‹ Éléments de chimieChapitre 39 sur 378 · DOUBS · texte numérisé non relu

DOUBS

obscrvations.

Acide silicique. .

milligr.

milligr.

milligr.

milligr.

milligr.

milligr.

Alumine

Oxyde de fer Fe*0?

Carbon, de diaux.

Carbonate de magnésie

Carbonate de manganèse

Sulfate de chaux.

Sulfate de magnés.

Chlorure de magnésium

Chlor. de sodium.

Carbon, de soude.

’C®0«,Na*05

Sulfate de soude.

^CO^ Na O.

Sulfate de potasse.

Azotat. de potasse.

Azotate de soude.

Azot. de magnésie.

Silicate de potasse.

Si 0% KO.

Indépendamment de ces matières solides, ces eaux renfermaient des proportions variables de gaz acide carbonique, d’azote et d’oxygène, et de matières organiques. M. Deville appelle l’attention des chimistes sur l’importance du chiffre de l’acide silicique dans la plupart des eaux potables, et sur le rôle que cet agent, associé à la matière azotée des eaux , joue dans la fertilisation des prairies. Il insiste aussi sur le rôle tout à fait semblable que l’on doit faire Jouer aux azotates, dans l’action de l’eau, comme engrais.

Les eaux de puits sont surtout riches en sels calcaires. Les unes , comme les eaux de puits de Paris , sont séléniteuses et contiennent la plus grande partie de leur chaux à l’état de sulfate; les autres renferment du carbonate de chaux dissous à la faveur d’un excès d’acide carbonique; les premières ne se troublent pas par l’ébullition , les autres laissent déposer du carbonate de chaux. On rend les eaux séléniteuses propres à la cuisson des légumes et au savonnage, en les traitant par le carbonate de soude, qui transforme le sulfate de chaux en carbonate de chaux insoluble et en sulfate de soude soluble; quant aux eaux carbonatées, il suffit, pour atteindre le même but, de les faire bouillir pour

V DU BÎOXYDE ü’nYDROUÈNE. l20

chasser l’excès d’acide carbonique, et précipiter le carbonate de chaux.

L’eau distillée pèse sur l’estomac, parce qu’elle est privée d’air et de sels. L’eau de pluie est celle qui approche le plus de l’élal de pureté. Chaplal a observé que celle qui accompagne les orages est plus mélangée que celle d’une pluie douce, et que cette dernière devient plus pure pendant la durée de la pluie.

D’après Liebig, l’eau de pluie contient des traces d’acide carbonique, de carbonate d’ammoniaque, de chlorui'e de sodium; celle qui accompagne les orages renferme, en outre, des atomes d’acide azotique et d’azotates. Liebig n’a jamais décelé la présence de ces corps azotés dans l’eau de pluie ordinaire.

L’eau qui coule dans le sein de la terre forme des incrustations de différents sels, tantôt à l’intérieur des canaux qui la reçoivent, tantôt autour des corps organisés qui y sont plongés.

Les usages de l’eausolide, liquide, et à l’état de vapeur, sont tellement nombreux et si généralement connus, que je crois inutile de les énumérer.

DU niOXTDE n’UTDROGÈlVE. Équivalent = »4t,5.

Le bioxyde d’hydrogène (1), découvert en 1818 par M. Thénard, est toujours le produit de l’art.

Il est incolore, inodore ou presque inodore; il coule lorsqu’on le verse dans l’eau ordinaire, comme une sorte de sirop, quoiqu’il y soit trèssoluble. Appliqué sur l’épiderme, il le blanchit et y détermine des picotements; la peau elle-même peut être attaquée et .détruite. Il blanchit la langue; il épaissit la salive, et produit, sur l’organe du goût, une sensation semblable â celle de l’émétique; il détruit peu cà peu la couleur des papiers de tournesol et de curcuma, qu’il blanchit: sa densité est de 1,452, celle de l’eau étant représentée par l’unité; je suppose toutefois que l’oxygénation de l’eau ait été portée à son maximum, c’est-àdire que l’on ait fait absorber à ce liquide 610 fois son volume d’oxygène.

Lorsqu’on chauffe du bioxyde d’hydrogène, il se réduit en eau et en gaz oxygène; mais à mesure que la proportion d’eau désoxygénée aug-

(1) On désigne aussi ce bioxyde sous le nom (L’eau oxygénée ; cependant ces deux mots ne sont pas synonymes : le bioxyde d’ydrogène est l’eau salurce d’oxygène, celle qui en contient CIG fois son volume (110*) ; tandis qu’on donne le nom (Lcaii oxygénée à l’eau qui renferme 0, 20 , 30, 200, etc. , voUmies do gaz.

meule, par rapport à celle de l’eau qui ne l’est pas encore , la décomposition se ralentit; ce qui prouve que les deux oxydes tendent à rester unis. La température nécessaire pour décomposer Veau oxygénée varie suivant que l’eau est plus ou moins oxygénée; il serait dangereux de chauffer à 100" dans un vase à col étroit 0,5 grammes d’eau très-oygénée. Le bioxyde d’hydrogène peut rester liquide pendant trois quarts d’heure lorsqu’on l’expose à un froid de 30°. 11 se décompose en grande partie dans V obscurité ou à la lumière diffuse, si la température est à 10° ou 12°-}-0, tandis que la décomposition est très-faible à zéro. La décomposition est encore assez lente à la lumière directe. La pile électrique agit sur le bioxyde d’hydrogène comme sur l’eau, si ce n’est qu’il se dégage beaucoup plus d’oxygène au pôle positif.

