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CARACTÈRES DV GENRE CARBONATE

1" Tous les carbonates sont décomposés par la chaleur, excepté celui d’ammoniaque, qui est volatil, et ceux de potasse, de soude et de lithine, dont on peut opérer la décomposition à l’aide de cet agent et de la vapeur d’eau : les produits que l’on obtient sont le gaz acide carbonique, le métal ou l’oxyde métallique, ou bien cet oxyde, du gaz oxyde de carbone et de l’oxygène. Les carbonates fixes, môme quand ils sont indécomposables par le feu , sont décomposés à une température élevée par le carbone, le bore, le phosphore, le fer et le zinc, qui agissent en s’emparant, en totalité ou en partie, de l’oxygène de l’acide carbonique.

(1 ) Quelquefois on observe une légère vapeur formée par l’acide qui décompose e carbonate. — Il est des cas où , par suite d’une trop grande concentration de l’acide, la décomposition n’a pas lieu; ainsi l’acide azotique très-concentré ne dégage point l’acide carbonique des carbonates de chaui , de baryte , etc. (Bracounot).

CARACTÈRES DES BICARBONATES.

2^ Excepté les carbonates de potasse, de soude et d’ammoniaque, tous les autres sont insolubles dans l’eau ; toutefois il n’est aucun de ces derniers qui, étant très-divisé, ne puisse être dissous dans l’eau contenant de l’acide carbonique libre. 3“ Les dissolutions aqueuses des caibonates verdissent le sirop de violettes, précipitent abondamment les sels de magnésie {i), et ne perdent point d’acide carbonique lorsqu’on les chauffe; il n’y a que le carbonate d’ammoniaque qui, étant plus volatil que l’eau , se dégage dans l’atmosphère. 4" Si on les fait traverser par un courant d’acide carbonique gazeux , elles se changent en bicarbonates moins solubles que les carbonates. 5“ Les carbonates insolubles sont tous décomposés à chaud par ceux des sels à base de potasse ou de soude, dont l’acide peut former un sel insoluble avec la base de ces carbonates : je citerai pour exemple le carbonate de baryte et le sulfate de potasse; il se forme, dans ce cas, du sulfate de baryte insoluble et du carbonate de potasse soluble, mais celte décomposition n’est pas complète. (Dulong.)

Composition. L’acide carbonique de ces sels contient deux fois autant d’oxygène que l’oxyde qui est combiné avec lui. Ils sont formés d’uii équivalent de base et d’un d’acide.

Préparation. On obtient tous les carbonates , excepté ceux de potasse, de soude, d’ammoniaque, par le troisième procédé (voy. p. 317), en versant une dissolution de carbonate de potasse ou de soude dans la dissolution saline qui contient l’oxyde que l’on veut combiner avec l’acide carbonique.

CARitCTÈRES DRIS RICARROMATRS.

On ne connaît bien que ceux de potasse, de soude et d’ammoniaque. Chauffés à l’état solide jusqu’au rouge, les deux premiers perdent la moitié de leur acide carbonique et se trouvent ramenés à l’état de carbonates. Ils se dissolvent dans l’eau, mais moins que les précédents; ainsi dissous, si on les fait bouillir pendant une demi-heure, ils perdent un quart de leur acide carbonique et se transforment en sesquicarbonates; mais si on prolonge l’ébullition pendant plusieurs heures, de manière à réduire 720 grammes d’eau à 10, on les transforme en carbonates. (Rose.) Le bicarbonate d’ammoniaque se change en acide carbonique et en carbonate qui se volatilise.

(1) Si le carl)onate d’ammoniaque élait effleuri, il ne précipiterait point les sels de magnésie [\oy- Sels de magnésie).

328 t'HKMlÈKE PAHTIE.

Leurs dissolutions verdissent le sirop de violettes tlne précipitent point tes sels de magnésie à froid.

Composition. L’acide des bicarbonates renferme quatre fois autant d oxygène que 1 oxyde qu il sature, ce qui prouve qu’ils contiennent un équivalent de base et deux d acidei Les sesguicarbonates sont formés de deux équivalents de base et de trois d’acide.

€AUA€TÈBES DES OX..4LATES.

