un éqiii-
valent d’urée, trois d’acide cyanhydrique, quatre d’acide carbonique , un d’ammoniaque, un d’oxalate d’ammoniaque, et un d’une matière noire que l’on peut représenter par H® G® Az® 0^. ( Journal de chimie médicale, juillet 1838.)
L’eau exerce sur l’oir une action remarquable; cent mesures absorbent cinq mesures d’air, dont la composition diffère de celle de l’air atmosphérique : en effet, il est formé de 32 parties de gaz oxygène et de 68 de gaz azote, tandis que dans l’air atmosphérique il n’y a que 20,8 parties de gaz oxygène ; ce phénomène dépend de ce que l’eau dissout plus facilement le gaz oxygène que le gaz azote. — Expérience. On prend une grande fiole munie d’un bouchon percé pour donner passage à un tube recourbé qui doit se rendre sous une cloche pleine d’eau, et renversée sur la table de la cuve à eau; on remplit la fiole et le tube de ce liquide; on bouche le vase et on le lute, puis on chauffe graduellement jusqu’à l’ébullition ; l’air contenu dans l’eau ne tarde pas à se dégager et à se rendre dans la cloche; on en fait l’analyse, après avoir mesuré son volume. Il est évident que l’air obtenu par ce moyen était tenu en dissolution dans l’eau, puisque la fiole et le tube étaient entièrement remplis par ce liquide ; les premières portions dégagées sont moins oxygénées que les dernières, phénomène qui dépend de la plus grande solubilité de l’oxygène que de l’azote. On peut encore démontrer l’existence de l’air dans l’eau, en plaçant sur la machine pneumatique un vase qui contient une certaine quantité de ce liquide : à mesure qu’on fera le vide, l’air se trouvera moins comprimé, et se dégagera de l’eau sous forme de bulles.
Il résulte des recherches faites par M. Boussingault sur de l’eau prise à différentes hauteurs, que la quantité d’air contenu dans ce liquide est loin d’être toujours la même : ainsi examiné au niveau de la mer, un litre de ce liquide a fourni 35 parties d’air, tandis qu’au torrent de San- Francisco , près Santa-Fé-de-Bogota , à une élévation de 2,640 mètres au-dessus du niveau de la mer, la proportion d’air que renfermait un litre d’eau n’était plus que de 12.
Caractères distinctifs de l’eau 1° Ses propriétés physiques;
2® elle n’a aucune action sur les papiers rouge et bleu de tournesol ; 3® lorsqu’on l’évapore jusqu’à siccilé, elle ne laisse aucun résidu.
L’eau joue vis-à-vis des acides forts le rôle d’une base faible; elle se comporte, au contraire, comme un acide faible par rapport aux bases fortes.
Préparation de l’eau distillée. On place l’eau dans la cucurbite d’un alambic de cuivre, et on la chauffe; elle ne tarde pas à se réduire en vapeurs; on rejette environ les Vjqo qui distillent d’abord, et qui ren-
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ferment le plus souvent du sesquicarbonate d’ammoniaque volatil, provenant de la décomposition des substances animales qui étaient contenues dans l’eau ; on recueille celle qui se vaporise après ; mais on suspend l’opération lorsqu’il ne reste plus dans la cucurbite qu’environ Vioa du liquide employé; en effet, ce liquide, concentré par l’évaporation, renferme des sels qui peuvent réagir les uns sur les autres , et donner quelquefois naissance à des produits volatils; il peut d’ailleurs contenir des matières animales , qui se décomposeraient si l’on continuait à chauffer, et donneraient des matières volatiles qui altéreraient la pureté de l’eau. M. Guéranger, partant de ce fait, qu’une eau entretenue bouillante pendant près d’une heure dégage encore à cette époque une quantité notable d’acide carbonique, qui rend impure l’eau qui distille, propose de fixer cet acide dans la cucurbite par un lait de chaux ; à l’aide de cette précaution et de celles que j’ai déjà indiquées, on est sûr d’obtenir de l’eau distillée parfaitement pure.
L’addition de la chaux a encore un autre avantage, c’est de transformer le chlorure de magnésium que les eaux pourraient contenir en chlorure de calcium indécomposable à la température de l’ébullition , tandis que le chlorure de magnésium serait décomposé à celte température, et donnerait de l’acide chlorhydrique qui passerait à la distillation. On ne doit pas distiller l’eau dans des alambics en verre, parce que si celui-ci est de mauvaise qualité, il est attaqué par l’eau bouillante qui dissout des traces de soude, et alors l’eau distillée est légèrement alcaline.
L’eau est potable lorsqu’elle offre les caractères suivants : elle doit être fraîche, vive, limpide, inodore et aérée; elle doit dissoudre le savon sans former de grumeaux et bien cuire les légumes (1); elle ne doit se troubler que très-légèrement par l’azotate d’argent et par le chlorure de baryum (2). Les eaux potables qui se rendent à Paris contiennent en général de l’air, du gaz acide carbonique, du sulfate et du carbonate de chaux, des atomes de chlorure de sodium (sel marin), et une petite portion de sels de magnésie déliquescents.
M. Deville a analysé un grand nombre d’eaux potables de fleuves et de sources. Le tableau suivant indique la composition des eaux des
(1 ) Les eaux qui contiennent du plâtre (sulfate de chaux) ne cuisent pas bien les 1 égumes , et décomposent le savon , comme je le démontrerai plus tard.
(2) Réactifs dont je ferai l’histoire : si l’eau est fortement troublée par eux, c’est qu’elle contient une assez grande proportion de chlorures et de sulfates.
principaux fleuves de France. On a agi sur 10 litres d’eau ; l’unité est le milligramme.
CARONKB,
SBK1E.
RBm.