Le soufre, le bore, Viode et \% phosphore, n’ont pas d’action ou agissent à peine sur le bioxyde d’hydrogène. Le charbon de bois finement pulvérisé ramène subitement ce bioxyde à l’état de protoxyde ou d’eau; l’oxygène se dégage à l’état de gaz; il y a élévation de température, et l’action est très-vive. 11 en est de même de l’argent, du platine, de l’or, du plomb, du bismuth, du bioxyde de manganèse, des hydrates alcalins ; ces différents corps n’éprouvent eux-mêmes aucune altération ; plus ils sont divisés, mieux ils agissent. Ces faits ont démontré pour la première fois qu’il existe des corps qui peuvent produire des réactions chimiques par leur seule présence, sans rien céder ni rien prendre aux substances dont ils déterminent la décomposition (voy. p. 9).

Lorsqu’on expose au vide séché par l’acide sulfurique un mélange de bioxyde d’hydrogène et (Veau, il s’évapore, dans les premiers temps, une quantité plus considérable d’eau que de bioxyde ; ce qui prouve que la tension de celui-ci est beaucoup plus faible que celle de l’eau.

Caractères distinctifs du bioxyde d’hydrogène. 1° Ses propriétés physiques ; 2° son action sur le bioxyde de manganèse.

Veau oxygénée est employée pour préparer certains oxydes métalliques, que l’on n’obtiendrait pas sans ce liquide. M. Thénard a vu qu’il était possible de restaurer, au moyen de l’eau faiblement oxygénée, des dessins noircis par le blanc de plomb qui aurait été transformé en sulfure noir : en effet, l’eau oxygénée change rapidement ce sulfure en sulfate de plomb blanc.

Préparation. On obtient le bioxyde d’hydrogène en traitant le bioxyde de baryum par de l’acide chlorhydrique refroidi à 4° ou 5» ; il se forme du chlorure de baryum et de l’oxygène, qui, à l’état naissant , se combine avec l’eau;

DU BIOXYDE d’hydrogène.

Ba Q2 H Cl __ Ba Cl HQ2

Biox. de baryum. ^ Acide chlorhyd. Chlor. de baryum. ^ Biox. d’hydrogène.

Si l’on verse de l’acide sulfurique dans la dissolution , on précipite le baryum à l’étal de sulfate insoluble, et l’acide chlorhydrique se reforme au sein de la liqueur; en effet, l’eau de l’acide sulfurique se décompose en oxygène qui oxyde le baryum et en hydrogène qui s’unit au chlore du chlorure de baryum. On sépare le sulfate de baryte par la filtration, et l’on recommence en faisant dissoudre dans la liqueur filtrée une nouvelle quantité de bioxyde de baryum, jusqu’à saturation complète de l’acide chlorhydrique. On précipite de nouveau la baryte de cette liqueur par l’acide sulfurique. Lorsqu’on a répété un certain nombre de fois ces opérations , on obtient une liqueur assez chargée de bioxyde d’hydrogène, mais elle renferme de l’acide chlorhydrique dont il faut la débarrasser. Pour cela on la traite par du sulfate d’argent bien pur; il se produit du sulfate de baryte et du chlorure d’argent, qui sont insolubles, et la liqueur filtrée reste pure : ce n’est plus qu’un mélange d’eau et d’eau oxygénée , dont on pourra séparer l’eau par le moyen du vide et de l’acide sulfurique. ( Voy. Annales de chimie, 1818.)

On peut aussi avoir recours au procédé suivant, qui est d’un usage plus simple : après avoir saturé une première fois la dissolution d’acide chlorhydrique avec du bioxyde de baryum, on ajoute une nouvelle quantité d’acide chlorhydrique concentré, puis une seconde dose d’oxyde de baryum, qui donne une nouvelle quantité de bioxyde d’hydrogène et de chlorure de baryum; en exposant la dissolution à une température très-basse , une grande partie du chlorure de baryum cristallise ; on le sépare en décantant la liqueur dans un autre vase. On ajoute de nouveau de l’acide chlorhydrique, puis du bioxyde de baryum, et ainsi de suite. On parvient de la sorte à obtenir une liqueur très-chargée de bioxyde d’hydrogène, et ne renfermant jamais que la quantité de chlorure de baryum qu’elle peut tenir en dissolution à une très-basse température. Celte quantité n’est pas considérable, si l’on a soin de plonger à la fin la dissolution dans un mélange réfrigérant formé de glace pilée et de chlorure de sodium dans lequel la température s’abaisse jusqu’à — 10“. Pour séparer le chlorure de baryum qui reste dans la liqueur, on ajoute, par petites portions, du sulfate d’argent qui précipite à la fois le chlore à l’état de chlorure d’argent et le baryum à l’état de sulfate de baryte. On sépare ces précipités, et l’on évapore la liqueur sous le récipient de la machine pneumatique. (Régnault.)

Page 1