Il existe des oxalates neutres, MO, 0*, des bioxalates MO, 2 C’ 03, des quadroxalates MO, 4 0^, et des oxalates tribasiques 3 MO, 0®,

Chauffés, ils se comportent différemment. S’ils sont anhydres, et par conséquent sans hydrogène, comme ceux de plomb, d’argent et de cuivre, ils donnent de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, l’oxyde ou le métal ; toutefois l’oxalate d’argent ne fournit que de l’acide carbonique et de l’argent (voy, page Ï67}.

AgO, G* 03 = 2 G02, Ag.

Les oxalates alcalins et terreux, toujours Ai/drates , donnent du gaz acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’eau, un peu d’acide acétique, de l’acétone, un peu de goudron, et laissent un carbonate. L’oxalate neutre d’ammoniaque fournit de l’oxamide.

Tous les oxalates chauffés avec de l’acide sulfurique concentré se décomposent en oxyde de carbone et en acide carbonique, sans noircir.

L’eau dissout parfaitement les oxalates neutres de potasse, de soude, d’ammoniaque, d’alumine, deglucine, de chrome, de magnésie et de fer ; mais ils deviennent en général moins solubles par un excès d’acide, tandis que les oxalates insolubles sont en général rendus solubles par un excès d’acide: tels sont ceux de baryte, de cuivre, etc. Les dissolutions des oxalates précipitent en blanc les sels solubles de chaux, de baryte, de strontiane, de zinc, de bismuth, de manganèse, de titane, de cérium, de plomb, de mercure et d’antimoine; elles précipitent l’or métallique delà dissolution de chlorure d’or bouillante. Les oxalates insolubles sont difficilement décomposés par les acides; ceux qui sont solubles et neutres le sont en partie par les acides puissants qui s’emparent d’une portion de la base, et les transforment en oxalates acides moins solubles.

DES CHLOI^URES d’oXYDES.

CARACTÈRES DU GEIVRE HYPOCHCORITE*

Les hypochlorites ont Todeur et la saveur de l’acide hypochloreux. Ils sont moins stables que les chlorites; la moindre élévation de température ou la concentration de leui-s dissolutions décomposent en hypochlorates et en chlorures, avec dégagement d’oxygène, ceux qui sont neutres; ils résistent davantage s’ils sont alcalins. Les acides en dégagent de l’acide hypochloreux pur ou mêlé de chlore, à moins que l’hypochlorite ne contienne un chlorure métallique, car alors il n’y a que du chlore mis à nu. Ils sont solubles dans l’eau. Ils ont une grande énergie décolorante et oxydante; aussi transforment-ils les sulfures récemment précipités en sulfates, l’acide sulfureux en acide sulfurique, et les protoxydes métalliques en peroxydes. M. Balard explique leur propriété décolorante en admettant, si on les traite par un acide, qu’ils laissent dégager du chlore, et que c’est ce chlore qui décolore, en déterminant la décomposition de l’eau dont l’oxygène se trouve fixé sur la matière colorante ; si les hypochlorites agissent sans le concours d’un acide, c’est uniquement par l’oxygène de l’acide hypochloreux et de la base qu’ils modifient la matière colorante , en sorte qu’ils se trouvent changés en chlorures métalliques. Ils sont décomposés par un courant de gaz acide carbonique , qui en chasse l’acide hypochloreux.

Composition. Dans les hypochlorites , la quantité d’oxygène de l’acide est à celle de l’oxyde comme 1:1.

Préparation. On les obtient directement; mais il faut avoir soin de verser l’acide sur la base par petites portions et en quantité insuffisante pour la saturation, et d’agiter constamment, en tenant le flacon immergé dans l’eau froide : autrement l’hypochlorite se changerait en h\ pochlorate (voy. l’article suivant, pour la différence qui existe entre les hypochlorites et les chlorures d’oxydes).

DES CUliORVRES D'OXYDES (CHLORURES DÉCOLORXNTS).

Les chlorures d’oxydes que l’on obtient en faisant arriver du chlore gazeux sur la potasse, la soude, les protoxydes de plomb, de cuivre, etc., considérés pendant longtemps comme des composés de l’oxyde employé et de chlore en quantité indéterminée, furent regardés plus tard par Berzelius, et surtout par Soubeiran, comme des mélanges d’un hypochlorite de la base et d’un chlorure du métal. Martens combattit cette^ manière devoir, et remit en vigueur l’ancienne théorie qui regardait

330 PMMIÈIIK PARTIE.

ces corps comme des chlorures d’oxydes, théorie que Millon appuya par des expériences et des considérations nouvelles. D’après ce chimiste, ces composés décolorants correspondent aux peroxydes; seulement la quantité d’oxygène qui fait passer le protoxyde à l’état de peroxyde est remplacée par son équivalent de chlore : ainsi le peroxyde de sodium étant = Na Q2, le chlorure de soude sera représenté par Na 0 Cl {Journal depharm., septembre 1839). Dans un travail postérieur, Gay-Lussac s’est efforcé de démontrer que ces corps sont réellement formés d’un hypoclîlorite et d’un chlorure. Quoi qu’il en soit, toujours est-il qu’il existe la plus grande analogie entre ces corps et les hypochlorites.

l°Les chlorures d’oxydes, quoique peu stables, se conservent pourtant très-longtemps à l’abri de l’air et de la lumière ; 2° ils résistent à une température élevée, et lorsqu’ils sont décomposés par le feu, ils se comportent comme les hypochlorites, si ce n’est qu’ils laissent un chlorate et une quantité notable d’un chlorure métallique; 3° les acides les décomposent et en dégagent du chlore. 4® Ils détruisent la couleur du tournesol, du sulfate d’indigo, etc.; ils exhalent une odeur de chlore ; ceux qui sont solubles dans l’eau noircissent une lame d’argent, pourvu qu’ils soient exposés à la lumière, et il se forme du chlorure d’argent.

Préparation. On en obtient quelques-uns directement avec le chlore et le protoxyde ; d’autres sont le résultat de doubles décompositions (voy. p. 317).

CARitCTÉBES DV GEIVRE CHLORITE.

Les chlorites sont plus stables que les hypochlorites, et ne se décomposent pas par une faible élévation de température. Les acides forts, même lorsqu’ils sont étendus d’eau, les décomposent avec une vive effervescence et en dégagent du gaz acide chloreux, tandis que les chlorures d’oxydes traités de la sorte ne donnent que du chlore. Ceux de potasse, de soude, de baryte et de chaux, les seuls qui aient été étudiés par M. Martens, sont solubles dans l’eau; leurs dissolutions précipitent l’azotate d’argent.

Les chlorites neutres ne ramènent pas au bleu le papier de tournesol rougi , mais ils sont fortement d^co^oranfs sans l’intervention d’un acide; comme le chlore et les chlorures d’oxydes, ils ont un pouvoir oxydant très-marqué, et transforment instantanément le sulfure noir de plomb en sulfate. Ils sont en partie décomposés par un courant de gaz acide "carbonique, qui les fait passer à l’état de chlorites alcalins. Les chlorites

CARACTÈRES DU GENRE CHLORATE, alcalim bleuissent le papier rougi et ne décolorent pas sans l’intervention d’un acide; ils sont plus stables que les chloriles neutres, parce qu’ils ne sont pas susceptibles de se transformer en hypochlorates et eu chlorures par l’évaporation.

Composition. L’oxygène de l’acide est à celui de la base dans le rapport de 3 : 1.

Préparation. On obtient les chlorites en faisant passer lentement du gaz acide chloreux à travers les oxydes dissous ou suspendus dans l’eau.

DU GENBE CBLOBATE.

Tous les chlorates sont décomposés par le feu et transformés en gaz oxygène et en chlorures métalliques, ou en gaz oxygène et en chlorures métalliques, plus une portion d’oxyde des chlorates ; il est évident que, dans celte décomposition, l’oxygène provient et de l’acide chlorique et des oxydes métalliques.

La plupart des chlorates étudiés jusqu’à présent fusent sur les charbons ardents et produisent une flamme d’une couleur variable; l’acide chlorique, dans ce cas, cède de l’oxygène au charbon. Mêlés avec des substances avides d’oxygène, telles que le charbon, le phosphore, le soufre, les sulfures d’antimoine, d’arsenic, etc., certains chlorates, et principalement celui de potasse, forment des poudres que l’on désigne sous le nom de fulminantes , qui détonent avec plus ou moins de violence par l’action de la chaleur, et que le choc seul suffit le plus souvent pour enflammer. La plus forte de ces poudres est sans contredit celle que l’on fait avec le phosphore.

Tous les chlorates connus sont solubles dans l’eau , excepté le chlorate de protoxyde de mercure. Leurs dissolutions ne sont point troublées par l’azotate d’argent. Les acides forts paraissent pouvoir les décomposer tous, mais à des températures diverses et avec des phénomènes variables.

L’acide sulfurique concentré leur communique une couleur jaune foncée, et en dégage de l’acide hypochlorique d’une odeur caractéristique, d'une couleur jaune rougeâtre , détonant facilement par une légère élévation de température; il se forme de l’acide perchlorique.

Composition. L’oxygène de l’acide est à celui de l’oxyde comme 5:1.

Préparation. On obtient les chlorates dépotasse , de soude , de strontiane, de baryte, de magnésie, d' ammoniaque, d'oxyde de zinc, d'oxyde d’argent, de protoxyde de plomb, et de bioxyde de cuivre, par le premier et le deuxième procédés, en saturant ces oxydes ou leurs carbonates par l’acide chlorique. On préj)are aussi les quatre premiers en faisant arri-

ver un excès de chlore gazeux sur leurs oxydes humectés ou en dissolution ; on remarquera, au bout de quelques heures, qu’il se sera formé dans ces dissolutions un chlorate qui se trouve cristallisé au fond de l’éprouvette lorsqu’il est à base de potasse ou de soude , et un chlorure soluble; il se sera en outre dégagé du gaz oxygène, surtout si l’appareil a été exposé à la lumière (1). La formation du chlorate et du chlorure est le résultat de la décomposition d’une partie de l’oxyde par le chlore, qui s’empare d’une portion de son oxygène pour passer à l’état d’acide chlorique, tandis qu’une autre partie s’unit au potassium, au sodium, etc., mis à nu pour former un chlorure; cette décomposition est favorisée par la différence de solubilité entre le chlorure et le chlorate. Le dégagement de gaz oxygène dépend de ce que la lumière favorise la décomposition d’une partie de l’alcali en oxygène et en métal. Si le chlore n’était pas en excès, on obtiendrait les chlorures d’oxydes (eau de Javelle, chlorure de chaux, etc.).

La condition la plus favorable à la formation des chlorates consiste à sursaturer légèrement de chlore la dissolution alcaline, en empêchant la température de s’élever beaucoup avant que ce terme soit atteint ; on abandonne ensuite la dissolution au repos , ou on la chauffe à 80° ou même à 100° (Gay-Lussac) (voyez Chlorate de potasse).

CARACTÈRElS DU GEIVRE PERCULORATE.

Les perchlorales sont décomposés par le feu, mais à une température plus élevée que les chlorates ; ils fournissent plus d’oxygène que ces derniers.

Perchlorates. MO, GIO’' = MCI, 0®

Chlorates. . . MO, C105 = MC1, 0^

Tous les perchlorates fusent plus ou moins vivement sur les cliarbons incandescents ; ils affectent en général dans leur cristallisation la forme prismatique. Ils restent incolores quand on les traite par les acides sulfurique ou chlorhydrique concentres , qui se bornent à mettie 1 acide perchlorique à nu sans le décomposer. Ceux de soude , de baryte , de

(1) Lorsqu’on agit sur le carbonate de potasse, le chlore commence par s’emparer de la potasse libre ou en excès, et il se précipite du bicarbonate de potasse ; bientôt après ce bicarbonate est décomposé par le chlore , qui en dégage l’acide carbonique avec effervescence en agissant sur l’alcali.

CARACTÈRES DU GENRE ÏODATE. o.Sa

slronliaiie, de chaux, de magnésie , d’alumine, de lilhine , de zinc, de cadmium, de manganèse, de fer él de cuivre, sont déliquescents, et par conséquent Irès-solubles dans l’eau ; celui de potasse est peu soluble.

Composition. Dans les perchlorates, l’oxygène de la base est à celui de l’acide comme 1 : 7.

CABACTIïRES DU GEiVRE BROHIATE.

Tous les bromates sont décomposés par le feu ; les bromales alcalins donnenl de l’oxygène et un bromure. Ceux qui sont solubles sont décomposés par les acides iodliydrique , chlorhydrique et sulfhydrique, qui en séparent le brome.

L’acide sulfurique s’empare de la base, et l’acide bromique, mis ü nu, se décompose en oxygène et en brome, qui colore le gaz en brun.

L’azolate d’argent y fait naître un précipité blanc, pulvérulent, qui noircit à peine à la lumière.

Les bromales d’argent et de protoxyde de mercure sont insolubles.

Composition. Dans les bromates neutres, la quantité d’oxygène de l’oxyde est à la quantité d’oxygène de l’acide comme 1 : 5.

Préparation. On les obtient comme les iodates.

CARACTÈRES DC GEMRC lODATE.

Tous les iodates sont décomposés à une chaleur rouge obscur; presque tous fournissent de l’oxygène, de l’iode et un oxyde; les autres, ceux de la première classe, par exemple, donnent de l’oxygène et un iodure. Il n’y en a qu’un très-petit nombre qui fusent sur les charbons ardents. Ils sont, en général, insolubles dans l’eau; ceux de potasse et de soude sont peu solubles.

Les acides sulfureux et sulfhydrique les décomposent, s’emparent de l’oxygène de l’acide iodique et en séparent l’iode. Si on emploie un excès d’acide sulfhydrique, l’iode déposé s’unit à l’hydrogène pour former de l’acide iodliydrique, et il se précipite du soufre.

L’acide sulfurique sépare l’acide iodique d’une dissolution concentrée d’un iodate; s’il a été préalablement mêlé d’acide sulfureux, l’acide indique est décomposé, et il se précipite de l’iode.

L’acide chlorhydrique concentré décompose les iodates de potasse, de magnésie et d’ammoniaque, en donnant naissance à du chlore et A un composé d’un équivalent de pei’clilorure d’iode et d’un équivalent de chlorure de la base de l'iodate employé.

Composition. Dans les iodates , la quanülé d’oxygène de l’oxyde est à la quantité d’oxygène de l’acide comme 1 : 5.

Préparation. On obtient les iodates insolubles par la voie des doubles décompositions (troisième procédé), en versant de l’iodate de potasse dans une dissolution de l’un ou de l’autre des métaux que l’on veut transformer en iodate. On prépare l’iodate de potasse en versant sur de l’iode une dissolution de potasse carbonatée jusqu’à ce que la liqueur ne soit plus colorée : cette liqueur renferme de l’iodate et de l’iodure de potassium, produits par la décomposition de l’eau (voy. Potasse, action de l’iode). On la fait évaporer jusqu’à siccité, et on traite la masse par l’alcool à 0,81 de densité, qui dissout l’iodure sans agir sur l’iodate ; on le lave deux ou trois fois avec de l’alcool, pour le débarrasser de tout l’iodure; s’il est avec excès d’alcali, on le fait dissoudre dans l’eau et on le neutralise par l’acide acétique (vinaigre), en sorte que l’on a un iodate et un acétate; on évapore jusqu’à siccité, et l’on traite la masse par l’alcool , qui ne dissout que l’acétate : l’iodate reste alors pur. On prépare ainsi les iodates de baryte, de strontiane et de chaux.

On obtient directement Viodate d’ammoniaque (deuxième procédé, voy. p. 317).

CARACTÈRES DV GEMRE HTPOPHOSPHITC.

Les hypophosphites sont décomposés à une température élevée, et fournissent pour la plupart du phosphure d’hydrogène gazeux qui s’enflamme, du phosphore, un phosphate, et un produit rouge qui paraît être de l’oxyde de phosphore ; on concevra facilement ces résultats, en admettant que l’eau contenue dans les hypophosphites est également décomposée. Quelques hypophosphites donnent par la chaleur un gaz qui n’est point inflammable de lui-même, et qui contient moins de phosphore que l’autre : dans ce cas , le résidu renferme un excès d’acide phosphorique. Mis sur les charbons incandescents , les hypophosphites secs se transforment en phosphates, et produisent une belle flamme jaune. Ils sont extrêmement solubles dans l’eau, et ne précipitent par conséquent pas les sels solubles de chaux, de baryte et de strontiane.

ils décolorent le sulfate rouge de bioxyde de manganèse, surtout à l’aide d’une douce chaleur. Ils décomposent les dissolutions dor et d aigent, enlèvent l’oxygène à leurs oxydes et en précipitent les métaux.

Le chlore, sous l’influence de l’eau , les transforme en phosphates ; il en est de môme de l’acide azotique: dans ce dernier cas, il se dégage d’abondantes vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique.

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